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Le triomphe de la vérité

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Destruction de la résidence «les Filaos» de feu Gl Mathieu Kérékou: Voici les intentions du gouvernement, Moïse Kérékou réagit


Moise Kérékou, ancien Ambassadeur de la République du Bénin près la Turquie

Comme annoncé il y a quelques mois, le gouvernement du président Patrice Talon a engagé des travaux dans l’ancien domicile de feu Gl Mathieu Kérékou, la résidence «les Filaos». Pour le régime en place, il est question d’honorer la mémoire de l’homme qui a longtemps dirigé ce pays en érigeant en lieu et place de sa résidence, « Les jardins de Mathieu ». Dans cette logique, le projet intitulé « Les jardins de Mathieu », au-delà du nouveau visage qu’il donnera au boulevard de la marina, se veut un grand attrait touristique pour le pays compte tenu du grand jardin public qui y sera réalisé comme on le trouve ailleurs dans d’autres grandes villes du monde. Avant les travaux préliminaires, le gouvernement a adressé à la famille Kérékou, une lettre l’invitant à libérer le domaine concerné d’ici le 1er avril 2019. Ce qui, visiblement n’est pas du goût de certains membres de la famille dont le fils du général, Moïse Kérékou. Cependant, une sommation d’huissier demandait aux héritiers du général Kérékou de déguerpir sa résidence des Filaos de ses effets le 19 septembre 2019. Mais, depuis quelques jours la forte présence des hommes en uniformes et le déguerpissement des biens du général ont sorti Moïse Kérékou de son silence. Indigné, l’ancien ambassadeur du Bénin près la Turquie expose sa version des faits et appelle le chef de l’Etat à la retenue et à transcender les contradictions.

La part de Vérité de Moïse Kerekou au sujet des « Filaos »

Le Général est parti le 14 octobre 2015. Nous avions porté le deuil plus de deux ans après son décès avant d’ouvrir la succession en Mai 2018. Cette Succession est en cours.

Trop d’oreilles ont retenu ma langue pour plusieurs raisons. D’une part pour éviter d’agiter le repos de mon feu Père, Que Dieu l’accueille au Paradis ; et d’autres part éviter toute polémique inutile pouvant jeter du discrédit sur la personne du Chef de l’Etat pour laquelle j’ai un profond respect. Aussi, je me suis gardé de ne pas faire ombrage ou jeter de l’ombre sur la mission républicaine que mènent deux de mes frères dans l’appareil de l’Etat.

Ce matin, la Résidence est militarisée. Un proverbe de chez nous dit que sur le lit d’accouchement, la femme n’a plus honte de sa nudité. J’estime qu’il est de mon devoir aujourd’hui d’éclairer l’opinion publique sur l’affaire dite des « filaos ».

Tout a commencé en février 2017, le Président de la République (PR) avait fait appel à son neveu, le Ministre Modeste Kerekou, Directeur du Fonds National pour la Promotion et l’Emploi des Jeunes (FNPEJ) en ce moment, qui a rendu compte à la famille dès sa sortie d’audience. L’entretien a tourné autour de la Résidence des Filaos. Je retiens de son compte-rendu deux questions que lui aurait posé le PR :
1- La famille Kerekou avait-elle en sa possession les actes de la Résidence ?
2- Si l’Etat décide de vendre à la famille le Domaine, a-t-elle les moyens de payer ?
A la première question, notre frère a répondu que nous n’avons pas encore commencé la Succession et qu’il serait prématuré d’affirmer que la famille est en possession des documents. A la seconde question, il lui a répondu qu’à l’heure où ils se parlent que la famille n’a pas ses moyens. Toutefois, notre maman Marguerite nous a informés que dans les années 2000, notre feu Père a fait un dépôt d’une somme d’environ 3 Milliards au Trésor et qu’on pourrait vérifier pour savoir si ce n’était pas dans le cadre de l’achat dudit Domaine. A propos de cet avoir personnel, le Ministre d’Etat BIO TCHANE y connaît quelque chose.

Qu’il vous souvienne que c’est après cet entretien et la vague d’indignation que cette information a suscitée au sein du Peuple, qu’un ami de notre frère Frederick a publié une conversation téléphonique dans lequel il affirmait que la famille n’était attaché à aucun bien matériel ou terrestre et que le Général avait en son temps la possibilité de s’acheter tout Cotonou mais qu’il ne l’a pas fait, exception faite dès qui nous a vu tous naître de Feu Yolande notre aînée à Sarah la benjamine. Nous sommes au total 26 (enfin on donne les vrais chiffres pour les curieux et les spéculateurs) et 4 sont partis. Ce qui nous ramène à 22. Nous sommes tous béninois et chaque béninois a droit à un lopin de terre sur le territoire béninois. Chaque béninois est né dans une maison qu’on appelle. La Résidence les Filao est notre maison familiale.
C’est en mai 2018 que nous avions ouvert la Succession. A la date d’aujourd’hui, la liquidation n’est pas encore achevée et nous sommes suspendus à la décision de la justice. Les bâtiments du domaine, les filaos est effets personnels et tous les biens du Général sont comme considérés. Même une épingle, on ne peut toucher.
En octobre 2018, le PR et sa suite ont fait une descente fortuite au domicile les filaos ; la famille n’était pas avertie ni conviée, autrement on se serait mobilisé pour lui réserver un accueil digne de son rang. C’est après deux semaines que nous avions su le motif de la visite du Chef de l’Etat lorsque le Ministre d’Etat KOUPAKI a présenté la situation aux trois représentants de la famille qu’il a invités au Palais pour une séance. Il s’agit du Colonel Montan KEREKOU, du Ministre Modeste KEREKOU et du colonel Houssouguèdè Patrice, représentant la veuve Marguerite KEREKOU empêchée. L’information portée est la suivante : le retour du Domaine des dans le Patrimoine de l’Etat. Le Chef de délégation, le Colonel Montan KEREKOU a marqué son étonnement qu’on lui dise que les filaos n’étaient pas une Résidence privée. Il a fait savoir au Ministre d’Etat et à ses collaborateurs qui l’ont assisté que nous sommes en plein inventaire et qu’on a besoin de temps pour mieux fouiller. Toutefois, le Général, notre papa, lui-même a payé les Impôts sur le domaine pendant quelques années et que la famille a pris le relais en s’acquittant régulièrement des Impôts qui s’élèvent environ à 3 millions de nos francs chaque année.

Je n’ai pas assisté à la rencontre car je n’ai pas été convié. J’étais aussi absent du territoire. A mon retour, j’ai demandé à rencontrer le Ministre d’Etat pour qui j’ai de l’estime et qui m’a reçu dans les 48h qui ont suivi. Nous avions échangé sur le statut du Domaine. S’appuyant sur l’avis des techniciens de l’Agence Nationale du Domaine et du Foncier (ANDF), la position du Gouvernement est que le Général au regard de son intégrité n’a pas daigné faire le Titre Foncier (TF) parce qu’il ne voulait pas s’accaparer d’un domaine de l’Etat. Ma position était que justement au regard de cette intégrité évoquée si ce Domaine n’appartenait pas au Général, il l’aurait déjà abandonné dès le 6 avril 2006, car nous le connaissons tous pour sa probité intellectuelle. J’ai mentionné que nous avions appris de plusieurs sources dignes de foi qu’un paiement a été effectué sur ce Domaine. La mutation du TF a-t-elle aboutie ? Je ne saurais le dire mais toutefois nous allons nous concentrer sur ce dossier. Qu’il serait bien qu’on considère les Impôts envoyés comme une présomption de propriété, le temps que nous continuons les vérifications. Le Ministre d’Etat a promis rendre compte au PR.
On en était là lorsque fin mars, nous avions reçu un courrier du Directeur de Cabinet militaire du PR nous intimant l’ordre de déguerpir. Là, c’est devenu sérieux puisqu’on nous avait dit tout le temps que c’était pour honorer la mémoire de l’Ancien Président KEREKOU qu’on voulait procéder à l’aménagement des lieux.
Grâce à l’entremise du Ministre KEREKOU, le Chef de l’Etat a reçu une délégation de la Famille. L’ambiance a été bonne et courtoise aux dires de nos représentants. Absent, je n’ai pas pu assister à la rencontre. Une photo de famille a couronné l’audience. En bon père de famille, le Chef de l’Etat a été très réceptif. Il a déploré que le Ministère du Cadre de vie ne nous ait pas présenté le Projet au préalable. Il a souligné aussi qu’il n’était pas au courant que des familles vivaient en ce lieu. Qu’il donnerait les instructions pour que le Ministre en charge du Dossier nous reçoive.
J’ai moi-même même conduit la délégation de la famille au Ministère du Cadre de vie. Le Projet de Jardins sur lequel sera érigé un Monument aux morts a été présenté par le Ministre TONATO. En réponse, la famille a voulu que les bâtiments actuels ne soient pas détruits mais qu’ils soient plutôt pris en compte dans le plan d’aménagement. Ces bâtiments de style colonial constituaient un patrimoine national. A l’heure où le Bénin s’est fait champion d’Afrique pour la restitution des objets d’arts, nous pensons que l’Etat a tout intérêt à garder intact les bâtiments et à aider la Famille à rénover le bâtiment principal où a vécu le Général pendant un demi-siècle, soit 50 ans de 1965 à 2015 ; en vue d’en faire un Musée à la Mémoire de l’homme. Le Ministre TONATO nous a demandé de poser la doléance dans un courrier qu’il transmettra au Chef de l’Etat dont il connaît la sensibilité pour la culture.
Fin août, des agents de la SBEE et de SONEB sont venus couper le courant et l’eau sans préavis alors que nous n’avions aucun retard de factures. Le lendemain, un détachement de la Garde Républicaine est venu prendre possession du site. Ces derniers ne nous ont pas empêchés de rentrer et de sortir, d’aller et de venir dans la maison.

Entre temps, avec l’accord de la Famille, j’ai pris soin de rencontrer quelques personnalités du pays qui ont collaboré avec le Général et qui connaissent l’histoire afin qu’ils interviennent auprès de la Haute Autorité pour que les Bâtiments ne soient pas rasés. Certains m’ont rappelé pour me faire part de leurs démarches, d’autres sont restés sans nouvelles. C’est le lieu de remercier les Présidents Amoussou, Houngbédji, Batoko et Tiando qui m’ont rappelé pour me demander l’évolution de la situation. Quant à notre frère le Ministre KEREKOU, il n’a pas manqué d’en discuter aussi avec des personnalités proches du pouvoir et de la famille du PR afin que l’Etat revienne sur sa position initiale. Le Colonel Montan coordonnait toutes nos actions.
En septembre, nous avons reçu par exploit d’huissier l’Ordonnance du Tribunal de Première Instance aux fins de Déménagement des Effets du Président KEREKOU. Il s’en est suivi une Lettre d’huissier nous demandant de prendre toutes les dispositions pour rendre possible le déménagement. Constatant que l’Etat a envoyé l’Affaire en Justice, nous avions pris un avocat qui a fait opposition à cette Décision de Justice ; heureux de pouvoir enfin nous défendre et s’en remettre à l’impartialité de notre Justice à laquelle nous faisons confiance qu’elle dira le droit.

La semaine passée, j’ai personnellement écrit au Chef de l’Etat pour solliciter une audience afin de porter à sa connaissance de nouveaux éléments qui pourraient définitivement établir le droit de propriété du Général Mathieu KEREKOU sur le Domaine. Je n’ai pas encore reçu un retour de la Présidence.
Grande fut notre surprise alors qu’une audience est prévue se tenir le lundi prochain au Tribunal de voir l’huissier hier à nouveau nous informer qu’il procédera ce matin à 8h00 à l’exécution de l’Ordonnance. A l’heure où j’écris ma Part de Vérité, deux véhicules militaires et un porte char sont en position.
Le Général Mathieu KEREKOU a vécu pour le Peuple béninois. Il s’est investi corps et âme pour le bien-être du Peuple et pour la Paix dans chaque foyer de béninois. Ce Peuple qu’il a tant aimé, et qui le lui a retourné de la belle manière, avait droit à la Vérité.

Le Général Mathieu KEREKOU s’est sacrifié et a sacrifié sa famille dans l’exercice responsable du Pouvoir d’Etat. Cette Résidence est le minimum qu’on puisse lui accorder car il n’a pas une autre maison à Cotonou. Mais nous continuons à croire qu’il l’a bel et bien acheté puisqu’il m’a dit un jour, brièvement, c’était la veille de mon départ de prise de fonction en tant qu’Ambassadeur en Turquie : « Ici, ce n’est pas à vendre »
Je sais pouvoir compter sur la sagesse du Chef de l’Etat qui a connu le Général Mathieu KEREKOU. Je crois aussi en sa capacité à transcender les contradictions internes.

Enfin je voudrais poser la question suivante aux adversaires acharnés qui tiennent coûte que coûte à détruire cet héritage : « Etes-vous si hostiles envers la personne du Général et son œuvre pour le bien que vous ne supportez de voir qu’il repose en paix? »

Moïse Kerekou

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