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Le triomphe de la vérité

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Périmètre d’aménagement rural de Kpoé-Kpanroun Zinvié: L’Association des propriétaires terriens déclenche le processus de retrait des terres


Une injustice qui ne dit pas son nom va à son terme à Zinvié dans la commune d’Abomey-Calavi. Et pour cause, les langues se délient au sujet des 1.583 hectares du périmètre d’aménagement rural de Kpoé-Kpanroun Zinvié. L’Association des Propriétaires Terriens et Héritiers du Périmètre d’Aménagement Rural de Kpoé-Kpanroun (APTH- PAR2K) s’engage à récupérer leurs terres. Selon les informations, 50 ans déjà que les populations de Kpoé-Kpanroun-Zinvié ont, à l’instar d’autres communautés, mis les terres à disposition moyennant un ridicule loyer de terre évalué à 1.350F par an pour un hectare. Un véritable avilissement qui a duré 50 bonnes années pendant lesquelles ces populations ont vécu dans la précarité totale et subi des traitements inhumains et dégradants. Il s’agit, précise le Vice-Président chargé des affaires juridiques et du contentieux, Arnaud-Cossi Houézé, d’un traitement orchestré par une mafia dirigée depuis l’ex-URCAR de Hinvi avec la bénédiction de certaines autorités des différents régimes qui se sont succédés à la tête de notre pays. A l’en croire, ministres, préfets et autres politiciens en quête de suffrages électoralistes, s’invitaient dans le jeu mafieux de paupérisation de ces populations qui jusqu’alors sont restées sans voix.

Le comble
Les informations font état de ce que depuis 2004, la CAR du périmètre d’Aménagement Rural de Kpoé-Kpanroun n’a plus jamais payé les 1350 F/hectare comme loyer de terre aux propriétaires terriens. Mieux, les propriétaires ont décidé ne plus rester en coopérative et ont eux-mêmes apuré la liste des propriétaires terriens depuis Avril 2018, vu le décès massif constaté dans leurs rangs. Ceci après une longue comparution devant le Procureur du Tribunal d’Abomey-Calavi de Novembre 2017 à Avril 2018 pour récupérer les fonds issus du dédommagement à eux fait par la CEB pour occupation de leur terre par son nouveau projet d’interconnexion. « Cette mafia s’était interposée pour prendre les 10 850 800F CFA destinés aux propriétaires terriens et les 9 492 000F de dédommagement des palmiers abattus sur les 10 hectares occupés. Pour l’instant les propriétaires terriens ont pu récupérer grâce à l’Association, les 10 850 800F ; la mafia continue de garder par devers elle, les 9 492 000F et devront justifier devant le tribunal l’usage qu’ils en ont fait alors qu’ils doivent aux propriétaires terriens 14 ans d’impayés de loyer » confie le Vice-Président chargé des affaires juridiques et du contentieux, Arnaud-Cossi Houézé.

Des pièges avec des notes circulaires ?
Ce qui est dramatique aux yeux des propriétaires terriens du périmètre, est la note circulaire en date du 14 Mai dernier, note n°948/MAEP/MDGL/MISP/MJL/DC/SGM/CJ/DLROPEA/SA du 14 Mai 2018 signée par 04 ministres du gouvernement, celui de l’Agriculture, le Garde des Sceaux d’alors, celui de l’Intérieur et celui de la Décentralisation, un acteur averti des situations que vivent les populations ? Une note circulaire qui les propriétaires terriens a failli déclencher une tuerie généralisée dans tous les périmètres d’aménagements où les populations et les propriétaires terriens réclament leur terre. Mais la tension a baissée quand le 28 Mai 2018 donc deux semaines après cette poudrière préparée par quatre ministres, le ministre de l’Agriculture seul, ressort une autre note circulaire N°2172/MAEP/DC/SGM/SA pour abroger celle qu’il a signée avec ses trois autres collègues. Sur la situation, le président de l’Association des Propriétaires Terriens et Héritiers du Périmètre d’Aménagement Rural de Kpoé-Kpanroun, Christophe Zannou nous a confié : ‘’Nos terres ne sont pas à vendre. Nos parents ont été trop malmenés par les pouvoirs publics en complicité avec quelques individus qui se présentent comme responsables de nos terres, 1583 hectares, c’est criminel, nous devons y mettre fin définitivement et notre projet pour ce périmètre, c’est bien sûr de créer trois zones. Une petite zone urbanisée pour l’Habitat au cœur du périmètre, une zone de cultures pour que les familles y cultivent toutes les variétés de produits agricoles de la localité, et enfin une zone industrielle qui attirera les investisseurs pour la transformation de nos productions agricoles surplace. Nous y travaillons et nous n’allons pas brader nos terres pour rien au monde’’. Pour les propriétaires terriens le processus est enclenché donc, avis aux prévaricateurs et aux mafieux fonciers.

Emmanuel GBETO

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