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Le triomphe de la vérité

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Selon le Professeur titulaire Albert Tingbé Azalou: « Le département de sociologie constitue une réponse à une demande psychologique et sociale des Béninois »


Membre de la première promotion du département de Sociologie-Anthropologie, le Professeur Albert Tingbé Azalou s’illustre aujourd’hui parmi ceux qui maîtrisent plus la genèse et l’évolution de ce département. Admis à faire valoir ses droits à la retraite depuis le 1er octobre 2018, Albert Tingbé Azalou a formé plusieurs docteurs au Bénin comme à l’étranger. Il a enseigné dans les grandes universités d’Afrique et d’Europe grâce à ses nombreux diplômes obtenus dans diverses universités. Fils d’un tisserand et d’une ménagère et ayant appris et pratiqué le métier de couturier pendant plusieurs années avant de se retrouver à l’Université, cet enseignant-chercheur a organisé plusieurs colloques scientifiques à l’échelle nationale et internationale et occupé d’importants postes stratégiques dans des structures nationales et dans des organisations internationales. Sa participation à l’élaboration du projet de société « Bénin –2025 Alafia »présenté par la Cellule Technique de Pilotage dont il a fait partie au Président de la République, Mathieu Kérékou, en 2001 est l’une des preuves que l’homme a mis son savoir-faire, ses expérience et ses réflexions au service du développement. C’est d’ailleurs dans l’optique de lui retourner  l’ascenseur après avoir consacré une quarantaine d’années au service de la recherche scientifique que les universitaires ont rédigé des Mélanges en hommage de ce grand homme. La cérémonie de remise de ces Mélanges a eu lieu le jeudi 4 avril à l’UAC en présence de plusieurs enseignants venus de partout. Dans cet entretien, le Professeur Albert Tingbé Azalou revient sur son parcours scolaire, académique et professionnel, et sur ses réalisations dans le monde scientifique. Il ne lui a pas échappé d’évoquer l’importance de la sociologie : « La sociologie joue un rôle primordial dans  l’orientation développementiste d’un pays », avant de conclure « le département de sociologie est une réponse à une demande psychologique et sociale des Béninois ».

Lire l’intégralité de l’entretien 

 

Qui êtes-vous Professeur Albert Tingbé Azalou ?

Je suis Albert Tingbé Azalou, socio-anthropologue à la retraite

 

Parlez- nous de votre parcours scolaire et universitaire

J’ai commencé le cours primaire en 1958 au moment où la maturité scolaire se mesurait par le tour du bras à l’Ecole primaire publique  de Djègbé à Abomey où j’ai eu le certificat d’études primaires et élémentaire. Ensuite, j’ai fait un  cours secondaire privé à Abomey, Saint Alex d’Azali où j’ai fait la 6ème et la 5èmeet c’est après la 5èmeque je devrais aller continuer ailleurs comme ceux de la promotion car l’établissement n’avait pas une classe de 4ème. C’est là que j’ai connu une nouveauté. Fils d’un tisserand et d’une ménagère, je n’ai pas  pu avoiren deux ans, une place au CEG d’Abomey,malgré les efforts qu’ont déployés les parents. C’est là que j’ai été invité à choisir une formation technique. Entre la mécanique, la soudure, l’électricité,la menuiserie et autres, il m‘a plu d’aller vers la couture parce que j’avais des cousins qui étaient couturiers à l’époque et dont les images m‘ont fasciné. Il piquait leur chemise avec le mètre de ruban au cou, une casquette avec un bic et un crayon taillé. Donc, j’ai choisi ce métier. J’ai fait cette formation pendant quatre ans avant de continuer sur la classe de 4èmeà Saint Gaétan sur Cotonou en 1969 où j’ai eu le BEPC. Après  admission au concours d’intégration des classes de 2nde. J’ai été classé au cours secondaire protestant de Cotonou où j’ai eu le Baccalauréat en 1975 avant de m‘inscrire la même année (1975-1976)à l’Université Nationale du Bénin(UNB) où après un test psychologique et psychomoteur en en vogue à l’époque, j’ai choisi de m‘inscrire en sociologie parce que  pour moi, la sociologie, tel que j’entendais parler,devrait me permettre de résoudre les problèmes de famille. C’était donc, mon intention au départ, mon idée peut-être banale ou naïve, au départ. C’est comme ça que je me suis lancé dans le processus de mon  inscription à la section -philosophie – Sociologie-psychologie et j’ai fait deux ans. Après le DUEL, il fallait faire le terrain en tant qu’étudiant en mission d’enseignement (EME) avec un fonds de service patriotique qui m‘a amené au Lycée Mathieu Bouké à Parakou où j’ai enseigné pendant un an, 1978 , dans les classes de philosophie,puis je me suis retourné à l’Université Nationale du Bénin pour opter cette fois-ci pour la sociologie-anthropologie,. Après avoir eu une licence et une maitrise,j’ai été affecté comme Chargé de recherches au centre béninois de recherche scientifique et technique, dénommé à l’époque, Direction de la recherche scientifique et technique. Là j’ai obtenu une bourse de formation en information scientifique et technique d’un an. Après avoir fait cette année-là où j’ai obtenu le certificat dans le domaine de l’information technique et scientifique, je suis revenu au pays pour engager une procédure qui m‘a conduit à l’obtention d’une bourse pour les études doctorales, une bourse qui m’a conduit  d’abord à l’Université d’Aix-en-Provence où malheureusement, il n’y avait pas d’Africaniste pour m‘encadrer dans la thématique   qui  devrait faire la centralité de mes travaux de thèse et c’est là que j’ai été encouragé à aller à l’Université  René Descartes Paris v-Sorbonne où j’ai rencontré d’anciens enseignants qui venaient nous dispenser des cours à l’UNB. Et après une étude de mon dossier par la Commission doctorale, j’ai été admis en DEA. Par la suite  j’ai obtenu une maitrise d’ethnolinguistique après le diplôme d’étude approfondie et c’est là également que j’ai obtenu en 1987 un doctorat de nouveau régime en anthropologie sociale et sociologie comparée .Cette année  j’ai pris  service en tant qu’enseignant du supérieur une fois que je suis revenu au pays. Maître Assistant en 1993. Ensuite, je suis passé au ministère de la culture et de la communication, je suis revenu sur le campus. Après un test, je suis repartis pour la pratique professionnelle, au niveau du Programme des  Nations Unies pour le développement où j’ai contribué en tant que Socio-anthropologue,aux côtés de mes pairs spécialistes de l’économie, de la planification et spécialistes également de l’environnement. Nous étions quatre au sein de la cellule technique de pilotage. Nous avons mis en œuvre, les objectifs devant aboutir à Bénin 2O25, un nouveau projet de société  dont les documents  ont été remis au Palais de la République en 2OO1. Et puis je suis revenu à l’Université et j’ai continué les cours pour en arriver au grade de Maitre de Conférence et 4 ans après, celui de Professeur Titulaire qui m‘a conduit à l’admission à la retraite, le 1er octobre 2O18.

 

Racontez-nous un peu l’histoire du département de sociologie

 

Le département de sociologie, comme toute structure, a une histoire. Dans les années 74-75 où j’ai obtenu mon inscription, c’était d’abord une Section  de philosophie, sociologie et de psychologie. La faculté avait pour dénomination Département des Etudes Littéraires et des Sciences Humaines .Et puis, après avoir obtenu la maitrise, j’étais parti pour les études doctorales et c’est en ce moment que cette section de philosophie, sociologie et psychologie a été transformée en un département de sociologie-anthropologie. Après beaucoup de conflits et de crises parce que ce département affilié à la philosophie et la psychologie, fonctionnait avec interdiction pour les sociologues de prendre la direction parce qu’il y avait beaucoup de dossiers. Le comité central avait à l’époque mis sur pied beaucoup de commissions pour des affaires qui opposaient parfois enseignants et enseignés. Finalement, au retour de la thèse avec mes collègues d’Oliviéra Bonaventure et feu Assaba Claude, nous avons œuvré à obtenir l’autonomie de ce département. D’abord, à être éligible pour ce qui est de la direction et de l’animation administrative du département et après, c’est devenu un département de Sociologie-Anthropologie à l’instar de la philosophie qui était devenue le département de philosophie et d’étude marxiste à l’époque et puis chemin faisant, la psychologie a eu ses lettres de noblesse en devenant une institution de formation et de recherche. . Donc on en est arrivé à une autonomisation institutionnelle par rapport à cette discipline avec des personnes ressources adéquates qui sont arrivées après les études doctorales. Parlant des grandes figures à l’époque, il faut retenir le Professeur Honorat Aguessy et  le Professeur Paulin Hountondji  les deux étaient passés à la tête de la faculté. Le Professeur Aguessy est aujourd’hui, Professeur honoraire de l’ex Faculté des Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines (Flash) pendant que c’était encore DELSH, le Professeur Paulin Hountondji avait été aussi au décanat. Donc, les deux nous ont guidés pour que nous soyons arrivés à ce point-là. Le Professeur Aguessy a créé le département avec d’autres grandes figures telles que feu Dénis Ahouangan, feu Léon Sacramento, feu Gérôme Aguénou et beaucoup d’autres comme feu Akpovo.Il y a aussi les Doyens Roger   Vignon et Dah Lokonon qui  ont œuvré à ça, à la promotion de ce Département. C’est en ce moment aussi là que le Professeur Agbo a rejoint l’équipe. Réellement, nous étions au départ une promotion de  14 à la maitrise et c’est après la maitrise que quelqu’un a dû retourner dans le monde des esprits, feu Jean Affeto qui était notre responsable d’amphi. C’était donc les grandes figures à l’époque avec des enseignants de l’extérieur. venant du Togo et du Congo, surtout de la France et c’était vraiment une animation scientifique avec une certaine convivialité. En tant que première promotion, nous avions bénéficié de beaucoup d’affection et nous avons aussi beaucoup affectionné les enseignants et c’est dans cette ambiance là que nous avons évolué, certains dans la thèse.

C’est vrai que je faisais partie de la première promotion et j’étais le Major de la promotion en 1981. Après, il y avait feu Assaba et d’autres. C’est vrai que j’ai beaucoup côtoyé le Professeur Honorat Aguessy et d’autres, puisqu’il a mis sur pied, le laboratoire, de sociologie ? d’anthropologie et d’étude africaine avec la revue Dezan, que j’animais déjà en tant qu’étudiant en année de licence et j’ai continué d’ailleurs cette œuvre jusqu’à mon admission à la retraite. C’est une revue de pointe que j’ai animé en collaboration avec  le Professeur Imorou Abou qui a beaucoup travaillé dans ce sens. Il m‘a beaucoup aidé à avoir plus de visibilité pour la revue reconnue par le CAMES et bien coté à l’international.. Le Professeur Aguessy est pratiquement l’idole pour moi parce qu’au moment où il faisait son cours, les gestes, les manières de faire, la rigueur dans le travail étaient pour moi des sources, des valeurs que j’ai voulu incarner. Et je peux vous dire que j’ai eu de lui, cette rigueur qui m‘aurait caractérisé jusqu’à la fin de ma carrière universitaire. Il m‘a beaucoup marqué dans sa façon de faire. Le Professeur Agbo Valentin m‘a beaucoup influencé également avec les travaux de Georges Gurvitch , parce que c’est de lui que j’ai eu le concept des paliers en profondeur et c’est par rapport à cet ouvrage de cet auteur portant sur vocation actuelle de la sociologie  que j’ai essayé de bâtir toute la problématique de la sociologie du développement que j’ai impulsée à la formation doctorale d’abord en tant que filière, ensuite en tant que formation doctorale et c’est ce que je semble connaitre le mieux des différents paliers, les paradigmes de développement. Donc, c’est de lui aussi que j’ai eu ça. Du Professeur Aguessy, j’ai eu la dimension anthropologique de la conception africaine et les représentations sociales de tout ce qui se passait et le sens même de la recherche scientifique. Les deux m‘ont particulièrement influencé et comme les autres également pour qui j’ai beaucoup d’affection. L’étudiant ne peut ressembler qu’à ses maitres, ne peut qu’être d’abord à l’image de ses maitres avant d’avoir sa propre image. C’est ce que je peux dire  par rapport à ces expériences. Il y a aussi des camarades et collègues qui m‘ont beaucoup apporté. Nous vivions dans la saine et franche  convivialité à l’époque.

 

Que seriez-vous devenu  si le département de sociologie n’avait pas existé ?

 

D’abord, que serais-je devenu s’il n’y avait pas la sociologie, puisque la sociologie, c’est le jet dans le département. Je devrais regretter de n’avoir pas fait la sociologie. C’est d’abord ce qui m‘intéresse et je ne sais pas si j’aurais à découvrir d’autres sciences. Mais j’ai aimé la sociologie et je continue de l’aimer. J’ai aimé l’anthropologie et je continue de l’aimer. J’aime les problèmes de langue puisque j’ai été membre de la Commission nationale de linguistique pour la langue « fon » avec feu Cyprien Gnanvo, feu Antoine Metojo, feu Tokoudagba et autres. J’aurais regretté justement si le département de sociologie n’avait pas existé au Bénin. C’est l’une des raisons d’être des sociologues. Donc le département de sociologie qui a été créé constitue une réponse à une demande psychologique et sociale des Béninois, d’où l’intérêt de sauvegarder cette structure, de la renforcer, de faire la promotion pour que cette structure connaisse une certaine pérennité pour les générations à venir surtout dans un pays moins avancé comme le nôtre où les problèmes de développement se posent avec acuité, où les problèmes humains, les rapports de collaboration se trouvent au centre de beaucoup de préoccupations. Comme je me plais à le dire, sans la sociologie, peut-être que les autres sciences n’auraient pas eu assez d’oxygène, assez de souffle pour fonctionner ou se faire fonctionner normalement. Parce qu’il n’y a pas cet endroit, cet espace, ce lieu, cette période où les gens réunis pour effectuer un travail sur la base  d’une certaine culture de collaboration, ne connaissent pas la sociologie. Donc, la sociologie est à tous les niveaux. Elle est transversale par rapport à tous les domaines de la vie de l’homme, des sociétés et par rapport à tous les segments sociaux en interdisciplinarité et en pluridisciplinarité également par rapport aux autres sciences. C’est la base,pour ne pas dire la mère de toutes les sciences même si elle-même, elle est née de la philosophie considérée comme la mère de toutes les sciences à l’époque.

 

Quel est le rôle de la sociologie ?

La sociologie joue un rôle primordial dans  l’orientation développementiste d’un pays. Un pays qui n’est pas connu ne peut pas connaitre le développement. Un pays qui est sous analysé ne peut pas connaitre le développement. Un pays dont on ne connait pas les sources, les orientations, l’histoire, l’évolution des rapports humains, les questions migratoires ne saurait connaitre réellement le changement social susceptible de générer le développement. Donc la sociologie est la science qui se trouve à l’avant-garde de ce processus pour analyser les sociétés dans toutes leur ramification, dans toute leur transversalité pour déboucher sur des approches transversales et analytiques et savoir quelles sont les ressources qu’il faut objectiver par rapport au processus du changement, des innovations, par rapport au processus de mutation devant aboutir à la question de développement. Sans la sociologie, aucune société ne peut exister. Je ne dis pas qu’il n’y a pas que la sociologie.Les autres sciences existent également, mais il faut connaitre la société. Il faut connaitre l’homme, de la même manière que l’anthropologie se trouve en amont par rapport à la recherche sur l’homme. Donc, nous devons encourager les études sociologiques et si j’ai des perspectives, c’est que le département de sociologie sorte de ce carcan spatial pour devenir une entité à part entière, à l’intérieur toujours d’une organisation telle que l’entité dont il constitue une émanation. Mais, beaucoup plus d’ampleur, beaucoup plus d’espace pour avoir un pan documentaire, avoir des bureaux pour les chercheurs, avoir beaucoup d’enseignants. Parce que là maintenant, il y a une pénurie d’enseignants. Malheureusement, la politique de recrutement dans notre pays pour l’instant fonctionne à compte-goûte mais l’Etat est riche d’une certaine sociologie qu’il ignore. L’Etat est riche des sociologues qu’il forme tout en ignorant leur importance. Nous devons en avoir au niveau des communes, des arrondissements, des départements, dans toutes les organisations, dans toutes les entreprises, dans toutes les sphères d’impulsion des idéaux de développement sur l’arène politique. Aujourd’hui, avec le dernier congrès de l’Association internationale des sociologues de langue française, je me réfère même à l’Association internationale de sociologie basée en Espagne, nous sommes à plus de 2OO domaines de sociologie : la sociologie de l’ascenseur et autres sont les dernières sociologies nées à l’issue des fonctionnements de 4 à 5 ans des groupes de travail et des comités de recherche par rapport à cette sociologie. Et tant qu’il y a une culture de développement, une culture de travail, une culture de collaboration quelque part, la sociologie est là, donc on en a besoin et il nous faut en avoir davantage. Opérationnaliser une politique de recrutement des sociologues, des anthropologues au niveau des structures de recherche, au niveau des structure de formation également, les structures étatiques, au niveau des autres juridictions parce que rien ne peut se faire sans le système social et ceux qui sont spécialistes du système social sont, entre autres, les sociologues et les anthropologues. Donc, il nous en faut énormément pour pouvoir couvrir les besoins et les mettre à l’œuvre, de donner les moyens à l’Université et aux différentes entités puisque ce sont des chercheurs par définition. C’est l’une des rares spécialités où on fait la méthodologie de la recherche pendant au moins 5 ans. Même dans les cours doctoraux, on continue de faire de la sociologie et après la fonction d’enseignant en sociologie on continue de travailler, après avoir obtenu la titularisation dans le domaine, on continue de travailler dans la société qui constitue la grande école où on apprend, où on s’investit, où on apporte également ce qu’on peut dans le sens de faire élever les valeurs dans le sens du changement social susceptible de générer le développement, le bien-être matériel et immatériel.

Quelles sont vos œuvres réalisées dans le monde scientifique ?

Je n’ai pas beaucoup réalisé parce qu’il y a tellement à faire. J’étais partagé entre l’enseignement, la recherche et la pratique. J’ai fait quelques années de pratique au niveau d’un ministère ayant en charge la communication et la culture, au niveau du PNUD où j’ai contribué à l’élaboration du nouveau projet  de société Bénin 2O-25 Alafia. J’ai pratiqué aussi un peu dans les cours d’alphabétisation parce que j’aimais beaucoup les classes d’alphabétisation, d’initiation, à l’écriture et la traduction des langues nationales notamment la langue fon, maxi et adja. J’ai fait ces pratiques là et j’ai fait la recherche. J’ai été d’abord Assistant de recherche, Attaché de recherche et chargé  de recherche au niveau du centre béninois de la recherche scientifique et technique où j’ai fait également l’administration des programmes  en tant que chef division élaboration, mise en œuvre et évaluation sous la supervision du Professeur Agboton. En matière de contribution, en dehors des colloques organisés à l’échelle nationale et internationale, j’ai réalisé quelques petites œuvres en publiant ma thèse, notamment« le nom individuel en milieu adja-fon ». J’ai publié également dans un document qui fait état d’un ensemble d’articles coordonné sous la direction de feu Claude Beauchamp  « Démocratie, culture et développement  en Afrique » et j’ai aussi quelques plaquettes portant sur la « Prospective » et sur la question de développement. J’ai actuellement quelques trois ouvrages en cours d’écriture dont la finalisation peut se faire au moins au niveau de deux ouvrages cette année. Donc, je n’ai pas beaucoup fait. J’ai peut-être beaucoup enseigné dans différents établissements, au niveau des structures académiques comme à l’institut régional de santé publique avant que des collègues spécialistes du domaine n’interviennent. J’ai enseigné dans les structures de formation de l’armée, dans les structures de formation de la police en tant qu’enseignant chargé de cours à l’école nationale supérieure de  police et également enseignant à l’école nationale des officiers àToffo. J’ai également contribué à la formation des spécialistes de l’agronomie en animant certains masters au niveau de la faculté des sciences agronomiques. J’ai aussi enseigné à l’école nationale des assistants sociaux, j’enseigne au niveau du Cifred comme j’interviens également dans la formation des spécialistes des sciences politiques et dans beaucoup d’autres domaines également ici comme ailleurs.

 

Quelles sont bonnes et mauvaises situations qui vous ont marquées durant votre parcours ?

Il doit y en avoir beaucoup au cours de la carrière de quelqu’un, sinon la carrière n’aura pas été belle. Les difficultés, il y en a  dans nos familles. Les coups-bas, ça ne manque pas quand il s’agit d’une organisation. Les coups-bas faits de mensonges, de conflits, il y en a et il y en aura toujours. Heureusement, Lewis Coser nous apprend en quoi le conflit est régulateur et il en a défini les fonctions sociales. Le conflit, c’est parfois ce que l’homme mérite et c’est parfois ce qui permet à l’homme d’avancer. Quelqu’un qui fait sa carrière et qui n’aurait pas connu de conflit n’aurait vraiment pas eu assez de maturité pour évoluer. Les coups-bas, il y en a. Mais, ce qui me frappe le plus, c’est le mensonge. Ça me donne àarracher les cheveux. Je suis prêt à reconnaitre ce que j’ai dit de bien ou de mal, ce que j’ai fait de bien ou de mal. Mais lorsque c’est teinté de mensonge, de médisance et par rapport à des idéaux que l’on vise dont j’aurais constitué peut-être des contraintes, ça fait mal. Mais ça permet de se purifier davantage, de se déterminer, de se définir les forces, de s’acquérir de l’énergiepour évoluer. Tout le long de ma carrière, il n’y a eu que cette évolution sinusoïdale entre la paix, la joie, la convivialité et l’amertume et je ne regrette pas du tout. Parce que le développement ne peut se faire de façon unilinéaire. Je reconnais et ce qui fait également la joie c’est la convivialité que manifestent les étudiants. Ceux qui sont inscrits en sociologie me paraissent toujours heureux de choisir cette spécialité. C’est la collaboration des enseignants. Il y a aussi des vertus à ce niveau. C’est la détermination également des étudiants, des doctorants, des auditeurs, plus la tâche à accomplir me donne une certaine sérénité dans ce que j’ai fait et ce que je dois faire et c’est ainsi que la vie sera évoluée.

 

Combien de docteurs avez-vous formé durant votre parcours ?

En tant que directeur et codirecteur, j’ai contribué à la promotion de trente et huit thèses soutenues à l’université Laval au Canada, à l’Ecole des hautes Etudes en sciences sociales à Paris en France, à l’université Gaston Berger de Saint Louis au Sénégal, à l’Université de Ouaga1 professeur Ki-Zerbo du Burkina Faso, à l’université Houphouët-Boigny d’Abidjan, à l’université de Lomé au Togo, etc j’ai fait des co-direction en relation avec des collègues très sympathiques avec qui j’ai travaillé de façon heureuseet avec qui j’ai beaucoup appris également. Des étudiants, des doctorants qui m‘ont beaucoup appris également dans les travaux et ce qu’ils disaient dans leur thèse.

 

Quel message avez-vous à lancer à ces étudiants que vous avez formés et qui sont en train de devenir enseignants comme vous ?

C’est d’abord encourager ces jeunes collègues à continuer dans l’ardeur et dans la sérénité. Beaucoup de patience, de discernement, assez de distinction aussi, beaucoup de tact et de profondeur d’analyseparce que c’est un milieu qui a ses délicatesses, ses difficultés. Et diriger les hommes, accompagner les hommes, ce n’est pas une tâche facile,mais c’est une tâche noble lorsqu’on y arrive. Et sans la patience, on ne peut pas réussir. Si on doit prendre des décisions spontanées, prendre des positions de façon naïve dans l’immédiateté, on peut se tromper. Certes, l’homme doit se tromper,mais il y a des manières de se tromper. Donc, il faut qu’on évite la précipitation. Il faut analyser les problèmes à fond avant de les résoudre. Il faut que ces jeunes collègues puissent adopter la méthode participative, réunir les gens, ne pas commettre des actions isolées sans concerter les pairs et  avoir également le sens de la hiérarchie. La rigueur à la tâche et la justesse comme valeur, ne jamais abuser du pouvoir administratif, d’enseignant, du pouvoir scientifique que l’on a. Il faut tenir compte des spécificités des hommes, des sensibilités humaines. Il ne faut pas agir dans la précipitation. Il faut avoir le sens de l’avenir, la réflexion prospective. Il faut savoir également que ce qu’on occupe aujourd’hui comme poste, c’est ce dont on sera sans également demain parce que personne n’est invité à se rendre prêt à un poste de responsabilité.

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