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Le triomphe de la vérité

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Chronique du psychothérapeute Boris SAGBO: Les réalités liées à l’affection des enfants envers leurs parents


 

Agossou Mèssè Boris Quentin SAGBO

Boris Sagbo consacre la présente chronique aux réalités liées à l’affection que les enfants ont envers leurs parents. Le psychothérapeute parle notamment de l’attirance de l’enfant pour le parent du sexe opposé et des voies et moyens à mettre en œuvre pour permettre à celui-ci de structurer positivement sa vie d’adulte.

Dans la petite enfance, il arrive que l’enfant soit plus attiré par sa mère. En grandissant, s’il sent un rejet de la part d’un de ses parents, il se rapprochera obligatoirement de celui qui l’accepte. Sinon, spontanément, il n’est pas plus attiré affectivement par l’un ou par l’autre. Il les aime tous deux. Il peut cependant arriver qu’un enfant ait une personnalité particulièrement fragile et qu’il se tourne vers l’un des parents d’une façon excessive. Il est alors utile de se faire aider d’un spécialiste de la communication infantile (ou psychologue), afin de le comprendre, puis de l’aider à résoudre ses problèmes.

Il est possible, lors de conflits très difficiles à résoudre, de haïr ses parents jusqu’à souhaiter leur mort. Et puis, dans les instants ou les jours qui suivent, de ressentir au contraire beaucoup d’amour pour eux. Ces « allées et venues » des sentiments sont normales. La psychanalyste Mélanie Klein explique d’ailleurs très bien, par exemple, le mécanisme de ces oscillations effectives. Jusqu’à l’âge de trois ans, environ, la petite fille aime son père et sa mère de la même manière. Par la suite, elle est attirée par son papa et tente inconsciemment de le séduire pour le détourner de sa maman. Elle tient alors parfois un langage bien connu à cet âge : « moi, je me marierai avec papa, … » Ce comportement est tout à fait normal et va s’estomper vers la cinquième ou sixième année. Sans brusquerie, le père doit faire comprendre à son enfant qu’il l’aime beaucoup mais que sa mère tient la place de femme auprès de lui et que cette place n’est réservée qu’à elle. S’il s’agit d’un garçon, le même travail doit être fait et dans ce cas, c’est la mère qui est bien concernée et par le phénomène d’attirance que par la correction. Dans la mesure où l’explication est claire et chaleureuse, la petite ou le petit va comprendre. C’est une phase souvent douloureuse pour lui ou elle, qui cependant se déroule généralement fort bien et lui permettra de structurer positivement sa vie d’adulte. Cette résolution lui fera intégrer une des idées reçues des générations passées : l’interdit incestueux.

Le sentiment d’amour qu’éprouve un enfant envers un ou les deux parents peut l’amener à imiter ses parents. Trouver un modèle est une étape normale dans la construction de la personnalité d’un enfant. Il passera donc par une phase d’imitation complète. Ne tombez pas dans l’excès en lui disant que cela vous fait très plaisir. Il est important, en effet, de lui faire comprendre qu’il doit chercher et trouver son propre « style ». Il y parviendra en traversant nécessairement une période d’opposition pendant laquelle, cette fois-ci, tout ce que vous direz ou ferez sera contesté, critiqué. N’ayez aucune inquiétude : les deux comportements, s’ils sont excessifs, sont logiques et font partie intégrante son évolution. Une fois encore, si étant adulte vous voulez tout voir chez votre enfant à la manière des adultes, vous allez passer certainement à côté de la mission et ce serait regrettable parce que trop couteux, humainement parlant.

Nous voulons évoquer cet autre phénomène que nous avons au quotidien : celui qu’on appelle communément « garçon manqué ». Il s’agit d’une fille ou encore une pré-adolescente ou une adolescente qui continue, souvent par provocation, à avoir un comportement de garçon. Il faut savoir qu’elle le fait exclusivement dans le but d’être remarquée. Elle pense que cette attitude extrême rendra les adultes plus complaisants ou attentifs à son égard. Cette enfant n’a sans doute pas encore trouvé sa place dans la famille. Au lieu de se faire son complice, peut-être serait-il préférable de l’aider à redécouvrir la voie de sa féminité. Cela passe par des dialogues où les vrais aspects (c’est-à-dire les caractéristiques qui différencient une femme d’un homme) lui seront proposés comme modèle avec un accompagnement positif, des tâches domestiques qui relèvent de la compétence de la femme lui seront données, et qu’on l’encourage chaque fois qu’elle applique tout ce qui l’identifie à une femme. Avec le temps, elle perdra l’apparence d’un garçon.

 

 

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