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Secteur agricole: L’ex Sg Syntra-Sonapra expose les raisons de son soutien à la liquidation de la société


«Il est vrai que personnellement, je ne saurais me réjouir de la liquidation d’une société comme la Sonapra. Nous avons vécu la décision comme un choc, mais en même temps comme un signe d’un échec collectif. Mais il n’y a avait plus d’autres choix à faire, pour une société qui a une lourde ardoise », a affirmé hier, Clément Koudokpo, ex secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la Sonapra ( Syntra-Sonapra ), invité de l’émission «Zone Franche ». Chef personnel par ailleurs, il se dit être bien placé pour dire la réelle situation de la Sonapra, ces dernières années et qui a conduit à cette décision du gouvernement Talon. «Ce n’est pas une surprise pour les travailleurs, car tous formulaient, bien avant, le vœu de voir cette société entièrement restructurée » a-t-il révélé.
Si entre 1991 et 1996, la Sonapra avait affiché ses plus fortes performances, tout a commencé à dégringoler à partir de 1997, selon le Sg Syntra/Sonapra, qui s’est désolé particulièrement que depuis 2008, la société ne fonctionne qu’à base des subventions de l’Etat. Présentant le calamiteux tableau financier actuel, il évoque, entre autres, une trésorerie passive de 35 milliards, des dettes fiscales évaluées à 32 milliards, des dettes abyssales de 34 milliards. « Il n’y a pas mieux aujourd’hui qu’une mesure comme celle de la liquidation. Je la défends, car elle arrange tous les travailleurs et toute la nation béninoise, l’essentiel est qu’il y ait une reprise de la mission, et ça l’est à travers les 7 agences régionales agricoles créées », s’est également réjoui Clément Koudokpo qui refuse qu’on débloque près de 150 milliards pour ressusciter une société alors qu’il y a des solutions parallèles qui ne coûteraient pas autant.

Les licenciés dédommagés à la juste mesure
Au sujet des agents de la Sonapra licenciés, l’invité de « Zone Franche » n’a pas manqué d’apporter d’importantes clarifications. Mais avant, il a dénoncé l’effectif pléthorique qu’a connu ces dernières années, la société, à travers des recrutements « fictifs ». Selon lui, il n’y a que 100 emplois réels à la Sonapra contre les 342 emplois existants jusqu’à sa liquidation. Il accuse à ce sujet, d’anciens directeurs généraux qui faisaient défiler des frères, cousins, beaux-frères, militants pour occuper des postes internes et se dit prêt à les affronter dans un débat contradictoire, chiffres contre chiffre, document contre document. « Contrairement aux textes en vigueur, aucun agent sur la période n’a pu exécuter deux contrats avant qu’on le titularise », a-t-il aussi dénoncé.
Quant aux agents licenciés qui sont au nombre de 270, dont lui-même, il rassure qu’il a veillé au bon suivi de la procédure, pour avoir travaillé aux côtés du liquidateur. En plus des délégués du personnel, des représentants des syndicats maison ont été associés à toutes les étapes de la procédure, à le croire. « Tout a été suivi à la lettre et il a été prévu le juste dédommagement des travailleurs licenciés. J’ai aussi veillé à ce que, dans la procédure, ils puissent vérifier tous les éléments qui permettent à chacun de calculer convenablement ses droits », a souligné le Sg Koudokpo. Le calcul a été fait à la Direction générale du travail et c’est sur cette base que les virements ont été effectués, selon toujours l’invité, qui rajoute, que les agents licenciés ont également bénéficié de 5 mois et 5 jours d’ajouts de salaires, depuis la date de la prise de mesure de la liquidation. Indemnités de licenciement, indemnités de préavis, indemnités de congés, tout a été calculé, selon le syndicaliste qui se réjouit aussi que le redéploiement ait déjà commencé pour les agents qui ont postulé à des postes dans les nouvelles agences créées, indiquant que l’Etat leur a accordé un avantage inédit en fixant l’âge limite à 60 ans dans le dossier d’appel à candidatures.

Christian TCHANOU




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