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Le triomphe de la vérité

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Réformes du code électoral: Faire des anciens présidents, des icônes de la République


La fonction présidentielle dans tout pays au monde est la plus haute fonction politique et administrative qu’il puisse avoir. Briguer ce prestigieux poste signifie que l’on a atteint le sommet et par conséquent, on doit se considérer après comme une personne ressource vers qui la Nation peut se tourner en cas de crise ou en situation d’urgence. Mais, finir la fonction présidentielle et revenir assumer d’autres fonctions moins que celle présidentielle est un paradoxe qui n’est pas perceptible dans beaucoup de pays. Moralement, cela pose un problème qu’un ancien président se retrouve député, maire voire conseiller communal ou municipal. C’est en partie pour remédier à cette pratique qui n’honore pas le statut d’ancien président que certains députés de la 7ème législature ont inséré dans la réforme du Code électoral le renoncement du statut d’ancien président, avant de briguer à toute autres fonctions outre que la présidentielle. En effet, quelques points du nouveau Code électoral sont sujets à polémique parce que n’arrangent pas certaines chapelles politiques. Malgré qu’au Bénin, les anciens Chefs d’Etat, qui pourtant, bénéficient d’un statut particulier, reviennent généralement en politique, pour surtout embrouiller le mandat de leurs successeurs. Le constat a été fait depuis 2001, mais s’est accentué en 2006 et se poursuit aujourd’hui avec deux anciens présidents, autrefois protagonistes mais qui se mettent ensemble aujourd’hui pour aller contre le régime en place. Cette situation paradoxale remet à l’ordre du jour, la question des valeurs défendues par les anciens Chefs d’Etat, qui bien qu’étant acteurs politiques, doivent respecter et honorer la fonction présidentielle et se positionner après la présidence comme sages. Les anciens Chefs d’Etat, doivent reconsidérer la question et se mettre au-dessus de la mêlée car, les avantages d’ancien Chef d’Etat, sont déterminés et attribués parce qu’un ancien Chef d’Etat est supposé renoncer à toute autre activité. En principe après sa présidence, il ne doit plus être dans l’activisme, mais choisir la voie de la sagesse. En raison de cela, le Code électoral en cours de modification à l’Assemblée Nationale, afin d’imposer aux anciens Chefs d’Etat la perte de leur statut, s’ils décident de se porter candidat à une élection inférieure à la présidentielle, est une disposition importante au regard de la déchéance.
Aussi, la question de la caution pour la candidature à l’élection présidentielle est-elle prévue pour être portée à 250millions selon le nouveau Code électoral en cours de modification au parlement. Cette proposition est partie du constat de la pléthore de candidatures que l’on observe à chacune de nos élections, notamment lors de chaque présidentielle. Des candidatures qui se révèlent souvent de « pure distraction pour amuser la galerie ». Pis, certains se présentent juste dans le but de marchander leurs centaines ou milliers de voix. Or, avec la réforme de la Charte des partis, qui incite aux grands regroupements, il est juste de corréler cette avancée avec un réaménagement du Code électoral. C’est ce que proposent certains députés. Ainsi, les cautions substantielles pour les élections majeures (législatives et présidentielles) se justifient pleinement. Mieux, il faut noter qu’en application des nouvelles dispositions de la Charte des partis, ce sont moins les individus que les groupes politiques auxquels ils appartiennent qui feront les efforts conséquents. Cette réforme, implicitement, met fin aux entreprises partisanes unipersonnelles. Désormais, un parti politique sera donc l’affaire de tous ses membres et non plus de l’initiateur, comme cela a été le cas au Bénin depuis des décennies.

Yannick SOMALON

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