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Le triomphe de la vérité

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Publication du livre Si Nonvitcha nous était conté…:Guy Ossito Midiohouan décrypte le langage des symboles et tissus de Nonvitcha


Paru chez Laha Editions en septembre 2018, Si Nonvitcha nous était conté… sous-titré Hommage au doyen Pascal Houessou Amoussou alias « Papa Nonvitcha » est un ouvrage grand format de 120 p illustré avec des photos en couleur. Il est conçu, à l’origine, souligne l’auteur, dans l’avertissement «pour marquer le 95è anniversaire de l’Association Nonvitcha, en mai 2016 » (p. 4.). Dans l’avant-propos, il dévoile l’aspect de l’histoire de l’Association de Nonvitcha qu’il a développé. Il s’agit en effet affirme-t-il « de faire découvrir l’histoire de l’Association Nonvitcha à travers les différents tissus qui ont marqué son existence » (p. 8.). Il a commencé à murir cette idée au lendemain de son élection en 2007 au poste de Secrétaire général de ladite association.
De la page 13 à la page 50, l’auteur Guy Ossito Midiohouana restitué l’entretien qu’il a réalisé avec le nonagénaire Pascal Houessou Amoussou, un membre actif de l’Association Nonvitcha depuis 1945. Selon celui-ci, le choix du premier tissu pour célébrer la fête Nonvitcha date de 1961 pour marquer le 40è anniversaire de ce regroupement communautaire. Le tissu nommé « AbaloLoko », à l’effigie des pères fondateurs de l’association, a été imprimé grâce à l’appui du premier Président togolais, a déclaré Pascal Houessou Amoussou : « Ce tissu, c’est le Président Sylvanus Olympio, Président du Togo, qui nous avait aidés à en passer la commande. C’est par lui que nos dirigeants étaient passés pour l’obtenir.» (p. 27.).
Le choix des tissus se faisait tous les dix ans jusqu’en 1991. C’est à partir du 75è anniversaire en 1996 que la périodicité du choix de tissu est passée à cinq ans mais à partir de 2004, cette périodicité a encore changé passant de cinq ans à trois ans puis de trois à deux. Ainsi, de 1961 à 2016 douze tissus ont marqué la vie de l’Association Nonvitcha avec des images porteuses de messages bien précis décryptés dans l’ouvrage. Guy Ossito Midiohouan s’est également intéressé aux autres tissus choisis par les communautés Xwla et Sèto des départements du Littoral et de l’Atlantique du Bénin, de la communauté Xwla de l’arrondissement de Godomey sans oublier les communautés Xwla et Xwela de la Côte d’Ivoire pour célébrer la fête de Nonvitcha.
L’auteur a décrit avec minutie le logo et les deux récades de l’Association Nonvitcha. Il a aussi exposé le Drapeau, la Médaille d’honneur de même que les timbres à l’image du logo de l’Association Nonvitcha émis par la Poste du Bénin le 07 mai 2016 à l’occasion du 95è anniversaire. Lesimages des molures de la clôture de la Place Nonvitcha et du Mémorial sont aussi présentées dans l’ouvrage.
L’auteur explique aussi les raisons qui sous-tendent la célébration de Nonvitcha le jour de la Pentecôte, une fête aujourd’hui chrétienne certes, mais qui relève en réalité de la Tradition ésotérique de l’humanité. Le choix du jour de la Pentecôte pour la célébration de Nonvitcha n’a pas un fondement exclusivement chrétien. Ses pères fondateurs sont certes d’obédience chrétienne, mais le contexte colonial dans lequel l’Association Nonvitcha est créée est une piste importante à prendre en compte pour mieux comprendre cette coïncidence. En effet, souligne l’auteur :
« en 1921, année de la naissance de l’Association Nonvitcha, le Dahomey était sous le joug colonial et les manifestations de rejet ou de contestation de l’autorité de l’occupant étaient quotidiennes sur toute l’étendue du territoire. L’administration se montrait donc très suspicieuse par rapport à toute idée d’Association regroupant des autochtones, perçue comme un potentiel foyer de rébellion contre l’ordre colonial. Les initiateurs de l’Association Nonvitcha, conscients de cette situation, avaient sans doute choisi le jour de la Pentecôte pour plusieurs raisons. »(p. 93.).
Il s’agit entre autres de « rassurer davantage les autorités en donnant une coloration religieuse flatteuse, notamment chrétienne, à la fête pour augmenter sa chance de survie. » (p. 93.).
Nonvitcha est en réalité une fête ouverte à tous les Xwla et Xwela et leurs sympathisants quelle que soit leur obédience religieuse. C’est la raison pour laquelle, indique l’auteur « les responsables successifs de l’Association veillent à sauvegarder son caractère non-confessionnel, laissant à chacun la latitude de rendre grâce à Dieu dans la religion de son choix, et offrant à toutes les religions l’espace d’une libre expression et d’une cohabitation pacifique ». (p. 94.).
Guy Ossito Midiohouan a consacré les dernières pages de l’ouvrage à une brève biographie, photos à l’appui, des différents présidents de l’Association Nonvitcha de 1921 à ce jour. Il s’agit par ordre chronologique des présidents : Adolphe Messan Gnassounou-Akpah, élu en 1921 mais qui mourut quelque temps après au Ghana, Siméon Abalo Loko (1921-1968), Nathaniel Amégankpoé (1968-1969), Randolph Dossou Ayinon, (1969-1982), André Affanouvi Hounzangbé (1987-1997), René Mègniho Dossa (1998-2004) qui fut par ailleurs le premier Président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication du Bénin de 1994 à 1999, Comlan Paul Irénée Zinsou (2004-2007 par intérim et 2007 – 2015 et de Norbert Kassa d’octobre 2015 à ce jour.
L’auteur Guy Ossito Midiohouan a fini la visite guidée de l’histoire de l’Association Nonvitcha en citant quelques titres de publications qui y sont consacrées.
Si Nonvitcha nous était conté… de Guy Ossito Midiohouan est une mine d’informations nécessaires à l’écriture de l’histoire de la première et la plus ancienne association communautaire du Bénin. En réalité c’est un essai historique qui ne dit pas son nom, l’auteur a pris comme prétexte les tissus, pour visiter plusieurs aspects importants de la vie de l’Association Nonvitcha depuis sa naissance en 1921 jusqu’à ce jour.

Kintossou Armand ADJAGBO (Coll)

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