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Le triomphe de la vérité

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Edito: L’idéologie de la haine


Fin novembre 2019, j’avais déjà averti en ces termes: « Et si j’étais chef des services de renseignement, je mettrais sous surveillance particulière, les activités aux frontières, notamment vers Kétou, Savè et Tchaourou. » Et pour cause, j’étais et je reste convaincu que le Nigeria, après avoir soutenu ouvertement Boni Yayi, y compris en lui offrant les services de l’avion présidentiel nigérian, va utiliser d’autres moyens pour fragiliser Patrice Talon et son gouvernement. Le but est de tout faire pour mettre le Bénin à genou, en faire un district du grand Nigeria qui se lancerait dès lors dans la lutte contre la contrebande qu’Abuja a déjà perdue. J’avais à l’époque averti qu’un mouvement rebelle pouvait bien germer les jours ou semaines qui allaient suivre. Et cela n’a pas tardé. En décembre, un certain général Faléti, sorti de nulle part avec quelques troupiers, s’est signalé à Savè, brûlant motos et maisons appartenant aux supporters du député pro-Talon André Biaou Okounlola. Faléti est apparu comme le chef d’une milice au discours ouvertement guerrier, menaçant armée et police, et interdisant au député de mettre pied dans la commune.
Depuis le jeudi 23 janvier, il est pris dans la nasse de la police. La tentative a tourné court. Et l’on peut espérer une pacification d’une région si prompte aux amalgames ethnico-régionalistes.
Mais il ne faut pas rêver. Les membres de la milice du général autoproclamé, ne sont probablement pas désarmés pour autant. Leur compréhension maladroite du jeu politique reste probablement intacte. Car, le discours ethnocentrique à courte vue de Faléti, a une certaine résonnance au sein de sa communauté de base. Pendant les violences électorales de 2019, on a pensé dans cette région que l’échec politique de Boni Yayi est l’échec des Nagot et de leurs alliés. Les appels à la révolte et au pillage voire au saccage des biens des pro-Talon ont fait craindre un retour des vieux démons. On a méconnu les trente ans de vie démocratique, trente ans au cours desquels les adversaires d’hier peuvent devenir les alliés d’aujourd’hui, les voltefaces étant monnaie courante dans une arène politique où tous les coups sont permis.
Ces pseudo-rebelles n’ont pas compris qu’en démocratie, la rébellion est une forfaiture punie des peines les plus sévères. Car, en matière politique, même si tous les coups sont permis, personne n’a le droit d’user de violence sur les autres. Comme j’aime à le dire, la démocratie est la négation même de la violence politique. Lorsque par le passé des acteurs politiques de premier plan faisaient des acrobaties inimaginables pour se retrouver dans la rivière de Boni Yayi, on n’a vu personne, dans aucune région du Bénin, pour incendier leur maison, encore moins pour leur interdire l’accès à leur résidence. Mais le temps a fait son œuvre. Boni Yayi et ceux qui le soutiennent apprennent que même dans leur propre fief, ceux qui jadis étaient leurs hommes, ne continueront pas éternellement de jouer leur jeu. La démocratie pour laquelle nous avons opté réside là, dans ce libre jeu des alliances, qu’elles soient naturelles ou incongrues. Ne pas le comprendre, c’est précisément violer la règle sacrosainte qui a fait la paix dans ce pays et qui s’appelle l’acceptation des différences.
Cet aspect basique du jeu politique, reste encore incompris d’une bonne frange de la population de cette région. Parce que des individus payés par qui l’on sait et sous la coupe réglée du Nigeria, sèment dans les esprits une compréhension volontairement biaisée de la démocratie. C’est pourquoi, la dextérité policière qui a permis de cueillir Faléti doit être accompagnée de la dextérité politique du gouvernement Talon. Elle sera nécessaire pour agir à mettre en place pour cette région un véritable programme patriotique pour échapper aux actions déstabilisatrices qui ne viennent que de commencer.
Il est illusoire de penser que la fin de Faléti correspond à la fin de l’idéologie falote que certains esprits ont été payés pour semer à Savè.

Par Olivier ALLOCHEME

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