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11e chronique du psychologue Boris Sagbo sur l’école de la sexualité« Existe-t-il des comportements sexuels normaux dans l’enfance ? »


Existe-t-il des comportements sexuels normaux dans l’enfance ? C’est la question à laquelle répond dans la présente chronique, le psychothérapeute Boris Sagbo.

 

Jamais nous ne nous lasserons de répéter et d’insister sur l’importance de la présence maternelle au côté de l’être immature. Aussi faut-il rappeler que le conditionnement naturel de base et épanouissant pour l’être en devenir qu’est l’enfant, est un environnement affectif. Non seulement il est aimé et aime en retour, mais les gens de son entourage s’aiment.

En plus,  la vie de cet entourage est axée sur des valeurs principes de conduites de tout individu dans la société. Un cercle où rien ne se fait sans référence. Ces valeurs sine qua non, une autre chronique leur sera consacrée.

En outre, lorsque l’environnement familial de l’enfant est ce qu’il doit être, cela favorise un développement harmonieux de la personnalité. La construction de l’aspect psychoaffectif n’en n’est pas épargnée. Donc l’enfant va avoir des comportements sexuels indispensables. Il est alors important que parents et éducateurs que nous sommes, en  ayons connaissance.

Devant la variété des comportements que présente l’enfant, David Finkelhor en 1979 puis Toni C. Johnson en 1998 et d’autres auteurs à la suite ont tenté de définir l’activité sexuelle normale :

– Elle implique un ou des enfants de même âge, de même taille et au développement identique (David Finkelhor précise un différentiel d’âge inférieur à 5 ans).

– La participation est mutuelle et spontanée. L’activité est ludique, reconnue comme « amusante » par les enfants impliqués. L’aspect interactionnel est au premier plan.

– L’activité ne doit pas être sophistiquée, excessive ou effectuée sous la contrainte

– Elle doit être limitée en durée et en fréquence, associée à d’autres intérêts et une curiosité dans d’autres domaines.

– Elle peut impliquer le fait de regarder, de toucher le corps de soi ou/et d’autrui.

– Elle est réalisée avec de la gêne, parfois un peu de culpabilité, avec curiosité et un désir d’exploration, de partage des connaissances, d’imitation des adolescents ou des adultes voire de légère transgression.

– Les niveaux d’inhibition/désinhibition sont variables au cours du jeu.

– Elle n’apporte pas de satisfaction sexuelle proprement dite, le plaisir érotique peut exister mais n’est pas le but premier

– La recherche d’emprise sur l’autre enfant est absente. Il ne s’agit pas d’un scénario planifié. Surtout on ne doit pas avoir une activité sexuelle où un des enfants en jeu se sent manipulé ou contraint.

– Enfin elle est sensible à l’intervention de l’adulte porteur d’autorité et peut cesser si cela est demandé.

Pour mieux rendre ces caractéristiques plus explicites, voici quelques exemples. Un des parents peut surprendre un enfant de trois ans entrain de toucher ses parties génitales. Cela n’est pas dangereux ! C’est normal. Un autre parent peut constater que son fils aime le regarder quand il est sous la douche ou nu. D’autres parents se plaignent de leurs enfants qui refusent de s’habiller, qui aiment circuler tout nus dans la cour. Il ne faut surtout pas dramatiser. Il n’y a rien d’anormal. D’autres comportements comme les jeux d’amoureux dans lesquels l’un joue le rôle de mère et un autre le père ; de même pour les jeux de malade et du docteur ou ceux où un enfant se prend pour un bébé et se fait toucher par un autre qui se prend pour sa mère.

Ces comportements sexuels, nous, parents, avons besoin d’en profiter pour montrer à l’enfant les valeurs importantes et adaptées à chaque rôle. Par exemple, un enfant qui de façon presque obstinée est nu partout, le parent doit lui expliquer que son corps est sacré et mérite respect ; qu’il ne doit pas s’amuser avec le sacré. Le sacré sera découvert quand il sera grand et choisirait quelqu’un qui en sera digne. Quand cette base manque dans la vie d’une fille par exemple, une fois jeune demoiselle, elle va se complaire dans des tenues sexy (qui exposent son corps) et sur le plan inconscient, elle revit le plaisir infantile que lui procuraient ces comportements exhibitionnistes.

Enfin, il faut savoir en tant que parent, que les enfants peuvent poser des questions de curiosité concernant la sexualité des adultes. Répondre à ses interrogations avec justesse sans surinformer et sans mentir est le meilleur conseil que je puisse donner.

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