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Le triomphe de la vérité

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Face à l’état critique de leur société: Les travailleurs de la Sonacop appellent Talon au secours


La Sg Syntra-Sonacop, Mireille Elvire Hounségbé au milieu, au présidium lors d son allocution

Ils ont dû tenir ce jeudi 28 février au siège de la société, une assemblée extraordinaire en urgence pour donner une alerte maximale sur la situation actuelle de la Société nationale de commercialisation des produits pétroliers (Sonacop). Personnel administratif, gérants de station, transporteurs des produits pétroliers, cadres techniques et autres invités étaient très nombreux hier à cette Ag tenue dans la salle de conférence de la direction générale, sur l’initiative du Syndicat des travailleurs de la Sonacop ( Syntra-Sonacop). «Talon au secours !!! Talon au secours !!! » scandaient-ils sans cesse. « La Sonacop, jadis, fleuron de l’Etat, qui a contribué à payer le salaire des fonctionnaires du Bénin entier pendants plusieurs mois lors de la crise économique de 1989, est en proie depuis quelques années à une crise multidimensionnelle qui plombe son développement et ne lui permet pas de faire face à la mission qui lui est assignée, et aux nouveaux défis qui lui impose son environnement concurrentiel, formel et informel » a fait observer la Secrétaire générale de Syntra-Sonacop, Mireille Elvire Hounségbé. Les causes lointaines de ces difficultés financières, selon elle, sont : l’ouverture de son capital en 1999 et sa privatisation au groupe Cpi dont la gestion a laissé environ 36 milliards de dettes gérées jusqu’à ce jour ; l’ouverture mal gérée du secteur pétrolier aux privés qui souvent, mènent une concurrence déloyale à la Sonacop dans certains domaines où ils ne sont pas autorisés à opérer au regard des agréments reçus ; la cohabitation forcée avec le secteur informel communément appelé « Kpayo » qui détient plus de 80% du marché d’essence et 20 !!!% de celui du gas-oil. « Ces différents paramètres ont en effet, entraîné l’amenuisement progressif du fonds de roulement de la Sonacop suivi d’une quasi cessation d’activité en fin d’année 2005 et début 2006. La Sonacop a été obligée dès lors d’adopter un système pour le financement de son approvisionnement appelé Tierce Détention avec Ecobank, qui engendre d’énormes frais financiers et obère davantage la trésorerie » a regretté la Sg Syntra-Sonacop.

Un état des lieux alarmant

Les travailleurs massivement mobilisés à cette Ag extraordinaire

L’ état des lieux que la Sg Mireille Elvire Hounségbé a dressé hier est pour le moins alarmant : une entreprise fragilisée économiquement par la gestion de la Cpi qui a laissé un lourd passif ; l’ouverture anarchique du secteur ; l’amenuisement des frais de passage et de stockage dû au départ des maketiers de l’hinterland à cause de la vétusté des dépôts de la société ; la rupture fréquente de stock, ce qui a engendré la baisse drastique du chiffre d’affaires qui est passé de 42.6250781 424 Cfa à 17. 097 874 801 F Cfa en 2017, soit une baisse de 59,88, etc. Reste que la Sonacop dispose encore des atouts, selon la Sg Syntra-Sonacop qui évoque entre autres, le retour dans le patrimoine de l’Etat, des cadres dynamiques, un personnel compétent et expérimenté, l’existence d’ un plan de relance depuis 2016, la réévaluation du patrimoine à hauteur de 24 milliards FCfa, des dépôts avec grandes capacités de stockage, la couverture intégrale de toute l’étendue du territoire nationale… Autant d’atouts, qui l’amènent, au nom de tous les travailleurs à lancer un cri de cœur et un SOS au président de la République, Patrice Talon pour la survie et la restauration de la Sonacop. Et ceci à travers des actions dont une aide financière, ou une délivrance d’une lettre de garantie auprès des institutions financières afin de permettre d’approvisionner régulièrement ses points de vente ; l’autorisation de la rénovation du Pipe-line du dépôt port à travers un partenariat public-privé avec les marketiers tels que la Sonidep, la Sonabhy, Star Oil et autres, en compensation avec les frais de passage et de stockage ; instruire les structures étatiques à s’approvisionner en carburant et en tickets valeur à la Sonacop à hauteur de 70% ; faire de la Sonacop une société mère comme la Sonidep au Niger, la Sonabhy au Burkina Faso, qui ont l’exclusivité de l’importation et du stockage des produits pétroliers permettant ainsi à l’Etat de s’assurer de la qualité des produits qui entrent sur le territoire national. « Je tiens à rassurer le Chef de l’Etat et son Gouvernement qu’à l’interne, nous reconnaissons qu’il faut des réformes et nous, partenaires sociaux et la Direction générale actuelle, y travaillons ardemment » a fait savoir la Sg Syntra-Sonacop. Comme réformes, elle citera notamment, la réduction et la maîtrise des charges de fonctionnement ; le jumelage de certaines directions, la création de la Direction de l’audit et du contrôle de gestion.
Il faut noter que plusieurs autres invités ont pris par à la cérémonie d’ouverture des travaux de cette assemblée générale, dont le Directeur général de la Sonacop, Sinagounou Bio. Il a souhaité que les décisions et résolutions qui en sortiront puissent être bénéfiques à la société.

Christian TCHANOU

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