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Le triomphe de la vérité

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Rejet de la proposition de l’amendement de la Constitution: « Les ¾ constituent une première victoire du BMP qu’il faut saluer », dixit Nassirou Bako Arifari


Invité de l’émission « Zone Franche » de Canal 3 ce dimanche, le député Nassirou Bako Arifari a affirmé que la réussite de la première phase du vote de la proposition de loi portant amendement de la Constitution, à savoir l’obtention des ¾, constitue une première victoire pour le Bloc de la majorité parlementaire (Bmp), dont il est l’un des membres influents. Il en appelle à l’implication du chef de l’Etat, pour l’organisation du référendum rendu obligatoire à la suite du second vote des 4/5ème qui n’a pas prospéré jeudi dernier au Parlement.

« ¾ des députés ont voté pour la prise en compte de la proposition de loi portant amendement de la Constitution. Il s’agit là d’une grande victoire pour nous au niveau du Bloc de la majorité parlementaire. Lorsque les 3/4 de vote ont été obtenus, nous sommes passés à l’étape d’adoption pour une révision exclusivement parlementaire. Jamais une étape de révision n’a atteint une telle étape dans notre pays depuis l’instauration de la démocratie. Ce n’est du tout pas un échec comme le proclament certains. C’est une grande avancée pour la démocratie », s’est réjoui le député Bako Arifari sur Canal 3, ce dimanche. Pour lui, cette première étape ainsi « brillamment passée » est un acte de consolidation du Bmp qui, au-delà de ses 60 députés, a reçu deux voix complémentaires pour faciliter le vote favorable des 62 députés au compteur. « Quelle que soit la procédure retenue, projet ou proposition de révision de la Constitution, il faut toujours passer d’abord par le vote des ¾, donc ce n’est pas une perte de temps », a-t-il aussi fait savoir. Bako Arifari a exprimé la surprise de son groupe de n’avoir pas été accompagné par la minorité parlementaire. « Nous avons partagé nos idées avec eux à tous les niveaux. La minorité a voulu marquer son territoire. Je ne suis pas persuadé qu’une réussite politicienne soit une réussite du peuple, une réussite de l’intérêt national», fera-t-il observer, avant de revenir sur les quatre points de la proposition en débat. Le premier porte sur la question de la représentativité des femmes à l’Assemblée nationale. Il y a eu par le passé des initiatives dans ce sens. La Cour constitutionnelle a même cassé une loi qui suggérait 20% de femmes dans les instances. On se retrouve dans une situation où, lorsque le Bénin participe à des réunions internationales, nous sommes carrément incriminés pour l’absence de femmes dans nos délégations. C’est dans cet esprit que le parlement, pour répondre aux vœux interparlementaires qui préconisent 30% de femmes dans nos assemblées, a initié cette disposition», a expliqué l’invité de Canal 3 Bénin. Le second point vise à garantir la suppression de la peine de mort, mais il faut d’abord la constitutionnaliser. Troisième point: « au lieu qu’on parle des audits par-ci par-là, c’est plutôt la Cour des comptes qui aura chaque année à vérifier tout ce qui est dépense publique, et à l’établir dans son rapport ». Quant au 4ème et dernier point, voici ce qu’il en dit : « Par élection au Bénin, nous dépensons en moyenne 10 milliards de FCFA. Au-delà de ça, nous sommes tout le temps dans des élections qui empêchent de travailler sereinement pour le pays. Nous avons décidé de les grouper. L’élection présidentielle de 2021 est imprescriptible. Le mandat du président actuel finit en 2021 et il y aura bel et bien élection présidentielle. On a suggéré une élection législative en 2019 pour un mandat de 7 ans, pour aboutir à des élections groupées en 2026. Et rien ne dit que ce sont les députés qui sont là aujourd’hui, qui seront réélus et feront ce mandat de 7 ans qui rentre dans le cadre de l’harmonisation des élections dans notre pays. ». Bako Arifari a également rappelé que les différents points inscrits dans cette proposition d’amendement faisaient déjà partie de ceux pris en compte par Boni Yayi dans son projet de révision d’alors.

 

Référendum, la balle dans le camp de Talon

« Après l’échec de la voie parlementaire de finalisation, il faut maintenant la voie référendaire et nous suggérons au chef de l’État l’organisation de ce référendum. Il peut l’accepter, comme il peut décider d’attendre d’abord », a souligné le député du Bmp pour qui, « dépenser pour le référendum aujourd’hui, c’est aussi faire des économies pour l’avenir, du moment où le groupage est acquis et là, nous sommes dans l’hypothèse que le Oui l’emporterait». Il appelle aussi les uns et les autres à éviter de faire peur au peuple et de prendre les choses comme un « épouvantail ». Pour Bako Arifari, il faut donner la bonne information aux populations qui sont, malheureusement majoritairement analphabètes, et les laisser juger. Par rapport aux inquiétudes des animateurs de l’émission sur une éventuelle « contre campagne » sur le terrain à l’occasion de ce référendum, l’invité a affirmé que cela fait partie du jeu politique. « Nous n’avons pas peur que des gens se lèvent pour aller dire sur le terrain qu’ils ne sont pas d’accord avec ce qui est proposé. Nous ferons le combat sur le terrain si le chef de l’État accepte l’option du référendum. La proposition d’amendement lui sera transmise et c’est à lui de décider de la suite à donner», a-t-il dit. «Lorsqu’il y a la volonté d’avancer, il n’y a aucun obstacle pour un peuple d’y arriver. Si le Chef de l’État décide de l’organisation du référendum, nous allons répondre au parlement des implications, et permettre au peuple béninois qui veut s’exprimer de le faire. Lorsqu’on s’engage en politique, on est prêt à prendre des risques. L’exercice du pouvoir a aussi des moments de risque. Il n’y a pas de moment propice pour organiser un scrutin », a poursuivi le député. S’il doit conseiller quelque chose au chef de l’État, a-t-il ajouté, c’est de s’engager sur la voie du progrès en organisant le référendum pour permettre aux femmes de s’impliquer davantage en politique, pour permettre la constitutionnalisation de la Cour des comptes, pour fermer définitivement la page de la peine des morts. « Nous jouerons à la transparence avec la minorité jusqu’au bout. Il faut faire des concessions. S’ils utilisent l’arme que le peuple leur a donnée pour travailler contre ce même peuple, nous avons le devoir de le leur rappeler. Les révisions que le peuple rejette, ce sont des révisions opportunistes mais ce n’est pas le cas ici», a-t-il promis par ailleurs.

En ce qui concerne l’alliance Amana dont il est le président, Bako Arifari a annoncé que celle-ci a décidé d’aller dans la direction de la « Dynamique unitaire » qui constitue l’un des trois blocs de la majorité. « Nous allons dans le sens des regroupements. L’alliance Amana n’est pas une formation politique d’une seule circonscription électorale. Chaque mois, il y a une réunion de l’organe exécutif et nous y allons sans tapage. Nous ne sommes pas dans les grands spectacles et cela date de l’époque du Président Yayi. On s’éloigne souvent des caméras, mais on est proche des populations » a-t-il conclu.

Christian TCHANOU

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