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Le triomphe de la vérité

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12ÈME CHRONIQUE DU PSYCHOLOGUE SUR L’ÉCOLE DE LA SEXUALITÉ: Boris Sagbo parle des comportements sexuels anormaux dans l’enfance


Après les comportements sexuels normaux dans l’enfance sur lesquels il a basé la précédente chronique, le psychothérapeute Boris Sagbo aborde dans celle-ci, les comportements sexuels anormaux chez l’enfant. Lisez plutôt !

Y-a-t-il aussi des comportements sexuels anormaux dans l’enfance ?
Oui ! En effet, le contact permanent aux côté des couples et familles nous offre l’occasion de recevoir des plaintes et des demandes d’aide pour certains cas préoccupants. L’analyse de ceux-ci nous permet de découvrir des affects, des séries d’actes illogiques et de se rendre compte du décalage entre l’âge chronique et l’âge développemental. Une expérience que nous recevons de nos prédécesseurs et qui se renouvelle dans notre quotidien.
Ainsi, pour donner une vue plus explicite des troubles du comportement sexuel chez l’enfant, nous présenterons d’abord des cas non fictifs mais relevés des réalités qui nous entourent (dans cette chronique) puis ferons leur nosographie en quelques lignes (dans la prochaine chronique).
Le premier cas que nous partageons est une observation d’une fille âgée de 3 ans qui confie à sa grand-mère avoir touché le pénis de son frère âgé de 8 ans sur la demande de ce dernier. La petite aime toucher les parties sensibles de toutes personnes de son âge ou non, quelque sexe que ce soit, et ceci, même en public. Sa mère affirme avoir observé dans les comportements de sa fille, une sensation douloureuse lorsqu’elle lui faisait sa toilette intime. Sa partie génitale est enflée, et la possibilité d’avoir été objet d’abus sexuel est perceptible.
Le second vient du Docteur Audrey Tanguy-Stievenard. « Loïc est âgé de 14 ans et 8 mois. L’hospitalisation en psychiatrie adulte a été convenue, au regard de son poids et de sa taille (il mesure près d’1m75 et 100 Kg), et d’une instabilité psychomotrice jugée trop dangereuse pour un accueil en pédopsychiatrie. Une évaluation psychiatrique a été demandée par un juge des enfants, suite à une agression sexuelle sur une fille de sa classe. Il l’aurait forcée à réaliser une fellation. Loïc présente une déficience intellectuelle. Il est le fils unique d’une mère, déficiente intellectuelle également. Elle est sous curatelle. Ils vivent à deux, et Loïc ne connait pas son père, celui-ci ayant quitté le domicile conjugal lorsque le garçon avait deux ans. La mère fera une allusion aux raisons du départ du père faisant soupçonner un abus sexuel chez son fils. Au domicile, il existe une relative parentalisation de Loïc, capable de faire les courses et les repas. Lui et sa mère sont relativement isolés de leur famille, et ont peu de personnes ressources. Loïc est suivi en pédopsychiatrie pour des crises d’agitation au domicile de manière ponctuelle, et une instabilité psychomotrice se majorant depuis 2 à 3 ans. Les angoisses de séparation seront au premier plan durant l’hospitalisation, et à l’origine d’une désorganisation comportementale avec logorrhée anxieuse. L’équipe du centre médico-psychologique, qui le connaît, évoque un comportement hypersexualisé, essentiellement d’auto-stimulation, depuis plusieurs années, mais a priori sans passage à l’acte sur un autre enfant. La barrière générationnelle et la distance relationnelle sont difficilement respectées. Il présente une familiarité avec l’adulte. Les difficultés d’interaction avec ses pairs sont avérées. Un climat incestueux est toujours perceptible entre Loïc et sa mère, bien que la prise en charge en pédopsychiatrie ait permis que celle-ci ne dorme plus avec son fils, et ne réalise plus sa toilette depuis quelques mois seulement. D’ailleurs, l’adhésion aux soins, ainsi que la compréhension des troubles et des raisons de l’hospitalisation, sont fragiles chez la mère. Les faits rapportés ont été réalisés sur une camarade de classe du même âge que Loïc, également déficiente intellectuelle. L’adolescent explique que la jeune fille était initialement consentante puis, lorsqu’elle a souhaité arrêter l’acte sexuel, Loïc l’aurait retenue de force. Il ne sait pas ce que veut dire le terme « fellation », et semble avoir peu de connaissances en matière de sexualité. Il ne connait pas de vocabulaire précis. Il n’a pas eu a priori accès à des images pornographiques, comme le laisse penser son geste, hormis des cartes de femme nues vues à l’école. Lorsqu’on aborde l’agression sexuelle de la jeune fille, Loïc pleure beaucoup, il dit « au début, elle était d’accord ». Il reconnait son acte. Une ébauche d’empathie pour la victime et de culpabilité apparaît. Cependant, l’élaboration est difficile et la conscience de la transgression sexuelle reste externalisée. Loïc est terrifié à l’idée d’aller en prison et d’être séparé de sa mère. Il n’existe pas d’éléments délirants ou hallucinatoires. »

Par Agossou Mèssè Boris Quentin SAGBO, Psychologue Clinicien et Psychothérapeute

 

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