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Le triomphe de la vérité

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9e Forum africain sur le carbone: Bio Tchané plaide pour le financement vert


Bio Tchané au Lancement du forum Africa carbone/Ph:DR

Le 9e Forum africain sur le carbone s’est ouvert, le mercredi 28 juin, au Palais des Congrès de Cotonou sous le thème « Action collaborative pour le développement durable en Afrique». Co organisé par le Secrétariat exécutif de la Convention cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (Ccnucc) et le Cadre de partenariat de Nairobi, le conclave a été ouvert par Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat, ministre du Plan et du développement du Bénin quia lancé un vibrant appel pour une plus grande implication du secteur privé dans le financement des projets verts.

L’ouverture du 9èmeForum africain sur le carbone a été marquée par le vibrant appel d’Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat, ministre du Plan et du développement pour une plus grande implication du secteur privé dans le financement des projets verts. Le ministre a insisté sur la nécessité d’agir maintenant car neuf ans après la mise en place du « Marché Carbone », les résultats demeurent faibles pour l’Afrique qui n’a bénéficié jusque-là que de 2, 5% des fonds disponibles. Face aux nouveaux enjeux des changements climatiques, la rencontre de Cotonou veut apporter des solutions efficaces et durables qui passent par une synergie d’actions entre les acteurs publics et privés. Abdoulaye Bio Tchané a expliqué que « l’implication du secteur privé aux côtés des gouvernements de nos pays est une exigence aujourd’hui, si les pays africains veulent réussir leur participation à l’effort mondial de réduction des gaz à effet de serre, lutter contre les changements climatiques et bénéficier de façon accrue aux différents projets de Mécanismes pour un Développement Propre » (MDP).Le secteur financier se retrouve au cœur de cet effort et les institutions financières sont appelées à financer des projets essentiellement portés par des jeunes, une cible dont le mieux-être figure en bonne place dans le Programme d’Actions du gouvernement (PAG) du Bénin.

Le rôle des marchés carbone

Réunis en sessions d’ateliers, sessions de formation et séances plénières depuis trois jours, les participants au forum concentrent leurs réflexions aux voies et moyens à mettre en œuvre aux fins de contribuer à l’amélioration du niveau de participation des pays africains à la réduction des émissions des gaz à effet de serre au niveau mondial.Ce jeudi 29 juin, les participants se sont concentrés entre autres, sur le rôle des marchés carbone et des instruments financiers dans l’appui à la mise en œuvre des Contributions déterminées au niveau national (CDN). Dans le courant des négociations de Paris sur le climat en 2015 en effet, plus de 90 gouvernements ont mis l’accent sur le rôle des marchés financiers dans la mise en œuvre de leur CDN. Résultat, l’Accord a donné naissance à l‘article 6, suscitant une reprise de l’intérêt pour les solutions du marché du carbone. La session a donc permis aux panélistes de se pencher sur la pertinence des marchés dans le cadre de l’Accord de Paris, ainsi que sur la façon dont ils peuvent bénéficier à l’Afrique, et sur la meilleure façon de transformer les CDN en actions. Le 9e Forum africain sur le carbone prend fin aujourd’hui avec au programme, une session ministérielle de haut niveau sur la mobilisation des ressources financières pour combattre les effets néfastes des changements climatiques. Inscrite dans le cadre du mécanisme pour un développement propre, celle-ci réunira les ministres en charge de l’Environnement et du Plan sur les questions de la finance climatique.

 

Ils ont dit

Dr Juliette Biao Koudénoukpo, Directrice du Bureau Afrique de ONU Environnement, ex PNUE, ancienne ministre de l’environnement du Bénin

« Il est temps de passer des politiques et des stratégies à l’action »

 

« Ce forum se passe dans un contexte particulier en ce sens qu’il a lieu au lendemain de l’Accord de Paris. Les pays ont ratifié l’accord, les pays se sont ajustés, puisqu’ils avaient déjà leurs plans d’actions qui commençaient d’une façon ou d’une autre de s’adapter aux changements climatiques. Malheureusement, lorsqu’on regarde les plus récentes négociations à Bonn sur la question des finances sur le climat, on se rend bien compte que les engagements pris par les pays développés sont loin de permettre qu’on puisse réduire l’écart. ONU Environnement a publié son rapport sur l’écart des émissions des gaz à effet de serre et on se rend compte que si la tendance continue, on sera bien loin de maintenir le réchauffement climatique à 2° tel qu’il a été retenu par l’accord de Paris. Pire, si les politiques échouent, on ira droit vers un réchauffement de 4°. Et tout ça se traduit en termes de coûts faramineux sur les pays africains. Ce forum qui se tient en ce moment est donc un forum très important pour tirer la sonnette d’alarme et dire qu’il est temps de passer des politiques à l’action »

 

Marindame Kombate, responsable d’investissement pour

Camco Clean Energy,Accra, Ghana

« Il est important que les pays africains prennent les énergies renouvelables au sérieux »

 

« Le développement des pays africains doit se baser sur le développement des énergies renouvelables. Il est important que les pays africains prennent les énergies renouvelables au sérieux, parce que ces énergies ont beaucoup d’impacts sociaux et environnementaux, vu que les pays africains font face aux effets néfastes changements climatiques. Pour ce faire, il faut créer un environnement assez propice pour les développeurs et les financiers. »

 

Luc Gnacadja, ancien ministre de l’environnement du Bénin

« L’Afrique a besoin de s’affranchir de l’excuse du manque de capacités »

« L’Afrique a besoin de s’affranchir de l’excuse du manque de capacités. L’Afrique doit s’emparer de l’information, se saisir des différents mécanismes de renforcement de capacités pour se saisir aussi du climat comme une opportunité. Une opportunité pour générer de l’énergie, transformer l’agriculture, pour gérer nos villes différemment, et ainsi de suite. Il y a des pays où le biogaz est l’énergie utilisée pour les bus. Ce forum est une opportunité pour que, non seulement les pays qui se sont retrouvés ici, mais aussi les acteurs béninois écoutent ce qu’on fait ailleurs et s’en inspirent pour s’affranchir de l’excuse du manque de capacités. C’est une excuse facile. Ce forum est une occasion pour que le Bénin cesse d’être en retard par rapport à cette dynamique-là ».

 

Flore S. NOBIME

 

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