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Patrice SEWADE, Président du RENOVA au sujet de la recherche agricole: « Le Bénin doit adhérer à l’agenda scientifique pour l’agriculture en Afrique »


La problématique de la sécurité alimentaire et nutritionnelle a fait objet de notre interview de ce lundi. C’est donc pour rester dans l’actualité de la commémoration de la Journée mondiale de l’alimentation, ce 16 Octobre que nous avons rencontré le Président du Réseau national des Organisations non gouvernementales actives dans l’agriculture durable (RENOVA), Patrice Sèwadé. Il a parlé du rôle des Ong dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Saluant les efforts du gouvernement dans ce domaine, il a suggéré l’adhésion du Bénin à l’agenda scientifique pour l’agriculture en Afrique, dont il a partagé les avantages pour le secteur agricole.

L’EVENEMENT PRECIS: Selon, vous , quel états des lieux pouvez-vous, nous dresser de la recherche agricole au Bénin, ce 16 Octobre où nous célébrons la Journée mondiale de l’alimentation ?

Patrice Sèwadé : Nous ne saurons faire un état des lieux sur la recherche agricole puisque nous ne sommes pas chercheurs. Toutefois, puisque nous sommes aussi acteurs de la recherche et que nous avons plusieurs projets avec la recherche agricole, nous pouvons vous dire qu’il y a plusieurs années, des institutions comme l’INRAB ont eu pour mandat de faire de la recherche agricole pour aider les producteurs, les industriels et les Petites et moyennes entreprises, à améliorer leurs pratiques et rendre disponibles sur le marché nationale, régional et internationale des produits de qualité. Cela appelle à travailler sur des technologies qui corrigent les contraintes que certains acteurs, ont à présenter un produit de qualité sur le marché. De notre côté, la collaboration des Ong, avec ces institutions date de 1992. Et aujourd’hui, on peut être fier de citer un certain nombre de projets effectués avec la recherche. En tant que réseau, nous prenons en compte les résultats issus des travaux de l’INRAB, ensuite de la Faculté des sciences agronomiques (FSA) et autres écoles, que nous mettons à disposition des paysans à la base afin qu’ils adoptent la technologie à leurs travaux. Cela leur permet d’améliorer leur pratique et avoir des produits de qualité qu’ils positionneront sur le marché pour donner de la valeur ajoutée à leur activité et améliorer leur revenu.

Peut-on alors retenir que des efforts se font pour accompagner la sécurité alimentaire au Bénin ?
Assez d’efforts se font. Il y a beaucoup de projets et programmes qui sont rédigés dans ce cadre.

Justement, il y a quelques jours, un atelier de capitalisation de certains projets a été organisé ici au Bénin, avec une vingtaine de pays. A quoi cela retourne ?
Notre collaboration avec la recherche est basée sur des projets qui ont de lien avec la sécurité alimentaire et nutritionnelle. La capitalisation de projets que nous avons faits ici au Bénin du 02 au 06 octobre 2017 a porté sur un certain nombre d’innovations. Nous pouvons citer la fertilisation organique du sol, ensuite, des innovations liées à l’amélioration des cultures de maraichages, des innovations liées à la gestion post-récolte de l’arachide, et enfin, la technologie de transformation du « soja » en divers dérivés. La capitalisation nous a permis de découvrir que les acteurs ont une bonne connaissance de la recherche et qu’elle s’est rendue très disponible pour apporter les solutions que les producteurs ont dans leur domaine de transformation ou de production. Ceci a permis de mettre à disposition des consommateurs, des produits de qualité qui règlent les problèmes de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Aujourd’hui, grâce à l’intervention de la recherche, nous avons des produits de normes. C’est-à-dire, des produits ayant subi de bonnes pratiques de production et de transformation à la disposition des consommateurs et positionnés dans les différents super marchés. Ceci vient régler les problèmes économiques des acteurs parce que, par le passé, les pratiques utilisées étaient traditionnelles et faisaient perdre la production, le temps et de l’argent aux acteurs. Mais désormais avec la recherche agricole, et dans le cadre de la collaboration chercheurs, producteurs et Ong, nous avons grâce aux fonds des bailleurs, corrigé certaines contraintes liées à cette thématique.

Ne pensez-vous pas que la recherche agricole mal financée au Bénin ?
Le financement de la recherche pose véritablement de problème. En clair, la recherche agricole n’a pas de ressources financières pour supporter les demandes croissantes des producteurs pouvant permettre d’améliorer les productions. Cependant, nous devons remercier les efforts du gouvernement qui travaille pour un bon programme pour la recherche. Déjà dans le Plan stratégique de développement du secteur agricole 2016-2021 qui est adopté, la recherche a occupé une bonne position. Et dans le Plan national d’investissement pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la recherche mérite un bon financement pour être à la hauteur de la demande des acteurs. Mais en tant que réseau des Ong, nous avons actuellement la mission de faire adhérer les autorités politiques du Bénin, à l’agenda scientifique pour l’agriculture en Afrique. Quatre pays de l’Afrique sont prêts à adopter cet agenda. Il s’agit du Malawi, l’Egypte, le Sénégal et le Ghana. Le Bénin ne faisant pas encore partie, nous lançons un appel aux autorités politico-administratives des ministères de l’agriculture, du plan et à la Présidence de la République afin qu’elles puissent adhérer à cet agenda.

Dites-nous l’intérêt pour le Bénin d’adhérer à cet agenda ?
Cela permettra au Bénin d’avoir des ressources pour financer le secteur de l’agriculture. Ce que nous faisons, c’est de mettre dans les ateliers d’écriture de projets et d’amener les Ong à soumissionner pour lever des fonds internationaux afin de soutenir l’agriculture. En guise d’exemple, nous avons pu introduire au Bénin, grâce au PAEPARD, l’information sur l’écriture des projets de recherche agricole pour le développement, donc les projets de ARF. Aujourd’hui, plus d’une dizaine d’Ong et aussi quelques acteurs du secteur privé sont porteurs des projets de ARF pour un coût d’au moins 300 milles Euros. Retenons tout simplement qu’avec cet agenda, les consultations nationales pourront désormais se faire au Bénin, pour que le pays puisse bénéficier des financements liés au document pour la recherche en Afrique.

En terme d’accompagnement venant de la part du gouvernement à votre endroit, que retenir ?
Le réseau a participé à toutes les étapes du processus d’élaboration du plan stratégique. Il y a eu 19 étapes auxquelles nous avons été présents. Nous étions la dernière fois à la validation du cadre programmatique et du cadre institutionnel. Le réseau n’a pas que pour mission de faire le plaidoyer, de renforcer la capacité des acteurs, mais ce que nous faisons, c’est aussi d’influencer les politiques. C’est d’amener le gouvernement à adhérer à cet agenda.

Aujourd’hui, votre réseau promeut quels produits alimentaires ?
En tant que réseau, nous avons des dizaines de membres. Étant composé des ong spécialisées dans l’agriculture. Il s’agit de l’agriculture productions animale, végétale, halieutique, la mécanisation agricole, la gestion de la fertilité des sols, les technologies de transformation, l’agro-industrie, le pastoralisme etc….Notre réseau n’a donc pas un produit qu’il produit. Mais, plutôt il donne l’information, les renforcements de capacités des acteurs notamment les ong membres dans leurs différentes zones. Et dans ce cadre, nous mobilisons au profit de ces Ong des ressources financières et matérielles pour les amener à être les leviers du développement agricole à la base, être des éveilleurs de conscience dans la communauté. Nous sommes donc une faitière au niveau national et avons 12 coordinations départementales qui travaillent avec les Ong du département et les directions et les agences installées. Donc notre rôle dans le domaine de l’agriculture est de pouvoir établir un dialogue permanent avec le pouvoir politique de manière à ce que tout ce qui est demandé par les acteurs à la base en termes de politique et de stratégies, soit obtenu au niveau du gouvernement.

A cet effet, un dernier projet a été encore lancé, nous voulons parler du projet ‘’Doyiwé’’ (lentille de terre). Pourquoi avoir choisi le produit ?
Nous sommes en innovation. Le ‘’doyiwé’’ (lentille de terre) est un produit des riches. Il n’est consommé que lors des fêtes. Celui qui t’offre ce produit, t’a offert ce qui lui est bien précieux. Nous l’avons choisi suite à la demande du marché. En tant qu’Ong, on n’engage pas les chercheurs à faire tout. C’est ce que recommandent les consommateurs qu’on présente. Donc ce sont les acteurs de la production du produit qui ont demandé à ce qu’il y ait une bonne qualité du produit et en quantité, à travers des pratiques plus technologiques, car ce qu’ils faisaient sont vétustes et le rendement est faible alors que la demande du produit est énorme en période de fêtes. Et quand nous prenons la valeur nutritive et notionnelle du produit, il est révélé qu’il est très riche en vitamine et en micro nutriments et règlerait le problème de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Ce projet a été soumis au partenaire qui l’a apprécié et financé. Donc durant trois ans ce projet va contribuer à accompagner la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Votre appel aux gouvernants
Nous remercions le gouvernement pour avoir pris à cœur la question de la sécurité alimentaire et nutritionnelle en élaborant assez de programmes.

 

Propos recueillis par Emmanuel GBETO

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