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Le triomphe de la vérité

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Edito: Cryptomonnaie, c’est parti !


Christine Lagarde, Directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI), a fini par franchir le Rubicon. Il faut vraiment reproduire ce qu’elle a dit le 29 septembre 2017 à Londres, lors d’une conférence de la Bank of England, pour qu’on comprenne l’ampleur des mutations en cours sur la planète Finance. La question posée était celle-ci : comment la technologie financière change-t-elle la banque centrale sur la prochaine génération ? Elle s’est notamment appuyée sur les monnaies virtuelles, les nouveaux modèles d’intermédiation financière et l’intelligence artificielle pour répondre à cette question cruciale.
« …A bien des égards, a dit l’ancienne ministre française des finances, les monnaies virtuelles pourraient simplement apporter aux monnaies existantes et à la politique monétaire de la compétitivité. La meilleure réponse des banquiers centraux est de continuer à appliquer une politique monétaire efficace, tout en restant ouverts à de nouvelles idées et à de nouvelles demandes à mesure que les économies évoluent». Dans son exposé, la dirigeante s’est d’abord exercée à faire une nuance entre les moyens de paiements numériques et la cryptomonnaie. Des monnaies virtuelles, elle souligne : « Ces systèmes permettent des transactions entre pairs sans centres de compensation, sans banques centrales ». Elle avance alors : « Pour l’instant, les monnaies virtuelles telles que le bitcoin posent peu ou pas de défi à l’ordre existant des devises fiat et des banques centrales. Pourquoi? Parce qu’elles sont trop volatiles, trop risquées et parce que les technologies sous-jacentes ne sont pas encore assez évoluées. Beaucoup sont trop opaques pour les régulateurs, et certains ont été piratés ». Et d’ajouter : « Beaucoup d’entre elles demeurent confrontées à des défis technologiques qui pourraient être relevés au fil du temps. Il n’y a pas si longtemps, certains experts ont soutenu que les ordinateurs personnels ne seraient jamais adoptés et que les tablettes ne seraient utilisées que comme des plateaux de café coûteux. Je pense donc qu’il n’est pas sage de rejeter les devises virtuelles», lance-t-elle. Ce qu’elle entrevoit, c’est que les consommateurs préfèrent les monnaies virtuelles aux devises classiques, car elles pourraient être, à l’avenir, plus stables, plus accessibles et plus sûres. Elle parle même de la dollarisation 2.0.
« Par exemple, préconise la patronne du FMI, elles (les monnaies virtuelles) pourraient être émises avec une parité de un pour un avec le dollar, ou attachées à un panier stable de devises. L’émission pourrait être entièrement transparente, régie par une règle crédible et prédéfinie, un algorithme contrôlable… ou même une «règle intelligente» qui pourrait refléter l’évolution des conjonctures macroéconomiques».
Il y a à peine un an, ces propos de la directrice générale de la centrale des banques centrales auraient paru comme une pure hérésie. Mais dans le contexte actuel où les progrès surprennent même les imaginations les plus fertiles, ses déclarations n’ont fait que confirmer l’impression que la planète Finance est assise sur une terre en mouvements rapides. Il y a quelques jours, Jamie Dimon, patron de la célèbre banque d’affaires JPMorgan Chase, avait laissé entendre que le bitcoin ne constitue rien d’autre qu’une fraude. Il a même assuré qu’elle finira par exploser.
Bien entendu, il a oublié que de grandes banques internationales espèrent se servir de la «blockchain» pour simplifier des transactions financières et réduire leurs coûts. Il a surtout oublié que la monnaie a vu sa valeur plus que quadrupler depuis décembre dernier à plus de 4.100 dollars, soit près de 3.500 euros. Aujourd’hui, les cryptomonnaies qui se répandent partout, permettent aux individus de faire des transferts entre personnes ou de payer pour des produits ou services en contournant les banques et le système financier classique. Elles sont déjà au Nigeria et arrivent progressivement au Bénin.
Même si elles posent des problèmes de sécurité qui se résolvent au fur et à mesure, ces monnaies parallèles, d’un système financier plus fluide, remettent en question les métiers de la banque. En dehors de l’intelligence artificielle qui annonçait depuis quelque temps des bouleversements dans le secteur bancaire, les monnaies virtuelles annoncent des mutations que personne ne peut encore envisager. Le futur de la banque sera à l’adaptation ou ne sera pas.

Par Olivier ALLOCHEME

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