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Le triomphe de la vérité

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Polémique autour de la bastonnade au tribunal de Cotonou: Atao crie à « l’acharnement politique », le Procureur dément les allégations du député et l’accuse…


Le député Atao Hinnouho

Après s’être présenté au juge d’instruction à charge du dossier puis au juge des libertés, vendredi dernier, le député Atao Hinnouho Mohamed, recherché dans le dossier des faux médicaments a été admis au centre national hospitalier et universitaire (CNHU) de Cotonou sur ordre du procureur. Il dit avoir été violenté par des agents de police et c’est pour s’assurer de son état de santé que le Procureur de la République près le tribunal de Cotonou dans son point de presse, le samedi dernier, dit avoir fait appel au Samu Bénin pour transporter le député à l’hôpital. Mais, de son lit d’hôpital, Atao Hinnouho crie à « l’acharnement politique ». Joint dans la soirée du dimanche par Rfi, le député Atao Hinnouho refuse de s’expliquer sur le fond de l’affaire pour lequel il s’est présenté au tribunal, mais décrit la scène qui l’aurait conduit à l’hôpital. « Comme prévu, je me rendais chez le juge des libertés. Dans les escaliers du couloir, j’ai été attaqué par les forces de l’ordre, au nombre de six qui m’ont sérieusement molesté avant que le juge n’intervienne pour me sortir de leurs griffes », raconte le député au journaliste de Radio France international. «Une fois dans le bureau du juge, un monsieur entra pour me bousculer», poursuit-il : « Le juge intervient en ces termes: «monsieur le commissaire, c’est vous qui faites ça? Savez-vous que vous êtes dans mon bureau?» Le commissaire a répondu en disant que je suis en état d’arrestation. Et le juge a aussitôt appelé le procureur qui est venu lui-même devant le juge et a ordonné au commissaire de sortir du bureau, ainsi qu’aux policiers qui étaient dans le couloir. C’est après tout ça que j’ai commencé à sentir un malaise, et le juge a demandé que l’on appelle mon médecin », a-t-il ajouté avant de préciser. «Je ne me reproche rien. Ce sont des acharnements politiques, ils sont en train d’abuser de moi alors que je suis dans un pays de droit. » Au-delà des propos du député, son avocat Me Bocovo s’est expliqué aussi à la presse locale affirmant l’agression de son client et de lui-même par des policiers en civil. Toutefois, malgré sa libération par le juge des libertés à cause de son immunité parlementaire, la salle d’hospitalisation du député est gardé par une forte contingence de la police républicaine, apprend-t-on de sources concordantes.

« Atao Hinnouho n’a subi aucune violence physique »,

Le procureur de la République, près du Tribunal de première instance de Cotonou clarifie : « Il ressort donc de ce rapport qu’au plan physique, Monsieur Hinnouho Mohamed Taofic n’a ni de blessure, ni d’œdème ni de contusion des parties molles alors qu’il a déclaré avoir été molesté ». Cet extrait de sa déclaration rendue publique ce mardi 1er mai 2018 dévoile un coin de voile sur la situation du député. Atao Mohammed Hinnouho se plaint d’avoir été molesté au tribunal de Cotonou alors qu’il s’était volontairement rendu devant le juge pour y répondre de sa convocation. La déclaration du procureur de la République Gilbert Togbonon relance le débat sur les conditions réelles de l’hospitalisation du député et de sa présentation devant la justice.

Voici l’intégralité de la déclaration du Procureur de la République

Le vendredi 27 avril 2018, Monsieur Hinnouho Mohamed Taofic m’a fait savoir qu’il aurait été brutalisé et battu par des policiers et ressentirait des malaises. Face à une telle déclaration, j’ai requis immédiatement le service d’aide médicale urgente (Samu) pour le référer à un centre hospitalier aux fins de m’assurer de son état de santé et de faire les constats d’usage nécessaires. Du vendredi 27 avril 2018 à ce jour, beaucoup de fausses rumeurs et allégations ont été diffusées tant par les réseaux sociaux que sur les autres médias. La gravité de ces déclarations qui tendent à jeter l’opprobre sur le système judiciaire nous a amené à adresser une réquisition à personne qualifiée dont les résultats me sont parvenus dans la journée du lundi 30 avril 2018. Pour mettre un terme à la propagation de fausses nouvelles, j’ai décidé de rendre publics lesdits résultats et observations cliniques consignés dans le rapport médical ainsi qu’il suit : «Je soussigné Docteur Pamphile Assouto, Professeur agrégé d’anesthésie réanimation, chef service de la clinique universitaire d’accueil des urgences Cnhu HKM de Cotonou, réquisitionné par le procureur de la République près le Tribunal de première instance de première classe de Cotonou, Réquisition N°106/PRC-2018 du 30 avril 2018 à l’effet de produire en urgence le rapport médical en relation avec le dossier du sieur Hinnouho Mahamed Taofic référé à notre service le vendredi 27 avril 2018 par le procureur de la République, certifie avoir rédigé ledit rapport médical que voici :
Monsieur Hinnouho Mohamed Taofic, 48 ans, député à l’Assemblée nationale du Bénin a été admis dans le service des urgences le 27 avril 2018 à 20h15minutes et signale à l’interrogatoire :
1-avoir reçu de multiples coups de poings aux faces antérieures et latérales du thorax, de l’abdomen à la face postérieure du tronc
2-des douleurs diffuses thoraco abdominales
3-des douleurs rachi-cervicales et dorso-lombaires.
L’examen physique objective :
– un bon état général. Il n’y a pas de blessure ni d’œdème, ni de contusion des parties molles. Toutefois, il y a une douleur provoquée à la palpation des régions basi-thoraciques antérieures.
– Cependant, il existe un important ressentiment physique qui mérite des consultations chez les psychiatres. Les explorations para-cliniques, notamment le scanner cérébral, cervical et thoraco-abdominal n’objectivent aucune lésion physique. La consultation du psychiatre retrouve un trouble anxio-dépressif et propose son hospitalisation en psychiatrie. Il vient d’être ainsi transféré ce jour le 30 avril 2018 en psychiatrie du Cnhu HKM pour continuer les soins en anxiologique et anti-dépresseur ». Il ressort donc de ce rapport qu’au plan physique, Monsieur Hinnouho Mohamed Taofic n’a ni de blessure, ni d’œdème ni de contusion des parties molles alors qu’il a déclaré avoir été molesté. Il ne peut avoir de violence physique sans œdème, c’est-à-dire un gonflement de tissu. Qui plus est, le scanner qui lui a été fait ne révèle aucune lésion physique des tissus. Il s’en suit que les déclarations de monsieur Hinnouho Mohamed Taofic sont loin d’être la réalité. Il me plait de porter à votre attention que depuis ce matin monsieur Hinnouho Mohamed Taofic a refusé de s’alimenter. Je rappelle à tous que les faits de dénonciation calomnieuse sont prévus et punis par l’article 373 du code pénal en vigueur en République du Bénin.

Yannick SOMALON

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