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Le triomphe de la vérité

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Déclaration de l’ancien président Boni Yayi: «Toutes les institutions ne doivent pas être dans la main d’une seule personne »


A la faveur de la cérémonie de présentation de vœux de nouvel an à Majestic à Cotonou organisée par les femmes Fcbe du Littoral à son endroit, l’ex-chef de l’Etat, Boni Yayi, a fait un discours dans lequel il demande à ce qu’on évite que « les institutions soient dans les mains d’une seule personne ». Il a aussi appelé les Béninois à envoyer à la prochaine législature « des hommes de qualité, des hommes proches du peuple, qui peuvent se battre pour le peuple et non pour le ventre à l’Assemblée nationale. ». Lire ci-après l’intégralité de son discours.

L’intégralité du discours de l’ex-Chef d’Etat, Boni Yayi

Chers compatriotes,

Mes vœux, je vous les avais dits. Mais je me répète.

Est-ce que vous avez compris qu’il faut éviter que les institutions soient dans les mains d’une seule personne ?

Si vous voulez, vous le pouvez. Vous êtes une force. N’ayez crainte de rien. N’ayez peur de rien. Ne cédez pas aux intimidations. Je m’adresse à toute la République en tant qu’ancien Père de la Nation.

 

Mes chers compatriotes,

J’aurai l’occasion de revenir sur cela.

J’aime tout le monde, même ceux qui gouvernent. C’est un amour. Mais la gouvernance doit être équilibrée pour que tout le monde puisse travailler.

La jeunesse, c’est vrai, au moment où nous on était là, nous les payions, même si tout n’est pas réglé.

Mais on parle d’alternance. C’est pour gagner. C’est pourquoi nous avons tout fait pour qu’il y ait la stabilité. Et je suis sûr que l’année 2019 Dieu est déjà prêt. Mais c’est à vous de vous décider maintenant. Il ne descendra pas.

 

Mes chères mamans, en m’adressant à vous, je m’adresse à tout le monde. Envoyez des hommes de qualité, des hommes proches du peuple, qui peuvent se battre pour le peuple et non pour le ventre à l’Assemblée nationale.

C’est pourquoi je disais qu’au point où on est aujourd’hui-là, si vous ne travaillez pas pour que le parlement soit une institution de contre-pouvoir, notre pays continuera de plonger.

J’espère que vous m’avez bien compris? Demain je ne veux pas entendre : « on ne savait pas ».

J’ai déjà essuyé mes larmes. Dans les quatre coins du pays, je ne veux plus re-pleurer encore aujourd’hui, parce que moi-même je souffre.

Qui suis-je devant vous? Rien du tout.

 

Voilà mes chers parents.

Moi je veux un Bénin du peuple d’abord. Un Bénin plus grand, plus grand et plus grand encore. Voilà ce qui est dans mon cœur, je vous le jure. Nous sommes chair, nous sommes poussière, nous retournerons poussière. Mais pendant qu’on est sur cette terre, partageons, travaillons à partager ce qu’on a créé. Si on fait des réformes, ce n’est pas pour une seule personne. J’ai entendu certains dire « on ne veut pas des réformes ». On prend l’exemple de la France. Ce n’est pas pareil.

Si les réformes servent un clan, c’est normal que le peuple souffre. Et la qualité de ces réformes dépend de leur impact sur le peuple à court, moyen et long terme. Si cela dure, alors ces réformes deviennent contre- performantes. Ceux qui nous parlent de réformes n’ont qu’à bien nous expliquer si c’est dans un an que nous allons rentrer dans le bonheur. Qu’ils nous disent quand nous aurons le bonheur. Les techniciens sont là. Il y a d’excellents cadres. N’allons pas dans nos villes et dans nos campagnes pour raconter des histoires, mes chers compatriotes.

En m’adressant à vous, je m’adresse à toute la République, à tout le peuple. J’ai dit que je rêve d’un Bénin plus grand et plus fort grâce à vous, naturellement, soutenus par le père céleste.

 

Nous avons la transition écologique inclusive. Je fais allusion à l’énergie. S’il n’y a pas d’énergie, qu’est ce qu’on peut faire dans cette vie? Rien du tout. Comment la jeunesse va produire?

Le Parlement doit être saisi de ces défis. Ce n’est pas le gouvernement seul. Le Parlement doit se saisir de ce dossier. C’est une question de l’avenir de notre pays. En 2050, l’Afrique comptera près de 2 milliards 500 millions d’hommes. En 2100, près de 4 milliards. En 2050, nous serons peut-être 40 millions au Bénin. A ce rythme où vous avez encore à Karimama près de 7 ou 8 enfants par femme, si on ne fait pas un programme de planning familial sérieux, ça restera ainsi. Mais comment nous allons faire ? Parlons au sérieux, l’année 2019 est une année de relance de cette transition écologique, numérique et inclusive. Voici encore un autre défi pour la jeunesse. Vous êtes allés à l’école, vous avez un diplôme vous n’avez pas de travail, il doit y avoir un mobile. (…)

Nous avons deux cibles, les Objectifs de développement durable en 2030, en 2063 Quelle Afrique voulons-nous ? Quel Bénin voulons-nous ? Nous devons être au rendez-vous. Et nos reformes doivent concourir à cela.

Chers compatriotes, le Bénin ne va pas perdre sa légitimité internationale. Je travaillerai surtout pour qu’il y ait un dialogue national pour qu’on se parle. Une seule hirondelle ne fait pas le printemps, personne ne peut construire seul l’économie de ce pays. Aucun clan seul ne peut construire l’économie de ce pays. Et la seule manière c’est de réussir l’enjeu d’avril 2019, c’est-à-dire un parlement contrôlé par l’opposition, un parlement de contre-pouvoir. Ces personnes nous ont conduits dans le gouffre. Si vous les envoyez là-bas, je viendrai essuyer seulement vos larmes et je dirai, « sorry ». Mais je ne souhaite pas.

Je vous souhaite une bonne et heureuse année. Que Dieu bénisse notre chère et commune patrie le Bénin, et que Dieu soit avec vous, nos enfants, nos petits enfants. Que Dieu bénisse nos chers dirigeants, qu’il touche leur cœur pour qu’on aille dans la meilleure direction possible. Et que les réformes ne satisfassent pas un clan ou une seule personne. Encore une fois, merci beaucoup.

 

Mes chères mamans, mes chères présidentes

Du temps des Juges, lorsque des hommes fuyaient le combat, Dieu suscita Déborah pour libérer le peuple d’Israël. C’est un exemple que je vous donne. (…). Les chefs étaient sans force en Israël quand je me suis levée comme une mère en Israël. C’est Déborah qui dit ça dans Juges chapitre 5 verset 7.

 

Mes chers compatriotes,

Où sont les Déborah du Bénin ? Levez la main, levez la main pour la stabilité du Bénin. C’est vous toutes qui avez levé les mains. Et les mains qui nous attendent à l’extérieur de cette salle. Vous êtes toutes des Déborah. Vous pouvez sauver le Bénin. Moi je vous appelle Déborah. Appelez-vous Déborah pour qu’il ait la sécurité alimentaire et nutritionnelle pour en finir avec cette misère. Où sont les Déborah ? C’est vous mes chères mamans, très belles et très sages. Pas de violence, mais vous savez ce que vous devez faire.

C’est vous qui allez libérer notre patrie par votre courage, par votre amour, par votre détermination, par votre foi. Alors levez-vous mes chères mamans, levez-vous mes chères mères, levez-vous mes chéries du Bénin, pour mettre en déroute les obstacles qui sont sur notre chemin et que les joies reviennent dans les visages et dans les cœurs.

Si vous ne me voyez pas venir vous donner de l’argent, soyez rassurées, cette prière-là, le ciel est en train de danser. C’est déjà exaucé. Alors je dis enfin réveilles toi. Réveilles toi et la victoire est certaine. Que Dieu vous bénisse.

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One thought on “Déclaration de l’ancien président Boni Yayi: «Toutes les institutions ne doivent pas être dans la main d’une seule personne »

  1. DEMAKOS

    C’est l’hôpital qui se moque de la charité ! Notre peuple aura tout vu et tout entendu. Puisse Dieu l’aider à ne pas tomber dans une amnésie collective. Amen.

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