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Le triomphe de la vérité

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Le DG ESM-Bénin, Isidore Hounhouèdo, invité de « Sous l’Arbre à Palabre » au siège de l’évènement précis: « ESM-Bénin approuve les réformes de l’Etat »


Un acteur du système éducatif béninois, Isidore Hounhuedo, Fondé de l’Ecole supérieure de Management (ESM-Bénin), est l’hôte de la rubrique ‘’Sous l’arbre à palabre’’ de « L’Evénement Précis ». C’était le jeudi 12 octobre 2017, au siège du journal à Mènontin que l’invité N°108 a choisi pour passer en revue la participation de son établissement de formation à l’examen de licence nationale de 2017, qu’il a passé avec brio et un pourcentage écrasant de 94,93%. Face donc aux journalistes, il a évoqué ses prouesses en dix (10) ans d’existence. Saisissant l’occasion, Isidore Hounhuedo, a également donné son point de vue sur les réformes en cours au sein du ministère de l’enseignement supérieur. Sans langue de bois, le gestionnaire a parlé de la gouvernance du régime de la rupture. En tant que ressortissant de la région d’Agonli, il réagit suite au limogeage du désormais, ex-ministre des transports, Hervé Hêhomey, avant de passer en revue les réformes qu’engage le Président Patrice Talon pour le développement du Bénin. Lisons plutôt l’intégralité de l’entretien !

Et si on en parlait

Comment se porte aujourd’hui ESM-Bénin, 10 ans après sa création ?
ESM Bénin se porte très bien. Le 9 septembre passé, nous avons célébré, au Palais des congrès, les 10 ans d’anniversaire de l’Ecole supérieure de management (ESM Bénin). Elle a été créée en 2007. Nous n’étions pas à notre siège actuel mais plutôt à Agla Hlazounto, dans un bâtiment R+2 que nous avons loué. Des objectifs clairs étaient déjà définis pour le développement de l’université. Nous avons rejoint notre siège, en 2013, qui se trouve juste en face du Stade de l’Amitié. ESM se porte très bien puisque, depuis sa création, les différents candidats présentés à l’examen du Brevet de technicien supérieur reviennent avec de très bons résultats. Nous avions démarré, en 2007, avec 7 étudiants. Aujourd’hui, nous comptons plus de mille étudiants, ce qui prouve qu’ESM se porte très bien.

Sous quel signe était placée la commémoration des 10 ans d’ESM Bénin ?

Nous avons placé la célébration des 10 ans sous le signe de l’excellence et de l’emploi. La finalité de toute formation est de pouvoir s’insérer dans la vie. Au cours de cette cérémonie, nous avons eu à distinguer tous les acteurs du système qui interviennent à l’Ecole supérieure de management, à commencer par les étudiants qui ont produit de bons résultats. Ils ont été encouragés par des motos, des ordinateurs portatifs, des livres et autres. Nous avons eu des enseignants qui nous ont accompagnés pendant 10 ans et permis d’avoir les meilleurs résultats aux différents examens. Ces enseignants ont été ciblés et récompensés. Les entreprises qui, depuis 10 ans, ont accepté d’accueillir nos étudiants en stage académique professionnelle à savoir, Ecobank, ANCB, CNSR et autres, ont été ciblées et distinguées. Nous avons distingué tous les acteurs qui, pendant 10 ans, ont permis à l’ESM de se retrouver au niveau où elle se trouve aujourd’hui.

Dites-nous, dans quel esprit aviez-vous créé cet établissement ?

L’idée de rester dans l’enseignement supérieur a commencé par tourner depuis 13 ou 14 ans. Après ma maîtrise, j’ai eu un emploi qui m’a fait déplacer de Cotonou pour l’intérieur du pays. Cet emploi me faisait gagner beaucoup d’argent. Mais, en cette année, le 3ème cycle n’existait pas encore. Si vous n’avez pas les moyens d’aller à l’extérieur, c’était très difficile d’évoluer surtout dans le domaine des sciences économiques et de gestion, au-delà de la maîtrise. Les Belges avaient amené un programme, celui du troisième cycle. Cela permettait, après un an d’année d’étude, de commencer une école doctorale et de devenir un enseignant du supérieur. Vu que j’avais beaucoup de passion pour l’enseignement supérieur, j’ai fait le test, j’ai été retenu par les belges, mais, j’ai dû démissionner de mon poste pour venir faire le troisième cycle et obtenir un diplôme d’étude approfondie en Finance et contrôle de gestion. J’avais en idée de faire quelque chose pour la jeunesse béninoise au niveau de l’enseignement supérieur. C’est depuis ce temps que je mijotais ce qu’il fallait faire pour apporter un plus à la formation supérieure de mon pays. C’est une passion que nous avons depuis 13 ans. Ce n’était pas facile pour tout le monde de démissionner d’un emploi intéressant pour venir s’engager dans l’enseignement supérieur.

10 ans après sa création, quel est aujourd’hui le niveau de vos relations avec votre ministère de tutelle ?

Le niveau des relations est très élevé avec notre ministère de tutelle. A chaque régime, ses réformes. Ce n’est pas cette année que nous assistons à des réformes dans l’enseignement supérieur. Chaque fois que le ministère donne son cadrage, nous faisons l’effort de rester dans les normes. Il n’est pas donné aux établissements d’enseignement supérieur de se lever et d’enseigner dans des filières qui ne sont pas autorisées par le ministère. Les filières d’enseignement doivent être autorisées par le ministère. Pour exemple, j’ai les filières Comptabilité et Gestion, Communication d’entreprise, Audit. C’est le ministère qui donne le cadrage, et chaque fois qu’il le fait, nous restons dans les normes.

Sans rechigner?

Nous ne protestons pas si c’est fait dans les règles de l’art. Même si nous protestons, nous finissons par nous aligner puisqu’on est dans un Etat de droit et les textes doivent être respectés. Nous avons de très bonnes relations avec le ministère.

Comment avez-vous vécu la réforme relative à l’organisation des examens de Licence et Master dans les établissements privés d’enseignement supérieur (EPES)?

Nous avons de très bonnes relations avec notre ministère. La preuve est que tous les étudiants de l’ESM Bénin ont pris part à l’examen national de Licence.

Mais au départ, vous étiez réticent ?

Non. Le 13 octobre 2016, le ministère a fait sortir une note, une simple note pour dire qu’il a retenu 11 établissements d’enseignement supérieur qui respectaient les conditions minimales exigées par l’Etat aux EPES. Sur plus de cent EPES, nous avons eu la note du 13 octobre qui ciblait 11 EPES. C’est là qu’on a dit que ce n’est pas possible, que nous n’avons pas compris les critères. On avait un peu ronchonné, ce qui est normal, puisqu’on était à la veille de la rentrée, on n’était pas averti, on ne nous avait pas demandé de produire des documents qu’on n’a pas produits. On avait eu à faire quelques sorties médiatiques avec d’autres promoteurs pour demander au ministère de bien vouloir nous expliquer les conditions dans lesquelles les onze ont été choisis, et comment ceux qui n’ont pas été choisis vont faire pour être sur la liste. Et, je crois, en son temps, ça a été corrigé deux ou trois semaines après. On nous a demandé de produire la liste de nos enseignants, les curricula de formation. Deux ou trois semaines après, il y a eu une liste complémentaire, et sur cette liste se retrouvait ESM Bénin. Donc, ce n’était pas une protestation contre la réforme. On n’était pas bien impliqué dans cette note du 13 octobre 2016. Ce n’est pas une protestation contre les réformes. La preuve est que ESM-Bénin a présenté tous ses étudiants à l’examen de Licence professionnelle. Parce que la réforme concernant l’examen de Licence professionnelle n’est pas une mauvaise réforme en fait. Pour nous, ce n’est pas du tout une mauvaise réforme, parce que l’Etat, avant l’avènement de la co-signature qui a commencé en 2011, ne reconnaissait aucune Licence, ni Master délivrés par les établissements privés d’enseignement supérieur (EPES). Tout s’arrêtait au niveau du BTS. L’Etat autorisait à former dans les BTS. Là, c’est l’Etat même qui organise les examens, demande aux enseignants de proposer les épreuves, les enseignants corrigent et l’Etat donne les résultats. Mais l’Etat n’avait aucun regard au-delà du BTS, en ce qui concerne la Licence et le Master. Ça a été toute une bataille. On s’est dit que ce n’est pas possible, parce que, dans le même temps, l’Etat donnait des autorisations de création dans ces filières. Vous ne pouvez pas donner des autorisations de création et après vous vous désengagez. Après un certain nombre d’années de bataille, le gouvernement a décidé d’aller à la co-signature des diplômes de Licence et de Master. Les établissements privés d’enseignement supérieur forment les étudiants qui doivent régulièrement valider les six semestres, pour ce qui concerne la Licence, faire les stages de formation, et doivent soutenir. Et là, les EPES constituent les dossiers en entièreté. Cela doit être signé d’abord par le président du conseil scientifique de l’établissement, qui obligatoirement doit être un professeur titulaire. Après ça, les dossiers sont envoyés au niveau du ministère. Le ministère étudie les dossiers, fait des vérifications, et les signe. C’est en ce moment qu’on parle de co-signature. A un moment donné, après l’avènement du gouvernement de la rupture, le ministère a estimé que dans cette histoire de co-signature, il y a quelques réglages à faire. C’est de là que vient l’examen national, pour donner une caution supplémentaire aux diplômes que nous délivrons. On n’était pas du tout contre cette réforme-là. La preuve en est que nous avons présenté tous nos étudiants à cet examen national avec les résultats que vous connaissez déjà.

Revenons donc sur ces résultats

On a constaté que les promoteurs frondeurs réclament une nouvelle session pour leurs apprenants. Pensez-vous que cette méthode est la meilleure ?
Je trouve que c’est normal. Parce que nous sommes dans un Etat de droit. C’est vrai, lorsque la décision a été prise, il y avait un hic du fait que le décret disait que l’examen national va être fait uniquement par les étudiants de l’enseignement privé. A ce niveau, on se demandait si la constitution était bien respectée. Étant entendu que ce sont les étudiants d’un même pays. Et lorsqu’on parle d’examen national (Cep, Bepc, Bac et même le Bts), cela concerne tous ceux qui sont en train de suivre une formation donnée. Le Bts, c’est le privé et puis l’Etat qui organisent. L’Eneam même présente des étudiants pour le Bts et c’est la même chose pour tout le monde. Alors, on avait estimé à un moment donné qu’il fallait que les institutions de la République essaient de trancher. La Cour constitutionnelle a été saisie et elle a donné sa décision, certainement sur la base d’un certain nombre d’informations reçues aussi bien des EPES que du ministère de l’enseignement supérieur pour dire que l’examen national ne va pas être quelque chose qu’on va remettre en cause.
Donc par rapport à cela, en tant que républicain, cela s’impose à eux. Mais, maintenant, ils disent : « voilà, la Cour a tranché. Cela veut dire que l’examen national aura lieu sur les trois ans ». Et souvenez-vous, l’examen devait avoir lieu un lundi et la Cour constitutionnelle a donné son verdict un vendredi soir. Avec toutes les bonnes volontés, aucun établissement supérieur ne pouvait plus envoyer son dossier. C’était déjà clôturé et les numéros étaient déjà sortis. C’est alors de leur droit, en tant que républicains de demander à se conformer aux textes de la république. Ils sont donc dans leur droit. Il revient au ministère d’étudier et de voir la faisabilité de la chose. Je ne vous cache rien dans ce sens, le ministère, avec madame la ministre, a eu l’amabilité de nous recevoir dans ce sens. Parce que ce qui compte effectivement, ce n’est pas les promoteurs. C’est surtout les jeunes étudiants qui ont fait trois ans dans un établissement supérieur privé mais qui n’ont pas pu aller à l’examen. Puisque le décret qui sanctionne l’examen était clair. Article premier : La co-signature est supprimée. Article 2 : Aucun établissement d’enseignement supérieur ne doit plus délivrer de diplômes de Licence et de Master. Article 3, l’Etat organise l’examen national de Licence et de Master sur les trois ans à venir. Il n’y a donc pas de diplôme interne qu’un établissement puisse insérer que l’Etat va reconnaitre. Donc si on ne trouve pas le mécanisme pour racheter tous ces étudiants, cela voudra dire que ce sont des étudiants qui sont laissés sur le carreau. Les réflexions sont en cours pour voir dans quelle mesure on peut trouver la formule de rattrapage. Si on fait suivant l’idée qui est là actuellement, cela va donner quoi ? Est-ce qu’il y aura une affaire de jurisprudence après ? C’est pour cela que les réflexions sont en cours. Mais ce qui compte, c’est comment faire pour sauver les apprenants qui étaient laissés sur le carreau. Vu que leurs établissements ne peuvent plus leur délivrer le diplôme de Licence ni de Master.

Quels sont vos résultats pour le BTS 2017 ?

Nous avons eu un résultat de 65% pour le BTS. Depuis dix ans, si ma mémoire est bonne, nous n’avons jamais été en-dessous de 70%. En 2016, nous avons démarré avec 7 étudiants dans un bâtiment de R+2. Pour peut-être un jeune entrepreneur, c’est au bord du découragement. Nous nous sommes dit qu’on garde le cap. Ce qui va faire notre notoriété, c’est les résultats que nous aurons à l’examen de BTS. Donc chaque année, nous allons faire de bons résultats. Et c’est ce que nous faisons. Et cela nous fait gagner des apprenants qui viennent chez nous.

Parlez-nous de la nouvelle rentrée. Où en êtes-vous?

Nous, on ne parle plus des préparatifs. La rentrée a démarré depuis le 18 septembre chez nous. Mais ce n’est pas pour l’ensemble des classes. C’est d’abord les deuxièmes années qui ont démarré. Parce que la méthodologie à ESM, lorsque vous êtes en classe d’examen, nous réservons un mois et demi, pour les travaux dirigés. C’est ce que nous avons fait depuis 10 ans pour obtenir de bons résultats. Vous savez, les étudiants qui sont en classe de BTS vont aller composer début juin. Alors, nous démarrons très tôt avec eux. Cela nous permettra de finir les cours déjà vers le mois d’avril. Les premières années vont démarrer le 18 octobre 2017 et les 3èmes années le 23 octobre. Les masters, eux, commencent le 13 novembre 2017.

L’ESM a des partenariats avec deux grandes universités. Parlez-nous en, un peu …

Vous savez, je pense qu’il faut quand même qu’on travaille pour avoir des réputations internationales. Vous voyez, lorsque quelqu’un fait une université Awards Business School, c’est que déjà, ce n’est plus une prétention de compétence qui pèse sur la personne, mais on dit qu’elle est compétente. Lorsque vous faites une université en France comme Paris Dauphine, il n’y a plus de doute sur votre compétence. Et c’est ce que nous voulons pour l’ESM. Pour que les années à venir, si quelqu’un dit qu’il a fait les études à l’Ecole supérieur de management, on puisse déjà dire que ceux qui sont formés sont de bons diplômés. Nous sommes en train de nouer des partenariats avec les grandes universités de renom. Notre particularité à l’ESM aussi, c’est à travers un certain nombre d’activités phares que nous menons. Vous savez, depuis dix ans, chaque vendredi soir, nous animons des séminaires spécialisés.
Pour nos séminaires spécialisés, nous appelons quelqu’un qui a réussi en entreprise et qui a une expérience confirmée dans un domaine pour venir partager son expérience avec nos étudiants. Il parle aussi bien sur l’emploi salarié que d’autres choses. Aujourd’hui, vous ne pouvez plus être détenteur d’un BTS, Licence et Master sans savoir manipuler l’outil informatique, ou parler l’anglais. Donc ces deux éléments sont également des produits phares que nous mettons à la disposition de nos apprenants. Nous les contraignons même à le faire afin qu’un jour, ils soient en mesure de dire qu’ils ont fait ESM Bénin. Voilà donc notre vision par rapport au partenariat que nous nouons avec d’autres universités du pays et de l’extérieur.

Les réformes du gouvernement vis-à-vis des établissements privés du supérieur

Les réformes du gouvernement sont à saluer, étant entendu que, si on était encore dans l’ancien système, on ne doit pas avoir au plan national 87% de diplômés de Licence, mais bien 100%. Ce qui veut dire que les 13% n’ont pas franchi le cap. Et donc l’organisation de cet examen a été claire. C’est donc une réforme à saluer. Autre réforme que nous attendons a trait à ce qui se fait dans la sous-région où il n’y a pas d’université publique différente de celle privée. Vous savez que l’Etat vient de faire la répartition des nouveaux bacheliers dans les écoles professionnelles du public. Dans un pays comme le Sénégal, cela se fait aussi bien au niveau du public que du privé. L’Etat répartit également les bacheliers dans les universités privées qui font du bon travail. C’est la même chose en Côte-d’Ivoire. Si vous respectez les normes, les textes de la république, et produisez de bons résultats. Après le Bac, l’Etat vous envoie aussi des étudiants. L’accompagnement dont nous parlons, ce n’est pas de nous donner de l’argent, mais cela peut être lié au fait qu’il mette à notre disposition des enseignants de rang A ou cinq (05) maîtres de conférences, pour donner les cours puisque ces derniers sont déjà payés par l’Etat. Et les privés, à l’heure actuelle, n’ont pas encore un corps professoral de ce niveau. C’est nous-mêmes qui puisons toujours dans le public, en dépit de nos efforts pour accompagner le système. Pour finir, je dirai que si les réformes peuvent aussi aller dans ce sens, cela ferait bien plaisir et serait très intéressant.

Lecture de la gouvernance du régime Talon depuis le 06 avril 2016

Depuis le 06 avril 2016, le gouvernement a été mis en place et je pense qu’en 18 mois, il y a eu beaucoup de réformes dans presque tous les secteurs d’activités. On vient de parler des réformes dans le supérieur avec la nouvelle carte universitaire. Dans le domaine de l’agriculture comme d’autres, il y a eu des réformes salutaires. Mais, s’il y a des réformes, les fruits des réformes ne peuvent pas être perceptibles tout de suite. Pour moi, c’est trop tôt d’apprécier et de juger. Comprenons que les réformes touchent des fondamentaux. Nous sommes à l’étape de la fondation. On attend que le chef de l’Etat soit porté en triomphe comme il l’a souhaité à la fin de ce premier mandat. On attend de voir ce que cela va donner.

Réformes liées à la bancarisation des fonds de l’Etat.

Dans les pays développés, l’argent ne circule pas en désordre. Dans un pays qui se respecte, on ne trimbale pas l’argent comme des chaussures. Laissez-moi vous dire que c’est cette situation qui conduit à des cas de détournement de fonds publics. Nous devons travailler à mettre un terme à cette pratique de gestion des ressources financières de notre pays. Nous devons faire l’effort d’accompagner une telle réforme que moi je salue au passage. Si tout est bancarisé, vous ne serez plus tenté de toucher à l’argent d’autrui. Donc, cette mesure va éviter beaucoup de choses, telles que les dilapidations de ressources financières, les détournements et autres. Avec cette réforme, il y aura désormais de traçabilité qui met en difficulté le financier quand il voudra sortir de l’argent en désordre. Il faut que, lorsque 5 francs doivent sortir des caisses d’un financier, il y ait de justification. Il faut que les marchés soient attribués en fonction des textes et avec rigueur comme cela se fait actuellement.

L’état actuel de la région Agonlin ?

La région Agonlin se porte très bien. Je voudrais d’abord vous dire que lorsqu’on parle de région Agonlin, il s’agit de trois communes : Houinhi, Zagnanado et Covè. Ce sont ces trois communes qui forment la région Agonlin. A l’ère de la Rupture, il faut dire que la région Agonlin a été la région qui, à près de 99,99%, est pour le président Patrice Talon. Ce qui veut dire que la région Agonlin a porté le programme d’action du président Talon. C’est une région qui a adhéré à 100% et a porté le programme d’abord du candidat Talon. C’est pourquoi, naturellement, la région attend aussi son tour de développement. Je n’ai pas dit que sous la Rupture, tout est devenu rose. Mais j’ai dit tantôt que le président actuel est en train de mettre les balises, les bases, les fondements… et je suis sûr qu’une fois ces fondements mis, la région Agonlin gagnera les fruits de ces fondements qui vont commencer à tomber. Le limogeage du ministre Hêhomey est un désaccord entre deux amis. On ne va pas trop polémiquer sur cela. C’est un désaccord entre deux amis. C’est vrai qu’à la formation du gouvernement, lorsque nous avons retrouvé un des nôtres, on était très heureux. C’est vrai qu’un ministre est pour toute la république mais chaque région souhaite avoir des fils et filles dans un gouvernement. Cela a été vraiment une joie pour tout le monde dans la région Agonlin, jeunes comme sages. On s’est dit : « Voilà, la Rupture a pensé à un fils d’Agonlin ». Parce que, qu’il vous souvienne qu’au temps du régime Yayi, le chef de l’Etat a toujours mis un fils de la région Agonlin dans tous ses gouvernements successifs, à commencer par le ministre Dovonou Roger de l’Agriculture, le ministre Aké Natondé de l’enseignement secondaire puis des travaux publics et des transports. Après, on a eu Lambert Koty des travaux publics et des transports… On s’est dit : « Est-ce que la Rupture va continuer dans le même sens ? ». On était très content lorsque nous avons vu notre frère Hervé Hêhomey à la tête du ministère des Infrastructures et des Transports. C’était comme si ce département ministériel était exclusivement réservé à la région Agonlin. Nous souhaitons que le Chef de l’Etat continue dans ce même sillage, dans le gouvernement à venir parce que nous sommes déjà habitués et nous étions toujours contents. En ce qui concerne le limogeage du ministre Hêhomey, il faut savoir que vous êtes nommé un jour et vous devez partir aussi un jour. Que ce soit ministre ou autre chose, rien n’est éternel dans la vie. 17 ou 18 mois, ce n’est pas peu. Avant, c’était en 9 ou 10 mois que le président Yayi faisait remanier ses gouvernements. Personne n’a jamais dit que c’est trop tôt. Mais c’est le limogeage qui gêne un peu, sinon il n’y a rien d’anormal. La constitution a donné plein pouvoir au président de former son gouvernement, de nommer les ministres et de leur retirer sa confiance quand il veut et comme il veut. C’est le président seul qui connait les raisons du limogeage de Hêhomey. Moi, j’appelle cela un désaccord entre deux amis. Ce qui s’est passé a abattu tout le monde en tant qu’originaire de la région, ça a abattu tout le monde. On s’attendait à ce que son parcours continue un peu encore. Mais c’est arrivé comme ça et on accepte. Maintenant, on va demander que le Chef de l’Etat continue dans la même lancée. Il ne doit pas laisser cette région sur les carreaux parce qu’Agonlin a voté pour lui à près de 99,99%.

On ne vous sent plus sur le terrain

On ne me sent pas sur le terrain. Allez poser la question aux populations de ma localité. Tous les week-ends, je suis sur le terrain. On n’a pas besoin de tout médiatiser. Nous ne manquons jamais d’être sur le terrain, contrairement à ce que les gens pensent. Il y a eu une période morte après l’élection présidentielle de 2016. Les prochaines élections sont pour 2019. Il faut garder contact avec la base. Il faut être toujours proche de la base.

Carte d’identité

Financier et gestionnaire

Isidore Hounhouèdo est un pur produit de l’effort. Voilà un probable futur docteur de l’UAC (il soutient sa thèse dans les tout prochains mois à la FASEG) qui a décidé de reprendre tout le cycle du parfait gestionnaire, alors qu’il avait eu son Bac D. Avec son Bac D décroché en 1992, et inscrit à l’université en Sciences Economiques, Isidore Hounhouèdo avait choisi de s’inscrire pour passer le CAP Aide Comptable puis le Bac G2. Comme tout étudiant gestionnaire. Pour ce fils de Zangnanado né un certain 04 avril 1969 à Cotonou, il fallait oser. Il doit peut-être son audace à ses géniteurs, tous aujourd’hui partis dans l’au-delà mais qui ont beaucoup œuvré à la réussite de leurs enfants. « Mes parents ne sont jamais allés à l’école mais nous sommes tous des cadres dans la famille, des banquiers, des commissaires, tout ceci après leur départ », fait-il remarquer. Après avoir été pendant quatre ans directeur commercial d’une entreprise privée qui le payait plutôt bien pour être son responsable régional dans le Zou, les Collines, le Mono et le Couffo, il avait décidé de tout laisser tomber pour poursuivre ses études. C’était l’appel de l’université qui a résonné dans son cœur à travers une bourse belge dont il a profité pour faire son Diplôme d’étude approfondie (DEA), à la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’université d’Abomey-Calavi. Ce diplôme le lance sur la voie royale de la création de sa propre structure, l’Ecole Supérieure de Management (ESM) qu’il a créée en 2007. Mais pour en arriver là, il se souviendra de sa Licence décrochée en 1996 et de sa maîtrise de 1997 en Management des organisations. Quand on lui demande le secret de son succès, il répond, sans hésiter : « Pour moi, je n’ai pas encore réussi et j’ai beaucoup de défis. Peut-être que dans dix ans, je vais vous dire si j’ai réussi ou pas ». Mais il souligne la valeur de l’engagement dans ce qu’on fait. Et d’ajouter : « C’est d’avoir la passion pour ce qu’on fait et ne jamais se décourager devant les difficultés. Quand les difficultés arrivent, c’est de réfléchir et voir comment vous allez les contourner. Quelles sont les personnes qui vont vous aider à les contourner ?, quels sont les moyens dont vous disposez pour contourner ces difficultés ? Vous réfléchissez pour voir la méthodologie. Ne jamais faire à moitié ce que vous avez l’habitude de faire ». Pour cet expert en Management des organisations, il faut toujours se consacrer à fond pour réussir. « Vous savez, confie-t-il, il y a un adage qui dit qu’il y a quatre manières de perdre son temps : ne rien faire, ne point faire ce qu’on doit faire, le mal faire et le faire à contre temps. ». C’est donc en suivant la maxime de l’engagement et du dévouement à son travail, qu’il dirige l’ESM pour en faire un établissement de renom pour les années à venir. Il fut ancien Directeur des ressources financières du ministère de l’enseignement secondaire et celui des transports sous le régime de Boni Yayi.

Intimité

Simplicité

Marié, père de deux filles et un garçon, le directeur général de l’ESM n’a qu’une seule femme rencontrée depuis qu’il était en classe de troisième. « On a tous terminé l’université d’abord avant de se marier .On a fait beaucoup de chemin ensemble », affirme-t-il. A table, ce fils de Dovi, dans la commune de Zangnanado, aime bien la pâte blanche avec la sauce de poisson frais et du gombo. Adepte du sport des week-ends, il n’abuse pas du tout des boissons.

La Rédaction

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