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Le triomphe de la vérité

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Edito: Une embellie à contrôler


Il ne faut pas vendre la peau du loup sans l’avoir tué lui-même. Mais la santé économique du Bénin en 2019 est porteuse d’espoir. Non pas du seul fait du coton, mais parce que l’environnement régional est à l’optimisme. Oui, les cours mondiaux de l’or blanc n’ont pas été bons l’année dernière. Pour la première fois en quatre ans, le prix du coton a baissé sur l’ensemble de l’année, perdant 8,2% de sa valeur. Cette baisse relative n’est pas tellement ressentie par le Bénin qui a connu une forte production en 2017-2018, 597 986 tonnes. Le secteur cotonnier a même enregistré une croissance de 222 % en volume par rapport à la campagne 2015-2016, où la production s’établissait à 269 222 tonnes. Ce sont environ 155 milliards de francs CFA que cela a généré, un revenu distribué entre les différents acteurs de la filière. Le gouvernement qui parle déjà de la « Renaissance du coton » s’attend à une récolte d’environ 700.000 tonnes en 2019. En clair, même si les cours internationaux ne montaient pas outre mesure cette année, les revenus du coton, s’ils se maintiennent à leur niveau de 2018, seront très intéressants pour le Bénin.

Pour ce qui est du cajou, cette spéculation a enregistré trois années d’envolée des prix, avant que les cours ne chutent, perdant plus de 50% de leur valeur en 2018.  En cause, uneproduction 2018 en hausse dans tous les pays de l’hémisphère Nord, en Afrique de l’Ouest, en Inde et au Vietnam. Il y a aussi qu’au  Vietnam (1er  transformateur mondial de noix de cajou), la production était mauvaise dans un contexte de surcapacité de transformation. Les Vietnamiens sont entrés en concurrence les uns contre les autres et ont importé massivement, poussant les prix vers le haut. Ils s’attendaient à un manque de noix, que certains contrats ne soient pas exécutés. Or, ils ont été exécutés et finalement les Vietnamiens ont abordé la campagne 2018 avec des stocks importants. Mais la demande reste bonne, même si l’industrie a fait face fin 2018 à des prix qui se sont dépréciés. Pour la plupart des spécialistes, il s’agit d’un mal pour un bien. Le Bénin qui ne représentait que 8 % de la production ouest-africaine en 2016, soit 125 000 tonnes, sur un volume régional de 1,7 million de tonnes, a décidé de donner un coup de pouce à son industrie. Il veut dépasser le taux de transformation actuel pour pouvoir engranger les bénéfices socioéconomiques d’un secteur en pleine croissance. 2019 portera bien ses promesses.

En ce qui concerne les produits vivriers, les divers programmes lancés pour assurer la sécurité alimentaire ont permis d’atteindre des productions record. Les chiffres du maïs sont connus, ils sont passés de 1,2 million de tonnes en 2016-2017 pour 1,6 million de tonnes en 2017-2018. Les prévisions pour 2019 ne sont pas mauvaises. Le seul tableau à observer, ce sera la courbe de l’inflation. Si les prix des produits vivriers restent relativement bas, les populations pourront se nourrir à moindre coût.

Dans tout ce tableau qui confine à l’optimisme, l’ombre reste bien l’économie portuaire. Le port du Bénin a largement perdu sa concurrence avec Lomé. Malgré l’avènement d’une gouvernance belge porteuse d’innovations, rien ne semble annoncer une quelconque embelliepour 2019. De plus, les mesures prises par les autorités nigérianes pour encadrer plus sévèrement le commerce de réexportation provenant de Cotonou, sont carrément belligènes. L’économie frontalière en péril au long des communes mitoyennes, rend la situation intenable pour les acteurs locaux. 2019 ne sera probablement pas une année de rupture sur ce front.

Ce qu’il faudra surveiller, ce sera la conjoncture économique du Nigeria. Notre  géant voisin est crédité d’une prévision de croissance d’environ 2,2% pour 2019, en comptant sur des cours du pétrole qui devraient rester autour de 67 dollars, selon les estimations de la Banque mondiale.  C’est un environnement apaisé qui permettra au gouvernement béninois d’atteindre sa croissance prévisionnelle de 6,3% contre 6% en 2018.

Au plan strictement économique, il y a donc des raisons d’espérer une bonne année.

Par Olivier ALLOCHEME

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