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Le triomphe de la vérité

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Prof Barthélémy Biao à propos de l’intégration du Bénin dans la Zlecaf : « Le secteur textile et vêtement est une chaine de valeur régionale bénéfique »


A la suite du lancement du rapport 2019 sur le développement de l’Afrique, réalisé par le  Laboratoire de recherche en économie et gestion (Lareg) de l’Université de Parakou dont il est le directeur, le professeur Barthélémy Biao est revenu sur ce que peut faire le Bénin en intégrant à la Zone de la libre échange continentale africaine (Zlecaf).  Répondant aux questions des journalistes du quotidien l’Evénement Précis, l’universitaire a expliqué que le Bénin gagnerait beaucoup dans cette zone de libre échange en misant sur le secteur textile et vêtement qui constitue une chaine de valeur régionale potentiellement bénéfique pour la zone. A partir de ce moment, il appartient  au Bénin de mettre  en place  des politiques idoines pour améliorer son insertion dans cette chaine de valeur à travers son principal produit de rente.

L’Evénement Précis : Que peut-on retenir de ce rapport que vous avez présenté

Prof Barthélémy Biao : L’exposé sur le rapport Cnuced 2019 du développement économique en Afrique pour cette année porte sur le thème dont vous avez connaissance à savoir : « Made in africa les règles d’origine comme tremplin pour le développement du commerce intra-africain. Ce qu’on peut en retenir d’abord est que les règles d’origines sont importantes lorsqu’une région notamment l’Afrique s’engage dans un processus de libéralisation préférentielle. Mais, les règles d’origines sont complexes et dans le passé, ont été un instrument qu’on peut dire mal utilisé parce que les pays n’ont pas pu les exploiter suffisamment, en face de celles d’origines concurrentielles.

Que désignez-vous par règles d’origine ?

Les règles d’origine sont un passeport qui permet aux marchandises de circuler en bénéficiant de droits de douanes préférentielles. Vous le savez, si vous n’avez pas de passeport, vous ne traversez pas les frontières. C’est la même chose ici avec les marchandises qui sont appelées à traverser les frontières en bénéficiant des droits de douanes préférentielles. C’est-à-dire, des taux plus bas que le commun des produits, si on peut le dire. Autrement, les règles d’origine sont les critères permettant de déterminer le pays d’origine d’un produit. Les règles d’origine, c’est la conséquence logique de la libéralisation préférentielle. Nous disons que nous constituons une zone de libre-échange continental parce que nous voulons baisser les barrières tarifaires et non-tarifaires entre nous, de façon préférentielle. Donc, si nous le faisons, c’est parce que nous pensons qu’il y a des gains potentiels dont les règles d’origine vont permettre de concrétiser. C’est ça en fait la raison d’être de la zone de libre-échange continental.

Quelle est la principale leçon de ce rapport ?

La principale leçon, c’est de dire que l’avènement de la Zone de libre-échange continental africaine (ZLECAf) va être l’occasion de définir de nouvelles règles d’origine à l’échelle continentale. Et, il serait important que ces règles d’origine aient un nombre de qualités comme : être transparentes, être flexibles, tenir compte des niveau de développement différentiel et permettre au pays quel que soit leur niveau de développement de pouvoir s’insérer efficacement dans les chaines de valeur au niveau continental alors que jusqu’à présent, notre commerce extérieur a été essentiellement orienté vers les pays occidentaux.

Qu’est-ce que le Bénin a à gagner dans cette zone de libre-échange continental ?

La vérité, vous le savez, c’est que lorsqu’on considère les pays et qu’on les compare, le Bénin est un petit pays comparativement à d’autres pays et dans le processus d’intégration en règle générale, cette différenciation des niveaux de développement est une source d’avantage différencié ; on peut donc a priori, penser que les pays les plus développés tireront de meilleurs avantages que les pays les moins développés comme le Bénin. Toutefois, ce que dit le rapport, c’est que si on définit des règles d’origine assez flexibles, quel que soit le niveau de développement,  chaque pays peut s’insérer dans la chaine de valeur entre la matière première et le produit fini.

Dans ces conditions, que peut faire le Bénin pour tirer profit en intégrant cette zone ?

J’en venais. Le Bénin peut s’en sortir mais, lorsqu’on considère chaque pays, il doit être en mesure de déterminer ses avantages comparatifs. A ce niveau, lorsqu’on prend le Bénin, son principal produit d’exportation, c’est le coton. Alors, l’étude, lorsque vous allez la lire, considère le secteur textile et vêtement comme une chaine de valeur régionale potentiellement bénéfique. A partir de ce moment, il appartient  au Bénin de mettre certainement des politiques idoines pour améliorer son insertion dans cette chaine de valeur. Si je considère le passé, il y avait au niveau du Bénin, des industries textiles qui ont pratiquement fermé boutique. Peut-être qu’il faut essayer de voir, peut-être pas en créant des entreprises publiques, mais en créant des conditions pour que l’investissement direct étranger puisse s’installer dans les meilleurs conditions et permettre à ce que des produits de mieux en mieux, ou de plus en plus transformés soient  produits au Bénin et alimentent le commerce régional.

Entretien réalisé par Yannick SOMALON

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