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Le triomphe de la vérité

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L’Ambassadeur de la Chine près le Bénin, Jingtao Peng, invité de « sous l’arbre à palabres » au siège de l’Evénement Précis: « L’image du Bénin a positivement changé aux yeux des étrangers »


Jingtao Peng: « La construction de l’aéroport de Glo sera effective comme c’est le cas au Togo et à Lagos où les nouveaux aéroports sont construits par la Chine. »

Les personnalités de qualité se relaient dans l’émission « Sous l’arbre à palabres » du quotidien L’Evénement Précis. Après le directeur général Afrique de la compagnie air France, c’est l’Ambassadeur de la République Populaire de Chine près le Bénin, SEM Peng JINGTAO qui est le 28 mai 2019, l’invité spécial de « Sous l’arbre à palabres ». Au menu de cette séance de travail,les grands axes de la coopération entre le Bénin et la Chine. Cette coopération est au beau fixe au regard de l’exécution des nombreux travaux dont la réalisation est confiée à la partie chinoise, a rassuré l’ambassadeur qui a fait le déplacement jusqu’au siège de l’événement précis avec une délégation composée de la première conseillère de l’ambassade, madame LI YI et de l’attachée à l’ambassade, madame Simin ZHENG. Aussi renseigne l’Ambassade de la Chine,les échanges entre les responsables des deux pays sont fréquents et témoignent de la bonne santé de la coopération sino-béninoise. Un an après sa prise de service à la tête de l’Ambassade de la Chine près le Bénin, son Excellence Jingtao Peng affirme qu’il a assez travaillé pour le renforcement de la coopération entre le Bénin et la Chine. Ce qui a abouti à la visite du Président Patrice Talon en Chine l’année dernière grâce au dynamisme des autorités béninoises. Cette visite a permis au Chef de l’Etat du Bénin de gagner la confiance de son homologue chinois. Pour l’année 2019, Jingtao Peng annonce qu’elle sera consacrée à la concrétisation des accords signés au sommet de Beijing comme l’a recommandé le Président chinois. L’ambassadeur de chine a dénoncé les intoxications et interprétations tendant à faire croire aux Africains que la coopération entre la Chine et les pays africains n’est qu’une néo-colonisation voilée.Pour l’Afrique et les Africains, la Chine est un pays ami, un partenaire, mais aussi un frère. Des frères qui peuvent s’asseoir côte-à-côte pour partager leur passé et leur avenir, et aussi pour collaborer de façon gagnant-gagnant, a précisé l’ambassadeur.

Comment se porte aujourd’hui la coopération entre le Bénin et la Chine ?
Les relations entre la Chine et le Bénin entrent dans une meilleure étape. Nous avons des échanges fréquents au niveau des responsables d’Etat et des ministres. La coopération est diversifiée et fructueuse dans tous les domaines. Les projets exécutés par la partie chinoise sont nombreux au Bénin. C’est aussi le cas en ce qui concerne les formations et les échanges entre les Chinois et les Béninois. Depuis 3 ans, le Bénin est dans une réforme qui couvre presque tous les secteurs, qui apporte beaucoup de changements. On espère que cette coopération va connaître un avenir encore plus prometteur.

Lors de la présentation de vos lettres de créances, vous disiez « Je travaillerai à renforcer les relations bilatérales ». Un an après, quel bilan à mi-parcours pouvez-vous faire à la tête de la coopération sino-béninoise ?
Pendant un an, l’Ambassade de Chine et moi avons beaucoup travaillé pour le renforcement de la coopération. Nous avons reçu la visite du Président Talon en Chine et aussi sa participation au Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine. Lors de cette visite, il a établi de bonnes relations avec le Président Xi Jinping et le vice-président chinois. C’est une visite qui a fait renforcer les liens d’amitié et de travail entre les chefs d’Etat des deux pays. Trois accords ont été signés lors de cette visite. Le chef de l’Etat béninois a aussi visité la province du Yunnan, il a noué un partenariat entre le Bénin et la province du Yunnan. C’est une province qui compte 45 millions d’habitants. Il faut dire que la visite du chef de l’Etat en Chine est importante pour le renforcement de la coopération entre les deux pays. Les actions menées dans le cadre de la coopération sont énormes. On peut citer : le projet d’alimentation en eau potable dans les trois villes à savoir: Savè, Glazoué, Dassa-Zoumè qui va apporter a un grand soulagement des populations confrontées aux problèmes d’accès à l’eau potable et à coût réduit. Le projet du réseau large bande réalisé par la société Huawei a contribué au développement de l’économie numérique au Bénin. Nous avons aussi le projet de réhabilitation du Palais des Congrès qui va prendre fin dans quelques mois, la réhabilitation du Stade de l’Amitié qui a démarrée récemment, l’installation de télévisions satellites dans 200 villages qui va aider ces villageois à se connecter à la vie moderne. L’an dernier, la Chine a invité 420 béninois pour suivre des formations et séminaires en Chine. Nous avons à Sèmè-Podji un centre pilote agricole qui a donné des formations à plus de 350 agriculteurs béninois. La mission chinoise d’appui à la mécanisation cotonnière a organisé tout récemment une formation pour une centaine de cotonculteurs dans plusieurs communes. L’année dernière, la Chine a octroyé un don de 3800 tonnes de riz, utilisé principalement dans le projet de cantine scolaire. Nous avons aussi célébré, l’an dernier, le quarantième anniversaire de l’envoie des médecins chinois au Bénin. Pendant ces quarante dernières années, ces médecins chinois ont reçu trois millions de patients et 130.000 hospitalisés. Il y a aussi eu l’anniversaire des 30 ans d’ouverture du Centre culturel chinois au Bénin, un centre qui couvre des activités chaque semaine et des séminaires chaque mois. Ce centre est devenu un lieu de loisirs, d’échanges culturels entre la Chine et le Bénin. La coopération est variée.

Que peut-on retenir comme réalisation pour l’année 2019 ?
Tout ce que l’Ambassade fait ou fera, c’est de concrétiser les accords signés au Sommet de Beijing, et aussi les accords entre les deux chefs d’Etat. Au Sommet de Beijing, le président chinois a annoncé Huit Initiatives Majeures pour promouvoir la coopération entre la Chine et l’Afrique. Le programme de développement du Bénin met un accent sur l’investissement du secteur privé. Nous avons aussi fait beaucoup d’efforts pour attirer les investisseurs chinois au Bénin. En juin, la Chine va organiser la conférence des coordonnateurs de la mise en œuvre des actions du suivi du Sommet de Beijing. La délégation béninoise sera conduite par le Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération. Cette conférence sera l’occasion de revoir les projets à réaliser et contenus dans le plan d’action lancé lors du sommet de Beijing. Après la conférence, il y aura la première édition de la Foire économique commerciale Chine-Afrique. C’est une foire pour promouvoir l’exploitation des produits africains en Chine. C’est aussi une plateforme importante pour les béninois de faire la publicité du Bénin et attirer les opérateurs chinois au Bénin.

A quand le démarrage effectif des travaux pour la construction de l’aéroport de Glo-Djigbé ?

Nous avons parlé de reprise dans le projet de construction de l’aéroport de Glo-Djigbé, mais il faut faire des études de faisabilité. La visite en Chine du président Talon a fait beaucoup bouger l’évolution de ce projet. Il a échangé avec la présidente du Conseil d’administration d’Eximbank, pour lui faire comprendre les progrès et le changement du Bénin, et renforcer la confiance d’Eximbank. Celle-là a envoyé au Bénin deux équipes d’experts pour faire des études sur place. Actuellement, les trois parties à savoir Eximbank, le gouvernement béninois et la société de construction sont en train de préparer d’arrache-pied des plans de réalisation.

Il parait qu’il y a un manque de financement ?

Les journalistes suivant avec attention les explications de l’Ambassadeur de la Chine près le Bénin, Jingtao Peng

Eximbank est investisseur de la Chine en Afrique. Le projet n’est pas bloqué. Au Togo comme à Lagos les nouveaux aéroports sont construits par la Chine, et il en sera de même pour le Bénin qui aura son nouvel aéroport bientôt.

On a l’impression que ce que la Chine construit au Bénin ne dure pas autant que ce qui est construit en Chine. Qu’en dites-vous ?
Je ne partage pas cette peinture négative qu’on fait de nos activités en Afrique. Quand on prend l’exemple du Stade de l’Amitié, on se rend compte du contraire ; c’est un projet réalisé par la Chine il y a de cela 40 ans passés. La qualité de ce projet a été appréciée par tous les experts, puisqu’il se veut praticable même après tout ce temps ; le stade existe et fonctionne encore. Je ne peux pas nier que certains projets réalisés par certaines sociétés chinoises ont des problèmes. Mais ce sont des cas isolés, pas général du tout, ces problèmes existent pour beaucoup de raisons. Ce n’est pas juste de faire peser toute la responsabilité sur la Chine. Par exemple, certaines sociétés n’ont pas de bonnes expériences de travail en Afrique. Et il y a aussi la particularité du Bénin : la chaleur et l’humidité. C’est beaucoup plus grave que ce qu’on observe en Chine ou dans presque tous les autres pays. De l’autre côté, il ne faut pas oublier aussi le problème d’entretien. Un bon projet a longue vie grâce aux soins du bon entretien. Ce phénomène de manque d’entretien est un peu général au Bénin, mais aussi en Afrique. L’entretien est important et fait partie des compétences de gouvernance.

On a l’impression que la Chine s’intéresse beaucoup plus en Afrique aujourd’hui qu’il le fallait. Certains estiment que la Chine est en train de recoloniser l’Afrique en douceur. Est-ce vrai ?
La Chine a connu aussi dans son histoire une période de semi-colonisation. Nous connaissons parfaitement la douleur que la colonisation a causé à notre nation. Nous connaissons aussi les efforts déployés par les nations pour la lutte contre la colonisation. C’est fort de cela que la Chine avait soutenu la lutte contre la colonisation, la lutte pour l’indépendance des pays africains. Donc reprocher aujourd’hui à la chine une intension de domination coloniale en Afrique, relèverait d’une insulte à notre nation. Vous pouvez voir ce que la Chine a fait pour les pays africains : la construction des routes, des bâtiments, des stades, des aéroports, des hôpitaux, des écoles etc. Même ici au Bénin, des médecins travaillent ici depuis 40 ans, à Natitingou, à Lokossa là où il manque des médecins béninois. Beaucoup de médecins béninois sont en France et travaillent là-bas. Pourquoi les médecins chinois sont venus, travaillent dans des zones reculées ? Est-ce pour coloniser le Bénin ? La réponse est évidente. Pour l’Afrique et les Africains, la Chine est un pays ami, un partenaire, mais aussi un frère. Des frères qui peuvent s’asseoir côte-à-côte pour partager leur passé et leur avenir, et aussi pour collaborer de façon sincère. Dans une telle perspective, toute accusation relative à une néo-colonisation de l’Afrique ne serait que de pure affabulation contre nos relations par des personnes de mauvaises intensions.

Certains disent que la Chine aide à surendetter l’Afrique, comme en Namibie, à Djibouti, etc. Est-ce le cas avec le Bénin ?
Quand on parle de surendettement, il faut d’abord savoir que cela relève de la volonté des pays en dette, parce que l’endettement n’est pas forcé par la Chine. C’est comme dans nos familles, quand on emprunte de l’argent pour acheter une voiture ou un ordinateur. Va-t-on critiquer la banque quand il y a de problème ? Deuxièmement, il faut voir le taux d’endettement chinois dans ces pays africains. Je n’ai pas les chiffres exacts. Mais pour la plus haute de ces pays, c’est moins de 15%. Troisièmement, pourquoi ces pays demandent l’endettement extérieur ? Ils veulent construire des routes et des infrastructures pour faire développer leur pays. Dans l’expérience chinoise, on constate que sans route, on ne peut jamais se développer. Pas de bâtiments, sans lieu de travail, sans aéroport, on n’a pas un moyen pour attirer les investisseurs étrangers. Sans port, on ne peut pas agrandir le commerce extérieur. D’où vient l’argent ? Quand on n’a pas assez d’argent pour préparer l’avenir, l’investissement étranger est la solution, c’est important pour les pays en développement. En ce qui concerne le Bénin, il faut dire que nous sommes beaucoup sollicités pour divers projets. Avec le gouvernement du Bénin, on fait beaucoup d’efforts. On fait des efforts pour abaisser l’endettement du Bénin, pour faire plus de travail avec moins d’endettement. Ça c’est le système de coopération entre la Chine et le Bénin ainsi que les autres pays.

Aujourd’hui la Chine fait partie de premières puissances économiques mondiales. Est-ce que vous pensez qu’en suivant votre modèle, le Bénin peut atteindre ce niveau un jour ?
La Chine n’est loin d’être la première puissance économique mondiale. Ce n’est pas notre ambition, notre objectif de développement se concentre à faire améliorer au plus le niveau de vie de chaque chinois. Beaucoup d’Africains aiment aller visiter la Chine. Pour chaque personne en visite en Chine, qu’il soit un président ou un commerçant, une visite en Chine lui fait changer pleinement son impression sur la Chine. Selon eux, l’impression la plus grande, c’est l’espoir. Parce qu’un grand pays comme la Chine, plus grand, plus peuplé, plus difficile, peut réaliser un changement radical, un développement rapide à travers 40 ans de réformes, pourquoi pas le Bénin et les autres pays africains ? Ça donne beaucoup d’assurance aux amis africains de travailler pour le développement de leurs propres pays.

Quelle est votre appréciation de la diplomatie béninoise vis-à-vis de la Chine ?
La Chine est un partenaire important du Bénin au niveau de la diplomatie. Nous gardons de très bonnes relations. Au plan politique, on a maintenu une bonne relation entre nos deux pays. Au plan économique, nous sommes le premier partenaire commercial du Bénin. Sur le plan culturel, des relations humaines, des échanges sont très fréquents. La diplomatie béninoise, surtout à l’ère de la gouvernance Talon est marquée par le pragmatisme, les actions au service du développement du pays. Et cette diplomatie a déjà apporté des résultats positifs grâce à l’activité dynamique des ambassadeurs béninois sur la scène internationale. Il y a encore beaucoup à faire quant à la coopération bilatérale entre le Bénin et la Chine : des échanges entre nos ministères, nos personnels, la concrétisation des projets. Dans la réalisation, c’est notre travail de résoudre des problèmes apparus. Il faut donc conjuguer nos efforts.

Jingtao Peng: « Les trois ans de réformes du Bénin sous le président Talon ont permis d’avoir des changements et pas mal d’appréciations positives des organisations internationales

M. l’Ambassadeur, s’il vous était demandé d’apprécier la gouvernance du président Talon, que diriez-vous ?
Mes amis chinois en visites ici au Bénin m’ont parlé souvent de leurs impressions. Une fois arrivés à l’aéroport, ils se sentent un peu surpris de voir qu’il n’y a personne qui leur crée des ennuis de quelque nature pour demander de l’argent. Sur les routes du Bénin, il n’y a pas de policier qui arrête les voitures sous prétexte d’examens de papier, pour demander des pourboires ou de petits sous. Ce sont des cas un peu généraux en Afrique. Ces premières impressions sont petites, mais très importantes pour le Bénin. C’est l’image du pays qui est changé ainsi positivement. C’est l’image du Bénin aux yeux des étrangers en visite dans le pays. Pour attirer l’investissement étranger, il faut que les Béninois fassent des efforts pour prouver qu’ils sont particuliers, qu’ils sont plus accueillants que les autres. Après mon arrivée, j’ai pris contact avec des ministères. J’ai senti l’efficacité avec laquelle on prend les choses. C’est du changement comparé à un Bénin ancien et à d’autres pays africains. L’efficacité c’est le travail, c’est la façon de travailler. Les trois ans de réformes du Bénin sous le président Talon ont permis d’avoir des changements et pas mal d’appréciations positives des organisations internationales. La situation macro-économique du Bénin est très positive. La réforme n’est pas facile, parfois douloureux même, mais nécessaire. La réforme du Bénin est en route, il faut continuer. Il faut toujours conjuguer les efforts et chercher à aller de l’avant.

Que proposez-vous aux Béninois ou à nos gouvernants pour améliorer ce qui se fait déjà ?
Pourquoi la réforme? C’est pour transformer le pays, changer la situation, construire un pays puissant et développé. Ce n’est pas la cause d’une seule personne ni d’un parti mais l’ambition de toute la nation. Donc, de mon avis personnel, ce qu’il faut faire plus, c’est la mobilisation de toute la nation autour des réformes pour le développement du pays. Ça vaut la peine de faire connaître à toute la population, faire comprendre à toute la nation, faire participer tout le monde à la cause des réformes pour le développement et l’essor du pays.

M. l’Ambassadeur, vous représentez un pays modèle dans la lutte contre la corruption. Pensez-vous que le gouvernement béninois fait de cette lutte une priorité ?
La corruption, il faut dire que c’est une maladie humaine incurable. Je le dis parce que là où vivent des êtres humains, existe la corruption. Mieux le système est construit, moins la corruption paraît. Pourquoi sommes-nous des pays en développement ? C’est-à-dire que notre système est moins construits que les pays développés. La transparence est nécessaire, sous le soleil est mieux que là où il y a de l’ombre. On est tous des êtres humains, on a toujours des pensées personnelles et des intérêts personnels. Alors, pour éviter que les intérêts personnels prennent le pas sur les intérêts collectifs ou même nationaux, il faut un système pour surveiller, il faut construire un système transparent. Donc, cette lutte contre la corruption est interminable. La Chine a organisé récemment le 2e Forum de la Ceinture et la Route pour la coopération internationale. Les participants ont annoncé une déclaration commune de lutte contre la corruption. Donc la corruption n’est pas seulement un problème du Bénin, ni de la Chine. C’est un problème et un devoir du monde entier. Il faut toujours lutter contre la corruption pour le bien-être de la majorité.

Selon vous, que peut faire le Bénin pour devenir une puissance internationale comme la Chine ? Est-ce qu’il faut agir sur l’éducation, faut-il agir sur l’idéologie politique, ou bien se débarrasser de la démocratie et faite la démocratie à la chinoise ?

Vue partielle des journalistes suivant avec attention les explications de l’Ambassadeur Jingtao Peng

Que faut-il faire ?
Trois personnes font la course. Une à pied, une à cheval et la troisième en voiture. Qui arrive le premier à destination ? La réponse, c’est la personne qui reste dans la bonne direction. Alors, pour une course, pour l’agrandissement et l’épanouissement d’une personne, c’est la même chose pour le développement d’une nation. Quelle est la bonne direction pour le développement d’un pays ? Il faut avoir une voie correcte pour le développement. Chaque pays a le droit de choisir sa voie pour son développement. Quelle est la meilleure des voies ? Il n’y a pas une règle internationale en la matière. La voie adaptée à la situation nationale est la meilleure. Je n’ai pas d’exemple à donner, je n’ai pas de leçon à donner pour la voie du Bénin. Mais, je sais que pour la Chine, on a trouvé une bonne voie pour le développement. On a fait quarante ans de réformes continues et nous sommes toujours dans les réformes. Cette année, nous allons célébrer le 70ème anniversaire de la fondation de la Chine Nouvelle. La transformation du pays est une cause nationale. Nous travaillons et nous comptons sur nos propres efforts, nos propres mains. On ne se lasse jamais dans le processus des réformes. Donc, il faut dire que le développement d’un pays est le devoir de toute la nation. C’est le sacrifice d’une génération pour un bel avenir des prochaines générations. Les efforts de notre génération assurent l’avenir de nos enfants. C’est ça qui donnera un plus bel avenir à nos enfants.

Vous avez évoqué tout à l’heure, le projet « une ceinture, une route » initiée par la Chine, dites-nous de quoi il s’agit réellement et si le Bénin est adhérant.
Il y a six ans, le président Xi Jinping a lancé l’initiative « La ceinture et la route ». C’est la Ceinture économique de la Route de la soie et la Route de la Soie maritime du 21ème siècle, dans le but de promouvoir la coopération, les échanges économiques, commerciaux et humains dans la région concernée. A la fin du mois d’avril, le deuxième Forum de la ceinture et la route pour la coopération internationale a eu lieu avec succès. Plus de six milles (6000) invités venant de 150 pays et 492 organisations internationales se sont rencontrés à Beijing pour évaluer les fruits obtenus dans cette initiative depuis six ans, définir l’orientation et des points focaux, promouvoir la coopération de partenariat global dans le cadre. Alors, une liste de fruits de coopération estimée à 283 projets, 100 accords de coopération bilatérale ont été signés et un chiffre total de 64 milliards de dollars est annoncé dans les contrats signés par les partenaires des pays participants. En six ans, en suivant le principe dit de concertation, synergie et partage et à la rigueur de la coopération de l’esprit de la soie basée sur la coopération pacifique, l’ouverture, l’inclusivité, l’inspiration réciproque et les bénéfices mutuels, l’initiative de la ceinture et la route axée sur la coordination des politiques, l’interconnexion des infrastructures, la facilitation du commerce, l’intégration financière et la compréhension mutuelle des peuples est déjà passée de la conception à l’action, des perspectives à la réalité, d’une initiative à un bien public largement applaudi par le monde entier. Cette initiative n’est pas loin de l’Afrique car une trentaine de pays africains ont signé des documents de coopération avec la Chine, le Bénin aussi est prêt et les deux pays vont signer cet accord dans un bref délai.

Il y a une guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis. Dites-nous un peu de quoi retourne cette guerre ?
La guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine a été lancée par les Américains en imposant des taxes supplémentaires sur les produits importés de la Chine. Alors, ça fait pratiquement un an que les deux parties ont fait 11 tours de négociation. La Chine a manifesté dans ces négociations sa pleine sincérité, sa bonne foi et sa sympathie. Mais malgré le consensus retenu par les groupes et équipes de négociation, la partie américaine a ravalé sa parole plusieurs fois et a décidé d’augmenter unilatéralement les taxes douanières sur les produits chinois d’une valeur de 300 milliards de dollars. Les Etats-Unis sont en train d’utiliser le pouvoir d’Etat pour réprimer des entreprises chinoises sous prétexte de sécurité nationale. Donc ils cherchent à imposer ces exigences irrationnelles en exerçant des pressions maximales. Ce sont des actes d’hégémonie économique. Ce n’est pas un simple conflit commercial, mais plutôt un combat entre les règles internationales et le pouvoir du plus fort, entre le commerce libéral et le protectionnisme. La Chine ne veut pas de guerre commerciale, mais n’a pas peur d’une guerre commerciale imposée par des autres en aucun cas. Le gouvernement chinois prendra des mesures nécessaires pour protéger les droits et intérêts légitimes de la Chine et des entreprises chinoises.

Mais quand vous observez, on constate que les résultats des industries chinoises sont en train de baisser par rapport à 2015. Quelles sont les conséquences que cette guerre a sur la Chine ?
Vous savez, maintenant le monde est devenu petit. Les transports facilitent les déplacements des personnes mais aussi les échanges commerciaux. Entre la Chine et les Etats-Unis, chaque jour plus de trente mille personnes se déplacent, plus de deux cent millions de dollars de produits sont commercialisés. Pour une industrie internationale, ce n’est pas fait comme avant, des pieces sont venu des pays différents pour faire rassembler dans un pays, cela c’est la coopération internationale. Dans une guerre commerciale, il est difficile de dire qui gagne et qui perd. C’est une guerre qui va faire perdre tout le monde. Mais ce qui compte, c’est qui peut subir les dégâts dans cette guerre ? La Chine est grande avec un milliard trois cent millions d’habitants. La consommation intérieure tient pour plus de 60% de la croissance économique de la Chine. La contribution de l’économie chinoise au développement international tient pour plus de 35%, soit plus d’un tiers sont réalisés grâce à la Chine. Si le développment de l’économie chinoise ralenti, les pays du monde va sentir plus ou moins.

La Chine est le moteur de la croissance mondiale ?
Voilà, malgré toutes ces frictions économiques et commerciales depuis presqu’un an, l’année dernière l’importation des produits chinois aux Etats-Unis a augmenté. Donc c’est pourquoi nous disons, on ne veut pas faire la guerre, mais on ne la craint rien, on n’en a pas peur.

Quand vous regardez Huawei par exemple, elle a de grosse difficultés actuellement, son système d’exploitation est en crise parce que Google a décidé de lui retirer sa licence ? Est-ce que Huawei aura son propre système d’exploitation puisque tous ceux qui ont les téléphones portables Huawei se posent la même question parce que d’ici quelques mois ce sera presque impossible de les utiliser. Est-ce que Huawei pourra s’en sortir ?
Vous avez exagéré dans le résultat. Il faut voir aussi la réponse des Américains. Pourquoi Huawei ? Huawei est le pionnier des entreprises dans le secteur des télécoms. Si elle se place au premier rang, c’est grâce à sa propre technologie. C’est comme je l’ai dit tout à l’heure, pour un grand produit, il faut des coopérations internationales. C’est vrai que certaines sociétés, sous la pression du gouvernement américain ont donné des ordres de ne pas vendre leur produit à Huawei. Mais il y a encore d’autres sociétés qui insistent encore, des sociétés allemandes, japonaises… A propos de la critique à Huawei, les Américains donne la raison de la sécurité. Mais jusqu’à présent, ils n’ont présenté aucune preuve. Or, tout le monde connaît les problèmes américains grâce à Edward Snowden qui a révélé beaucoup de secrets qui prouvent que les Américains font beaucoup d’espionnage à travers internet sur les entreprises, sur les autres pays, même leurs alliès, des responsables d’Etat de leur partenaires. Mais jusqu’à présent aucune preuve du problème de sécurité de Huawei n’est donnée par le gouvernement américain. Huawei est pleinement ouvert à coopérer avec n’importe quel pays pour examiner le problème de sécurité de son système. Pendant le premier semestre de cette année, le chiffre d’affaires commercial de Huawei a augmenté.

Cela ne peut être que de la publicité…
Vous savez, de nos jours, il n’y a pas beaucoup de sociétés qui peuvent entrer dans les yeux des Américains comme adversaires. Les Américains veulent utiliser leur pouvoir d’Etat pour écraser une société. Cela démontre l’importance de cette société.

Si nous prenons les relations du Bénin avec son pays frère la Chine et ses relations avec les autres pays Européens, quelle est la différence ?

C’est aux Béninois de définir la différence. La Chine et les pays européens, nous sommes tous partenaires du Bénin, chacun a sa façon de travailler, de collaborer. Chaque pays fait la coopération selon ses moyens, ses capacités et aussi selon ses traditions. Pourquoi ces dernières années on parle partout de la coopération de la Chine avec l’Afrique ? La coopération entre la Chine et les pays africains date depuis l’indépendance de chaque pays africain. Mais ces dernières années, avec le développement économique de la Chine, elle a plus de moyens d’augmenter ses assistances aux pays africains, d’élargir sa coopération, et faire plus pour les africains. Traiter les relations entre les états, parfois il faut les traiter comme entre les hommes, entre des amis. C’est pour cela que dans les relations entre la Chine et les pays africains le Président Xi Jinping insiste qu’il ne faut pas toujours penser aux intérêts, jamais aux intérêts égoïstes. Au dessus des intérêts économiques, il y a toujours de bonne foi, des principes à respecter, c’est pourquoi on encourage des échanges humains, des échanges culturels, des coopérations dans les domaines de l’éducation, de la santé etc. L’Etat est froid, mais les êtres humains ont le cœur chaud.

Mais pourquoi la Chine dit souvent qu’elle est un pays pauvre alors qu’elle est la première économie mondiale ? C’est de l’humilité exagérée non ?
La Chine ne dit pas qu’elle est un pays pauvre. La Chine est un pays en développement.

Mais pourquoi, alors que vous êtes la première économie mondiale ?
La Chine est un pays en développement parce que nous savons l’ampleur de nos problèmes. Jusqu’à présent, nous avons 20 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. C’est la partie la plus difficile de sortir de la pauvreté. Nous avons aussi des gaps de développement entre des régions, entre les villes et les campagnes, entre les secteurs. Nous disons que nous sommes un pays en développement, parce que sur la voie de développement, il y a encore une grande distance avec les pays développé. C’est vrai, les infrastructurelles sont belles et neuves, les constructions en chantiers sont nombreuses. Mais il faut voir que le développement humain, le problème de la santé, le problème de la protection de l’environnement, de développement culturel, etc, tout ces problèmes là sont difficile à changer. Nous n’avons pas d’ambition de devenir la première puissance internationale, notre première mission et constante du gouvernement consiste à améliorer le niveau de vie de toute la nation, de 1,3 milliard de chinois. Nous disons un pays en développement, c’est un choix économique mais aussi politique. Parce que nous sommes toujours avec les pays en voie de développement pour construire un ordre international plus juste, plus équitable, plus prometteur.

 

Carte d’identité

Un diplomate baignant dans sa source

 

Jingtao Peng est né en février 1967 à Ningxia en Chine. Après un brillant parcours scolaire de 12 ans, il entre à l’Institut de diplomatie à Beijing. De

Jingtao Peng

fait, pour accéder à cette université, il faut passer un concours qui, jusqu’aujourd’hui, fait partie des plus sélectifs au monde. Chaque année, ce sont 7 millions de jeunes bacheliers qui y prennent part. « A mon époque, se rappelle-t-il, le taux d’entrée dans l’université était 5%. Maintenant c’est à 70% au niveau national. » Diplomate de carrière et de formation, il a gravi patiemment les échelons de son métier. De 1992 à 1996, il est Attaché, puis troisième Secrétaire à l’Ambassade de Chine en Côte d’Ivoire. C’est d’ailleurs ce premier poste marquant le début de sa carrière qui explique son amour pour l’Afrique. Jingtao Peng a occupé le poste de troisième Secrétaire au Département des affaires d’Afrique du Ministère des Affaires étrangères (MAE) de Chine entre 1996 et 1998 avant de devenir le deuxième Secrétaire à l’Ambassade de Chine en République Tunisienne de 1998 et 2001. Du Secrétariat, il passe à la Direction en 2001 où il a été Directeur adjoint, puis Directeur au Département des affaires africaines pendant cinq ans. De 2006 à 2010, il fait ses armes à l’Ambassade de Chine au Cameroun, comme Conseiller. De 2010 à 2015, on le voit Directeur général adjoint de la Direction des affaires générales du MAE. Pendant les trois années qui ont suivi, il a été Consul Général de Chine à Montréal au Canada avant d’être nommé, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Chine en République du Bénin en 2018. Le Bénin constitue sa cinquième mission à l’étranger depuis le début de sa riche carrière. Quand on lui demande pourquoi il aime sa profession, il donne l’air de le savoir par cœur. « La diplomatie est pour moi un métier intéressant, dit-il. C’est un métier qui nous fait connaître le monde extérieur, les changements de ce monde, les défis de ce monde qui ne cesse jamais. Parce que le monde change. Le monde avance. »

Intimité

Passionné d’Afrique

Jingtao Peng est marié depuis 25 ans à une femme qui l’accompagne dans ses périples autour du globe. Père d’une seule fille aujourd’hui étudiante en mathématique au Canada, le diplomate est en train de boucler 12 ans en Afrique. Il a même débuté sa carrière en Côte-d’Ivoire où il a eu son permis de conduire. A table, il aime bien l’Atchièkè ivoirien et bien d’autres plats. L’eau chaude étant très thérapeutique dans la culture chinoise, il la préfère à toute autre boisson. Le tennis, le golf et la natation sont ses sports préférés.

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