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Le triomphe de la vérité

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Honorable Abdel Kader GBADAMASSI, invité de « Sous L’Arbre à Palabres » au siège de L’Évènement Précis: « Nous ne lâcherons rien aux prochaines élections »


Le Député du parti Bloc Républicain, Abdel-Kader Gbadamassi a été reçu dans la rubrique « Sous l’arbre à palabres » au siège du quotidien L’Evénement Précis, le jeudi 26 septembre 2019. Face à l’équipe de la rédaction du journal, l’invité a abordé plusieurs sujets de l’actualité sociopolitique nationale dont entre autres, le bien-fondé de la réforme du système partisan, les défis de la 8ème législature, ainsi que la crise au sein du parti Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe).

Et si on en parlait

Qu’est-ce que ça fait lorsqu’on est jeune député comme ça, qu’est-ce que l’on ressent ?
Je vais vous dire une chose. Devenir député, pour un homme politique en fait, est l’aboutissement de toute vie de militantisme. « On ne va pas à la politique pour devenir riche ». Si nous n’enlevons pas ça de la tête des gens, ils vont croire que c’est la politique qui vous rend riche. Donc, je ne suis pas du tout ému, moi, d’être devenu député mais très heureux de voir que mon travail et ma persévérance ont fini par payer. J’ai milité pour ça pendant un quart de siècle. J’ai milité dans l’un des partis les plus grands, sinon le plus grand que le Bénin ait connu avant la réforme du système partisan. C’est le Parti du Renouveau Démocratique (PRD). J’ai été fidèle. Fidèle, je l’ai été à tous les niveaux. Malgré que mon père fût co-fondateur du parti, j’ai commencé par le bas de l’échelle et j’ai voulu apprendre les manœuvres, les rouages, tout ce qui se passe dans un parti à la base. Donc, c’est une école et il faut aller à cette école. Je le dis parce que ceux qui pensent qu’ont vient en politique pour s’enrichir se leurrent. C’est un faux problème, un faux calcul et une fausse mentalité.Intégrez un parti politique, c’est se battre, mouiller le maillot et être actif à tous les points de vue pour conquérir le pouvoir d’Etat. Mais ce que je constate malheureusement au Bénin depuis l’avènement de la démocratie n’est autre chose que du nomadisme politique.

Qu’est-ce que vous appelez nomadisme politique ?
Quand vous n’avez pas d’idéal, pas d’ambition ni de vision et que vous y allez parce que vous pensez maîtriser quelques personnes dans votre quartier, dans votre arrondissement ou dans votre département, cela ne fait pas de vous un leader politique. Il s’agit là, d’une prostitution politique. Cinq années en arrière, tu étais avec tel président, mais à la fin de son mandat, tu le traites de tous les noms d’oiseaux et tu le quittes. Et comme l’élu indépendant a besoin de ton soutien il t’accepte. C’est ce qui fait que les gens, depuis plus d’un quart de siècle, sont passés de parti politique en parti politique, de Chef d’Etat en Chef d’Etat. Donc, pour moi, ce ne sont pas des politiques. Tu es politique si et seulement si tu te bats pour que ton parti originel gagne le pouvoir et ensemble avec les membres, les militants et sympathisants de ce parti, vous allez gérer le pouvoir. Vous gérez en ce moment le pouvoir d’Etat. Mais après, c’est sur les résultats que le peuple vous juge car seul le peuple est souverain. S’il juge que cette équipe a honoré ses engagements, le peuple est en droit de lui renouveler sa confiance. Dans le cas échéant, il renouvelle sa confiance à une autre équipe et vous vous retrouvez forcément dans l’opposition. Mais une opposition pure et dure car une opposition constructive n’existe pas. Pourquoi ? Parce que le pouvoir d’Etat s’arrache. L’opposition n’est pas là pour détruire le pays ni pour nuire. Parce que détruire, c’est s’autodétruire. Parce que quand vous détruisez, vous détruisez la nation. Alors que vous vivez dans la nation. Mais par contre l’opposition a le devoir d’apporter des solutions aux problèmes de l’heure parce que le peuple, que vous le vouliez ou pas, est le maître de tout ce que nous faisons.

Vous arrivez à l’Assemblée Nationale à un moment de crise.Qu’est- ce que ça vous fait de venir dans une Assemblée monocolore ?
J’aime bien ce vocable de monocolore mais c’est un manque de sincérité quand nous parlons de monocolore. Monocolore pourquoi ? Il y a un nouveau système et ce nouveau système vous bloque quelque part, vous empêche d’être un transhumant, de ne pas vous vendre. Sans ce système, vous auriez déjà entendu au sein de l’hémicycle, qu’il y a des députés non-inscrits qui ont été élus sous la bannière d’un parti politique mais parce qu’ils n’y trouvent plus leur gain, ou bien parce qu’ils veulent aller ailleurs, désertent leurs partis originels. C’est pourquoi les partis majoritaires au bout de quelque temps deviennent minoritaires. Vous ne construisez rien dans une telle atmosphère.

Oui mais vous soutenez tous Talon !
Je soutiens Talon ne veut pas dire que le parti appartient à Patrice Talon. Mon parti, le Bloc Républicain n’appartient pas à Patrice Talon. Vous savez, au sein de l’hémicycle, ça marche comment ? Il faut une majorité et une minorité. Toujours et partout, c’est comme ça. Mais nous soutenons la vision et le programme d’action du gouvernement. Nous ne soutenons pas l’homme mais plutôt ce qu’il propose au peuple béninois.

Vous parlez de majorité et minorité mais nous on parle d’opposition et de mouvance !
Ce que je vais vous dire, vous ne pouvez pas avoir 300 partis politiques au sein de l’hémicycle et ne pas parler d’opposition. S’il vous plait. Nous venons d’horizons divers avec nos cultures, avec nos idéaux, nos visions. Ce n’est pas facile. C’est ce que nous allons bâtir ensemble pour les générations à venir qui est important pour nous. Je vous le dis, il n’y a aucune fierté à être béninois quand il y a plus de 300 partis politiques pour 12 millions d’habitants. Au même moment, vous avez des Etats du Nord, développé, qui ont 200, 300 millions d’habitants et qui ont à peine trois partis politiques. C’est ce que nous refusons à travers la réforme du système partisan. Nous sommes passés de 300 partis, sinon plus, à une dizaine de partis politiques. Mais, notre souhait et certainement celui du chef de l’Etat, c’est que ces dix partis, d’ici une dizaine années, se retrouvent à cinq et peut-être moins.
Qu’il y ait de grands blocs, gauche, droite et peut-être centre.

Comment appréciez-vous la méthode Vlavonou à la tête du parlement ?
Sa méthode me plait parce qu’il a mis Dieu au cœur de sa gestion. Dieu, c’est ce qui nous manque. Ce n’est pas le politique qui vous parle, mais je suis venu vous parler du fond du cœur. Tout ce que je pose comme acte, Dieu est au cœur. Le politique a besoin du Saint Esprit pour le guider. Le politique a besoin de la présence de Dieu dans toutes les prises de décisions. En tant que spectateur, je connaissais le président Vlavonou. Mais en tant qu’acteur, je le découvre mieux. L’Union Progressiste étant majoritaire, la présidence du bureau de l’Assemblée Nationale leur revenait de droit et ils ont choisi Vlavonou. Mais, je me suis rendu compte qu’il a joué un grand rôle dans l’élaboration de la réforme du système partisan. Il a joué non seulement un grand rôle, mais il maitrise également les textes au niveau de l’Assemblée. Il est très humble, il est resté égal à lui-même et il donne la parole à qui le veut. Donc, moi, ce Président-là me plait. Qu’il soit de l’Union Progressiste ou pas, quand quelqu’un fait bien, il faut avoir le courage de le dire. Il fait du bon travail au sein de l’hémicycle mais nous espérons davantage de lui, plus d’équité et de justice au sein des membres du parlement. Il totalise plus d’une vingtaine d’années d’expérience parlementaire. Ce n’est pas rien en politique.

Quels sont selon vous, les vrais défis de cette 8ème législature ?
J’avoue que nous sommes arrivés à la 8ème législature à un moment où il y avait beaucoup de tensions. Une tension créée par la mise en application du code électoral et de la nouvelle charte des partis politiques. L’application de ces différentes lois pouvait demander d’énormes sacrifices pour les acteurs politiques. Nous au sein du Bloc Républicain, nous avions eu notre lot de problèmes que nous avons corrigés en temps et en heure pour respecter les textes librement consentis.Après tout ceci, notre défi est de vraiment contrôler les actions du gouvernement, de voter des lois qui améliorent le quotidien de nos populations et de préserver les acquis démocratiques.

Vous êtes membre du Bloc Républicain, comment se porte le parti ?
Le parti se porte très bien. Je ne suis pas socialiste, je suis de droite et le monde évolue. Vous venez à l’heure, vous prenez le train mais si vous êtes en retard, le train ne vous attend pas. Le Bénin doit aller de l’avant. Notre parti se porte à merveille avec à sa tête un secrétaire général national en la personne du Ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané, un 1er secrétaire général adjoint le Ministre Jean Michel Abimbola et un 2ème secrétaire général Général Robert Gbian. Contrairement à une coordination à trois, l’organigramme du bureau a été revu.Il est donc normal que le Ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané conduise les affaires courantes du parti jusqu’au prochain congrès avec un Bureau Exécutif National de 17 membres congrès. Tout va bien au Bloc Républicain. On se prépare pour les universités de vacances et l’installation des structures décentralisées du parti.

Avez-vous l’impression que la pratique du militantisme est vraiment ancrée au sein du Bloc Républicain ?
C’est un bébé qui est né et s’il commence par parler dès sa naissance, vous aurez peur. Tout n’est pas parfait et nous travaillons pour le rendre parfait. C’est un parti qui n’appartient plus à un individu. C’est un parti national et on a banni le régionalisme au sein du Bloc Républicain

Mais il y a eu plusieurs candidatures du Bloc Républicain au Cos Lépi ?
C’est un droit le plus absolu pour toute personne de se déclarer candidat. C’est la démocratie et c’est le jeu politique. Si c’était dans l’ancien système, étant donné que c’est à un individu qu’appartient le parti, il allait donner des instructions. Nous avons laissé chacun membre du BR désigné au sein du COS LEPI se porter candidat mais cela ne signifie pas qu’il a mésentente. C’est de bonne guerre. La vie continue.

D’aucuns parlent d’une guerre froide entre le Bloc Républicain et l’Union Progressiste. Que répondez-vous ?
On a lu et entendu sur les réseaux sociaux que les deux partis sont amis et qu’on allait s’entendre pour les élections. Mais, vous avez constaté avec le temps que ce n’était pas vrai. Nous sommes des adversaires politiques et non des ennemis.

Vous vous êtes battus contre qui, dans votre circonscription électorale ?
Il y avait Délonys Kogblevi, Sèdami Fagla Medegan , Dr Badirou Aguemon et Robert Cakpo.

Vous êtes-vous sentis dans une adversité comme auparavant ?
C’était plus dur. Nous avons vécu beaucoup de choses sur le terrain, et c’est parce que nous avons été naïf. Cela nous a joué des tours. Au début, nous pensions que nous étions des frères siamois, mais ils nous ont vite rappelés à l’ordre. Nous avons dépensé plus que l’UP. Auparavant, je connaissais mes adversaires, mais cette fois-ci, j’ai baissé ma garde. Nous avons été naïfs et ça ne se répètera plus. Nous ne laisserons rien aux membres de l’UP ni aux autres partis pour les élections à venir. Nous avons un candidat pour 2021. Nous avons près de 7.000 membres fondateurs. Pourquoi voulez-vous que les partis politiques soutiennent chaque fois des candidats indépendants ? Nous avons de la matière au sein du parti. En son temps, nous allons désigner le candidat suite au primaire que nous allons soutenir afin qu’il remporte les élections. Je respecte l’UP où il y a tous les anciens ténors. Ils sont plus expérimentés et plus vigilants. Dès les premiers jours de la campagne pour les législatives, l’UP nous a montré qu’il était venu pour nous écraser en prenant les quatre sièges dans la 15ème circonscription. Nous sommes des adversaires politiques comme je l’avais dit, même si nous soutenons tous les actions du Chef de l’Etat, Patrice Talon.

Nous avons vu l’entrée de Jean Michel Abimbola dans le gouvernement !
Ce que nous avons constaté n’est que l’émanation de la volonté des militants à la base. Il y a des députés qui trouvent qu’il n’y a pas de parité entre les deux blocs, même si nous soutenons tous deux les actions du Chef de l’Etat. Il était alors temps que nous demandions au Chef de l’État de rééquilibrer un peu la balance. Ce que nous voulions, nous l’avons obtenu même si ce n’est pas au même nombre. Nous avons voulu qu’on augmente le nombre de postes ministériels au sein du Gouvernement. Nous étions à 5 ou 6 ministres et maintenant nous passons à 10. Nous disons merci à son Excellence le Président de la République Patrice. C’est une manière pour lui aussi de nous démontrer qu’il n’est pas avec un parti contre un autre. L’essentiel, ce sont les résultats. C’est de porter le plus loin possible ses idéaux et ses actions. Donc c’est de bonne guerre, mais attention ! Ce n’est pas le nombre de ministres dans un gouvernement qui vous fait gagner une élection.

Comment le parti Bloc Républicain se prépare-t-il pour rafler le plus grand nombre de communes ?
Ce qui est urgent pour nous, c’est l’organigramme du parti. D’abord, la première chose, c’est l’université de vacances, parce que nous savons qu’il y a une autre élection. Nous y pensons, mais ce n’est pas le plus urgent. Quand nous allons mettre en place tous les outils, vous aurez les résultats. Donc, l’université de vacances nous permettra d’échanger, parce que nous ne nous connaissons pas tous car nous venons d’horizons divers. Ce sera l’occasion de faire le bilan. D’ailleurs, ça nous aidera à mieux resserrer les rangs. Après l’université de vacances, nous allons commencer par installer les structures prévues par les textes. Nous allons étonner les gens. Nous n’allons rien laisser. C’est-à-dire que nous allons nous battre, mouiller le maillot et au niveau du Bloc Républicain, nous sommes en train d’éduquer ou de reformater l’esprit de nos militants. Si tu es militant dans un parti, que tu sois pauvre ou plus au-delà du pauvre, tu peux émerger. Donc, nous essayons de leur expliquer comment être un militant moderne, discipliné, actif, loyal, respectueux des textes et de l’Autorité sans forcément attendre des billets de banque que les hommes politiques viennent donner pour acheter vos consciences. Le jour où nous allons transcender cela, le Bloc Républicain deviendra le premier parti politique du Bénin.

Que pensez-vous de la crise qui prévaut actuellement au sein du parti Fcbe au sujet de la délivrance du récépissé à ce parti ?
D’abord, leur problème à eux, c’est qu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent. Vous ne pouvez pas vous battre, crier, aller salir même le Bénin à l’extérieur pour ce certificat de conformité et maintenant que vous l’avez eu, vous dites que vous n’en voulez plus. Vous ne pouvez pas vouloir d’une chose et son contraire. Maintenant qui sont ceux qui se battent ? Qui sont ceux qui ne veulent pas de ça ? Ce n’est que quelques personnes. Moi j’en appelle à la sagesse des dirigeants de ce parti. Je demande à ces dirigeants de descendre dans l’arène et de prendre les avis de leurs militants à la base. Ils seront surpris d’entendre que militants à l’unanimité veulent de ce certificat pour aller aux élections. Ce ne sont pas les responsables qui font un parti mais leurs militants à la base. Pour des intérêts égoïstes et inavoués ces quelques responsables ne doivent pas laisser disparaître le parti FCBE. Je félicite les responsables tels que Paul Hounkpè, Théophile Yarouet Issifou Amadou pour avoir sauvé ce grand parti. Je n’en dirai pas plus car c’est un problème interne au parti FCBE.

Mais il y a certains qui soupçonnent le pouvoir d’être derrière cette division au sein des Fcbe. Qu’en dites-vous ?
Ce sont des inepties. Toutes les fois qu’on cherche un bouc émissaire pour un problème interne, c’est le nom du Chef de l’Etat qu’on appelle or la réalité se trouve ailleurs.

N’est-ce pas Talon qui veut diviser pour régner ?
Diviser pour régner pourquoi ? Il règne déjà! Qu’on arrête de voir le mal partout. On colle au Chef de l’Etat des choses que l’homme même n’y a pas pensé. Tout ce qu’on dit là, c’est des « si ». Les gars ont crié, ils se sont battus à cause de ce certificat.Maintenant, qu’ils l’ont eu, au lieu de dire merci à Dieu, ils disent encore que la main de Talon est dedans pour diviser. Il y a division parce que les responsables ne sont pas descendus dans l’arène. Le jour où ils vont s’imprégner des réelles aspirations des militants à la base, ils n’auront plus de problème, parce que c’est le militant qui détient le pouvoir.

Ne craignez-vous pas leur retour en force pour les élections à venir ?
Qu’ils reviennent ! C’est normal. On est en politique. Que chacun mette son arsenal en place, que chacun se batte. Qu’ils reviennent. Ne sont-ils pas des Béninois ? On a besoin de tout le monde pour bâtir cette nation. C’est normal qu’il y ait des mouvanciers et des opposants. Savez-vous pourquoi l’opposition n’est pas allée aux législatives ? Ils ne se sont pas pris à temps. Ils ne se sont pas pris au sérieux. Voilà maintenant la preuve. Ce n’est pas entre deux partis qu’il y a la crise. C’est en leur propre sein qu’il y a déjà deux camps.

Finalement avec la crise économique, la faim aujourd’hui, le bras de fer avec l’opposition, à quand le desserrage des ceintures ?
(Rire) Le Bénin est formidable. Je vais vous dire une chose. Après le départ du Président Talon, nous allons l’applaudir pour tout ce qu’il a fait pour notre pays. J’invite les béninois à la patience car le chantier est vaste.

Mais ça c’est la faute à Talon qui a serré partout, même les petites choses que vous trouvez de temps à autres….
Talon n’a rien fait. Talon fait qu’aujourd’hui toutes les institutions de Bretton Woods nous sont ouvertes. Ai-je menti ? Tout est au vert grâce au chef de l’Etat. Le Président Patrice Talon fait un travail formidable. Je suis d’accord que c’est difficile. Je suis d’accord que les béninois ne sont pas habitués aux réformes et d’ailleurs toute réforme partout dans le monde s’oppose à des résistances. Mais il faut passer par là avant le réel développement. Vous ne pouvez pas bâtir une nation qui est décimée depuis plus de cinquante ans en quatre ou cinq ans. Nous souffrons depuis l’indépendance. Quand vous prenez certains pays de l’Asie du Sud-Est, comme Taiwan et autres, ils étaient au même niveau que nous au moment de l’indépendance. Mais grâce aux réformes, ce sont des pays en plein essor.

Est-ce qu’aujourd’hui dans Akpakpa, Talon a tenu promesse ?
D’abord, il n’y a plus une voie aujourd’hui au niveau d’Akpakpa qui ne soit pas en chantier. Il y a un projet de 33 marchés à construire et 22 à rénover. L’électrification, même si ce n’est pas de l’électricité conventionnelle, vous avez des panneaux solaires qui permettent d’avoir certaines voies éclairées aujourd’hui. Les voies sont plus propres. Vous voyez la police municipale est un peu partout. La police républicaine faire un travail sécuritaire formidable. Le Bénin est en marche. Le Président Talon, est celui qu’il faut pour bâtir une nation prospère profitable pour nous et à la postérité.

Fermeture des frontières entre le Bénin et le Nigéria, l’économie béninoise en souffre
C’est un problème d’ordre général. Pour cette fermeture de frontière Bénin-Nigéria j’invite les uns et les autres au calme, à la patience et à la sérénité. Parce que ce problème est devenu la priorité des priorités pour le Chef de l’Etat et pour toute la diplomatie béninoise. Et nous allons beaucoup prier pour que dans les jours et les semaines à venir ce problème soit définitivement résolu. Mais en tant que politique et en tant que béninois, cette fermeture que je trouve injuste m’interpelle et m’amène à me poser beaucoup de questions. Sommes-nous réellement économiquement libres et indépendants vis-à-vis du géant de l’Est ? Alors face à cette question, nous proposons une assise des filles et fils de ce pays pour débattre autour de cette situation et de trouver les voies et moyens pour ne plus subir de tels préjudices à l’avenir.Nous nous devons également travailler. Si on avait l’habitude de travailler deux fois, il va falloir travailler maintenant peut être dix fois. Mais l’Exécutif met tout en œuvre pour décanter cette situation. Nous parlementaires jouerons également notre partition.

Mais les gens disent que c’est à cause de Talon que cela a été fermé, que c’est le PVI qui est à la base…
J’ai trop de respect pour votre corporation. Si vous invitez un député, un élu du peuple, ne lui dites plus, « ils ont dit », qui a dit ça ? Avez-vous les preuves de qui a dit ça ? Mais si vous n’avez pas ces preuves, je vous répète encore que c’est des supputations. PVI vient chercher quoi avec la fermeture de la frontière entre le Bénin et le Nigéria ? C’est toujours le PVI qui a occasionné la fermeture des frontières Niger- Nigéria et Cameroun-Nigéria. Que les gens arrêtent l’intoxication. Donc ce n’est pas un problème lié au Bénin seul.

Où est ce que vous avez jeté votre veste arc-en-ciel ?
Ma veste arc-en-ciel, je ne peux jamais jeter cette veste-là.

C’est la veste que vous avez portée de naissance
Je l’ai rangée. Je l’ai rangée pour plusieurs raisons. Je suis PRD dans l’âme. C’est le plus important. Et je m’entends très bien avec le leader charismatique du parti, le Président Adrien Houngbédji, il est mon père comme je l’ai dit et je continuerai de le dire. Vous n’entendrez jamais l’honorable Gbadamassi dire du mal de lui parce que le béninois est souvent amnésique. On oublie très vite. A César ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. Grâce à Houngbédji il n’y a pas eu effusion de sang en 2011. Même pour l’installation des députés à l’Assemblée nationale.

Pourquoi avez-vous quitté Prd?
Ecoutez, ce n’est pas parce que vos parents ont une société familiale que vous allez forcement travailler dedans. J’ai ma destinée que j’ai prise en main. Et je pense que la réforme du système partisan, l’un des tous premiers à l’avoir annoncée à l’université de vacance, c’est le Président Adrien Houngbédji.

Et pourquoi ne pas rester avec lui ?
D’abord, je vous apprends que suis toujours avec lui. Le fait d’avoir quitté le parti ne veut pas dire que j’ai quitté mon père. Après un quart de siècle en politique lorsque votre conviction ne cadre plus avec l’idéologie, les valeurs qui vont ont amenées à militer pendant bien des années, il est normal que vous changez de cap. Quand une porte se ferme, il y a forcément une autre qui s’ouvre.

On vous connait comme l’un de ceux qui appelaient à des réformes au sein du parti et ne l’ayant pas obtenu, vous avez décidé de fermer la page.

Je suis parti du Prd depuis 2016. Je suis même parti avant les élections de 2016 où j’ai fait ma déclaration publique de soutenir le candidat Patrice Talon parce que son projet de société me plaisait et continue de me plaire. Et je sais que c’est un projet qui sera bénéfique à long terme pour le peuple béninois. Donc je n’ai fait que ranger ma veste. Je souhaite bon vent au Président Adrien Houngbédji et à son parti le Prd. Mais je vous dis une chose : je n’irai jamais tromper le Prd. Je ne dirai pas du mal du Prd, parce que je ne pense aucun mal du Prd et je m’entends très bien avec le président Adrien Houngbédji pour tout ce qu’il a fait et ce qu’il m’a appris. C’est un homme qui a beaucoup apporté aux béninois.

Carte d’identité : Un rêve de modèle

Le député Abdel Kader Gbadamassi est le fils cadet de Moucharafou Gbadamassi, co-fondateur du Parti du renouveau démocratique (Prd), ancien Procureur général du Bénin, ancien Président des Dragons de l’Ouémé et ancien Président de la Fédération Béninoise de Football. Deuxième d’une lignée de cinq enfants, il est né en 1971. Après son Cep, il entre au Collège de Dassa-Zoumè en 1981. Ensuite en 1982, il s’envole pour la France pour poursuivre ses études. Après son échec au Bac série G3, il s’est inscrit dans une école privée de Commerce international où il obtient après deux années d’études son Brevet de technicien supérieur en commerce international. Après la naissance de son premier fils, il décide de rentrer au bercail en novembre 1993 et il adhère au parti PRD le 7 décembre de la même année. Il travaille pendant quelques années avec son feu père au collège Victor Ballot de Porto Novo pour se mettre par la suite à son propre compte. Actuellement, en plus de sa passion pour la politique, l’homme est un opérateur économique.
Abdel Kader Gbadamassi a été élu deux fois sur la liste du Prd en tant que Conseiller municipal et élu député sur la liste du Bloc Républicain dans la 15ème circonscription électorale au scrutin d’avril dernier. Il espère de par sa position, être un exemple pour tous ceux et celles qui veulent embrasser la carrière politique « Un député doit être un exemple. »

Intimité: Ancien footballeur professionnel

Marié et père de 5 enfants, le député est musulman de naissance, même s’il affiche une foi plutôt chrétienne. A table, il aime manger tout ce qui est purement africain. En termes de boisson, il ne prend que de l’eau. Ses sports préférés sont le tennis et le football. Si vous voulez être son ami, soyez simplement humble. Ce qu’il admire avant tout chez l’homme, c’est l’humilité.

La REDACTION

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