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Le triomphe de la vérité

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Tabagisme: Les parties prenantes de la lutte anti-tabac élaborent une feuille de route


Le ministère de la santé a organisé le jeudi 4 juillet à Azalaï Hôtel de la  plage de Cotonou avec  l’appui financier du Centre pour la lutte antitabac en Afrique (CTCA)un atelier de cadrage et de réorientation de la lutte anti-tabac au Bénin visant à élaborer une feuille de route pour combattre plus efficacement le fléau

Au cours de cette journée de travail il s’est agi, pour les participants, de faire l’état des lieux de la lutte anti-tabac au Bénin en identifiant les goulots d’étranglement et les actions spécifiques au contexte à entreprendre pour en arriver à bout. Au démarrage des travaux, le directeur national de la santé publique (DNSP), Dr Pius Gounadon s’est réjoui de l’opportunité qu’offre cet atelier de riposter au tabac au Bénin. Le DNSP a profité de l’occasion pour remercier CTCA pour son engagement aux côtés des pays africains à combattre ce fléau qui décime leurs populations et surtout les jeunes. De ce conclave qui a réuni des participants provenant des ministères sectoriels ainsi que des membres de la Commission technique chargée des réformes dans le secteur de la santé, est attendu une feuille de route prenant en compte les priorités du Bénin pour une lutte anti-tabac à l’échelle africaine. « La feuille de route élaborée et validée ici va obtenir le soutien financier et technique de CTCA….Le CTCA est soutenu par d’autres organisations internationales et a un programme d’actions pour les trois prochaines années. Le plan d’actions vise globalement à appuyer les pays africains contre la demande et l’offre de tabac pour diminuer le tabagisme. L’atelier de ce jour est pour prendre l’avis des acteurs sur un draft commun à tous les pays, pour l’adapter à nos réalités ici afin de lutter efficacement contre le tabagisme », a expliqué Salimane  A. Amidou, le Coordonnateur du Programme national de lutte contre les maladies non transmissibles. « Mais nous profitons de cette occasion pour aller au-delà de ce que CTCA peut financer,….parce que la lutte est multisectorielle. Ce que CTCA ne peut pas prendre en compte, le pays va devoir le faire », a-t-il ajouté. Au cours de cet atelier, les participants ont eu droit à plusieurs communications. Dans sa présentation sur le « fardeau du tabagisme », le Point focal tabac au ministère de la Santé, Dr Judith Segnon a dressé un état des lieux plutôt inquiétant du fléau au Bénin l’on aune prévalence de 5% chez les adultes qui fument et où l’industrie du tabac s’attaque à la couche juvénile en recrutant des consommateurs de plus en plus jeunes.

 

Dr Judith Segnon. Médecin de santé publique, épidémiologiste, point focal de la lutte contre le tabac au ministère de la Santé sur la loi anti-tabac au Bénin

« Tous les articles de la loi n’ont pas besoin d’un décret pour être appliqués »

L’Evénement précis : Quel est l’état des lieux de la lutte contre le tabagisme au Bénin ?

Dr Judith Segnon : « La lutte antitabac fait son bonhomme de chemin au Bénin. Nous avons une loi depuis 2017 qui tarde à avoir des décrets d’application. Mais, même sans les décrets d’application, la loi est applicable. Tous les articles de la loi n’ont pas besoin d’un décret pour être appliqués. Mais il se pose un grand problème d’application de cette loi parce que les corps de contrôle nous disent qu’on n’est pas assez  impliqués, demandent la vulgarisation de la loi pour pouvoir mieux l’appliquer. Mais je vous avoue que l’application de la loi concerne chaque individu au Bénin. La loi a prévu des dispositions pour réduire l’offre et la demande de tabac. Le gros souci que nous avons,  c’est par rapport à la couche juvénile. Les jeunes ont commencé à fumer, et la tendance est à la hausse. Nous avons le devoir de sensibiliser au maximum sur les effets néfastes du tabagisme sur la santé, sur la vie sociale et sur l’économie de notre pays. »

Que disent les statistiques ?

« Au Bénin ça fume, contrairement à ce qu’on pense. Nous avons une prévalence de 5% chez les adultes béninois qui fument. C’est énorme, parce qu’en matière de tabac, la plus petite dose est nocive à la santé. Tant que la prévalence n’est pas de 0%, nous avons un grand problème de santé publique à résoudre. Le tabac est le principal facteur de risque des maladies non transmissibles ; le tabac créé la dépendance. C’est le tabac qui va donner l’hypertension artérielle, les accidents vasculaires cérébraux, les maladies respiratoires chroniques ; la tuberculose passe par là. La tuberculose n’est pas une maladie non transmissible mais celui qui fume est vulnérable, il est facilement attaqué par le microbe de la tuberculose. Le tabac aujourd’hui est un danger public, c’est un poison, et il est important de noter que notre loi a pris des dispositions pour protéger les non-fumeurs. C’est dire que le tabagisme passif tue également ceux qui n’ont pas choisi de fumer mais qui, exposés à la fumée du tabac, vont développer les mêmes maladies que ceux qui ont fumé et, le gouvernement a le devoir de protéger ces personnes dites vulnérables. C’est pourquoi la loi a interdit de fumer dans les lieux à usage collectif fermé. Les bars, restaurants, hôtels, sont des espaces non-fumeurs ; les lieux de travail, les transports en commun sont des espaces non-fumeurs. Tout le souci que nous avons aujourd’hui, c’est l’application effective de la loi. Il est prévu toutes les dispositions dans cette loi que nous avons, pour protéger la population béninoise des effets dévastateurs de la fumée du tabac. »

On sait l’industrie du tabac très puissante. Subissez-vous des pressions de cette industrie ? Si oui, comment résistez-vous?

« Les pressions de l’industrie du tabac ne viennent pas tellement au ministère de la santé. Ce sont les ministères de l’économie et des finances, du commerce, qui subissent beaucoup de pressionsparce que c’est là-bas qu’il y a des enjeux économiques. Au ministère de la Santé nous avons le lead de lalutte anti-tabac parce que fumer crée beaucoup de dégâts sur la santé et nous n’allons pas croiser les bras pour après soigner les dégâts causés par la fumée du tabac. Nous faisons de la prévention en amont, nous sensibilisons. »

Flore S. NOBIME

 

 

 

 

 

 

 

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