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Le triomphe de la vérité

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Professeur Victor Topanou, Rapporteur général du dialogue politique invité Sous l’arbre à palabres de L’Evénement Précis: «La révision de la Constitution correspond aux points retenus par le comité des experts»


Victor Topanou: « J’ai eu la chance d’être à l’intérieur et j’ai vu comment les Fcbe se sont comportés… Il faut leur rendre un hommage particulier. Ils se sont vraiment comportés comme un parti d’opposition. Ce fut un vrai dialogue, ce fut du contradictoire. »

Cinq années après son premier passage, Victor Topanou est de nouveau Sous l’arbre à palabres de L’Evénement Précis. Au cœur de l’actualité brûlante pour avoir été le Rapporteur désigné du récent dialogue politique, l’universitaire ne partage pas l’avis de ceux qui pensent que l’absence de certaines têtes fortes a influé négativement sur la qualité des échanges. Interrogé sur les suites dudit dialogue, Victor Topanou se dit ni frustré, ni trompé à propos de la révision de la constitution.

Et si on en parlait

Rapporteur principal désigné du dialogue politique, il n’y avait pas à ces assises, les têtes fortes de l’Opposition. Ce qui fait que certains parlent de monologue, qu’est-ce que vous leur répondez ?
J’ai eu l’occasion de le dire lors de la restitution de mon rapport. Je pense que nous avons atteint dans notre pays un niveau de radicalisation de la vie politique jamais égalé par le passé. Il suffit de voir les violences sur les réseaux sociaux. Ce sont des signaux qui ne trompent pas. Je crois qu’il est important de travailler à baisser cette tension inutile dont le pays se passerait bien volontiers. C’est donc dans cette logique que, forcément, les acteurs portés vers la radicalité ont pu faire les observations dont vous parlez. Pour ma part, autant le dialogue aurait pu être ouvert, comme vous le dites, à des têtes fortes, autant je considère que ce fut un petit pas dans la bonne direction qui doit en appeler d’autres encore plus grands. Lorsque vous avez une société aussi crispée, il faut être preneur de toutes les initiatives qui tendent à baisser la tension et juste souhaiter que ce ne soit pas la seule initiative et que celle-ci en appelle beaucoup d’autres. Et donc, quand on s’inscrit dans une logique comme celle-là, on ne peut pas accorder une trop grande importance à ces types d’observations mais ce n’est pas pour ça qu’il faut jeter le bébé avec l’eau du bain. Il faut juste souhaiter qu’après cette étape, il y ait d’autres étapes plus ouvertes.

Entre temps, vous aviez souhaité des élections inclusives mais vous venez de participer à un dialogue politique exclusif, si on peut dire…
Non, il ne s’agit pas des choses de même nature. Les élections exclusives ont plongé le pays dans la crise et le dialogue est une tentative de sortir le pays de la crise. Je peux donc bien ne pas m’associer aux premières et m’associer avec empressement et enthousiasme au second. Evidemment, chacun est en droit de porter ses jugements de valeur. Pour ma part, je n’ai absolument aucune prérogative pour dire et juger que les Fcbe qui étaient là n’étaient pas de l’opposition. Pas plus d’ailleurs que les Fcdb de Toléba ou la Flamme renouvelée de Gabriel Ajavon. C’est vrai que pour nous, l’opposition classique, ce sont l’Usl, les Fcbe, la Rb et Restaurer l’espoir. Maintenant, si vous considérez que ceux qui étaient là n’étaient pas les vrais Fcbe, moi, je considère que ces Fcbe ont toujours à leur tête le Président Yayi Boni, même si elle traverse une crise. Ce n’est pas la première fois qu’un grand parti traverse une crise dans notre pays. Je note pour m’en réjouir que les Fcbe qui étaient là, ont toujours le Président Yayi Boni comme Président d’honneur. Et si malgré cela, certains considèrent que ce ne sont pas les Fcbe, ça n’engage qu’eux. Je ne pense pas que le dialogue ait été aussi exclusif que n’ont été les législatives d’avril 2019. Aux législatives de 2019, il n’y avait aucun parti de l’opposition et quand après on s’installe dans la crise comme c’est le cas actuellement, il y a deux positions possibles. Où on choisit de sortir de la crise, ne serait-ce qu’à petits pas, ou on refuse de sortir de la crise. Moi j’ai fait le premier choix. Ceux qui ne sont pas d’accord et qui parlent de dialogue exclusif, qu’auraient-ils préféré, le statu quo ou le chaos ? Moi, je fais partie de ceux qui considèrent qu’il y a un temps pour faire la guerre et un temps pour faire la paix, un temps pour la crise, un temps pour sortir de la crise. De toute éternité, il en a toujours été ainsi : aucune crise ne s’est terminée en dehors d’une négociation entre les principaux acteurs.

Est-ce que selon vous, ce n’est pas ce jusqu’au-boutisme absolu qui nous a amenés dans cette crise ?
Bien sûr. Ce jusqu’au-boutisme se retrouvait dans les deux camps. Vous vous souvenez que j’avais proposé toute sorte de solutions allant jusqu’à l’utilisation de l’article 68 pour qu’on n’en arrive pas là. Mais, le jusqu’au-boutisme des uns et des autres n’a pas permis d’éviter la crise. Dans le camp présidentiel, on conseillait au Président de ne pas utiliser cette disposition pourtant essentielle de notre Constitution en allant même jusqu’à nier la crise. De même, dans l’opposition, il y avait, d’une part, ceux qui, par conviction idéologique travaillaient au «dépérissement de l’État» et, d’autre part, ceux qui étaient convaincus, à tort ou à raison, que seul le langage de la violence pouvait amener le régime à capituler. J’ai lu sur beaucoup de foras que c’est parce que le Bénin n’a jamais connu de guerre civile qu’on fait tout ça. Pour les tenants de cette thèse, les pays qui ont connu les guerres civiles ont connu un processus accéléré de construction nationale et de développement. Ce qui est archi-faux et relève d’une duplicité intellectuelle. Je ne suis pas sûr qu’après la guerre en Côte d’Ivoire, les Ivoiriens soient plus proches aujourd’hui de la paix et du développement. Je ne suis pas sûr non plus que les Congolais de la Rdc soient plus proches d’une nation qu’hier. Pas plus d’ailleurs que les Congolais de Kinshasa. Et donc, il y a une illusion intellectuelle à faire croire que la guerre permet la construction rapide d’une nation. J’ai même entendu certains qui font le parallèle avec le Rwanda, comme s’il nous fallait un génocide qui générerait un million de morts en dix jours pour sortir de là. Je pense qu’il faut faire très attention à ces types de réflexion intellectuelle un peu trop facile, un peu trop rapide. On a le sentiment que parce qu’on s’assoit devant son clavier, on devient un érudit et qu’on est brusquement détenteur de la vérité. Non, il faut faire très attention. En toute circonstance, moi je ferai le choix de la paix et la recherche de la paix a toujours été plus utile que la recherche de la guerre. Faire une guerre ou verser dans les violences, je vais dire, c’est deux ou trois mouvement et c’est vite arrivé. Mais, après, faire asseoir des gens qui se sont haïs, qui se sont maltraités, qui se sont entre-tués pour discuter et faire la paix, je peux vous garantir que ce n’est pas toujours facile mais pourtant, il faut le faire. Nous, on n’est pas arrivé à l’excès de la violence. Donc, il est encore plus facile pour nous, de sortir de là.

En votre qualité de Rapporteur principal désigné de ce dialogue, dites-nous ce qu’on peut retenir de ces trois jours d’échanges.
Moi, j’ai été très impressionné par l’atmosphère des débats. Contrairement à ceux qui ont soutenu la thèse d’un débat exclusif, moi j’ai eu la chance d’être à l’intérieur et j’ai vu comment les Fcbe se sont comportés… Il faut leur rendre un hommage particulier. Ils se sont vraiment comportés comme un parti d’opposition. Ce fut un vrai dialogue, ce fut du contradictoire. Ensuite, il y a les résultats auxquels le dialogue est parvenu et qui vont sans aucun doute contribuer à de crisper le climat politique.

Victor Topanou: «Le dialogue fut un petit pas dans la bonne direction qui doit nécessairement appeler d’autres initiatives.»

Oui mais quels sont ses points sur lesquels il y a eu consensus ?
Le premier point sur lequel il y a eu consensus, fut la nécessité de réviser un certain nombre de lois, notamment les deux lois dont la mise en application a entrainé la crise. Je pense notamment à la Charte des partis et au Code électoral auxquels il faut ajouter le statut de l’opposition et la Loi sur le financement des partis. En ce qui concerne la charte des partis, l’opposition estimait que la loi faisait une part trop importante à l’administration, c’est-à-dire au ministère de l’intérieur. En conséquence, il fallait réduire les prérogatives du ministère de l’intérieur. Ce qui a été suggéré. Ensuite, en ce qui concerne le code électoral, il y avait trois grosses questions qui étaient posées. La première porte sur le mécanisme de redistribution des sièges des députés et qui dispose qu’avant d’être éligible au partage des sièges, il faut avoir en plus de la majorité dans les circonscriptions électorales concernées, un taux de 10% de suffrage valablement exprimés au niveau national. L’esprit qui a prévalu au cours de ce dialogue, me semble-t-il, c’est la nécessité de construire un système politique structuré autour des partis politiques. J’ai le sentiment qu’on est arrivé à un moment où tous les partis présents dans cette salle ont le sentiment que pendant très longtemps, les indépendants leur ont volé la vedette. Ils n’ont jamais été capables de positionner un des leurs à la tête de l’Etat. Ils se sont toujours contentés des menus fretins. Je pense qu’il y a une espèce d’orgueil à aller vers un système qui permette aux partis politiques de jouer un rôle central dans la vie politique de notre pays. Il ne vous aura pas échappé que depuis 1991, aucun parti n’a réussi à placer son candidat à la tête du pays : ce qui n’est pas concevable dans un pays démocratique. Allez au Nigéria à côté, vous ne pouvez pas être élu président si vous n’avez pas un parti. C’est pareil au Togo, au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Niger et autres pays de vieille démocratie. C’est une particularité qui vient de chez nous et j’ai eu le sentiment, à écouter les représentants des différents partis politiques, qu’ils voulaient mettre un terme à tout cela. Toute la construction intellectuelle sur la loi a été de replacer les partis politiques au centre des débats. Ainsi, si vous êtes indépendants ou avez un parti clanique, vous ne pouvez jamais avoir 10% sur le plan national. Ensuite, il y a la question du cautionnement dont le principe a été maintenu. Jusqu’à la dernière élection présidentielle, c’était 15.000.000 de Fcfa. Maintenant, c’est passé à 10% du taux des frais engagés pour la campagne. Mais, fondamentalement, ce que le législateur n’avait pas pris en compte, c’est que, ce n’est pas parce que la loi fixe les frais de campagne à deux milliards cinq cents millions de fcfa que de façon systématique, tous les candidats à l’élection dépensent cette somme. On ne peut pas indexer le cautionnement sur les frais prévus de campagne. Il y a des gens qui vont en campagne avec cent ou deux cents millions et d’autres encore moins. Je pense qu’il y a eu une proposition qui n’a pas fait totalement l’unanimité mais qui semblait être partagée par la majorité. C’était de passer de 10% à 1% des frais de campagne, soit 25 millions. Il y avait aussi la question de la responsabilité individuelle. Avec l’application du code électoral, on s’est rendu compte qu’en cas de doublon lorsqu’un des candidats se retrouvaient sur deux listes, alors qu’ils ont signé un engagement sur l’honneur qu’ils ne sont candidats que sur une liste, ce sont les listes et donc les partis qui sont sanctionnés. C’est ce qui est arrivé au Prd et à Moele Bénin. Les représentants au dialogue ont pensé que désormais, au lieu de cette «responsabilité collective» du parti, il fallait revenir à la responsabilité individuelle. Celui qui fait du doublon alors même qu’il a signé un engagement sur l’honneur doit subir les rigueurs de la loi. Ils sont même allés très loin en proposant de le frapper d’inéligibilité pendant 10 à 15 ans. Ainsi, on laisse la possibilité pour les partis qui ont été pénalisés par le comportement d’un individu, de le remplacer. Cela rejoint une disposition de cette loi qui exige qu’on ne doit plus changer quelque chose une fois qu’elle est déposée. Quand on décèle des insuffisances dans votre dossier, vous ne pouvez plus les corriger et comme ça, on peut l’invalider. Ils ont pensé que c’était une sanction trop collective et ils ont fait ce qu’ils devraient faire.
Il y avait aussi un gros dossier appelé celui des élections générales. Les élections générales sont juste la volonté politique d’organiser, une fois tous les 5 ans, des élections. Cela pour plusieurs raisons. La première est liée au coût des élections. Dans notre pays, le coût moyen d’une élection est de 10 milliards de Fcfa. Certaines coûtent 17 milliards, d’autres 12 ou 15 milliards. Mais, ils se sont rendus compte que 10 milliards avec un calendrier électoral aussi étalé comme le nôtre, faisaient beaucoup. Nous avons eu la présidentielle en 2016, les législatives de 2019, et selon le calendrier qui nous attend, nous aurons en 2020 les communales, 2021 la présidentielle, 2023 les législatives. Presque tous les ans, nous devons garder en moyenne 10 milliards pour les élections. Ils ont trouvé que ça faisait beaucoup trop pour une économie comme la nôtre. Mais, ils ne se sont pas seulement préoccupés de la bourse de l’Etat. Ils se sont également préoccupés de leur propre bourse puisqu’ils doivent également financer les campagnes électorales. Ce fut un élément important qui les a amenés à se dire que si les efforts sont concentrés pour aller aux élections une fois tous les 5 ans, ce serait un bénéfice pour tous. La seconde raison est l’impact économique que représentent les élections dans le pays. Pour beaucoup d’entre eux, l’administration tourne au ralenti, au minimum six semaines à chaque élection. L’impact économique est évalué pour certains, à un ou deux points de croissance, ce qui est trop lourd pour notre économie. La troisième série de raisons qu’ils ont évoquée et à laquelle je ne m’attendais pas du tout, ce sont les effets psychologiques induits de façon directe sur les acteurs politiques qu’ils sont. On a découvert que certains dirigeants de partis politiques sont aussi fragiles que les Béninois lambda. On a découvert que pendant la campagne, ils devaient s’éloigner de leur épouse et de leurs enfants, ce qui pour certains, crée des problèmes de famille. On s’est rendu compte que cela a, pour d’autres un impact sur leur état de santé. Certains ont trouvé là, la justification à leur hypertension. Donc, pour l’ensemble de ces raisons, ils se sont dits qu’il serait souhaitable d’aller vers des élections générales. Sauf que pour aller aux élections générales, il y a des conditions préalables.

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Le premier point sur lequel il y a eu consensus, fut la nécessité de réviser un certain nombre de lois, notamment les deux lois dont la mise en application a entrainé la crise. Je pense notamment à la Charte des partis et au Code électoral auxquels il faut ajouter le statut de l’opposition et la Loi sur le financement des partis. En ce qui concerne la charte des partis, l’opposition estimait que la loi faisait une part trop importante à l’administration, c’est-à-dire au ministère de l’intérieur. En conséquence, il fallait réduire les prérogatives du ministère de l’intérieur. Ce qui a été suggéré. Ensuite, en ce qui concerne le code électoral, il y avait trois grosses questions qui étaient posées. La première porte sur le mécanisme de redistribution des sièges des députés et qui dispose qu’avant d’être éligible au partage des sièges, il faut avoir en plus de la majorité dans les circonscriptions électorales concernées, un taux de 10% de suffrage valablement exprimés au niveau national. L’esprit qui a prévalu au cours de ce dialogue, me semble-t-il, c’est la nécessité de construire un système politique structuré autour des partis politiques. J’ai le sentiment qu’on est arrivé à un moment où tous les partis présents dans cette salle ont le sentiment que pendant très longtemps, les indépendants leur ont volé la vedette. Ils n’ont jamais été capables de positionner un des leurs à la tête de l’Etat. Ils se sont toujours contentés des menus fretins. Je pense qu’il y a une espèce d’orgueil à aller vers un système qui permette aux partis politiques de jouer un rôle central dans la vie politique de notre pays. Il ne vous aura pas échappé que depuis 1991, aucun parti n’a réussi à placer son candidat à la tête du pays : ce qui n’est pas concevable dans un pays démocratique. Allez au Nigéria à côté, vous ne pouvez pas être élu président si vous n’avez pas un parti. C’est pareil au Togo, au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Niger et autres pays de vieille démocratie. C’est une particularité qui vient de chez nous et j’ai eu le sentiment, à écouter les représentants des différents partis politiques, qu’ils voulaient mettre un terme à tout cela. Toute la construction intellectuelle sur la loi a été de replacer les partis politiques au centre des débats. Ainsi, si vous êtes indépendants ou avez un parti clanique, vous ne pouvez jamais avoir 10% sur le plan national. Ensuite, il y a la question du cautionnement dont le principe a été maintenu. Jusqu’à la dernière élection présidentielle, c’était 15.000.000 de Fcfa. Maintenant, c’est passé à 10% du taux des frais engagés pour la campagne. Mais, fondamentalement, ce que le législateur n’avait pas pris en compte, c’est que, ce n’est pas parce que la loi fixe les frais de campagne à deux milliards cinq cents millions de fcfa que de façon systématique, tous les candidats à l’élection dépensent cette somme. On ne peut pas indexer le cautionnement sur les frais prévus de campagne. Il y a des gens qui vont en campagne avec cent ou deux cents millions et d’autres encore moins. Je pense qu’il y a eu une proposition qui n’a pas fait totalement l’unanimité mais qui semblait être partagée par la majorité. C’était de passer de 10% à 1% des frais de campagne, soit 25 millions. Il y avait aussi la question de la responsabilité individuelle. Avec l’application du code électoral, on s’est rendu compte qu’en cas de doublon lorsqu’un des candidats se retrouvaient sur deux listes, alors qu’ils ont signé un engagement sur l’honneur qu’ils ne sont candidats que sur une liste, ce sont les listes et donc les partis qui sont sanctionnés. C’est ce qui est arrivé au Prd et à Moele Bénin. Les représentants au dialogue ont pensé que désormais, au lieu de cette «responsabilité collective» du parti, il fallait revenir à la responsabilité individuelle. Celui qui fait du doublon alors même qu’il a signé un engagement sur l’honneur doit subir les rigueurs de la loi. Ils sont même allés très loin en proposant de le frapper d’inéligibilité pendant 10 à 15 ans. Ainsi, on laisse la possibilité pour les partis qui ont été pénalisés par le comportement d’un individu, de le remplacer. Cela rejoint une disposition de cette loi qui exige qu’on ne doit plus changer quelque chose une fois qu’elle est déposée. Quand on décèle des insuffisances dans votre dossier, vous ne pouvez plus les corriger et comme ça, on peut l’invalider. Ils ont pensé que c’était une sanction trop collective et ils ont fait ce qu’ils devraient faire.
Il y avait aussi un gros dossier appelé celui des élections générales. Les élections générales sont juste la volonté politique d’organiser, une fois tous les 5 ans, des élections. Cela pour plusieurs raisons. La première est liée au coût des élections. Dans notre pays, le coût moyen d’une élection est de 10 milliards de Fcfa. Certaines coûtent 17 milliards, d’autres 12 ou 15 milliards. Mais, ils se sont rendus compte que 10 milliards avec un calendrier électoral aussi étalé comme le nôtre, faisaient beaucoup. Nous avons eu la présidentielle en 2016, les législatives de 2019, et selon le calendrier qui nous attend, nous aurons en 2020 les communales, 2021 la présidentielle, 2023 les législatives. Presque tous les ans, nous devons garder en moyenne 10 milliards pour les élections. Ils ont trouvé que ça faisait beaucoup trop pour une économie comme la nôtre. Mais, ils ne se sont pas seulement préoccupés de la bourse de l’Etat. Ils se sont également préoccupés de leur propre bourse puisqu’ils doivent également financer les campagnes électorales. Ce fut un élément important qui les a amenés à se dire que si les efforts sont concentrés pour aller aux élections une fois tous les 5 ans, ce serait un bénéfice pour tous. La seconde raison est l’impact économique que représentent les élections dans le pays. Pour beaucoup d’entre eux, l’administration tourne au ralenti, au minimum six semaines à chaque élection. L’impact économique est évalué pour certains, à un ou deux points de croissance, ce qui est trop lourd pour notre économie. La troisième série de raisons qu’ils ont évoquée et à laquelle je ne m’attendais pas du tout, ce sont les effets psychologiques induits de façon directe sur les acteurs politiques qu’ils sont. On a découvert que certains dirigeants de partis politiques sont aussi fragiles que les Béninois lambda. On a découvert que pendant la campagne, ils devaient s’éloigner de leur épouse et de leurs enfants, ce qui pour certains, crée des problèmes de famille. On s’est rendu compte que cela a, pour d’autres un impact sur leur état de santé. Certains ont trouvé là, la justification à leur hypertension. Donc, pour l’ensemble de ces raisons, ils se sont dits qu’il serait souhaitable d’aller vers des élections générales. Sauf que pour aller aux élections générales, il y a des conditions préalables.

D’où la révision la Constitution ?
Oui bien sûr ! Car pour aller aux élections générales, il y a une condition d’applicabilité et une autre condition de pérennité. Pour l’applicabilité des élections générales, il faut préalablement procéder à l’alignement de tous les mandats électoraux. Aujourd’hui, le mandat présidentiel et celui des élus communaux et locaux sont de cinq ans tandis que le mandat législatif est de quatre. Alors, de deux choses l’une, soit on aligne vers le haut, cinq ans et le mandat législatif passe à cinq ans soit on aligne vers le bas et les mandats présidentiel, communaux et locaux passent à quatre ans. Mais tous ont considéré que c’est autour du mandat présidentiel qu’il fallait bâtir la nouvelle architecture. D’où, la première révision constitutionnelle pour faire passer le mandat des députés de 4 ans à 5 ans. Quand on a procédé à l’alignement des mandats, certains parlent d’harmonisation des mandats, il restait à anticiper sur la pérennité du système des élections générales.
L’assemblée nationale ainsi que les conseils communaux, municipaux et locaux ont été conçus pour qu’il n’y ait jamais de vacances. Or, au niveau présidentiel, la solitude de la fonction fait que l’homme n’étant qu’un simple mortel, il peut bien y arriver des périodes de vacances susceptibles de remettre en cause le système des élections générales. C’est pourquoi, les Américains ont prévu un poste de vice- président élu pour achever le mandat présidentiel en cas de décès du Président de la République ou en cas d’empêchement définitif. Ce modèle a été utilement repris par le Ghana, le Nigéria et depuis peu par la Côte-d’Ivoire. C’est aussi pourquoi, les délégués ont préféré cette formule. Autrement, on aurait pu imaginer un Président de l’Assemblée nationale qui terminerait le mandat présidentiel en cas de vacance ou encore un Président de la Cour constitutionnelle. Mais cette formule présentait l’anomalie de retrouver à la tête d’un pays démocratique, un Président de la République non élu. Le choix a été porté à l’unanimité sur la création de la vice-présidence, d’où la seconde modification.

Seulement que cette fois-ci, le Bénin a déjà une expérience en la matière, en 1964-1965. Sourou Migan Apithy, président de la République, Justin Ahomadégbé, vice-président. Ça a mal tourné en son temps !
Vous êtes en train de me dire que les Béninois d’aujourd’hui ont la même mentalité que ceux d’hier ? Vous savez qu’on a aussi parlé dans la 7ème législature que le fait qu’il y ait des suppléants était mauvais pour les titulaires ? Est-ce pour autant qu’on a cessé d’avoir des suppléants ? Non. Je pense qu’il y a des débats de très peu d’importance. Ma conviction, c’est que quand on prend le Béninois X, il n’est pas la même chose que le Béninois Y. Pourtant, nous sommes tous des Béninois avec nos différences. Donc, je ne pense pas qu’il soit un caractère de portée générale et surtout à faire intervenir dans une décision capitale. Le comportement individuel des gens ne peut malheureusement être un facteur explicatif de mesures de portée générale.

Pourtant, certains estiment que cette affaire de création de poste de vice-président est une proposition de la mouvance présidentielle qui s’était déjà concertée là-dessus à Dassa.
Vous n’allez pas me dire que vous n’avez pas entendu mes explications. Si mes explications ne suffisent pas à vous rassurer alors ce serait désespérant. Et si par extraordinaire, il y a eu effectivement des gens qui se seraient réunis pour penser la même chose que moi, alors, il n’y aurait pas de raison de s’en offusquer. Cela voudrait dire tout simplement que dans notre pays, il y a beaucoup de gens capables de bien penser les situations. Ce serait même un motif de satisfaction.

Et le vice-président sera juste là à croiser les bras ?
C’est vrai qu’on a passé au peigne fin un certain nombre d’exemples. Aux Etats-Unis, le vice-président est en même temps président du Sénat ce qui lui permet d’avoir une voix prépondérante en cas de vote. En dehors de ça, il ne sert pas à grand-chose. On a ensuite pris l’exemple du Ghana. Dans ce pays, le vice-président n’a quasiment pas de dossier. C’est le Président de la République qui lui confie les tâches honorifiques qu’il remplit. Et effectivement, il est arrivé, pour le grand malheur du Ghana, que le président décède en cours de mandat. Ça s’est passé un matin et déjà l’après-midi, le Vice-président a prêté serment et est entré en fonction.
On s’est également penché sur le modèle Nigérian. À la vacance constatée suite au décès du Président Yaradua, le Vice-Président Goodluck Jonathan lui a succédé.


Mais certains proposent 2020 pour commencer les élections générales
C’est le dernier problème qu’il faudra bien expliquer. Je vous ai expliqué les trois séries de raisons qui ont motivé les acteurs politiques à opter pour les élections générales. L’impact économique, le coût financier et les impacts individuels. Ce qu’on n’a pas suffisamment dit, c’est que dans la salle, il y avait des délégués qui ont pensé que les élections générales anticipées auraient permis de régler juridiquement la crise née des élections législatives exclusives. Puisqu’il n’est pas possible de dissoudre notre Assemblée nationale, ils ont pensé que la révision constitutionnelle en vue des élections générales offrirait l’occasion d’une reprise des élections législatives exclusives. C’est cela qui a été à l’origine de l’étude de toutes les hypothèses. Certains ont proposé 2020, d’autres ont proposé 2021, d’autres encore 2023 et 2026.

Ça fait partie des questions sur lesquelles il n’y a pas eu de consensus, comme quels points encore ?
C’est pour cela que dans la restitution, j’ai parlé « d’élections générales anticipées » pour certains en 2020, pour d’autres en 2021. Le rapporteur général est juste là pour restituer fidèlement et loyalement les grandes tendances des débats conduits par le modérateur.

Au lendemain de ce dialogue, vous avez été membre du Comité d’experts. Comment avez-vous fait pour que les choses aillent aussi vite de ce côté M. le Ministre ?
Il faut avouer que le travail était déjà mâché par le dialogue, parce que finalement qu’est-ce qu’on nous a demandé en réalité ? On nous a demandé d’opérationnaliser les recommandations du dialogue. Le dialogue a dit : nous voulons faciliter la création des partis, donc on doit modifier la Charte des partis politiques. Nous on s’est assis et on a dit si on veut modifier, voilà les propositions de rédaction qu’on vous soumet. Ensuite, on nous dit que le code électoral avait des problèmes sur trois points. On a dit « réécrivons les trois points. » Donc, ce furent des lois modificatives et non pas de nouvelles lois. C’est des lois modificatives et complétives. Il y a eu le troisième dossier tout aussi important qui est celui du statut de l’opposition. Les gens se sont dits, il faut que dans notre société, et ce sont les représentants politiques, même si certains leur dénient la légitimité totale, ce que je peux comprendre dans un débat intellectuel, mais ils ont considéré qu’il ne faut pas que le statut de l’opposition soit si décrié. Personne ne veut faire l’opposition. Or, c’est ce qui existe aujourd’hui. Pour la petite histoire, le président de la république a réuni une grosse majorité depuis son arrivée de 2016 jusqu’en 2017. Et c’est à la veille de la première tentative de révision constitutionnelle que la faille est apparue. Et même avec cette faille-là, il s’est retrouvé avec une majorité de 60, 60 sans jamais avoir été à une élection législative. Donc cela veut dire quoi ? Tout le monde le sait, la fameuse problématique de la transhumance qui veut que chaque fois qu’on change de Président, les acteurs politiques, notamment les députés qui lui permettent d’exécuter son programme, soient de son côté. C’est tellement vrai que c’est devenu normal. Mais beaucoup d’entre nous continuions de le dénoncer. Donc, ils se sont dits que c’est peut-être aussi parce que le statut de l’opposition n’est pas intéressant que tout le monde s’acharne à vouloir impérativement aller dans l’Exécutif. Et de mandat en mandat, les mêmes acteurs se retrouvent à être les mêmes soutiens depuis bientôt trente ans. Voilà, il y a certains acteurs au Bénin qui ont toujours fait l’Exécutif de près ou de loin, de façon directe ou indirecte. Ce sont eux-mêmes qui se sont rendus compte que ce n’était pas une bonne chose. Et donc au dialogue, ils ont dit qu’il faut qu’on trouve les moyens de le faire. Et ce que beaucoup de gens ne savent pas, c’est que dans le statut de l’opposition, il y a une disposition qui interdit à quelque parti qui se revendique de l’opposition d’aspirer à une fonction dans l’Exécutif. Autrement dit, si vous êtes un parti d’opposition, aucun de vos cadres n’a le droit d’être nommé directeur de cabinet, n’a le droit d’être nommé directeur adjoint de cabinet, n’a le droit d’être nommé secrétaire général d’un ministère, n’a le droit d’être nommé secrétaire adjoint d’un ministère, etc. Quel parti pourrait survivre dans notre pays sans des cadres positionnés ? Donc, on s’est rendu compte que c’est probablement l’une des raisons majeures pour lesquelles personne ne voulait véritablement faire de l’opposition.

Quelle est votre réponse à ceux qui estiment que le comité est totalement acquis à la cause du pouvoir ?
Est-ce que vous croyez qu’il faut répondre à tout ? Vous savez, je vais d’abord vous dire qu’en politique, le porteur d’un discours est tout aussi important que le discours qu’il porte. Si vous avez des professionnels de WhatsApp, qui ne savent que critiquer, pourquoi vous voulez leur répondre ? Si vous passez votre temps à leur répondre, vous perdez votre temps. Si vous avez des gens tellement radicaux, ils ne seront jamais d’accord avec vous. Donc…

Est-ce que dans le comité il y avait un membre de l’opposition ?
Il y en avait un.

Ah bon ? C’était qui ?
Luc Sinzogan qui représentait les Fcbe. Et on ne l’a jamais dit. Mais attendez, qui devrait le dire ? Ceux qui disent qu’il n’y en avait pas, est-ce qu’ils ont cherché à le savoir ? C’est pour cela que je vous parle de professionnel WhatsApp. Ils ne cherchent pas à savoir. Tatata-tatata, vlan ounh, on balance ! Luc Sinzogan était dans le groupe. En fait, le président a voulu reconduire les quatre membres du présidium du dialogue politique et au dialogue le président avait nommé lui-même intuitu personae le modérateur-facilitateur, le Professeur Dorothé Sossa et le rapporteur principal que j’étais. En plus de nous, il a dit « vous vous organisez, ceux qui se revendiquent de l’opposition vont se réunir pour désigner un rapporteur adjoint. Et ceux qui se réclament de moi, donc de la majorité aussi, désignent un rapporteur adjoint ». C’est ainsi que les trois partis qui se réclamaient de l’opposition (Fcbe, Fcdb et Flamme renouvelée) ont décidé de confier le poste aux Fcbe qui elle-même a désigné M. Luc Sinzogan.
L’opposition réunie, il y avait trois partis qui se revendiquaient de l’opposition. Il y avait les Fcdb de Toléba, il y avait Flamme renouvelée d’Ajavon et puis, il y avait les Fcbe de Yayi Boni. Je continue à penser que dans les textes légaux, c’est lui qui reste le président d’honneur du parti. En tout cas, le récépissé reçu mentionne bien son nom en tant que président d’honneur. Ils se sont réunis.

Donc vous certifiez que dans votre comité il y avait toutes les sensibilités politiques ?
Ecoutez, si après toutes mes explications, vous n’êtes pas convaincus, il ne vous reste qu’à aller vérifier. Luc Sinzogan n’est pas du Bloc Républicain, il n’est pas Union progressiste. Et de toutes les façons, il a été là. Un détail que je peux également vous donnez, c’est que lorsque le décret portant création du comité sera pris, vous pourrez alors vérifier s’il n’y figure pas.

Parmi les décisions qui ont été prises, est-ce que vous pouvez nous citer quelques-unes qui pourraient véritablement contribuer au dégel de la tension si elles venaient à être mises en œuvre ?
La première qui me vient à l’esprit, c’est la loi d’amnistie. La loi d’amnistie va porter sur les faits, disons les délits, crimes intervenus pendant la période électorale. C’est l’une des revendications de l’opposition. La plupart des partis de l’opposition disent que leurs militants sont injustement emprisonnés. Je ne sais pas si c’est bien injustement mais enfin, ils sont emprisonnés. Et ils se sont battus pour qu’on les libère. Et donc le dialogue s’est entendu pour qu’il y ait une loi d’amnistie. Et si on décide d’amnistier les faits, délits et crimes intervenus dans la période électorale, il faut bien qu’on s’entende sur la définition de la période électorale. Au terme des discussions au niveau du comité, on s’est entendu pour fixer une période de six mois. Du 1er janvier 2019 au 30 juin 2019. Maintenant, je vous rappelle, puisque vous êtes journalistes, que les travaux du comité ne vont pas être adoptés comme cela dans les mêmes termes à l’Assemblée nationale. Les députés ont le droit d’amender, d’améliorer etc. Donc il se pourrait que cette durée dans la loi définitive qui sera adoptée passe à sept mois, à huit mois, peut-être aussi moins de six mois. Ensuite, il y a les amendements apportés aux lois sur la cherté des partis, le code électoral, le statut de l’opposition et le financement public des partis politiques qui sont autant de mesures de nature à apaiser la tension et on peut objectivement penser que c’est des mesures d’apaisement. En revanche, il y a incontestablement une question qui me vient à l’esprit lorsque vous posez votre question : ce sont les exilés. A l’exception notoire du Président Boni Yayi, ils ne profiteront pas globalement de cette loi d’amnistie, mais comme je le disais en début de mes propos, le dialogue fut un petit pas dans la bonne direction qui doit nécessairement appeler d’autres initiatives. Et ma conviction c’est que la situation ne peut jamais en rester là. Et d’autres initiatives viendront tôt ou tard parachever ce dialogue. Mon souhait, c’est qu’elles viennent le plus tôt que possible.

Par rapport à la loi d’amnistie, qu’en est-il de ceux qui sont morts ? Est-ce que justice leur sera rendue ? Votre collègue Joël AÏVO a dit qu’on ne peut pas amnistier tant que les responsabilités n’ont pas été situées, à propos de ces crimes qui ont été commis au lendemain des élections…
Je dirai mieux, on ne peut amnistier que les gens qui méritent d’être amnistiés, c’est-à-dire des gens connus. Vous ne pouvez pas amnistier quelqu’un que vous ne connaissez pas. Donc ce problème n’est pas évacué. Puisque je suis sûr que vous ne pouvez pas me donner les noms de ceux que vous soupçonnez. A partir de ce moment-là, vous ne pouvez pas parler d’amnistie pour eux. Je ne comprends pas pourquoi ce débat est ouvert.

Mais quel est l’objectif final de ce dialogue politique, parce qu’au départ vous avez dit que c’est pour décrisper la situation, et on sait aujourd’hui que les exilés sont partie prenante de la crise politique actuelle. Est-ce que le dialogue politique pourra atteindre son objectif si tout ce beau monde qui est à l’extérieur considéré comme exilés ou non, ne peut pas avoir la possibilité de rentrer pacifiquement au pays, d’être amnistié, comme on l’a connu en 1990 ?
Je vais me reprendre, parce que je pense avoir déjà répondu à cette question. Je suis d’accord que le dialogue n’a pas réglé tous les problèmes. Je continue de penser que ce fut un petit pas dans la bonne direction qui appelle de nouvelles actions et qui de toutes les façons devront arriver. Je souhaiterais qu’elles arrivent le plus tôt possible. Donc la décrispation sera progressive ou ne sera pas. Lorsque la loi d’amnistie sera prise, les nombreuses familles de ces jeunes qui sont aujourd’hui dans les prisons pour beaucoup injustement, pour certains à bon droit, seront déjà satisfaites. Eux au moins seront satisfaits en attendant que les familles des autres qui sont à l’extérieur aussi soient satisfaites. Donc dire qu’il n’y aura pas un début de décrispation est inexact. Il y en aura parce que ne serait-ce que les familles et les amis des petites gens que vous semblez négliger seront heureux. Et puis, la loi d’amnistie, ce qu’on ne dit pas assez, c’est que forcément elle autorise le président Yayi à rentrer. C’est une forte tête. Le Président Yayi sera libre sauf que la loi n’a pas voulu citer son nom nommément. Et donc, si le président Yayi est libre, cela contribuera sans contexte au dégel. Ceux qui pensent le contraire sont de mauvaise foi.

Qu’en est-il réellement du parrainage ?
Non, non, l’idée du parrainage vient une fois de plus dans la philosophie globale des acteurs politiques d’aujourd’hui de renforcer le rôle des partis politiques. C’est une option qui est faite en vue de renforcer le rôle des partis politiques dans notre système politique. C’est un véritable changement de culture politique qui s’opère sous nos yeux. Evidemment, lorsqu’on n’y est pas habitué, on développe une résistance, mais lorsque l’on y est ouvert d’esprit, on peut comprendre même si parfois on peut ne pas être d’accord.
L’idée de parrainage a été introduite récemment en Afrique en particulier au Sénégal. L’idée, c’est de dire que désormais pour être candidat, il faut avoir un parrainage d’élus nationaux, députés ou d’élus municipaux ou communaux.

Est-ce que vous trouvez que cette stratégie est juste?
C’est novateur. Vous savez, nous nous sommes opposés au principe du cautionnement indexé sur les frais de campagne, mais il y a eu des listes qui ont bien payé et ont pris part aux élections législatives. Je pense que le parrainage est du même ordre. On peut ne pas être d’accord, mais une fois de plus, on finira par s’y habituer. Il faut être constitué en parti politique pour comprendre la logique actuelle : désormais ce serait tant pis pour les candidats indépendants.

Monsieur le Ministre, quand vous avez transmis le rapport au Président de la République, il a dit qu’il ne va jamais promulguer une révision à polémique. N’est-ce pas des réserves qu’il porte déjà?
Non, vous n’aviez pas compris. Le message qui est parti sur les réseaux sociaux n’était pas le bon. En fait, le chef de l’Etat n’avait pas dit qu’il n’acceptera pas ça. Il a dit qu’il n’acceptera aucune modification qui porterait à croire qu’il veut s’éterniser au pouvoir. Autrement dit, est-ce qu’on va modifier l’article 42 de notre Constitution pour que le Président puisse se présenter à un troisième mandat, voire un quatrième mandat ? En fait ce fut un débat parasite. Ce n’était pas le débat principal. Mais, on s’est rendu compte qu’effectivement, même si on convainc les Béninois qu’on veut juste passer le mandat des députés à cinq ans et créer un poste de vice-président, ils sont tellement suspicieux et tellement jaloux de leur Constitution, qu’ils sont capables de penser que c’est un piège pour faire rester le Président de la République. La preuve, j’ai vu certains dire que les débats sur les élections générales avec l’hypothèse de 2026, signifient qu’il n’y aura aucune élection au Bénin avant 2026. Et que c’est cela le piège. Et pour cela, il ne faut pas accepter cette révision-là. Alors que c’est faux. Je ne vous dirai pas son nom, mais une très haute personnalité de la représentation diplomatique dans notre pays m’a également interpellé en ces termes : « comment pouvez-vous accepter qu’il n’y ait plus d’élections avant 2026 ? ». Je lui ai dit : « de qui tenez-vous cette information ? » Elle me répond que c’est ce qu’elle vient de lire. Je lui ai répondu que c’est de l’intoxication, il n’en a jamais été question. Au contraire, le chef de l’Etat a dit que pour éviter de laisser partir la suspicion qui risque d’avoir un effet de plomb sur la modification, il est prêt, demande, et exige qu’il y ait des dispositions de verrouillage dans la Constitution. C’est pourquoi, nous avons proposé trois verrous possibles : premièrement, reprendre l’article 42 en son alinéa 2 qui dit : en aucun cas nul, ne peut exercer plus de deux mandats et y ajouter trois mots « de sa vie ».

Vos yeux étaient tournés vers qui en ce moment-là?
(Rire). Nulle part. Je n’avais pas d’yeux en ce moment-là. J’avais juste ma tête même si après certains m’ont soufflé que ça serait contre le Président Yayi Boni. Je ne l’ai jamais dit, je ne l’ai jamais pensé. Mais à l’évidence, c’est une conséquence juridique. Et pour ne rien vous cacher, je ne savais pas que le Président Boni Yayi avait encore des velléités de redevenir Président de la République. Ce que je sais, c’est que cela s’appliquerait également au Président Patrice Talon. Le deuxième verrou que nous avons suggéré est un article supplémentaire à inscrire dans les dispositions générales et qui pourrait être ainsi libellé : « en aucun cas, nul ne peut se prévaloir de la présente modification pour prétendre à un 3ème mandat. Aucune juridiction ne peut tirer argument de la présente modification pour autoriser un 3ème mandat ». Le troisième verrou proposé a été de proposer que l’article 42 sur la limitation des mandats devienne insusceptible de modification au même titre que la forme républicaine de l’Etat.

Photo de famille entre Victor Topanou et les journalistes à la fin des échanges

Êtes-vous suffisamment rassurés avec ces dispositions de verrous dont vous parlez ?
Oui. Si vous lisez mes positions qui sont restées constantes, j’ai toujours dit que fondamentalement, je n’ai rien contre une révision constitutionnelle. Mais, il suffit juste qu’elle soit chirurgicale, c’est le mot que j’ai souvent utilisé. C’est-à-dire, une révision qui porte sur un, deux ou trois points ne peut jamais prêter à suspicion. Mais lorsque vous me dites que vous voulez faire une révision sur trois thèmes comme on l’a fait croire par le passé et dans le même temps on touche à 62, voire 80 articles, on supprime des institutions, on en crée de nouvelles, on réforme les rapports juridiques entre les institutions, le débat sur la nouvelle Constitution ou sur la nouvelle République est inéluctable. Donc pour éviter tout ça, on touche à un, deux ou trois points, et on continue même si en ne touchant qu’à deux ou trois points on peut être amené à toucher également à d’autres articles auxquels ils renvoient. Je me souviens très bien qu’en 2012 à un séminaire du Prd, j’avais dit que je n’avais aucune objection à ce qu’on fasse des révisions et l’actuel Président de la Cour constitutionnelle m’avait rétorqué que même une petite virgule nécessitait un recours au peuple. Moi j’ai été constant dans mes prises de position. J’ai toujours pensé qu’une Constitution est faite pour être modifiée. Mais qu’il fallait simplement s’entourer des garanties nécessaires et que l’on pouvait toucher plus facilement les aspects techniques que les aspects politiques.

Donc vous nous dites simplement que dans tous les cas, il n’y aura pas une nouvelle République?
Bien sûr que non. En plus, il était même proposé en quatrième verrou d’inscrire dans le texte que «la présente modification n’inaugure ni une nouvelle Constitution, ni une nouvelle République». Je pense qu’il n’y a pas de raisons qu’on ait une phobie collective autour de la révision constitutionnelle.

Vous faites partie de ceux qui ont contribué à constiper l’opinion contre une révision….
Non. Vous avez tort. Cela veut dire que vous n’avez pas compris les subtilités de mes positions. Je n’ai jamais contribué à constiper, moi. J’ai souvent critiqué les projets successifs qui nous ont été soumis aussi bien sur la forme que sur le fond. C’est tout !

Il y a des pères qui ont contribué à l’élaboration de l’actuelle Constitution qui sont encore là. Je veux parler de Tévoédjrè, Ahanhanzo Glèlè…dont les apports peuvent vous aider à enrichir vos travaux. Mais vous ne les avez pas associés….
Et s’ils étaient morts? Et ils doivent être fiers de la relève qu’ils ont formée.

Mais ils sont encore là et ils sont sur le territoire national. Il y a également les confessions religieuses, l’église catholique que vous avez aussi laissée sur le carreau…
L’église catholique par rapport à quoi?
À leur autorité morale….

Que diriez-vous des églises protestantes, évangéliques, célestes et des religions endogènes ? Vous croyez que la République laïque en a vraiment besoin?
Oui…
Et vous êtes sûr que tout le monde en a besoin ? Non. Je pense que ce sont des détails. Parce qu’en réalité, ce que vous ne dites pas, c’est que beaucoup de nos compatriotes rêvaient d’une conférence nationale bis. C’est cela le vrai problème. Ils ont en mémoire la désormais historique Conférence nationale de 1990 à laquelle tous les acteurs avaient été associés. Mais nous ne sommes pas dans les mêmes conditions qu’en 1989-1990. Je rappelle que la cause de la crise actuelle fut les élections législatives exclusives. Le mandat du Président de la République n’a jamais été contesté. Le mandat du Président de la Cour constitutionnelle n’a jamais été contesté. Celui du Président de la Cour suprême ne l’a jamais été non plus. Est-ce suffisant pour aller à une Conférence nationale ? Ma réponse est bien évidemment non. En 1989, nous avions connu une grosse faillite de l’État. Sur le plan économique, l’État béninois était incapable de payer les salaires. Le système bancaire était en faillite. Le système éducatif était à bout de souffle. Ce qu’on n’a pas suffisamment dit et que les gens ont oublié, ce sont les conséquences sociales de la crise. Dans notre pays, il y avait eu des hommes qui étaient contraints d’autoriser leurs épouses à aller se prostituer pour satisfaire les besoins élémentaires du foyer. On a oublié que des pères de familles étaient obligés d’aller faire du vol à l’étalage pour pouvoir satisfaire les besoins de leurs familles. Dans ces conditions-là, on avait besoin de se réunir. Et à l’époque, on avait beaucoup plus imputé cela au choix idéologique «le marxisme-léninisme» que nous avions fait en 1975 après le coup d’Etat de 1972. Et en réalité, la Conférence nationale n’a permis qu’une seule chose : sortir du cadre Marxiste-Léniniste pour rentrer dans le cadre libéral. Si vous faites une Conférence nationale aujourd’hui, c’est pour rentrer dans quel cadre ? C’est pour retourner dans le marxisme-léninisme ou quoi ? Il n’y a pas d’autres idéologies possibles aujourd’hui et les Béninois n’ont pas rejeté l’idéologie libérale. Au contraire, les crises actuelles sont inhérentes au système idéologique actuel ? Connaissez-vous le nombre de pauvres qu’il y a en France ? Vous connaissez leur nombre aux États-Unis? Ce sont les conséquences du système. Cela veut dire que dans tous les pays, aussi longtemps que vous aurez un système idéologique capitaliste, il fera des heureux et laissera certains sur le carreau. D’où tout le débat sur comment on fait pour accompagner les faibles produits par le système. Dans certains pays, on prévoit des revenus minima d’insertion, des allocations pour accompagner les plus fragiles de la société. Je suis d’accord que nous traversons une crise économique. Je suis d’accord qu’il y a des Béninois qui ne trouvent pas à manger, je suis d’accord qu’il y a des Béninois qui n’ont même pas les moyens de payer la scolarité de leurs enfants… Pour autant, je ne pense pas que ce soit une conférence nationale qui permettra de régler ces questions de gestion quotidienne.

Pensez-vous que les travaux dont vous avez déposé le rapport pourront prospérer?

Je pense que oui. Pour moi, si la loi d’amnistie est votée, je serai déjà très heureux. Car, ce sera un très bon signal. Tous les parents, les familles retrouveront leurs fils. Quelqu’un m’a soufflé de façon totalement officieuse qu’il y aurait, plusieurs dizaines de personnes concernées. C’est énorme. Donc, si déjà on laisse ces gens là rentrer chez eux et qu’ensuite on s’attaque aux dossiers des gros exilés, ce sera bien. Et en plus, ils reviendront trouver un cadre électoral approprié, puisque ce sont eux qui ont demandé la révision du code électoral et de la charte des partis, entre autres. Ma conviction, une fois de plus, c’est qu’il faut que ce dialogue en appelle d’autres et que le problème des exilés soit vraiment pris à bras-le-corps afin qu’ils puissent rentrer. Je pense qu’il n’y a pas de raison qu’on n’y arrive pas. C’est notre pays à nous tous.

Que pensez-vous de la révision de la Constitution ? Correspond-t-elle aux points retenus par le comité des experts ?
Oui. Tous les points retenus par le comité ont été pris en compte. Les députés en ont profité pour régler quelques problèmes en suspens, notamment la création de la Cour des Comptes. Il n’y a rien de criminel à cela. Ils n’ont pas souvent l’occasion et la capacité de réviser la constitution.

Etes-vous frustré ou vous sentez-vous trompé après cette révision ?

Ni frustré, ni trompé. Au contraire, j’ai été agréablement surpris par le sens de responsabilité de nos députés qui auraient pu modifier substantiellement les articles 42 sur la limitation des mandats et 44 sur les critères d’éligibilité pour permettre au Président Talon de s’éterniser au pouvoir.

Et si l’expérience était à reprendre, la referiez-vous ?
Oui, je le referai si c’est pour servir la paix et la stabilité de notre pays.

Quelle est votre appréciation des trois années de gouvernance du président Talon ?

Vous savez que jusqu’aux dernières législatives, j’ai fait une critique régulière. Parce que je suis beaucoup plus dans la posture de l’enseignant plutôt que de l’acteur politique qui doit venir juger à chaque fois que le gouvernement pose un acte. Ça, c’est le rôle des partis de l’opposition. Maintenant, pour ce qui me concerne, je pense qu’il y a eu, comme dans tout régime des choses bien et des choses à rejeter. A l’heure du bilan, le seul juge, le juge suprême qui est le peuple, saura trancher. Qui suis-je, moi, pour juger avant le peuple ?

Que regrettez-vous par exemple ?
Je continuerai de regretter les élections exclusives. Pour moi, ça restera le gros point noir.

Que dites-vous à ceux qui pensent que le duo Topanou-Sossa est en mission pour Talon ?
Si ça permet de libérer les citoyens et d’enclencher une nouvelle dynamique dans l’intérêt du pays, pourquoi devrais-je m’en offusquer ? Mais ce que je voudrais regretter, c’est la culture de l’intolérance qui se développe dans notre pays et qui se traduit, d’une part, par le refus de l’autre dans sa différence, qu’elle soit politique, intellectuelle et autre et, d’autre part, par la violence verbale ainsi que la facilité de tous à injurier tout le monde sur les réseaux sociaux.

Le chef de l’Etat n’est-il pas bien entouré ?

C’est un débat éternel dans notre vie politique. Ceux qui n’ont pas le courage de critiquer le chef critiquent son entourage, et ceux qui n’ont pas le courage de critiquer l’entourage, critiquent le chef. Le système institutionnel qui est le nôtre fait une place prépondérante au chef. Et tous ceux qui sont autour du chef ne sont que des conseillers, je dirai même des collaborateurs. Ils n’ont aucun pouvoir constitutionnel d’inverser la décision du Président de la République. En conséquence, ce ne sont pas les conseillers qui sont en cause. C’est d’abord et avant tout le Président de la République. Ceci dit, j’admets que le Président de la République a besoin de collaborateurs à la hauteur des enjeux et que parfois ce n’est malheureusement pas le cas.

Carte d’identité

De la classe de 5èmejusqu’à l’université, Victor Topanou vit au Togo où il a décroché son Brevet d’études du premier cycle (Bepc) en 1981, le Probatoire en 1983, le Bac en 1985 puis en 1989, il obtient à l’Université de Lomé, une Maîtrise en Histoire, option Relations internationales. Il part ensuite à Paris pour des études de stratégie et de défense à l’Ecole des Hautes Etudes Internationales qui abrite le Centre d’Etude et de Défense Stratégique (Ceds). C’est ainsi qu’il rencontre le Général Charles de Llambi, qui l’encourage à faire un doctorat à la Sorbonne. Après quelques années, Victor Topanou obtient son doctorat avant de revenir à l’Université nationale du Bénin en 1998 où le Professeur Nouréini Tidjani-Serpos s’est battu pour le faire recruter. Lors de la campagne pour la présidentielle de 2006, il est nommé Directeur de Campagne de Célestine Zanou qu’il a connue le 27 décembre 2005. Proposé avec d’autres, sur demande de l’ancien président Boni Yayi pour travailler avec le nouveau Chef de l’Etat, il a été nommé Conseiller technique juridique du Chef de l’Etat le 26 mai 2006. En 2008, il devient Secrétaire général du Gouvernement puis Garde des Sceaux, Ministre de la justice, de la Législation et des Droits de l’Homme, porte-parole du Gouvernement d’alors. Sorti en Juin 2010 du Gouvernement, il se présente aussitôt à la présidentielle de 2011, sans succès. Annoncé pour être candidat à la présidentielle de 2016, l’homme s’est finalement désisté. Avant de jeter son dévolu sur Sébastien Ajavon, il avait prévenu qu’un homme d’affaires ne ferait jamais un bon président pour le Bénin. Et quand on lui dit qu’il est inconstant, il précise : « J’ai écrit un long papier, de près de douze pages de journal, relayé dans près de 21 journaux, à la suite de la position du clergé. J’ai attiré l’attention sur les dangers qu’il y a à élire un opérateur économique. Je l’ai fait, je l’assume. Je continue de penser que j’avais raison. Quand j’ai dit ça au peuple, et que le peuple ne m’écoute pas, décide, malgré mes avertissements relayés dans autant de supports, de porter près de 50% de ses suffrages sur les deux opérateurs économiques, qui suis-je à ce moment-là pour m’y opposer ? Au contraire, j’accompagne ! » Mais est-il toujours de l’opposition ? Il nous repose la question : « Est-ce que je l’avais été ? Quand je me battais pour des élections législatives non exclusives, cela profitait à l’opposition sans que je ne demande aucun poste dans leurs organes et même sans que je ne marchande aucun positionnement pour les législatives si elles avaient été inclusive. Mieux j’ai prêté ma plume, mon temps et mon énergie dans la perspective, bien vite abandonnée, de la création d’un grand parti unifié de l’opposition ». Et d’ajouter : « J’avais choisi de ne plus faire la vie politique. Je l’avais même annoncé sur certains médias. C’est l’une des raisons pour lesquelles, j’ai retiré ma candidature de l’élection de 2016 et que plus tard, nous n’avons pas fait de congrès de mise en conformité du parti Fur qu’avec d’autres nous avions créé ». L’homme qui se dit prêt à aider le Chef de l’État à sortir le pays de la morosité ambiante indique se positionner désormais en enseignant plutôt qu’en acteur politique. Maître de Conférences de sciences politiques depuis 2012, Victor Topanou a récemment croisé le fer avec certains de ses collègues qui ont fini par être sanctionnés par le Cames. « S’ils ont été sanctionnés à trois niveaux, à savoir la commission d’éthique et de déontologie, le comité des experts et le Conseil des ministres, c’est que leur dossier n’était pas si vide que ça », affirme-t-il.

Intimité

Amateur de gombo

Père d’une fille, Victor Topanou a connu l’expérience du divorce. Il a retrouvé l’amour depuis quelques années et avoue être heureux avec « une très belle femme de cœur », dit-il. Grand amateur de football, il rate rarement l’entrainement avec ses amis de quartier avec qui il joue tous les samedis et jours fériés. Au vrai, c’est un homme qui aime la simplicité. A table, il mange du Gombo aussi bien avec de la pâte blanche qu’avec du riz. « Je connais pratiquement tous les bons coins où l’on sert du bon gombo à Cotonou », avoue le gourmet.

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