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Le triomphe de la vérité

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Entretien avec Frank LEGRÉ, Dg Afrique pour Air France: « Il y a un gros effort pour que les Africains se sentent bien reconnus et respectés à bord d’Air France »


Directeur général Afrique d’Air France KLM, Frank Legré, évoque dans cet entretien, les motivations de la montée en gamme de la compagnie aérienne avec quinze Airbus A330 prévus pour 2019. Il parle des destinations africaines qui seront desservies en priorité ainsi que des perspectives sur l’ensemble du réseau mondial par la compagnie française. Frank Legré insiste sur les dispositions prises pour satisfaire les clients, surtout pour que les Africains se sentent bien et mieux traités.

L’Evénement Précis : Pourquoi avez-vous jugé utile d’organiser un voyage de presse à bord de l’Airbus 330 ?

Frank LEGRÉ : Nous voulons montrer la montée en gamme d’Air France qui s’illustre à la fois par le salon dans lequel nous sommes en train de marcher, son terminal 2L qui est absolument super, mais aussi les nouvelles cabines des Airbus 330 qui desservent en particulier l’Afrique de l’Ouest. Comme vous l’avez constaté, il y a une continuité dans le design entre ce salon et les cabines avec des nouveaux sièges Business qui offrent des lits de 2m de long. C’est vraiment un très beau produit. Ainsi, Après avoir investi dans la rénovation des 44 premiers Boeing 777, nous investissons cette année dans nos 15 Airbus 330 qui desservent en particulier l’Afrique de l’Ouest. Et donc la rénovation de la flotte sera terminée pour début 2020. Nous avons lancé le premier avion qui vient de sortir de chantier et qui est maintenant en ligne sur Ouagadougou et Accra.

C’est la ligne Ouagadougou et Accra seule qui est concernée par la montée en gamme ?
Toutes les lignes qui sont desservies en Airbus 330 ont vocation à être équipées avec une nouvelle cabine. Simplement, comme pour l’instant il n’y a qu’un seul avion sur les 15, forcément, on ne peut pas le mettre sur toutes les lignes. Pour l’instant, il est sur cette ligne-là. Il est amené à évoluer au fur et à mesure que la flotte rénovée augmentera. L’idée c’est de donner plus de confort à nos clients, d’être en lien avec les attentes internationales des clients. Et donc d’avancer dans la montée en gamme d’Air France qui est voulue par notre nouveau directeur général du groupe Air France-KLM, Benjamin Smith qui tient absolument à positionner Air France sur le premium.

Quel est l’intérêt pour l’Afrique, surtout quand on sait le traitement réservé aux Africains ?
L’intérêt pour l’Afrique est d’abord très ancien. Vous savez, moi je dis souvent que Air France est née en Afrique. Nous sommes nés en 1933 et il y avait déjà des vols long courrier qui passaient par le Maroc et le Sénégal pour aller vers l’Atlantique sud. Donc depuis très longtemps, Air France dessert l’Afrique. C’est vraiment un continent non seulement qu’on connait bien, mais aussi qu’on aime et qui a un lien très particulier et aussi historique avec Air France. Aujourd’hui nous avons un très grand réseau en Afrique et nous desservons 48 destinations. Parlant du respect des clients, c’est notre volonté. Nous souhaitons travailler là-dessus. Nous avons des équipages commerciaux qui sont formés aux attentes des clients africains. Il y a des stages pour nos équipages commerciaux. Il y a aussi des ambassadeurs de la culture africaine à bord. Donc il y a un gros effort pour que les Africains se sentent bien et se sentent reconnus et respectés à bord.

Monsieur Legré, pourquoi tant de reproches à Air France concernant les retards de vol, les pertes de bagages, le mauvais traitement des passagers?
Ce n’est pas tous les clients qui se plaignent. Mais il y a eu l’année dernière, du fait des grèves, des problèmes d’exploitation, il y a eu des retards, des annulations de vols. Tout ceci est maintenant derrière nous. Et nous sommes vraiment décidés à donner le meilleur de nous-mêmes pour nos clients et en particulier, nos clients africains. Car tout ce que vous évoquez est vraiment derrière nous maintenant. Il y a des accords qui ont été signés avec les différentes catégories du personnel que ce soit les pilotes, les navigants commerciaux et le personnel au sol. Donc du point de vue de la disposition sociale, elle est totalement aplanie au sein d’Air France. Après il peut toujours y avoir des problèmes techniques. Il y a des impondérables dans les exploitations aériennes comme il peut y avoir dans n’importe quelle activité de transport. Nous nous efforçons de les minimiser. La priorité de notre nouvelle direction générale, c’est justement de gérer la robustesse de l’exploitation et de retrouver une bonne ponctualité sur nos vols.

Une montée en gamme suppose une hausse des prix chez Air France, n’est-ce pas?
Il n’y aura pas forcément la montée des prix. Air France souhaite donner le meilleur d’elle-même à ses clients. Et tout ceci forcément à un coût de revient. Donc notre positionnement, ce n’est pas d’être le meilleur marché dans tous les pays. Notre positionnement c’est d’avoir un très bon rapport qualité-prix. Et c’est là-dessus que nous nous battons.
Parlant des prix, est-ce que les autres compagnies offrent des vols directs, par exemple, Paris-Cotonou, ou est-ce qu’il y a des escales? Je pense que la qualité de la distance d’Air France et la qualité du confort à bord, des équipages mais aussi la qualité de la desserte avec des vols sans escales, sont plus confortables pour nos clients. Nous faisons beaucoup d’efforts sur les prix. Les premiers prix au départ de Cotonou par exemple sont attractifs. Lorsque nous avons de la place dans nos avions, nous allons faire bénéficier le plus grand nombre de clients.

Et que dites-vous des pertes de bagages ?
Les pertes de bagages n’est le propre d’Air France. Comme je vous le disais, il y a forcément des impondérables dans l’activité d’une compagnie aérienne. Ça peut arriver. Je pense que l’année dernière a été vraiment très atypique avec les problèmes de grèves qui ont posé beaucoup de problèmes d’exploitation. Depuis l’arrivée de la nouvelle direction générale, des accords sociaux ont été signés avec les principales catégories du personnel, que ce soit les pilotes, les hôtesses et les stewards, et le personnel au sol pour assurer une paix sociale. Et ça c’est déjà signé. Je ne vous parle pas de projets, mais des choses qui sont déjà faites. Donc nous avons vraiment bon espoir d’avoir une exploitation de qualité à la hauteur des attentes de nos clients pour l’année 2019. Nous croyons que nous avons tous besoin de travailler ensemble pour développer notre compagnie. Nous pensons que la montée en gamme d’Air France est importante pour nos clients. Nous voulons être choisis pour notre qualité de service, pour notre image de marque, et c’est là-dessus que nous nous battons.

Quels changements va-t-on noter avec l’arrivée de ces Airbus ?
Je pense que ce qui va arriver à partir de 2019 sur les pays qui sont desservis par les Airbus 330, est vraiment un grand changement qui ne va pas être immédiat. Je le disais, il y a pour l’instant un seul avion sur les 15 qui seront rééquipés. Ça va prendre à peu près un an pour que les effets se fassent sentir. Vous avez constaté par vous-même quand nous sommes rentrés dans les cabines. Vous avez vu les nouveaux Business class, les nouvelles classes Premium Economy et les nouvelles classes Economy.
Je pense que c’est important de souligner qu’Air France ne soigne pas que les clients du Business. Elle fait aussi des efforts pour les clients de la classe Economy. Nous avons une grande partie de nos passagers qui voyagent en classe Economy. C’est donc important de montrer que tous les passagers d’Air France sont soignés. Vous avez vu la qualité des écrans, des grands écrans, des petits coussins, des jolies harmonies des cabines. Donc même en économie, on doit sentir qu’Air France est une compagnie de qualité.

Pourquoi il y a des nuages entre votre compagnie et les autorités béninoises ?
Je ne sais pas s’il y a des nuages entre les relations que nous entretenons avec les autorités béninoises. Quand on vole dans le ciel, il y a toujours des nuages. A nous d’avoir le dialogue positif et constructif avec les autorités béninoises. Nous sommes à l’écoute et nous sommes ouverts au dialogue avec les autorités béninoises.

Entretien réalisé par Gérard AGOGNON

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