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Le triomphe de la vérité

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Le Bâtonnier Jacques Migan, invité de « Sous l’arbre à Palabres » AU SIEGE DE L’EVENEMENT PRECIS: « Le Président Talon livre une lutte implacable contre la corruption »


Maître Jacques Migan est membre du bureau politique du parti dénommé Bloc Républicain et ancien Bâtonnier de l’ordre des avocats du Bénin. Invité de l’émission phare« Sous l’arbre à palabre » du Quotidien L’Événement Précis, le jeudi 13 juin 2019, l’ancien Bâtonnier a saisi l’occasion pour défendre ses positions sur divers sujets de l’actualité politique nationale.Au cœur de cet entretien avec les journalistes de l’Evénement Précis, les réformes politiques du régime Talon. D’entrée, le Bâtonnier Jacques Migan a rassuré que les lois électorales dont la mise en application suscite moultes réactions dans l’opinion publique, n’est que l’expression de la volonté manifeste des acteurs politiques qui ont, depuis fort longtemps, souhaité la réduction des partis au profit des grands regroupements politiques. Très pointilleux sur les détails, l’avocat démontre que ladite réforme n’est que la concrétisation du souhait largement manifesté et dénonce au passage la mauvaise foi de certains politiciens sur le sujet. Abordant l’actualité brulante, notamment ses dernières déclarations sur l’ancien Chef de l’État Boni Yayi, qui ont défrayé la chronique, Me Jacques Migan a saisi l’occasion que lui offre la tribune de l’émission «Sous l’arbre à palabre » pour préciser avec force qu’il n’a jamais demandé qu’on enferme Boni Yayi, mais « qu’on l’interpelle sur ses propos lorsqu’il demande qu’on aille à insurrection ». Par ailleurs, l’invité de L’Événement précis a exhorté l’ensemble de la classe politique à saisir la main tendue du Président de la République qui envisage un dialogue politique franc et sincère, gage de la vitalité de la démocratie béninoise. L’homme de droit n’a pas manqué de saluer les réformes entreprises par le régime Talon depuis son accession à la magistrature suprême, et qui ont mis le Bénin en chantier sur tous les plans, tout en lui suggérant de renforcer son système de communication pour mieux expliquer ses réformes et les résultats obtenus.

Et si on en parlait

Quelles leçons tirez-vous des élections législatives du 28 avril dernier qui ont suscité depuis bien des mois une crise sans fin ?

Les élections législatives sont déjà passées. Je crois avoir été le premier à soutenir qu’il n’y a pas de crise juridique ou institutionnelle puisque les Institutions de la République fonctionnent normalement. Nous sommes dans un pays où la démocratie repose sur l’Etat de droit. Vous avez dû observer comme moi que pour aller à ces élections du 28 avril dernier, il a fallu deux lois importantes. La loi sur la Charte des partis politiques et celle sur le Code électoral, votées en septembre 2018. Toutes ces lois ont été votées par une très large majorité des députés présents à la précédente législature. Donc leur légitimité n’est pas discutable. On doit reconnaître que les législatives d’avril 2019 se sont déroulées normalement, conformément aux lois de la République. S’il y a, ce que certains appellent indument crise, c’est parce qu’il y a eu une résistance de certains hommes politiques à se conformer aux nouveaux textes organisant les élections législatives.
D’aucuns soutiennent qu’il n’y a que deux partis politiques sur la scène en feignant d’ignorer que ceux-ci sont chacun le regroupement de plusieurs dizaines de partis, mouvements et alliances de partis d’hier, d’opposition comme de la mouvance.

Mais à voir la configuration actuelle de l’Assemblée nationale, nous n’avons que les membres de la mouvance présidentielle. Cela n’est-il pas gênant sur le plan éthique ?

Je vous ai démontré que les composantes de ces deux partis ont été formées à partir de partis, d’alliances de partis voire de mouvements appartenant à l’opposition comme à la mouvance. A l’heure actuelle, nous avons légalement, constitutionnellement, juridiquement, cinq partis politiques. Nous avons l’Union progressiste, le Bloc Républicain, Moele, Force Cauris pour le développement du Bénin et le PRD. Parmi ces cinq partis, un se réclame de l’oppositionconstructive, savoir Force cauris pour le développement du Bénin.

Quel était votre sentiment lors de l’élection du bureau de l’Assemblée nationale où le perchoir a échappé à votre parti, le Bloc républicain ?

Certains ont l’habitude de dire que le Bloc Républicain et l’Union Progressiste sont une seule et même entité. Mais on a pu voir que les élections des membres du Bureau de l’Assemblée étaient très disputées. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’applaudis le système partisan actuel. Ainsi, un citoyen quelconque peut être candidat et élu député dans une circonscription électorale dont il n’est pas originaire. Il faut que nous finissions avec la notion d’appartenance à une région, à une ethnie … Seule la Nation doit être notre référence commune désormais.

Les violences ont repris instamment à Tchaourou et depuis peu à Savè, est-ce à dire que les Béninois n’ont pas encore accepté les résultats des urnes du 28 avril 2019 ?

Le problème ne se situe pas au niveau des Béninois. Tchaourou, comme Savè ne représentent pas à eux seuls le Bénin. Il vous souviendra, alors qu’il était aux responsabilités, le Président Boni Yayi avait dit qu’il irait chercher les siens du Bénin profond pour combattre les autres. La Cour Constitutionnelle d’alors avait condamné ses propos pour méconnaissance de la Constitution. Vous vous souvenez de ce qui s’est passé d’abord à Dantokpa où enjogging, le président Boni Yayi et le président Soglo étaient partis haranguer les commerçantes, avec les risques de débordement inhérent à une telle attitude quelques jours avant les élections législatives. Mais,leur appel à insurrection n’a pas abouti grâce à la sagesse de nos mamans, de nos commerçantes.

C’est pour ça que vous avez demandé qu’on l’enferme ?

Ce n’est pas exact. J’ai demandé qu’on l’interpelle sur ses propos lorsqu’il demande qu’on aille à insurrection, quand il demande que le peuple se soulève ou bien que « on passerait sur son cadavre avant d’installer l’Assemblée nationale… ».Je n’ai jamais demandé qu’on l’enferme. Quel pouvoir ai-je ? J’ai demandé que le président de la République, à travers le ministre de l’intérieur, et à travers le garde des sceaux, l’interpelle. Le mot interpeler sur le plan juridique ne signifie pas enfermer. Tenez, lorsque la constitution conformément à l’article 71 prescrit que « le Président de la République ou tout membre de son gouvernement peut, dans l’exercice de ses fonctions gouvernementales être interpelé par l’Assemblée Nationale »….. Cela signifie-t-il d’enfermer le Président de la République ? Non ! Nous sommes dans un État où toutes les institutions fonctionnent. Qu’est-ce que cela coûte au Président Boni Yayi lorsqu’il conteste tel ou tel texte de loi ou encore les résultats des urnes de saisir les juridictions compétentes ? C’est bien le Président Boni Yayi qui nous a enseigné que ce qu’on a pas obtenu dans les urnes, ce n’est pas dans les rues qu’on l’a.La preuve, quand nous sommes allés aux élections législatives, l’USL a saisi la Cour Suprême, puis la Cour Constitutionnelle. Le PRD et Moele Bénin en ont fait autant. Qu’est-ce que cela coûte au président Boni Yayi de saisir les Institutions qui lui ont permis d’être élu Président de la République ? Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Le Bénin est un pays de paix et nous avons besoin de cette paix pour sa construction.

Le Chef de l’Etat, Patrice Talon, au lendemain de l’installation de l’Assemblée Nationale, a fait une sortie publique et a annoncé un dialogue franc avec les acteurs politiques. Quel sens donnez-vous à cette initiative ?

Vous savez, ce n’est pas la première fois que le Président Patrice Talon tend la main. Il a déjà eu à le faire deux fois. Le 25 février, le Président de la République a demandé au Président de l’Assemblée nationale de créer les conditions pour que d’autres partis puissent compétir dans le cadre des élections législatives. Après les élections et l’installation de la nouvelle législature, il a prononcé des mots très forts démontrant son caractère d’homme d’État. Il a demandé aux députés de faire leur travail avec panache, savoir, fierté et courage, de voter des lois qui vont contribuer au renforcement de la démocratie et au développement socio-économique de notre pays. En ce qui concerne la loi sur la Charte des partis politiques, il a demandé une relecture en tenant compte des réalités du pays. Cette loi est récente, il faut un minimum de temps pour l’apprécier avec recul, pour évaluer ses forces et ses insuffisances. Maintenant, quant au dialogue évoqué par le Chef de l’État, il s’agit d’une main tendue à la société civile et aux hommes politiques. Malgré tout ce qui se dit, le Chef de l’État manifeste toujours un esprit d’ouverture, tout ceci, dans l’intérêt du développement socio-économique du pays.
Et puis vous savez, nous avons au Bénin les potentialités pour régler nos problèmes sans nous référer à la CEDEAO, l’UA, l’ONU, et à la France.

Depuis trois ans que le Président de la République est au pouvoir, nous sommes dans une crise permanente. Comment expliquez-vous cette tension ?

Nous n’avons apparemment pas la même appréhension du mot « crise ». C’est pour la première fois que je vois depuis 1990, toutes tendances confondues, tous domaines confondus, le Bénin rayonner. Prenons le domaine de l’électricité. Depuis que le Président Talon est au pouvoir, il a pris ses responsabilités et le gouvernement consent de gros efforts en ce domaine pour permettre à notre pays de fonctionner normalement. Vous n’êtes pas sans savoir que le délestage occasionnait aux entreprises des pertes. Aujourd’hui, le délestage est réglé à plus de 75%.La deuxième préoccupation qui est même la priorité sur le plan social, c’est l’eau.De 1960 à 2019, soit 59 ans, on a construit plus de 600 adductions d’eau villageoises. En moins de deux ans, dans ce secteur de l’eau, le Président Talon a réalisé 200 adductions, soit un tiers de celles construites en 59 ans. Ce qui veut dire que d’ici la fin de son mandat, nous allons dépasser ce qui a été fait en 59 ans et aller au-delà et donner de l’eau potable à tous les Béninois. Déjà 166 milliards de F CFA sont investis dans l’eau potable en milieu rural.

Est-ce que c’est cela qui a amené la tension politique ?

Indépendamment des réformes engagées sur le plan social, vous savez que le gouvernement du Président Talon livre une lutte implacable contre la corruption dans tous les secteurs. Or, lutter contre la corruption, c’est bousculer de grands intérêts. Cela n’est pas sans lien avec les tensions politiques.

Que dites-vous du panier de la ménagère qui est très léger en dépit de la mise en œuvre des réformes ?

Il y a une formule de mon épouse : « pas de route, pas d’entreprise. Pas d’entreprise, pas d’emploi. Pas d’emploi, pas de panier de la ménagère ». Cette formule à elle seule résume l’interdépendance entre la construction des infrastructures, la création des entreprises, des emplois et le bon état du panier de la ménagère ; le pouvoir d’achat étant renforcé. De plus, si vous partez à la retraite aujourd’hui, vous disposez immédiatement de votre carnet pour pouvoir toucher votre pension de retraite. Les fonctionnaires perçoivent régulièrement leur traitement.

Est-ce que ce n’est pas un slogan politique ?

S’il se confirme que c’est une réalité, pourquoi ne pas le dire. Au début de mon intervention, j’ai dit qu’on ne communique pas assez. C’est le moment de dire ce qui se fait de bien.Cotonou est en chantier aujourd’hui au même titre que le Bénin et ce à tous les niveaux.
Au niveau de l’agriculture, le Bénin occupe la première place sur le plan régional avec une production de 700 000 tonnes de coton. Il occupe la deuxième place dans la production des produits vivriers. Sur le plan de l’éducation, vous avez dû noter que tous les ordres de l’enseignement ont eu une année académique très apaisée.
Par ailleurs, des réformes hardies ont été entreprises pour rendre le secteur de l’enseignement compétitif dans la sous-région et pour réaliser l’adéquation formation-emploi. Au niveau de la santé, de grandes réformes ont été entreprises pour assainir le secteur de la santé tant en ce qui concerne le milieu pharmaceutique que celui de l’exercice de l’activité médicale, le tout dans l’intérêt du patient.
Au demeurant, les plateaux techniques de nos centres de santé ont été renforcés.
Sur le plan social, le gouvernement a entrepris à travers l’Assurance pour le Renforcement du Capital Humain (ARCH) une grande politique pour réduire la pauvreté et améliorer les conditions de vie de nos concitoyens.
Sur le plan des infrastructures, vous avez sans doute noté qu’il y a grâce au projet asphaltage, la construction et la réhabilitation des routes dans nos principales villes.
Sur le plan économique, la loi de finances 2019 a prévu un budget d’investissement de 700 milliards de F CFA à peu près. Le gouvernement de mon pays a fait un emprunt obligataire de 325 milliards de F CFA remboursable en sept (07) ans pour un taux d’intérêt de 5,75%. Ceci grâce au succès des réformes mises en œuvre par le gouvernement. Ce prêt servira à financer les activités, investissements et projets prévus dans le cadre du budget 2019. Enfin, je tiens à rappeler que la croissance économique du Bénin s’est accélérée de 5,6% en 2017 à 6,7% en 2019 grâce au dynamisme de l’activité portuaire et à la bonne santé du secteur agricole soutenu par une production record du coton et une diversification naissante de filières.Ce n’est pas un slogan.
Tout ce qui est énoncé plus haut n’est pas imaginaire et vous pouvez le vérifier.

 

Qu’est-ce que vous reprochez à Patrice Talon après ses trois ans de gestion ?

Je n’ai pas de grief à formuler en tant que tel. Il me semble modestement cependantqu’il serait judicieux, de renforcer la communication afin de mieux expliquer les réformes politiques, les investissements économiques, les premiers résultats positifs obtenus aussi bien au niveau national qu’international.
Ne pas le faire, c’est laisser la place à la fausse information, aux rumeurs.

Quand on voit votre acharnement à défendre le régime Talon, certains estiment que vous attendez une rétribution particulière. Qu’en dites-vous ?

Il n’en est rien ! Je défends le régime par conviction. Hier, d’aucuns disaient « il le fait parce qu’il veut être député ». Grande a été la surprise de tout le monde quand j’ai dit que je n’ai même pas déposé mon dossier de candidature. Ce que j’attendais, je le vis déjà. C’est le développement de ce pays.

Il ya Candide Azannaï qui a cette formule : « Nous n’avons jamais demandé, développe-nous et mets la démocratie de côté ». Il semble que vous ne comprenez pas ce que dit une partie de l’opposition qui dit que l’ère de Talon, c’est l’ère de l’autocratie, de la dictature du développement.

J’écoutais dimanche dernier un ancien ministre qui dit qu’il est de l’opposition, mais de l’opposition constructive. Même quand je ne partageais pas la gouvernance de Boni Yayi, je faisais des observations constructives dans l’intérêt du développement du pays. La préoccupation de Monsieur Azannaï, de l’ancien Président Yayi Boni et des autres hommes de l’opposition, est un problème de leadership.

La Cour constitutionnelle sous la mandature du Professeur Djogbénou a bouclé un an. Quelles appréciations faites-vous des actions qu’elle a menées jusque-là ?

Vous savez, la Cour présidée par mon confrère Joseph Djogbénou a donné un nouveau visage à cette Institution à travers les audiences qui sont rendues publiques. Cette nouvelle règle introduit davantage de transparence dans le processus qui conduit aux décisions rendues par la Cour. En droit, aucune décision n’est exempte de critique, parce que dans son essence le juge donne presque toujours raison à X au détriment de Y. Vous avez sans doute appris que cette mandature de la Cour constitutionnelle a rendu de décisions plus que tout autre dans ce laps de temps. Que ce soit au plan quantitatif comme qualitatif, il n’y a vraiment pas à dire.

 

Carte d’identité

Un avocat en politique

Jacques Achèffon Migan, de son nom de prince Akotènou, est né dans une famille princière de Porto-Novo.École primaire dans la capitale, le secondaire passé à suivre son grand frère comptablepublic à travers le Bénin au gré des affectations de celui-ci, il se retrouve à Dakar où il a eu son bac littéraire.Il s’inscrit en sciences juridiques mais après deux ans, l’expérience tourne court, puisque le jeune homme passait plus de temps à chercher de l’argent pour son projet de voyage en France qu’à étudier. Il part finalement pour la France où ila fait toutes ses études supérieures à l’Université Paris 10-Nanterre. Sa thèse de doctorat porte sur le droit social, notamment sur le temps de travail, ce qui l’a fondamentalement transformé lui-même dans son rapport au temps.Quand il rentre au Bénin, il est embauché comme professeur assistant de droit à l’Université. Devenu avocat, il a été élu en 1999 Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Bénin. Jacques AtchèfonMigan est un avocat conseil, ce qui signifie qu’essentiellement il ne plaide pas devant la cour. Ildevient ensuiteDirecteur du Centre International de Formation des Avocats Francophones en Afrique (CIFAF). Le Président Kérékou ayant su à travers ses pairs que dans la sous-région il y avait un bâtonnier qui faisait un travail communautaire, en avaitfait son conseiller technique juridique de 2001 à 2006. Son engagement politique s’est affirmé quand il était en France à travers des débats sur Radio FM Tropique sur la vie politique dans son pays et en Afrique. « La politique pour moi c’est une passion », dit-il. Pour lui, la politique devrait d’abord servir à créer le bonheur de chaque citoyen. Il a soutenu lors des dernières présidentielles, le candidat Sébastien Ajavon au premier tour et au second tour le candidat Patrice Talon aujourd’hui, Président de la République.

Intimité

Une relation fusionnelle

Père d’une fille et de deux garçons, Jacques Atchèfon Migan est marié à une Française qu’il a connue à Savè en 1978. Le couple forme une harmonie souple qui lui permet de s’occuper des enfants avec bonheur. L’avocat fait très attention à son alimentation. Si vous l’invitez à table, il préfère l’un des plats que lui mijote son épouse, la pintade à l’orange. Comme boisson, il aime bien boire de l’eau,mais savoure aussi de petites bouteilles de champagne par moments. Il fait du jogging quotidien d’au moins une heure pour maintenir sa forme.

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