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Rejet de la proposition de l’amendement de la Constitution: Gustave Sonon, Christophe Azon et autres acteurs politiques réagissent


  • Les constats et préoccupations de Gustave Sonon

«Nous sommes restés au même niveau. Pour moi, ce n’est pas une avancée. Le résultat est le même et vous verrez que la suite ne changera pas grand-chose de ce qui s’est passé jeudi dernier au parlement» a avoué hier Gustave Sonon, ex ministre sous Yayi, sur l’émission « 90 mn pour convaincre » de la radio nationale dont il était l’un des invités. « Je ne suis pas surpris de ce vote, car ce n’était pas trop indiqué en cette période » a-t-il aussi fait savoir, ajoutant qu’il s’est par ailleurs senti « un peu gêné » par le mode de scrutin encore adopté, cette fois-ci, qui oblige que cela soit public. « Cela ne donne pas un résultat franc. Je suis convaincu que si on avait organisé un scrutin secret, le vote allait basculer d’un camp à un autre. On devrait protéger les électeurs » pense-t-il, se rappelant du même scénario, lors du dernier « vote rejet », le 04 avril 2017 du projet de loi portant révision de la constitution alors introduit au parlement par le président Patrice Talon. Toute chose, qui à croire Gustave Sonon, a contribué à la bipolarisation de l’assemblée nationale qui connait davantage une position tranchée dans un camp comme dans l’autre. Et ici, le ministre regrette qu’il n’y ait plus aujourd’hui, par exemple, des non-inscrits qui permettent de faire basculer les tendances d’un camp à l’autre pour le bien du jeu démocratique.

« Aujourd’hui, les députés de la minorité se sentent tellement acculés, qu’il se considèrent comme des cabris morts, alors même qu’ils sont convaincus de la pertinence de certains points» fait observer également Gustave Sonon. « Il y a en réalité un seul point qui divise, c’est l’alignement des mandats et le couplage des élections, tout le reste, laissons tomber. On pouvait donc procéder à un amendement à ce niveau » avoue-t-il. Pour lui, donc, ce point pouvait être extrait, en attendant et que le consensus se réalise autour du reste. Mais, si l’on devrait prendre en compte ce point qui achoppe, Gustave Sonon se demande si les députés de la minorité comme de la majorité ne pouvaient pas, par exemple, proposer et soutenir plutôt la tenue des législatives en 2023, en laissant courir normalement la mandature qui commence en 2019, et puis, réduire celle qui suivra (à partir de 2023) donc à trois ans, pour atteindre l’alignement et le couplage lors des élections générales qui pourraient être décidées pour 2026. « Ainsi, on aurait testé la bonne foi du Bmp de vouloir instituer quelque chose pour 2021 » dit-il. Toujours sur la question, il fait remarquer aussi que « nous sommes entrain de copier des principes d’un régime parlementaire à un régime présidentiel avec l’alignement des mandats et le groupage des élections ».

La procédure d’urgence qui a été décidée dès la première phase des ¾ acquise constitue un autre étonnement pour l’ex ministre de Yayi, qui estime qu’on aurait pu attendre, un ou deux mois, le temps de concilier les positions. « Dans l’état actuel des textes, techniquement et juridiquement, on ne peut organiser un référendum qu’en 2019 » laisse entendre également Gustave Sonon qui fait référence aux dispositions de la loi référendaire. Lesquelles dispositions exigent, entre autres au chef de l’état, de convoquer le corps électoral, 120 jours, soit 4 mois avant les élections, et que la liste électorale soit également prête 90 jours avant, etc. Il s’interroge, entre autres, aussi sur la question du coût des élections, largement évoquée, indiquant qu’il y a le coût direct des élections et aussi le grand coût que constitue le manque à gagner pour l’ensemble du pays dans les périodes de précampagne et de campagne électorale.

  • Yves Nonvignon Gbaguidi, acteur politique: « Nous devrions saisir cette nouvelle occasion de toiletter la loi fondamentale »

« Je crois personnellement à la révision de la Constitution et on ne peut plus, à mon humble avis, faire marche arrière. Les  députés initiateurs de ce projet d’amendement n’ont pris en compte que quatre points que nous connaissons tous, la suppression de la peine de mort, la création de la Cour des comptes, la représentativité des femmes, et le couplage des élections. La non création de la Cour des comptes, par exemple, nous fait perdre des milliards chaque année, puisque c’est une exigence des grandes institutions financières qui nous assistent et qu’il est temps que nous l’insérions dans notre loi fondamentale. Je ne parlerai pas de l’importance de la suppression de la peine de mort. La représentativité des femmes quant à elle est aussi importante parce que cela y va de la promotion de la femme et du genre. Lorsqu’on suit bien les débats, on constate qu’il y a consensus autour de ces quatre points, tant au niveau de la majorité que de la minorité parlementaire. Mais, le seul point qui cause problème maintenant, est le groupage des élections et je crois que la position de la minorité parlementaire n’a pour objectif que de sacrifier le peuple contre ses propres intérêts. Ce qui est vraiment malheureux pour notre pays qui devrait saisir cette nouvelle occasion de toiletter la loi fondamentale. »

 

  • Christophe Augustin Azon, président de la Jeunesse patriotique: « Loin d’être un échec, je crois que c’est une réussite »

« Je salue la témérité dont ont fait preuve les députés initiateurs de l’amendement de la Constitution du 11 décembre 1990, dont la révision a connu un échec le 4 avril 2017. Je félicite également tous les députés, de la mouvance comme de l’opposition, pour leurs divers actes témoins de la vitalité de notre démocratie. Loin de le considérer comme un échec, le second vote du jeudi 05 juillet dernier qui a consisté à ne pas adopter la nouvelle loi fondamentale, est une réussite. Je me réjouis de l’avancée connue par le processus de la révision de notre Constitution, engagée par les présidents Mathieu Kérékou et Boni Yayi, poursuivie aujourd’hui par le président Talon, car l’étape d’amendement est franchie et qu’il ne reste qu’à l’adopter. La minorité parlementaire nous renvoie à une consultation nationale où le peuple souverain va trancher. Vivement que cela se fasse avec de la jugeote et du patriotisme. »

 

Christian TCHANOU

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