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Le triomphe de la vérité

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Entretien exclusif avec Fabien Farnolle, le gardien de but international béninois: « De mauvaises conditions me font prendre du recul vis-à-vis de la sélection nationale »


Farnolle vers un au revoir à la sélection nationale

Fabien Farnolle, gardien de but numéro 1 des Ecureuils du Bénin envisage prendre du recul vis-à-vis de s la sélection nationale. C’est ce qu’il a laissé entendre lors d’un entretien qu’il a accordé à la rédaction sportive de votre journal. Ouvert, le gardien du club Yeni Malatyaspor, en D1 turque a parlé de sa venue en sélection nationale, de l’ambiance au sein du groupe du sélectionneur Oumar Tchomogo, de l’environnement autour de la sélection et de son avenir avec les Ecureuils. Lisez-plutôt !

L’evénement Précis: Comment êtes-vous arrivé en sélection nationale ?

Fabien Farnolle: Mes premiers pas ont été tout simples. J’ai des affiliations béninoises et j’en avais discuté avec l’actuel sélectionneur, Oumar Tchomogo, à l’époque où on avait joué ensemble au Portugal. Après, tout est allé très vite avec la rencontre du président de la fédération, M Anjorin, qui a facilité la relation entre le sélectionneur Manuel Amoros et moi. Les choses se sont enchainées. J’ai été très bien accueilli dès mon premier match en compétition officielle qui était la qualification pour la CAN Afrique du Sud 2013 contre l’Ethiopie à Addis Abéba. Et depuis, tout se passe bien.

Aujourd’hui, vous considérez-vous comme un des cadres de la sélection nationale ?
Je pense l’être. Déjà par mon comportement et par mon âge. Après, il y a mon ancienneté en sélection. Il y a une nouvelle génération qui est arrivée et qui est talentueuse. Donc, je me dois, en tant que grand frère, en tant qu’ancien, de donner un peu de ce que je connais, de ce que je sais par expérience. Je pense que je n’en fais pas trop même si sincèrement je fais l’effort pour obtenir, quoiqu’il arrive, le meilleur de chacun et être un exemple. Aujourd’hui, il y a une bande de cadres dont Stéphane Sessegnon, Mickael Poté, Khaled Adénon qui essaie de bien orienter et de bien accompagner les jeunes. Je pense que c’est un bon mélange et on se débrouille plutôt pas mal.

Dites-nous comment se déroule votre collaboration en sélection nationale avec Oumar Tchomogo qui est votre ancien coéquipier en club ?
Ma collaboration avec le sélectionneur Oumar Tchomogo est plutôt simple. C’est quelqu’un avec qui j’ai joué et nous avons eu de très bonnes relations. Avec les coéquipiers, il a aussi une relation spéciale. Parce qu’il faut rappeler qu’il a joué avec certains.

Est-ce qu’il arrive que le sélectionneur vous consulte pour le choix de son onze de départ?
Le sélectionneur ne me consulte pas et n’a pas à me consulter pour son onze de départ. S’il nous consulte c’est pour avoir notre ressenti par rapport à une stratégie de match ou par rapport à un dispositif ou choix tactique au niveau du 4-4-2, 4-3-3 ou 4-5-1 etc. C’est plus dans cette optique-là, sinon, les joueurs qu’il veut mettre en place relèvent de sa décision. Et on respecte sa décision parce que ça reste une décision de l’autorité au niveau de la sélection nationale.

Comment appréciez-vous le travail de l’encadrement technique actuel des Ecureuils ?

Il a une approche assez proche de la façon de préparer les matches et les entrainements. Moi, en tant que joueur et ayant vu des sélectionneurs passés, je pense sincèrement qu’il fait beaucoup. Il fait de la magie avec très peu de moyens et très peu de possibilités. Avec très peu de moyens, ils arrivent à sublimer ce groupe. Et pour apprécier leur travail à sa juste valeur, il faut remettre les choses dans leur contexte à savoir qu’il n’a pas un staff complet, que les conditions ne sont pas bonnes pour travailler. Il essaie tant bien que mal de faire son job. Je pense qu’il a besoin d’avoir de bonnes conditions et des ressources nécessaires pour pouvoir pleinement faire exploser ce groupe de qualité. Que les engagements soient respectés à tous les niveaux. L’encadrement, c’est des gens qu’on apprécie. Ils se battent pour nous. Ils essayent de nous rendre heureux et surtout, essayent de positiver à chaque fois. Et c’est pourquoi je pense qu’il faut qu’on leur donne des ressources comme aux précédents coaches, afin qu’ils nous donnent encore plus de leur capacités.

Vous avez participé à plusieurs campagnes des éliminatoires avec les Ecureuils. Quelles sont vos appréciations des résultats obtenus ?
J’ai participé à plusieurs éliminatoires, c’est vrai. Et je pense qu’il y a eu du bon et du mauvais. Mais sincèrement, l’avant dernière campagne a été la plus frustrante. Celle qui est en cours est de bons augures. Je suis pour le moment heureux de ce qui se passe, même si, personnellement, il y a beaucoup de choses qui me font hésiter sur ma prochaine arrivée en sélection. Parce qu’il y a beaucoup de fatigue mentale par rapport à tout ce qui se passe autour de la sélection.
Mais je suis heureux parce qu’on peut être fier du classement actuel, qu’on est assez proche et qu’on peut rêver d’une qualification pour la CAN, si Dieu le veut.

Une équipe nationale, c’est un environnement. S’il vous était donné de qualifier l’environnement qu’il y a autour de la sélection nationale béninoise, que diriez-vous ?
La sélection nationale reste une fierté. Parce que c’est le pays. Mais l’environnement autour de l’équipe nationale est très compliqué. Il y a tout le temps des problèmes, des situations qu’il faut gérer avant. Que ce soient les primes, les conditions des équipements, les correspondances qui passent de gauche à droite avant d’arriver, (parfois tardivement), les billets qui sont achetés au dernier moment… Il faut qu’on se batte pour tout et malheureusement, quand on arrive en sélection, on ne pense pas forcément qu’au match. On pense plus à ce qui se passe autour, des choses qu’on doit gérer en tant que cadre. On se demande si nos primes seront payées avant le match, si on aura des affaires propres pour pouvoir représenter la sélection nationale dans de bonnes conditions… Bref, les préparations de match sont très compliquées. Tout cela est très fatigant pour moi. C’est très dur. Au-delà de ça, il y a un problème de communication ou de suivi par rapport à notre parcours en club. Je n’ai pas l’impression que les gens connaissent nos performances en club.
Je suis très touché par rapport à ça. C’est pourquoi à l’heure actuelle j’ai décidé de prendre du recul pour réfléchir à mon retour en équipe nationale. Et je l’ai annoncé au président Anjorin.
Je suis dans une période un peu difficile ici en club en Turquie où je prends mon mal en patience. Ce n’est pas comme en sélection où on vient pour représenter le pays, penser à de bonnes choses, ne penser à rien qu’au foot et à jouer.

Quand on évoque le match Mali-Bénin du 4 septembre 2016, joué à Bamako, ça vous rappelle certainement de mauvais souvenirs. Pouvez-vous nous dire ce qui s’est réellement passé ?
Lors des éliminatoires passées, le match de Bamako a été très frustrant. Très difficile à avaler. Mais, il faut savoir que c’était le match le plus difficile pour nous, vu qu’on avait à gagner ou à ne pas perdre. Dans cette condition, on ne sait pas s’il faut faire le jeu ou faire dos rond pour quitter le terrain avec la qualification. On était un peu perdus par rapport à cela. On avait envie de prendre le match à notre compte et puis on est tombé sur une équipe qu’on ne connaissait pas du tout. Aujourd’hui, c’est du passé. Et si un match devait se rejouer comme ça, je crois que nous avons désormais l’expérience qu’il faut. Et je pense aussi que le sélectionneur a l’expérience pour jouer un match du genre.

Que diriez-vous pour conclure cet entretien ?
Je voudrais dire que j’ai toujours été très respectueux vis-à-vis du maillot national. J’ai toujours été très heureux de venir en sélection. Je suis très heureux de la confiance des dirigeants, que ce soit Anjorin ou les différents ministres. Il n’y a pas eu de soucis sauf que maintenant, je suis fatigué de la lenteur des choses par rapport aux conditions de préparation des matches ; fatigué de courir un peu partout quand on est convoqué en sélection. D’ailleurs, je ne suis pas le seul. Quand nous venons en équipe nationale, c’est pour venir représenter le pays. On ne doit pas venir pour gérer en espérant qu’on aura deux maillots pour jouer, en espérant que nos primes seront payées, en espérant que nous allons avoir de vols directs, en espérant que ce n’est pas au dernier moment qu’on va nous prévenir, en espérant qu’on ne va pas courir derrière nos remboursements. C’est un peu dur. Les dirigeants sont au courant et c’est le moment pour moi de passer par votre canal pour informer mes fans, le peuple béninois qui ne rêve que d’une gestion saine de son équipe nationale et qui veut la voir présente dans les compétitions internationales. Pour ce qui me concerne, je poursuis ma réflexion et je verrai avec le sélectionneur, s’il le reste, ce qu’il faut faire en son temps. Merci de m’avoir accordé ces quelques lignes.

Entretien réalisé par Anselme HOUENOUKPO

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