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Le triomphe de la vérité

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Secteur cotonnier: Le rôle décisif des banques


Récolte du Coton

Les cotonculteurs béninois sont heureux. Ils reçoivent l’appui de l’AIC pour doper leurs efforts. Les financements dont le secteur cotonnier a profité sont aujourd’hui accordés par les banques qui sont convaincues de l’apport de l’agriculture à leur chiffre d’affaires. Tout un paradoxe.

15 juin 2016. Le Gouvernement décide de ne plus subventionner la filière coton. C’est la suite logique de la décision prise en mai de la même année, de confier la gestion de la filière au secteur privé. Le Gouvernement, tout en encadrant les acteurs, n’entend plus faire peser sur les finances publiques le poids de la filière. Concrètement, il apparaît que l’Etat n’injectera plus un seul copeck en subventions, dans les engrais, ni dans l’achat du coton graine. Un an plus tôt, lors de la campagne 2014-2015, le même Etat avait investi 23 milliards dans le coton pour le soutenir à bout de bras. C’est une évolution aux relents de révolution qui frappe ce fleuron de l’économie nationale. Car, elle met les acteurs devant leurs responsabilités et accroit le rôle des organisations de producteurs et d’industriels, tout en mettant l’Etat dans un rôle de régulateur. Malgré cela, les résultats de la production ont bondi. Elle est passée de 269 222 tonnes en 2015-2016 à 451 209 tonnes lors de la saison 2016-2017, pour atteindre 597 000 tonnes en 2016-2017. En 2017-2018, les récoltes ont atteint 720 000 tonnes. A la fin de la campagne 2017-2018, le Conseil des ministres a indiqué que près de FCFA 93 milliards avaient été versés aux cotonculteurs. Et là encore, l’Etat n’a pas injecté un seul copeck dans le secteur. Il est resté dans son rôle d’encadrement, de régulation et de promotion. Pour réussir ce pari, il a fallu faire appel aux banques qui ont accepté appuyer l’Association interprofessionnelle du coton (AIC).

L’AIC relève le défi

C’est en 2008 que, sur l’instigation de la Banque mondiale, le gouvernement béninois avait été obligé de libéraliser la filière cotonnière. Elle se retrouve entre les mains des producteurs et des acteurs regroupés au sein de l’Association interprofessionnelle du coton. Mais en 2012, l’Etat décide de lui arracher ce parrainage et mobilise dès lors, le concours des banques pour faire face à sa stratégie. La Banque ouest africaine de développement (BOAD) a mobilisé ainsi 115 milliards de FCFA pour le financement de la campagne cotonnière 2012/13. Mais il ne s’agit d’une première dans l’histoire du coton béninois. La première intervention directe de l’Etat dans la filière coton remonte à la campagne 2001-2002 où la production était particulièrement bonne, mais le prix de la fibre sur le marché international ne permettait pas aux producteurs d’obtenir un prix rémunérateur. Environ 20 milliards de FCFA de subvention avaient été injectés dans la filière pour remonter le prix d’achat aux producteurs. Le même scénario s’est reproduit en 2004-2005 où la production a atteint son niveau record de 427.709 tonnes. Il a fallu injecter plus de 18,3 milliards de FCFA à raison de 43 FCFA/kg de coton graine. En 2012, la BOAD avait déjà mobilisé pour le compte de l’Etat 82 milliards de FCFA (environ 125 millions d’euros). Et en septembre 2014, elle a débloqué un troisième prêt de 27 milliards de F CFA. C’est que le Gouvernement considère le coton comme une filière stratégique. Premier produit d’exportation du pays, « l’or blanc » représente en effet plus de 12 % du produit intérieur brut (PIB) du Bénin, 60 % du tissu industriel national. Il assure un revenu à un tiers de sa population et représente environ 60 % des recettes d’exportations. Mais en avril 2016, le nouveau régime, désireux de «donner un véritable essor à la filière coton dans une dynamique de partenariat public-privé et de promotion du secteur privé, et afin de rétablir la confiance entre les acteurs», a rétabli l’AIC dans son rôle.
Après quatre campagnes agricoles de gestion transitoire et exceptionnelle de la filière par les structures de l’Etat, il était évident que le secteur sombrait davantage. Dans le même temps, l’Etat se retrouve perdant sur toute la ligne, après avoir sollicité et obtenu le concours des banques.

Un appui motivé
On notera que depuis 2016, les cotonculteurs sont payés à temps. C’est l’une des avancées les plus significatives des transformations connues par le secteur depuis trois ans. Mais ceci n’a été possible que grâce au concours des banques qui viennent en appui à l’AIC pour impacter directement les producteurs. Si l’on peut dire que les banques sont très peu enclines à financer l’agriculture, la rentabilité de la filière a changé la donne, sans l’intervention de l’Etat.

Récolte du Coton

 

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