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Le triomphe de la vérité

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Patrice Talon à cœur ouvert: «C’est une chance pour nous d’avoir du crédit auprès des investisseurs »


Face à quatre éminents journalistes de la presse béninoise, le chef de l’Etat, Patrice Talon a répondu à toutes les questions qui lui ont été posées dans le cadre de la gouvernance politique, sociale et économique du pays. Sans langue de bois, Patrice Talon a rappelé ses ambitions et réitéré son engagement à mener à bout les réformes engagées, tant dans le cadre du Programme d’actions du gouvernement, que dans le sens de l’amélioration des conditions de vie des populations.

De la lutte contre la corruption et l’impunité       

Au cours de l’entretien, le point de la lutte contre la corruption a été fait, les accusations de l’opposition faisant état de sélectivité ou de chantage politique ont été abordées par le chef de l’Etat. L’état   d’esprit des proches (membres du gouvernement, collaborateurs …) aussi et la préoccupation que grâce à cette dynamique, l’appartenance à la majorité ne devienne pas un refuge.      A ces différentes préoccupations, le  président  a apporté des réponses claires. Il a rassuré et démontré que la lutte concerne tout le monde, que la majorité ne saurait être un refuge pour des personnes qui ne montreraient pas patte blanche. La preuve que le chef de l’Etat est déterminé à poursuivre l’assainissement et maintenir le rythme de la lutte contre la corruption et l’impunité.

Amendement de la Constitution         

Sous ce volet, les échanges ont permis d’avoir l’appréciation personnelle du chef de l’Etat sur le vote de l’Assemblée à propos de la proposition d’amendement de la Constitution et surtout sur l’option du référendum.       Le président Patrice Talon a d’abord apprécié la démarche des députés initiateurs de la proposition, puis a démontré le bien fondé des amendements proposés, lesquels sont débarrassés de tout relent politicien. Comme il l’avait déjà annoncé dans son message à la nation, le chef de l’Etat a redit sa décision de ne pas convoquer un référendum sur ces questions.« Ce qui urge pour notre pays, et j’ai eu l’occasion de l’apprendre avec satisfaction, c’est les investissements vitaux. L’eau, les énergies, les soins de santé efficaces, une éducation plus efficace que ce que nous observons aujourd’hui, les pistes rurales. Et les réformes politiques qui ne constituent pas une nouvelle orientation dans notre modèle politique préoccupent peu de nos concitoyens … », a laissé entendre Patrice Talon avant de poursuivre : « J’ai noté au début du mandat que ma volonté d’opérer des réformes politiques et institutionnelles n’a pas rencontré l’unanimité des parlementaires. (…) J’en ai tiré les conséquences et j’ai dit que je ne vais pas passer tout mon mandat à courir après une réforme constitutionnelle qui risque de nous retarder dans ce que nos populations attendent davantage de nous. »

Le système sanitaire

Les réformes dans le secteur sanitaire, particulièrement celle des évacuations sanitaires et la réorganisation du secteur pharmaceutique étaient au cœur des échanges du chef de l’Etat. La dernière réforme, celle de la révocation de l’autorisation d’exercice en clientèle privée pour les agents de l’Etat, l’était aussi. Sur chacune des décisions, le chef de l’Etat a expliqué le bien fondé avec des exemples à l’appui. Pour le président Talon, il est question de tout faire pour que les populations aient les meilleurs soins, aux meilleurs coûts. « Dans tous les pays au monde, la tendance aux travers est une réalité. Cela n’est pas propre au Bénin mais il faut remarquer qu’au Bénin, nous avons tout perverti et ceci, dans le domaine de la santé notamment », a regretté le président. Expliquant la réforme dans le sous-secteur, dans la suspension des grèves aux agents de santé et dans sa dernière décision à propos de l’exercice privé des médecins, il a précisé que tout cela va dans le sens de l’amélioration du service public de santé. « Il n’y a pas un seul centre de santé privé au Bénin qui dispose d’un plateau technique qui soit plus performant que le plateau technique des hôpitaux publics. Mais pourquoi les médecins délaissent-ils les hôpitaux publics pour consacrer toute leur énergie au secteur privé en toute violation du serment qu’ils ont prêté», s’est-t-il interrogé. « Ce qu’on attend des médecins, c’est d’abord ce dévouement qui leur permet de mettre leur talent pour pouvoir sauver les vies de nos compatriotes, même si c’est avec les mains nues», a-t-il précisé avant de rappeler l’ultimatum : «Les médecins ont jusqu’au 1er  septembre pour choisir entre rester dans le privé et rester dans le public ». Pour lui, « l’autorisation d’exercer en clientèle privée est une chose qui diffère totalement d’être propriétaire d’une clinique privée et de divertir aussi bien le matériel de la clientèle vers cette clinique au détriment de la qualité du service public ». Il a précisé n’être pas en lutte contre les médecins, mais  plutôt pour le bien-être des populations. Abordant le cas des évacuations sanitaires, la démarche du chef de l’Etat et de son gouvernement est meilleure à ce qui a été fait les années antérieures. Cette réforme a même déjà permis au pays de récupérer son argent abandonné dans des cliniques et hôpitaux à l’étranger. Ainsi, plus de 600.000.000 FCFA ont  déjà été  rapatriés. Une somme colossale qui n’aurait jamais été récupérée, si le président Talon ne faisait montre de cette rigueur. Patrice Talon estime n’avoir pas la prétention de changer les choses dans le monde en un jour, mais celle de contribuer à ce que les choses changent dans le monde en commençant par le Bénin.

Réforme du système éducatif

Le président Talon n’a pas caché sa colère face au niveau actuel du système éducatif béninois. Il est revenu sur l’évaluation sous régionale qui place le Bénin à l’avant dernière place du classement. Il justifie cela par l’urgence d’évaluer les enseignants de la maternelle et du primaire pour le renforcement de leurs capacités, afin de relever aussi le niveau de l’enseignement dispensé aux enfants…«Comment pouvons-nous nous étonner de ce que notre pays ne se développe quand nous savons que les apprenants que nous formons n’ont pas, pour la plupart, le niveau requis pour franchir les différents paliers de l’acquisition de la connaissance?» s’est-il demandé. A l’entendre, la connaissance demeure l’élément essentiel de l’évolution de chacun. C’est en raison de cela qu’il  affirme : « Nous allons former, bon gré mal gré, les enseignants de notre système éducatif en commençant par le bas pour venir au sommet ».

Assainissement de l’économie et mise en œuvre du Pag      

A ce niveau, les appréciations des institutions et organisations internationales sont la preuve de la qualité de la gouvernance au Bénin. L’un des exemples les plus palpables est la sélection du Bénin et du Rwanda pour l’évaluation des Objectifs de développement durable. Cela passe aussi par la mobilisation des ressources financières à travers les emprunts et émissions de bons de Trésor, la contribution des régies financières à la mobilisation des ressources, la marche vers l’autonomie énergétique. Pour ce qui est des taxes douanières et impôts, le  chef de l’Etat  a formellement dit que les taux des divers impôts n’ont pas été augmentés depuis qu’il est en fonction, et donné la précision sur le fait qu’ils n’augmenteront pas. Mais le souci de faire participer tous les contribuables à la mobilisation des ressources pour le développement du pays est resté pour lui une préoccupation.

Parlant de sa rigueur et des projections pour les 60 ans d’indépendance dans deux ans, le chef de l’Etat a montré  sa sensibilité humaine. Il a dit qu’il reste un humain, même si la fonction présidentielle a ses exigences. Cette humilité et ce genre de discours  ne sortent que de la bouche des grands dirigeants. La preuve que, toute querelle politicienne mise à part, le Bénin a enfin un président digne de ses attentes. Un président qui était incompris au début de son mandat mais que l’on comprend de mieux en mieux, tant il apparaît clairement désormais qu’il nourrit de grandes ambitions pour  le Bénin. Car toute son action est orientée vers le développement, le souci de contribuer à la grandeur du Bénin ; le souci de rentrer dans l’histoire comme un bâtisseur.

Yannick SOMALON

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