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Le triomphe de la vérité

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Edito: L’opposition en devenir


Je m’attendais samedi à un immense regroupement de l’opposition à Parakou. Il n’en fut rien. Les FCBE ont battu le rappel de leurs troupes, mais la grande union sacrée de tous les mécontents au régime Talon est encore à venir.
Une branche de la RB était bien présente, sous la houlette de Ganiou Soglo. Sébastien Ajavon s’était bien fait représenter par son directeur de cabinet. Et puis, personne n’a vu ni Candide Azanaï ni son représentant. Ce sont là les ténors de l’opposition dont la présence en ce jour de renaissance des FCBE, pouvait faire mouche. Et, l’opposition pouvait profiter de l’occasion pour se faire entendre d’une seule et même voix. La présence des seconds couteaux n’est pas de nature à construire le groupe.
Même si une union sacrée voyait le jour, on se demande quelle crédibilité elle pourrait avoir. Comment pourra-t-on mettre ensemble dans un même creuset Candide Azanaï et Boni Yayi ? Au-delà des convenances politiques permettant, au nom de la nation à sauver, d’unir des gens opposés par le passé, il y a une difficulté fondamentale à unir ces deux personnalités dont l’opposition frontale a produit des étincelles depuis 2012. Il y eut des injures mémorables connues et conservées par tous. Elles sont encore fraiches dans les mémoires. Il y eut aussi, au-delà des mots, des actes forts qui ont marqué pour toujours la politique béninoise : la révolte de Cotonou en faveur d’Azanaï et contre Yayi, le soutien à Talon ainsi que toute la panoplie des actions menées depuis 2015 contre Boni Yayi jusqu’en 2016. Bien sûr, la politique au Bénin est le centre même des retournements de veste les plus spectaculaires. Et l’un des exemples les plus caractéristiques de ce phénomène tout à fait béninois, reste l’adhésion sans âme du PRD à la mouvance Talon dès le lendemain de la présidentielle de 2016, avant même la proclamation des résultats même provisoires de l’élection. Mais il n’en est pas de même avec les relations entre Yayi et Azanaï.
Entre la RB- aile Léhady et Boni Yayi, au contraire, la relation est largement moins compliquée. C’est à raison que les deux peuvent aujourd’hui se mettre ensemble, étant donné qu’un partenariat (même contre-nature) a pu naître entre eux en 2016. Mais l’on doit à la vérité de reconnaître que ce partenariat est à la base des déconvenues de la candidature de Lionel Zinsou. Le choc provoqué par ce soutien surréaliste, a fait basculer les fiefs traditionnels de la Renaissance du Bénin dans le giron de Patrice Talon qui n’en a fait qu’une bouchée. Si la RB aile Léhady tient à faire une analyse objective de l’élection de 2016, elle doit reconnaître que cette alliance a participé, et de loin, à la déstructuration du parti et de son assise électorale. Faire le choix d’une probable union avec les FCBE reviendrait à reprendre une initiative du passé qui aura été pour le moins douloureuse.
En définitive, c’est Sébastien Ajavon qui pourrait tirer tout le profit d’une éventuelle union sacrée de l’opposition. Il est pratiquement la seule figure de l’opposition qui pourrait fédérer les énergies pour donner le change au pouvoir. Réussira-t-il à créer la dynamique ? Il en est bien capable.
Car, d’une part, au sein des FCBE, l’absence d’un leadership transcendantal, en dehors de Yayi, met le nouveau parti en posture d’accepter une personnalité extérieure. Même Lionel Zinsou qui pouvait légitimement réclamer une telle position au sein du parti, s’est volontairement éloigné des arènes. Il n’y a que le parti Restaurer L’Espoir qui pourrait poser problème. Car, selon toute probabilité, Candide Azanaï pourrait tenter ses chances en 2021. Il pourrait, au nom d’une certaine identité, refuser toute alliance pouvant compromettre ses chances. Sauf à vouloir donner des coups au régime Talon, comme il l’a fait en 2017, avec le rejet de l’examen de la révision constitutionnelle. Cette hypothèse n’est pas non plus à écarter, si tant est que l’opposition parvenait à regrouper une masse critique permettant de lui donner une certaine crédibilité politique et surtout électorale.
L’on voit finalement que la constitution d’une opposition solide et unifiée, a toutes les chances de se concrétiser autour d’Ajavon dont le projet de création d’un parti propre à lui pourrait alors servir au dessein d’un regroupement à large spectre pour les élections à venir. Cette échéance sera forcément celle de tous les possibles.

Par Olivier ALLOCHEME

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