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Michel Dossou, coordonnateur des masters en photonique et en radiodiffusion numérique: « Nos formations sont d’intérêt pour notre Nation et nos apprenants »


 

Enseignant chercheur à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), précisément au département de Génie informatique et télécommunications de l’Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi (EPAC), Michel Dossou est le coordonnateur de deux nouveaux masters au Bénin. Il s’agit des Masters en photonique et en radiodiffusion numérique dont il parle des avantages et de la formation. Interview !

 

L’EVENEMENT PRECIS : D’où vous est venue l’idée de formation de masters en photonique et en radiodiffusion numérique ?

Dr Michel Dossou : L’idée de créer ces  masters est née  de certaines observations faites pendant que je faisais mon diplôme d’ingénieur en télécommunications  à Bruxelles en Belgique. Durant ma thèse à Lilles en France, j’ai travaillé sur les nouvelles générations de réflectomètres optiques. Dès  que je suis rentré au Bénin en 2011, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas assez de personnes qui faisaient de la recherche dans le domaine de la fibre. C’était toujours un mythe. En 2012, il y avait un projet sur financement européen BJN et dont le but était d’interconnecter toutes les entités de formation publique dont l’Institut Universitaire de Technologie (IUT) de Lokossa, l’Université de Parakou, l’Université d’Abomey-Calavi (UAC),etc, pour faciliter les échanges d’informations. Ma participation active dans le volet « fibre optique » de ce projet m’a définitivement convaincu de la nécessité de rédiger un projet pour ouvrir de nouvelles filières innovantes dans le domaine des technologies de l’information et de la communication. C’est la première remarque.

Et la suite ?

En deuxième remarque, je suis enseignant depuis 2012, au département qui forme déjà en télécommunication générale. Mais lorsque les apprenants terminent leur formation, la plupart ne trouvaient pas automatiquement un métier en lien direct avec leur spécialité. Je me suis dit que comme il y a un besoin sur le marché du travail, il fallait trouver ce qui est important pour les entreprises. Donc le projet avait été initialement pensé pour développer des expertises pour la fibre optique. Or, nous étions en octobre 2015, où notre pays aurait dû passer de la télévision analogique à celle numérique, quelques mois plus tôt, c’est à dire juillet 2015. Une rapide recherche bibliographique a montré que le cas du Bénin n’était pas isolé et qu’il n’y avait que 04 pays sur les 54 pays du continent à avoir réussi cette migration à bonne date.  C’est à ce moment que je me suis dit qu’il fallait proposer une formation où les apprenants peuvent s’intéresser aux technologies liées à la fibre optique ou à la télévision numérique terrestre. Après en avoir parlé aux potentiels partenaires, j’ai reçu leur aval et ils m’ont encouragé à soumettre mon idée de projet.

A quel niveau sommes-nous aujourd’hui dans le démarrage de la formation ?

Une fois que le projet a été accepté, il reste sa mise en œuvre. Donc, nous avons retenu le 1er octobre 2017 pour le démarrage des cours. Mais pour que les  cours puissent démarrer, il faut les infrastructures, les enseignants, les équipements, la sélection des apprenants. Donc à l’heure actuelle, nous sommes à la phase de sélection des apprenants. A moins de deux semaines de la date de clôture de dépôt des dossiers, nous avons reçu un grand nombre de candidatures. Présentement, nous avons déjà reçu des candidatures provenant de plusieurs pays à l’instar du Niger, du Togo, du Congo, de la République démocratique du Congo et bien évidemment du Bénin. C’est la première chose. La deuxième, il faut les capacités d’accueil. Donc, nous avons maintenant une salle toute neuve avec des laboratoires équipés. Nous comptons sur une quarantaine d’enseignants expérimentés et dévoués. Les coûts de formation sont déjà validés de même que les programmes des différents masters. Après la mi-août, une première commission va étudier les dossiers de candidature. Puis le 02 septembre, un test écrit de sélection sera organisé pour choisir les boursiers. Toutes les femmes qui auront été retenues bénéficieront  automatiquement de 20% de réduction sur leurs frais d’inscription et de formation. Le 15 septembre, il y aura une pré-rentrée pour une rentrée effective, le 02 octobre 2017.

C’est donc dire que les cours seront virtuels comme physiques

Les cours seront virtuels comme en présentiel. Là, un sondage avait été fait. Sur un échantillon de 29 candidats sondés, 13 ont voulu les cours en présentiel et 16 proposent les cours partiellement en ligne. Nous informons les candidats intéressés sur les modalités du déroulement des cours en ligne.

Comment avoir accès aux laboratoires s’ils sont à distance ?

Comme les deux masters sont professionnels et que le volet pratique occupe une bonne place, les apprenants ont l’obligation de faire les manipulations pratiques. Pour ceux qui seront dans le dispositif des cours partiellement en ligne, ils devront trouver de temps pour venir valider les travaux pratiques.

Quel est le diplôme d’accès ?

C’est la licence au minimum, Bac+3.

Quel est le coût de la formation ?

La formation se fera sur quatre semestres. Les étudiants réguliers  payeront 451.200 fcfa et ceux salariés payeront 500.000 fcfa. Les étrangers des pays du Conseil de l’Entente, de la Cedeao et autres pays sont respectivement à 635.000 fcfa,  660.000 fcfa et 710.000 fcfa comme frais d’inscription et de formation.

Cela veut dire que vous n’avez pas la possibilité de récupérer les réparateurs traditionnels communément appelés dépanneurs ? 

C’est un autre volet du projet. Le projet est conçu principalement pour former des cadres Bac+5. Ceux qui ont les diplômes inférieurs à la licence auront une autre opportunité de formation dans le projet PHORAN.

Expliquez-nous le volet concernant les dépanneurs

Dans ce volet, par exemple, sur les 5 années du projet, il y a 500 électroniciens réparateurs souvent appelés « dépanneurs » de Calavi et de Cotonou qui viendront sur le campus universitaire pour des séances de vulgarisation et/ou de recyclage. Mais cela démarre en 2018. L’Association nationale des communes du Bénin (Ancb) a jugé bon à juste titre d’impliquer toutes les régions du pays. Ce qui a été approuvé par les partenaires dans la limite de l’enveloppe budgétaire.

Quelle formation vous leur réservez ?

La première formation durera une journée et sera consacrée à la  vulgarisation sur le numérique.  On a vu que dans le Programme d’Actions du Gouvernement, cela a été pris en compte. On va donc leur apprendre l’impact du numérique sur leur métier. Pendant cette  journée, on va leur faire visiter le laboratoire. Après cette phase, ils nous diront leurs besoins et attentes en termes de recyclage.

Quel est le coup de main du rectorat et de votre établissement l’EPAC dans l’implantation de ce projet ? 

Je dois avouer que le rectorat et l’EPAC nous ont beaucoup aidés. C’est le moment de les remercier. La première chose est leur appui constant. Les infrastructures adéquates ont été attribuées par les autorités. Je saisis l’occasion pour saluer la direction de l’EPAC ainsi que toute l’équipe rectorale pour leur leadership éclairé. C’est important. En dernier ressort, CanalBox nous accompagne en mettant à la disposition du projet une connexion internet gratuite. Merci à son Directeur Général. Je salue les partenaires privés et publics qui ont dès le départ soutenu ce projet. Je remercie aussi les bailleurs sans qui nous n’aurions pu lancer ces formations. Je rassure également les parents et apprenants sur la qualité des formations qui leur seront données.

Propos recueillis par Emmanuel GBETO

 

 

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