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Le triomphe de la vérité

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15ÈME CHRONIQUE DU PSYCHOLOGUE SUR L’ÉCOLE DE LA SEXUALITÉ: Le rôle de la maltraitance et des antécédents d’abus sexuels dans l’apparition des troubles de comportements sexuels


Dans la présente chronique sur « L’éducation sexuelle », le psychologue Boris Sagbo se penche sur le rôle de la maltraitance et des antécédents d’abus sexuels dans l’apparition des troubles de comportements sexuels.

La maltraitance et antécédents d’abus sexuels jouent-ils un rôle dans l’apparition des troubles de comportements sexuels (TCS) ?

Par la science, nous avons des résultats intéressants et plus clairs à ce sujet. Nous partageons le résumé de ces travaux avec vous.
« La violence intrafamiliale et, en particulier, la maltraitance de l’enfant sont un facteur de risque de TCS. Cependant l’impact exact selon le type de maltraitance, l’âge de survenue et sa durée sont mal connus. Les abus physiques et sexuels ont un effet marqué chez les petits, l’effraction corporelle majeure et précoce que représente le traumatisme sera alors rejouée au travers de comportements intrusifs et contraignants vis-à-vis d’autres enfants. Les négligences et les violences psychiques prédiraient surtout la survenue de TCS chez les plus âgés mais cela peut être également dû à un repérage tardif des situations. Dans une étude portant sur 127 enfants de 6 à 12 ans et présentant des TCS : 84% avaient été victimes d’abus sexuels, 48% d’une maltraitance physique, 33% de violences psychiques, 11% de négligences. 53% avaient subi la combinaison d’agressions physiques et sexuelles. Plus particulièrement, concernant l’impact d’un traumatisme sexuel, 65 à 100% des enfants qui ont commis des violences sexuelles sur un autre avant 12 ans ont été abusés eux-mêmes ; chez les adolescents, ils sont 50 à 65%. Plus l’enfant a été abusé jeune, plus le risque de troubles du comportement est grand, car la rupture développementale intervenant précocement entraîne de mauvais ajustements relationnels et comportementaux. 28% des 60 enfants ayant subi des abus sexuels présenteraient des TCS, la fréquence d’apparition de ceux-ci diminuerait en début d’adolescence pour ré-augmenter en fin d’adolescence. Ainsi, la maltraitance sexuelle multiplie par quatre le risque de troubles psychiatriques. Le syndrome de stress post-traumatique est le symptôme le plus fréquent chez les enfants abusés. Le risque de troubles du comportement non sexuel et de délinquance est également augmenté. Une étude américaine citée par l’article de Gray et coll., montre que l’odds Ratio est de 4,7 (c’est-à-dire qu’il y a près de 5 fois plus de chance) pour qu’un enfant ayant subi un abus sexuel soit arrêté à l’âge adulte pour crime sexuel, en revanche cet Odds Ratio est de 4,1 (c’est-à-dire qu’il y a 4 fois plus de chance) pour un enfant sans antécédent de violences sexuelles mais aux antécédents de maltraitance physique. Les filles sont fréquemment agressées et ce dans le milieu intrafamilial, les garçons rencontrent des traumatismes plus sévères, perpétrés en dehors du cadre familial. Par ailleurs, certaines caractéristiques de l’abus favorise l’apparition des TCS, notamment les plus violents : la gravité (avec ou sans pénétration), la durée, la fréquence, l’âge de la victime, la force utilisée, les violences physiques associées, le nombre d’agresseurs, la différence d’âge, la relation à l’agresseur (père, beau-père), le contexte familial ou environnemental. Si la responsabilité est imputée légitimement par l’enfant à son agresseur, le risque de TCS est moins important. En revanche, si elle est attribuée à soi, des troubles de type masturbation compulsive ou troubles du désir à l’âge adulte pourront apparaître. Enfin, si l’attribution de la responsabilité est ambivalente, les troubles du comportement seront plus fréquemment interpersonnels (hypersexualité, agression). Le soutien et la réponse parentale à la révélation de l’abus sexuel sont déterminants dans le devenir des TCS, notamment le soutien maternel, souvent absent quand l’accusation porte sur le conjoint, père ou beau-père. Ceci est d’autant plus vrai chez l’enfant jeune, car les plus âgés peuvent trouver d’autres personnes ressources parmi les pairs et les adultes hors membres de la famille. L’inconfort, le trouble, la réaction émotionnelle forte des parents ont un impact délétère sur l’apparition de troubles du comportement sexuel, notamment quand l’enfant porte la culpabilité des actes. Le bon fonctionnement familial, sa stabilité, la capacité parentale à résoudre les problèmes, une forte relation parents-enfants et un environnement non sexualisé préservent de l’apparition de TCS. D’un point de vue psychopathologique, l’abus sexuel est responsable d’une effraction corporelle, d’une altération du rapport au corps. Corps dont le sujet est en partie dépossédé… »

Par Agossou Mèssè Boris Quentin SAGBO, Psychologue Clinicien et Psychothérapeute

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