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Le triomphe de la vérité

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Edito: La charnière 2019


Les élections de 2019 marqueront le troisième tour des présidentielles de 2016. Et pour cause, la soif de revanche du camp FCBE n’a jamais été aussi élevée. Boni Yayi et les siens battent déjà la campagne pour relever le défi. Et il faut le dire : pour eux, ce sera une course contre la mort. S’ils perdent encore les prochaines élections, certains diront adieu à la politique, après trois années de traversée de désert. Pour les caciques du régime défunt dont certains sont en prison et d’autres en exil, il s’agira de prouver qu’en 2016, le peuple s’est trompé.
Ce ne sera pas facile, d’autant qu’en face, le régime Talon est piloté par des connaisseurs. Ce n’est pas par hasard que le scandale ICC-SERVICES a été réveillé précisément maintenant. Même s’ils parviennent à s’en sortir, tous ceux qui ont été impliqués dans cette vaste escroquerie auront du mal à retrouver leur sérénité au point d’aller aux élections. C’est une nébuleuse qui fera mal au sein de l’opinion. A cela s’ajoutent les autres procès en attente et pour lesquels des têtes de pont FCBE et RB sont en exil. Leur sort est presque déjà réglé. S’ils ne reviennent pas au pays pour participer à la bagarre électorale, je ne vois pas comment ils pourraient faire face à la machine ‘’rupturienne’’ en pleine vitesse. Le temps est aussi venu pour l’USL d’Ajavon et Restaurer l’Espoir de Candide Azannaï d’avoir le courage de regarder l’avenir. L’opposition ne gagnera rien en rangs dispersés. Les regroupements réalisés au sein de la mouvance, même au prix de contorsions politiques encore discutables, valent beaucoup mieux que l’enflure des égos à laquelle nous assistons. En fait, même les plus lucides ont oublié la barrière des 10%. Cela risque d’être une surprise très désagréable.
2019, c’est aussi l’année de la confirmation ou de la déchéance pour le PRD. Vaincre ou périr ! Telle devrait être la devise de ce parti, face aux défections qui ont fragilisé son équilibre. Quand on sait l’ancrage du chef de l’Etat et les solides réalisations du régime dans l’Ouémé, ce sera une gageure pour le parti de maitre Houngbédji de conserver ses bastions traditionnels et d’en engranger davantage pour réaliser les 10%. Soyons honnête : si Houngbédji ne trouve pas en urgence des alliés suffisamment lucides pour laisser leurs partis au profit du PRD, il y a de fortes chances pour lui de ne pas atteindre la barrière des 10%. A moins que la loi soit modifiée autrement. Le PRD sait très bien qu’il joue à un jeu dangereux pour sa survie en tant que parti, car ne pas atteindre les 10%, c’est simplement n’avoir aucun député pour la prochaine législature. C’est le même défi que doivent relever Valentin Houdé et Claudine Prudencio. Si ces forces ne se mettent pas ensemble pour fonder une nouvelle dynamique avec le PRD, l’Assemblée nationale leur sera hermétiquement fermée pour les quatre prochaines années.
Quant à la mouvance présidentielle, elle joue sa propre crédibilité cette année. A vrai dire, le régime Talon n’a pas eu beaucoup de chance. En 2006, Boni Yayi avait bénéficié d’une grâce qui a duré jusqu’aux législatives de 2007 qu’il a remportées sans coup férir. Cette fois, c’est différent. Patrice Talon n’a bénéficié que d’une grâce de courte durée, en raison des réformes très impopulaires qu’il a engagées. Trois ans après, les électeurs ont l’occasion de solder son compte et ils ne le rateront pas. Ça sera un test de confirmation ou un coup d’arrêt aux réformes dont certaines font encore couler beaucoup d’encre et de salive. Mais quoi qu’on dise, le régime tient la crème du personnel politique et sait garder une avance sur les mécontentements populaires. Seulement, à vouloir tout réformer en même temps, l’on tombe facilement dans un régime de terreur. Ce fut l’erreur d’un Soglo dans les années 1990 de chercher à faire table rase du passé, à tout détruire pensant tout reconstruire. Les législatives de 1995 lui ont montré que le peuple n’avait pas besoin de cet esprit ravageur. A mesure que le temps passe, Patrice Talon a appris de ses propres erreurs et se corrige lentement, même si les va-t-en-guerre et les courtisans les plus opportunistes lui demandent de foncer tête baissée. 2019 sera l’année charnière où le peuple dira si, oui ou non, il adhère à ces réformes.

Par Olivier ALLOCHEME

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