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Le triomphe de la vérité

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Le DGPR Nazaire Hounnonkpè, un an après la création de la police républicaine: « Nous travaillons à faire de la police une composante aimée et adulée par la population »


DG Nazaire Hounnonkpè

Douze mois environ après la création de la Police républicaine, le directeur général de cette entité de sécurité, le général de police républicaine (Dgpr), Nazaire Hounnonkpè, fait le bilan. C’était au cours de l’émission «Ma part de vérité» de ce dimanche 03 mars sur Golfe Tv. Le Dgpr n’a pas manqué de mettre l’accent sur le rôle que joue la police républicaine pour l’instauration de la confiance avec la population et pour la protection de cette dernière.

Le directeur général de la police républicaine a tenu, à l’entame de l’émission, à faire une clarification sur la naissance de cette nouvelle force de sécurité que d’aucuns considèrent comme une fusion de l’ancienne police nationale et de la gendarmerie. « A l’avènement de ce régime, la sécurité était assurée par la police nationale et la gendarmerie nationale. La gendarmerie qui devrait être sous l’autorité fonctionnelle du ministère de l’Intérieur ne l’était pas. Non seulement cela a été corrigé grâce à ce régime, mais le gouvernement a aussi doté les unités de sécurité de matériels roulants et d’une dotation spéciale d’un montant de 4 milliards l’an ». Pour le patron des flics, ce n’est pas d’une fusion qu’il s’agit, mais de la naissance d’une nouvelle force. « La police républicaine est une nouvelle force qui a absorbé le personnel des deux corps. Parce que ceux qui seront recrutés après à la police républicaine ne seront ni gendarmes, ni policiers simples. Mais des agents de la police républicaine », a-t-il clarifié. Saluant le sacrifice des anciens policiers et des anciens gendarmes pour leur détermination, le général Nazaire Hounnonkpè a rappelé que la naissance et la réussite de cette nouvelle force n’étaient pas gagnées d’avance. « Beaucoup avaient prédit l’échec de cette union mais grâce aux sacrifices de tous et chacun, nous sommes en train d’évoluer, et vous devez le constater sur le terrain ». A entendre ses explications, ce qui devait le plus causer de problèmes concernait les primes, la reconstruction des carrières et l’équivalence des grades. A ce niveau, le général de police a fait part des décrets en cours de signature et ceux déjà signés pour l’harmonisation des primes selon le fort taux et donné des précisions sur les statuts de la police républicaine qui sont très précis sur certaines questions. « Tout n’est pas rose. Nous le savons, mais beaucoup d’efforts ont été faits pour qu’il y ait moins de frustrations », a-t-il ajouté saluant la détermination du chef de l’Etat dans la mise en œuvre de cette réforme. « Le président Talon est à l’écoute permanente de la police républicaine et nous accompagne comme il faut », a-t-il rassuré.

Gagner la confiance des populations et corriger l’image du flic
« La question de la sécurité est beaucoup plus cernée », dira le général de police Nazaire Hounonkpè abordant le bilan de la sécurité sous la police républicaine. Selon ses déclarations, le premier défi de la nouvelle force était de travailler à soigner l’image de la police. « La philosophie de la police est de rassurer les populations. Elle est désormais derrière nous l’époque où les forces de sécurité travaillaient à être criantes par la population. Notre crédo aujourd’hui est d’inspirer confiance à nos concitoyens dans l’optique de la coproduction de la sécurité ». Pour lui, « le policier ne doit pas être le bourreau des populations. Et c’est pour cela que nous avons travaillé à l’intégrité du corps et à faire de la police, une composante aimée et adulée par la population ». Il a justifié cela par la forte collaboration qui existe désormais entre la police républicaine et les populations, les patrouilles permanentes des policiers sur les différents corridors et l’augmentation drastique des postes de commissariat pour que la police soit plus proche des populations. « Nous avons actuellement couvert plus de 400 arrondissements sur les 546 et avant la fin de ce quinquennat, il est évident que chaque arrondissement ait son commissariat », a-t-il promis. « En dehors du numéro vert (166: appel gratuit) qui permet aux populations de faire prendre en compte leur préoccupations, la police peut aujourd’hui enregistrer les plaintes des populations où qu’elles soient et même depuis l’étranger et cela via le site www.dgpr.bj », a-t-il notifié.
Abordant la question de la reconstitution des carrières de certains anciens gendarmes et des anciens policiers, l’invité estime que ce sont des questions très sensibles mais qui sont en cours de traitement au niveau du ministère de l’Intérieur. Pour l’équivalence des grades entre les anciens policiers et les anciens gendarmes le Ddpr a précisé que l’équivalence de grade n’est pas égalité de grade. Cependant un décret a été institué afin de permettre à chaque corps de se retrouver, a-t-il expliqué. Il a aussi relevé que le contenu des statuts de la police républicaine précise désormais les diplômes et niveau intellectuel requis pour avoir accès à chaque corps de cette police. « C’est une police intellectuelle au service des droits de l’homme et la sécurité des populations ». « Désormais, il faut être titulaire du Baccalauréat pour devenir agent de police, d’une licence pour devenir brigadier et d’un master pour devenir officier. La police républicaine est désormais un corps d’élite parce que la sécurité est un domaine suffisamment sensible dans la vie d’une nation »a-t-il rappelé.

Des récentes situations à Tchaourou et Kilibo
Nazaire Hounnonkpè n’a pas manqué de revenir sur les événements de mercredi dernier à Porto-Novo et à Kilibo dans le département des Collines. Rappelant le rôle de la police républicaine, celui d’assurer la sécurité des populations, le Dgpr a notifié que la police jouera son rôle comme il le faut. « Avant tout, c’est un devoir citoyen que de travailler à la sécurité et à la quiétude de sa communauté », a-t-il souligné avant de poursuivre. « La police républicaine a l’obligation d’assurer la sécurité publique et intérieure du pays, de protéger les institutions et les installations de l’État, de veiller au respect des lois et des textes, de préserver l’ordre public ». Cependant, « il est important de signaler que dans le cas des troubles survenus à Tchaourou et à Kilibo, les fonctionnaires de la police républicaine ont fait preuve de beaucoup de retenue pour ne utiliser que la force minimale nécessaire pour régler le problème, en dépit des traitements inhumains dont ils ont fait l’objet de la part des populations qui étaient dans un disposition de créer un incident sans précédent dans notre pays », a-t-il déploré. Il a expliqué que la police travaille à ce que les perturbations soient prévenues, mais elle a aussi et surtout le rôle de circonscrire et de maîtriser en un temps record les troubles lorsqu’ils surviennent. « Et c’est ce second rôle que nous avons joué dans le cas des incidents survenus ces derniers jours à Tchaourou et à Kilibo ». Pour l’invité, rien ne peut justifier le fait que des Béninois prennent des fusils de chasse et qu’ils tirent à bout portant sur les policiers, des Béninois comme eux qui étaient venus juste pour leur demander d’agir dans le respect des textes que la nation s’est librement donné. « Il faut que chacun comprenne et intègre le fait que la police ne doit en aucun cas être prise pour cible puisque sa mission est de servir pour la sécurité des personnes et des biens dans la nation, sans parti pris et dans le strict respect des textes de la République ».
Toutefois, le Dgpr a salué le comportement de ses agents sur le terrain. « Je salue une fois encore le courage et le professionnalisme des forces de sécurité qui ont fait preuve de patience lors des incidents de Kilibo et de Tchaourou. Elles ont tout fait pour ne pas tirer le moindre coup de feu en dépit de la détermination des populations armées de fusils de chasse qui n’ont pas hésité à tirer à bout portant sur eux. Certains de nos éléments se trouvent encore à l’hôpital actuellement avec du plomb dans le corps…», a ajouté le patron des policiers. Le général Nazaire Hounnonkpè a, pour finir, convié le peuple béninois au dialogue, surtout en ces périodes sensibles. « Le dialogue, et seul le dialogue doit demeurer notre arme privilégiée pour la résolution des différends et malentendus qui ne peuvent pas ne pas manquer de survenir dans nos relations en tant qu’humains. Faisons donc en sorte d’éviter toute forme de violence et plus particulièrement, celles qui pourraient nous amener à détruire les édifices publics ou à nous en prendre à l’intégrité physique de nos concitoyens ».

Yannick SOMALON

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