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Entretien avec Marc Bernard, Point Focal CIVA/AfricaRice: « Je suis fier des résultats que les jeunes ont obtenus »


Marc Bernard est le Point Focal du Centre des Innovations Vertes (CIVA), une structure d’AfricaRice, institution de recherche basée au sein de l’Institut international d’Agriculture Tropicale (IITA). En 2016, il a mis en place une initiative destinée à faire adopter les fruits des recherches agronomiques les plus actuelles par les paysans dans leurs fermes. Aujourd’hui, il fait le bilan de ce projet qui a fait ses preuves.

L’Evénement Précis : Quelle est l’origine de ce projet ?

Marc Bernard : L’origine de ce projet, c’est que je voyais que les résultats des recherches ne viennent pas au niveau des producteurs. Il y avait donc un grand problème de transfert des nouvelles technologies vers le monde rural. On investit énormément dans la recherche, mais après on ne voit pas l’impact au niveau des producteurs. Or, les recherches ont une grande capacité d’avoir des rendements et le revenu des producteurs. Il y a aussi que je vois les jeunes qui sont à la recherche de moyens pour construire leur avenir. Et souvent il leur manque un peu d’opportunités. J’ai essayé de joindre les deux bouts : d’un côté le transfert des innovations prometteuses et de l’autre côté l’emploi. C’est à partir de là que j’ai essayé de développer cette idée de prestation de services par les jeunes qui simultanément développent leurs activités économiques pendant qu’ils appuient les producteurs dans leurs champs.

En 2017, quels sont les résultats que vous avez obtenus ?
Globalement, on a travaillé avec 4000 producteurs dans 365 groupements. Ils ont presque doublé les rendements avec les innovations qu’on leur a proposées. Les producteurs qui ont travaillé avec nous ont fait une économie d’environ 68 millions de FCFA issue de la vente de leurs productions. Ce qui leur permettra de réinvestir cet argent dans la campagne qui vient. On peut voir que les jeunes sont passés d’un chiffre d’affaires moyen de 400.000 FCFA à 800. 000 en un an.

Pour 2018, quelles sont les perspectives ?
Pour 2018, on veut toucher 50.000 producteurs. Là, on va travailler avec les jeunes déscolarisés qui nous aideront à promouvoir davantage l’adoption des innovations testées avec succès en 2017. Le deuxième, c’est l’entrepreneuriat. On veut que dans chaque commune il y ait un coach qui puisse appuyer le développement de l’entrepreneuriat avec les groupements de transformateurs, les producteurs et les commerçants. Il faudra surtout appuyer les jeunes qui n’ont pas de terre et qui ont de grandes difficultés à démarrer leurs activités économiques.

Quelle est votre plus grande fierté ?
D’abord d’avoir monté un réseau d’une si grande envergure qui couvre 21 communes dans 173 arrondissements, dans une période record avec un budget très limité. Je suis vraiment très fier. Surtout, je suis très fier des jeunes qui ont démontré leur capacité et leur volonté à travailler.

Propos recueillis par Olivier ALLOCHEME

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