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Le triomphe de la vérité

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17e Chronique du psychologue sur l’école de la sexualité: Boris Sagbo se penche sur l’homosexualité


Que peut-on dire des enfants et des jeunes qui sortent du cadre de l’abus des rapports sexuels hétérosexuels et qui empruntent le chemin d’une homosexualité ?

Déjà devons-nous admettre que dans la société africaine et béninoise, la réalité de l’homosexualité est présente. Nous ne sommes pas à propos seuls à avancer cette vérité, comme vous le constatez en ce moment même en votre âme en conscience, pendant cette lecture. Une réalité vraiment pathologique mais qui, sous d’autres cieux, reste une norme de conduites sexuelles. L’admission du pathologique en norme sociale est aussi pathologique et suscite une nouvelle réflexion de la problématique des troubles psychologiques sociétaux voire continentaux. Mais la question fondamentale que nous posons est de comprendre le processus à la base d’un tel comportement pathologique : l’homosexualité !

Pour y répondre, nous ferons appel à une théorie, celle de la castration ou du complexe de castration de Freud.

Freud décrit le complexe de castration lorsqu’il rapporte la théorie sexuelle infantile qui attribue à tous les êtres humains un pénis. Le pénis étant pour le garçon – seul le cas du garçon est alors envisagé – « l’organe sexuel autoérotique primordial », celui-ci ne peut concevoir qu’une personne semblable à lui-même en soit dépourvue. Il n’y a de complexe de castration qu’en raison de cette valeur du pénis et de cette théorie de sa possession universelle. Le complexe s’installe lorsque l’enfant est menacé, en raison de sa masturbation d’avoir le sexe coupé. Il comporte de l’effroi et de la révolte, qui, en raison même de leur intensité, sont refoulés. Freud s’appuie sur son expérience analytique  et sur l’existence de nombreux mythes et légendes articulés autour du thème de la castration.

En effet, Freud observe que le garçon, très souvent, ne prend pas au sérieux la menace et que celle-ci à elle seule ne peut le contraindre à admettre la possibilité de la castration. D’autre part, le préjugé du garçon l’emporte sur sa perception : à la vue des organes génitaux d’une petite fille, il dit régulièrement que l’organe est petit mais qu’il va grandir. Il faut donc l’intervention des deux facteurs : la vue des organes génitaux féminins et la menace de castration pour que le complexe apparaisse. Un seul facteur est insuffisant mais le second rappelle le souvenir du premier dans un effet d’après-coup et déclenche l’apparition du complexe de castration.

Lorsqu’il a admis la possibilité de la castration, le garçon se trouve contraint pour sauvegarder  l’organe et de renoncer à sa sexualité (la masturbation est la voie de décharge génitale des désirs œdipiens, désir incestueux). Il sauve l’organe au prix de sa « paralysie » et du renoncement à la possession de la mère. Le complexe de castration met ainsi fin au complexe d’Œdipe et exerce par là une fonction de normalisation (la disparition du complexe d’œdipe). Mais la normalisation n’est ni constante, ni toujours complète : souvent, le garçon ne renonce pas à sa sexualité, soit qu’il ne veuille pas admette la réalité de la castration et qu’il poursuive la masturbation, soit que, malgré l’interruption de celle-ci, l’activité fantasmatique œdipienne persiste et même s’accentue, ce qui compromet la sexualité adulte ultérieure.

Lorsqu’il établit l’existence d’un primat du phallus pour les deux sexes (la fille comme le garçon ne connaissent qu’un seul organe génital, l’organe mâle, et tout individu qui en est dépourvu leur apparaît comme châtré), Freud insiste sur le fait qu’on ne peut apprécier à sa juste valeur la signification du complexe de castration qu’à la condition de faire entrer en ligne de compte sa survenue à la phase de primat du phallus. Deux conséquences découlent de cette affirmation.

La première est que les expériences préalables de  perte, celle du sein, celle des fèces, dans lesquelles des psychanalystes avaient voulu voir autant de castrations, n’en sont pas, puisqu’on ne devrait parler de complexe de castration qu’à partir du moment où cette représentation d’une perte s’est reliée à l’organe génital masculin. On peut penser que les expériences préalables de perte n’ont pas la même signification que la castration, car elles ont lieu dans le cadre de la relation duelle mère-enfant, tandis que la castration est précisément ce qui met fin, chez les deux sexes, à cette relation comme en témoigne le fait que l’enfant attribue toujours au père la castration.

La seconde est que le complexe de castration concerne tout autant la femme que l’homme. Le clitoris de la fille se comporte d’abord tout à fait comme un pénis. Mais, chez elle, la vue de l’organe de l’autre sexe déclenche immédiatement le complexe. Dès qu’elle aperçoit l’organe masculin, elle se tient pour victime d’une castration. Elle se considère d’abord comme une victime isolée, puis étend progressivement ce malheur aux autres enfants et enfin aux adultes de son sexe, qui lui apparaît ainsi dévalorisé. La forme d’expression que prend chez elle le complexe est l’envie du pénis : d’emblée elle a jugé et décidé, elle a vu cela, sait qu’elle ne l’a pas et veut l’avoir.

L’envie du pénis peut subsister comme envie d’être dotée d’un pénis, mais l’évolution normale est celle où elle trouve son équivalent symbolique dans le désir d’avoir un enfant, ce qui conduit la fille à choisir le père comme objet d’amour. Le complexe de castration exerce donc une fonction normalisante en faisant entrer la fille dans l’œdipe et par là en l’orientant vers l’hétérosexualité. Alors que se passe-t-il quand l’évolution n’existe pas ?

Freud cependant met aussi l’accent sur les conséquences pathologiques du complexe de castration. Chez la femme, l’envie du pénis peut persister indéfiniment dans l’inconscient et être facteur de jalousie et de dépression : ce fait va la pousser à ne pas désirer l’homme mais singer ce dernier à travers des pratiques sexuelles avec un même sexe qu’elle. Chez l’homme, c’est l’angoisse de castration qui constitue souvent la limite du travail analytique : toute attitude passive à l’égard du père, et en général de l’homme, garde la signification de la castration et déclenche une révolte, mais la révolte, comportant imaginairement la même sanction, ne trouve aucun aboutissement et l’homme reste dépendant dans la vie sociale. Sa façon d’exprimer cette révolte serait de montrer à un semblable sa virilité sexuelle.

 

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