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Le triomphe de la vérité

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Déclenchements de plusieurs mouvements de protestation, suite au retrait du droit de grève: La grève peu suivie dans les services publics, Tribunaux, hôpitaux et écoles paralysés


Un établissement totalement vide pour cause de la grève

Les enseignants, du primaire à l’université en passant par l’enseignement secondaire, n’étaient pas en position de cours hier, mardi. En respect à la motion de protestation de 72 heures projetée par le front d’actions des syndicats de l’éducation, des cinq syndicats des universités publiques et des centrales et confédérations syndicales du Bénin, agents permanents comme vacataires ont boycotté les activités pédagogiques laissant l’administration seule face à l’animation des établissements. C’est le cas du Ceg Le Plateau dans la commune d’Abomey-Calavi, où nous avons effectué une descente dans la matinée. Dans la cours de l’établissement, on pouvait constater quelques élèves notamment ceux des classes d’examen qui s’activent à remplir les formalités de dépôt de dossier pour le compte de l’examen du baccalauréat 2018.Dans quelques salles sillonnées, nous avons rencontré des apprenants qui nous racontent comment le débrayage a démarré. Candidate au Bepc 2018, Bénédicte Gbédiga confie : « Ils sont venus nous renvoyer des salles aux environs de 7 heures 30 ». A la question de savoir les raisons de cette suspension d’activités, ces derniers n’avaient rien compris de cet arrêt brusque des cours. « Nous ne savons pas les raisons pour lesquelles nos professeurs ne sont pas arrivés », a laissé entendre Olivier Makou de la 3ème M3. Quant à sa camarade Agathe Miwanou, la seule prière pour l’heure, est de revoir ses enseignants reprendre les cours afin que les devoirs de semestre prévus pour démarrer le lundi prochain, puissent tenir dans le délai. Loin d’une animation pédagogique, dans la salle des professeurs, une dizaine d’enseignants échangent à défaut de rentrer chez eux. Du côté de l’administration, le souhait est de voir les responsables syndicaux mettre de l’eau dans leur vin afin d’allumer le calumet de la paix avec le gouvernement par le retour au dialogue. Tandis que certains plaident pour le retour des enseignants en salles, d’autres estiment qu’ils sont dans leur droit de revendiquer. C’est le cas de Judith Accrombessi de la 2nde C. Elle pense que les enseignants sont dans leur plein droit de réclamer. « C’est parce qu’ils réclament quelque chose que le gouvernement tarde à donner, qu’ils ont opté pour la grève. Qu’ils s’entendent entre eux au lieu de nous sacrifier », a-t-elle laissé entendre. Dans les alentours de l’établissement, les apprenants s’offrent le boulevard de la distraction. Pendant que certains jouent au football, au jeu ‘’baby’’, d’autres se constituent en groupe de bavardage. En réalité, ces enseignants ne réclament que l’amélioration de leur statut particulier.

Le primaire et les universités ne sont pas du reste
La grève a été généralement suivie au primaire comme au supérieur. Là aussi, l’appel des sept centrales syndicales a été respecté. Un véritable débrayage pour demander l’abrogation des lois qui suppriment le droit de grève au personnel de la santé et de la justice et pour l’amélioration de leur statut particulier et conditions de travail. Au complexe scolaire d’Abomey-Calavi, toutes les classes sont fermées. Les syndicalistes rencontrés sur les lieux confirment la légitimité de la grève. Pour eux, c’est le seul moyen pour les fonctionnaires de revendiquer leurs droits. Et s’ils ne réagissent pas, ça peut également atteindre le secteur éducatif. Mais en dehors de la revendication relative à la loi sur le droit de grève supprimée, ils disent avoir d’autres revendications non satisfaites à ce jour. Au complexe scolaire de Togoudo dans la commune d’Abomey-Calavi où il y a quatre groupes, la situation ne vaut même pas la peine d’être vécue. D’abord, le complexe n’a pas d’enseignants titulaires à 50%. Les enseignants qualifiés ont préféré respecter le mot d’ordre laissant les apprenants aux directeurs et aux normaliens en stage. De peur que les apprenants ne se livrent à des jeux dangereux ou comportements indécents, l’administration a préféré les garder en salle. « On essaie de les encadrer au lieu de les laisser à leur sort », a précisé la directrice du groupe B, Marguerite Alotchékpa. Pendant qu’on parlait du primaire et du secondaire, l’Université d’Abomey-Calavi était déserte. Aucune activité pédagogique en dehors des soutenances de thèse et autres. Dans l’Atlantique et le Littoral, la grève a été suivie de la même façon, dans les autres départements. Le constat est amer et laisse une lecture triste de l’état du système éducatif béninois.

Le calme plat au Tribunal de première instance de Cotonou

Après le premier signal fort de la semaine écoulée pour exprimer leur désapprobation sur le vote de la loi interdisant leur droit de grève, les magistrats ont entamé cette semaine, la seconde phase de leur mécontentement. Depuis ce lundi 15 janvier, le calme plat règne dans la maison de justice de Cotonou. La descente au Tribunal de première instance de la municipalité montre l’envergure de la motion de grève illimitée brandie par l’Union nationale des magistrats du Bénin (UNAMAB). Une affluence assez moindre que celle des heures de travail, des salles d’audience quasi vides, l’absence des magistrats, greffiers et personnel judiciaire dénotent de la paralysie du système judiciaire. Mais, seul le service minimum est assuré. Quelques citoyens, environ la centaine, se sont déplacés pour faire le retrait de leurs pièces. « Je suis venu retirer quelques pièces qui avaient besoin d’être légalisées », a confié Eric M. Comme lui, dame Lucie a pu retirer son certificat de nationalité déposée, la semaine écoulée. Elle se réjouit d’ailleurs de la fluidité observée dans le retrait des pièces. « Il y a moins de gens présents, ce qui facilite les opérations », avance-t-elle, toute soulagée. Cette situation s’explique par la réticence de certains syndicats à suivre le mouvement de grève illimité déclenché par l’Unamab. C’est le cas du Syndicat national du personnel de la justice (Synap-Justice), qui regroupe en son sein les statisticiens, les informaticiens, les assistants sociaux, les infirmiers de la prison civile, les administratifs, et autres. Le Secrétaire administratif du Synape-Justice, Sabin Dossa, explique la présence des agents dans le but de satisfaire aux besoins des citoyens, relatifs à l’établissement des casiers judiciaires et certificats de nationalité. « Le Synape-Justice n’est pas en grève. Les services liés à l’établissement du casier judiciaire et du certificat de nationalité fonctionnent normalement », explique-t-il, avant de rassurer du bon déroulement des services jusqu’au verdict final de la cour constitutionnelle.

Emmanuel GBETO et Rastel DAN 

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