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Le triomphe de la vérité

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Chronique « A l’école de la sexualité » du psychologue Boris SAGBO: Les représentations de l’enfant et leurs conséquences


Boris Sagbo, Psychologue Clinicien et Psychothérapeute

« Né de l’amour », « porte-malheur », « trésor », etc. Les représentations que l’on se fait des enfants comptent. Dans cette chronique consacrée au sujet, le psychothérapeute Boris Sagbo nous en dit plus. Le spécialiste explique à quel point ces représentations peuvent influencer toute une vie.

 

Lorsque nous considérons deux enfants de mêmes parents, ils ne sont pas nés de façon identique. De même, pour une fratrie de quatre ou cinq et plus. Ainsi, ce qui nous différencie est la façon dont chacun est conçu. Sommes-nous tous enfants d’amour ? Non ! Les enfants de réconciliation, issus du viol, désignés comme « résidu du fond de la marmite » et « porte-malheur », peuvent-ils se dire véritablement aimés par leurs parents ? Non car les évènements dans lesquels s’inscrit le bébé, font créer dans la tête des parents, une représentation de l’enfant.

Il peut s’agir de l’image « d’un enfant-trésor » qu’un parent se construit de son bébé. Cette représentation interne va susciter des actions et réactions significatives sur le plan affectif. De sa conception à l’âge adulte, cet enfant se sentira aimé parce qu’il se verra considéré, important, intéressé et satisfait.

Cette conception que porte par exemple la mère va renforcer le lien d’attachement naturellement en place. En effet, l’enfant dans le sein de sa mère partage un même psychisme avec elle. Cette unité détermine le fait que presque la totalité des vécus de la mère sont aussi éprouvés par le fœtus. C’est un phénomène naturel de dépendance. Dès que nait le bébé, cette réalité continue. D’ailleurs la figure humaine avec laquelle il va passer plus de temps, c’est sa mère ou le substitut maternel. Quand il a faim, sa mère le satisfait en lui donnant le sein. C’est une véritable histoire d’amour à deux, un couple mère-enfant.

Si cet enfant dans la conception d’enfant de sa mère est « un trésor », elle ne voudrait pour rien monde se séparer de son plus grand bien. Ainsi elle offrira de sa présence, son attention et de ses soins. Aussi longtemps que cette dynamique existera, elle va constituer une base de sécurité pour lui. Il apprendra à recevoir et à donner de l’amour. Sur cette base sa mère lui transmet les bonnes valeurs importantes pour la socialisation.  Il croît harmonieusement et peut faire preuve d’une bonne capacité intellectuelle. Un tel enfant est celui que voudraient beaucoup de gens. Une fois adolescent, il demeure fidèle à ses relations amoureuses et engagements, etc. Même à l’âge adulte, les effets que produit ce lien d’attachement, sont remarquables et agréables.

Mais tous les parents ne se font toujours pas une représentation identique à celle ci-dessus. Une mère qui conçoit son enfant comme « porte-malheur » l’abandonnera aussitôt pour autre chose. Une autre pour qui son enfant a moins d’importance voudrait, après avoir établi ce lien d’attachement pendant quelques mois, commencer progressivement par se détacher de lui. Car le lien d’amour n’est pas assez fort. L’absence de la présence maternelle ou  d’une figure maternelle de plus de trois mois auprès de l’enfant va à coup sûr l’affecter voire créer l’hospitalisme chez l’enfant.

Lorsque cette absence dure, nous savons que les piments dont nous avons parlé précédemment, s’observent avec faible possibilité de récupération. C’est un fait en pleine expansion dans la société où la modernité règne en maître, autrement quand après l’accouchement, la femme ne prend pas la peine de jouer à bien son rôle au côté de son enfant. Les couples ou familles modernes sont de plus en plus les jardins où poussent des enfants moins équilibrés.

Comment un enfant porteur de carence en amour peut-il bien aimer ou être épanoui dans sa sexualité à l’adolescence, ou étant adulte ? Si rien n’est fait, une fois devenu père ou mère, ces affects seront transmis à sa progéniture, et ainsi de suite. Ou bien ces gangues vont toujours influencer négativement l’atmosphère pacifique de la vie du couple ou de famille. Cela fait référence aux conflits intraconjugaux incessants.

 

 

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