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Le triomphe de la vérité

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Edito: A quoi servent les diplomates ?


Diplomatie économique. Voilà l’une des problématiques ayant servi de cadre de discussion à l’ouverture de l’année diplomatique ce jeudi 14 septembre 2017-2018 au ministère des affaires étrangères. Cette rencontre a connu la participation du ministre des affaires étrangères, celle des membres du corps diplomatique et consulaire ainsi que les représentants des organisations internationales au Bénin. Mais ce qui a retenu l’attention de nous autres qui nous mêlons de diplomatie économique, c’est la communication donnée par l’invité spécial de cette rencontre, le Professeur Barthélémy BIAO, agrégé des Sciences Economiques, Directeur du Laboratoire de Recherche en Economie et Gestion (LAREG) de la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de l’Université de Parakou. Il a entretenu les participants sur le thème : « la diplomatie économique du Bénin et le contexte international :le rôle et les défis du diplomate ».

L’orateur n’est pas allé par quatre chemins pour dire que l’environnement international donne une dimension économique centrale à la diplomatie. Autrement dit, il n’est plus possible de faire de la diplomatie, sans penser par exemple à l’exploration des opportunités commerciales pour les entreprises nationales, la promotion des investissements étrangers, l’amélioration de la régulation et les synergies à développer dans le cadre du partenariat public-privé… La diplomatie aux diplomates, disent les syndicats du ministère des affaires étrangères. Mais cette réalité qui s’impose à nous désormais demande des mutations au plan institutionnel, avec une réorientation des directions au ministère des affaires étrangères, ainsi que de nouveaux profils professionnels que les universités doivent servir à former. Ici, du moins, il faut désormais considérer que les acteurs é du monde économique deviennent cruciaux dans la conduite de l’action diplomatique.

Quelques exemples éloquents peuvent nous édifier à ce propos. Rex Tillerson, actuel secrétaire d’Etat américain, est issu des milieux industriels, puisqu’il a été patron du géant américain des hydrocarbures, Exxon Mobile. Chez nous aussi, tout récemment, on a vu le rôle joué par l’ancien ambassadeur du Bénin aux Etats-Unis, Omar Arouna qui, du fait de sa connaissance des milieux d’affaires américains, a joué un rôle non négligeable dans le choix du Bénin au premier compact du Millenium Challenge Account (MCA), comme d’ailleurs lors du second compact. Sur ce chapitre, on peut aussi évoquer l’ancien ambassadeur du Bénin en France, Armand Aniambossou, sorti des milieux d’affaires et qui joue aujourd’hui un rôle de conseiller auprès d’Emmanuel Macron dont il a été le camarade de promotion.

C’est précisément dans cet esprit que lors de la cérémonie de ce jeudi, quelques artistes et Start Upont exposé leurs œuvres :Franck & Francis ZANHOUNDAHOco-inventeursdes foyers ATINGAN,Rémi SOSSOUVI dit « SAMUZ », sculpteur, médaillé d’or des 8ème jeux de la Francophonie, Yannick FOLLY, photographe, participant aux 8èmes jeux de la Francophonie, Koffi GAOU, peintre, sculpteur, écrivain, etc. Gratien ZOSSOU, peintre, écrivain, poète, acteur…

Dans ce même sillage, le groupe des ambassadeurs des pays africains accrédités au Danemark, en collaboration avec le Ministère danois des AffairesEtrangères et le Conseil danois d’agriculture, a mis en œuvre une initiative dénommée « Africa Business Week ». Elle a réuni du 5 au 7 septembre 2017, le monde Danois des affaires ainsi que des hommes d’affaires de plusieurs pays africains notamment l’Ouganda, le Kenya, la Zambie, l’Afrique du Sud, le Nigéria, le Ghana, le Maroc et le Bénin. Trois opérateurs économiquesde la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (CCIB), sur les seize annoncés, ont pris part à ce forum organisé par des diplomates dans le but de faire la promotion de leurs pays auprès des gens d’affaires du Danemark.

 

Parlant précisément du Danemark, ce pays est à la base d’une mutation qui fera date. Il nommera bientôt un « ambassadeur numérique » auprès des géants du web que sont Apple, Facebook, Google et Netflix. C’est une idée de l’actuel ministre danois des affaires étrangères, Anders Samuelsen, qui, parlant de ces entreprises multinationales, affirme ceci : « Elles sont devenues une sorte de nouvelle nation et nous devons nous confronter à cela. »Le Danemark tente par là de jouer un rôle pour positionner ses propres solutions sur des problématiques auxquelles ces grandes multinationales sont déjà confrontées : intelligence artificielle, apprentissage des machines, méga-données, objets connectés, voitures autonomes, protection des données ou « les fake news et les guerres de l’information avec la Russie ».

De mon petit coin du Bénin d’où je regarde tout ceci, je me dis que le temps est venu où nous devrons demander à nos diplomates combien de tonnes d’ignames, de manioc, de plantes médicinales ou de haricots et de leurs dérivés, ils nous ont aidés à exporter. Le temps vient où nous les noterons sur leurs performances en tant qu’agents commerciaux de notre pays.

Par Olivier ALLOCHEME

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