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Le triomphe de la vérité

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Chronique de Boris Sagbo, Psychologue clinicien: « L’éducation sexuelle » est consacrée à la propreté


Le N°5 de la chronique « L’éducation sexuelle » est consacrée à la propreté. L’auteur, le psychologue clinicien y aborde les comportements d’un enfant sur la propreté.

Nous voulons avancer vers une autre réalité: la propreté. Il n’est pas rare d’observer chez certains adultes, un comportement d’évitement de la saleté souvent traduit par une excessive répétition de lavage des mains par exemple. D’où viennent ces comportements débordants ? Cette chronique vous éclaircira mieux sur cette question et sur d’autres que vous portez dans votre cœur.

Quels sont les comportements d’un bébé ou enfant concernant la propreté, et que conseiller aux parents ?
Ce n’est pas parce qu’un enfant va à la selle qu’il a du plaisir en ce qui concerne les sphincters, mais parce qu’il se retient jusqu’à l’extrême. L’excitation des ramifications nerveuses situées autour de l’anus provoque une tumescence, suivie d’un soulagement quand survient la défécation. En incitant l’enfant à se retenir, on lui apprend indirectement à renouveler son plaisir. Du fait, un autre souci apparaît : l’apprentissage de la propreté.
Il y a trente ans, il y avait moins d’importance à faire acquérir à un enfant la propreté, car la mère de famille restait le plus souvent à la maison et auprès de son enfant pour lui faire ses besoins (et cela demeure ainsi dans certaines régions surtout en Afrique ; il s’agit d’une pratique digne d’être conservée en raison des avantages qu’en tire l’être en devenir et la société en général) et n’envoyait pas son enfant à la maternelle à deux ans ou deux ans et demi. Aujourd’hui, elle est confrontée à des normes livresques et administratives (il faut être propre pour entrer à la maternelle) qui l’obligent à se conformer au courant éducatif en vigueur. Or, aucun enfant ne fait pipi au lit au-delà de dix-sept ans. Toutefois s’il en arrive là, cela dénote d’un problème sans doute lié à l’affection. Nous vous conseillons de vous référer à un psychologue pour son traitement. Lorsque que le pipi au lit reste une réalité vécue par votre enfant dans la période ci-dessus mentionnée, rien n’est donc dramatique, ni irréversible : si la propreté se fait attendre, il suffit de rassurer l’enfant ou l’adolescent en lui disant : « ne t’inquiète pas, ce n’est pas grave. Si tu vas chez des amis, prends tes précautions…», ou quelque chose d’autre allant dans le sens de l’apaisement. Hélas ! Les parents ont souvent l’attitude inverse. On en rencontre même qui humilient publiquement leurs enfants en parlant de ce fait. Cela engendre ce que nous appelons «blessure d’humiliation» dont souffrent beaucoup dans notre société. Il y a d’autres instruments et faits courants dans notre société, ici comme ailleurs, pour soigner le pipi au lit. Mais vous devez savoir que tous moyens, utilisés dans ce sens font effet de violence sur votre enfant, et constituent de véritables instruments de torture qui ne réussissent, en général, qu’à le traumatiser.
Certains parents ou tuteurs ne supportent pas du tout le pipi au lit quelle que soit la période. Nous leur conseillons de contacter dans tous les cas un psychologue. Ils ont des thérapies qui sont sans doute positives et donc non traumatiques pour guérir ce mal.
Par ailleurs, vous pouvez être habité par le souci de savoir l’âge raisonnable auquel vous devez aider votre enfant à commencer à acquérir la propreté. Un enfant ne peut contrôler les sphincters de son anus et de sa vessie que lorsqu’il est capable de monter et descendre correctement un escalier. Il a, à partir de ce moment-là, le pouvoir de relâcher et contracter ses muscles à volonté. Même un enfant rêveur, distrait, ou en opposition avec ses parents, ira sur le pot quand il l’aura décidé. Sinon, on peut, vers l’âge de trois ans ou quatre ans au plus tard, demander à l’enfant d’être propre en lui expliquant avec douceur pourquoi c’est important pour lui : il ne portera plus de couches comme les bébés, il pourra aller chez des amis en toute liberté, etc. La compréhension et l’écoute, une fois de plus, sont toujours préférables à une bonne correction. Sachez aussi qu’un enfant qui ne va pas à la selle régulièrement, a souvent besoin d’exprimer son agressivité ; il vous lance alors un message : « j’irai quand je veux, si je veux, où je veux ! » A vous de le comprendre et d’y remédier en instaurant le dialogue.

Par Agossou Mèssè Boris Quentin SAGBO, Psychologue Clinicien et Psychothérapeute

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