.
.

.

Invité sous l’arbre à palabre de l’Evénement précis: Le ministre Delphin Koudandé parle de la politique agricole de Talon et de Ajavon


Le Bénin redevient bon élève avec son coton qui a crevé le plafond à la satisfaction du gouvernement du nouveau départ. Le 104ème invité « Sous l’Arbre à Palabre », la rubrique phare du quotidien l’Evénement Précis, le ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, Delphin Koudandé, n’a pas caché sa joie. Interrogé sur le point de la campagne cotonnière 2016-2017, il a annoncé que le Bénin a relevé le défi avec un score jamais égalé de 451 mille tonnes de coton graines. Dans une atmosphère décontractée, Delphin Koudandé qui était face aux journalistes du quotidien l’Evénement précis, a saisi l’occasion de l’entretien à bâtons rompus pour faire également le point des réformes en cours au sein de son ministère, du programme d’action du gouvernement et des relations entre son ancien  mentor, Sébastien Ajavon et le chef de l’Etat Patrice Talon. Natif de la commune de Toffo et fin amoureux de la pâte de maïs au légume, le ministre Delphin Koudandé a expliqué que tout se met en place afin que l’agriculture béninoise retrouve ses lettres de noblesses avec de nouvelles filières porteuses pour l’économie béninoise. L’avenir agricole sera radieux avec l’avènement du régime Talon, prévient-il, fier de l’occasion qu’il a pour évoquer avec les journalistes de l’événement précis, ce qui se fait dans l’intérêt du peuple béninois.

Et si on en parlait

Comment se porte le «grand» département ministériel dont vous avez la charge ?

Ce département que vous qualifiez de grand a toujours été le chouchou de tous les gouvernements. Le secteur agricole,par ses activités, constitue la majeure partie de l’économie nationale et utilise pratiquement 70% de la population active. Si nous voulons nous occuper, si le gouvernement veut s’occuper de sa population, il est obligé de prendre en compte l’agriculture car, l’agriculture elle-même est la base de notre l’économie. Je ne vous apprends plus rien. Ça, on ne le dira jamais assez. Le ministère se porte bien d’autant plus que nous avons le personnel et une équipe technique mobilisés et dévoués au niveau du ministère.

Certes, il y a des remous qui,à mon avis, ne manquent pas dans une structure. Mais notre PTAB 2017a été validéil y a seulement quelque temps. Donc les gens sont impatients de voir ce qui se passe ou ce qui doit se passer. Et je les comprends très bien. Ils sont impatients parce que nous avons passé près de 6 mois sans qu’on ne voie les actions sur le terrain. Mais depuis quelques mois, il y a des actions qui sont apparentes sur lesquelles je vais revenir un peu plus tard.

Quand on a un PTA qui a été validé récemment, comment on rattrape tout cela ?

Nous ne sommes pas restés les bras croisés. Nous avons assuré la transition puisque le PAG a été mis au vu et au su de tout le monde, le 16 décembre 2016. Mais le PAG, c’est un programme quinquennal du gouvernement. Il faut le décliner maintenant en éléments annuels. Il y a aussi des réformes qui sont en cours. Tout cela explique le temps mis pour finaliser et faire valider le PTA. Nous avons tout de même anticipé. Car nous savions que la saison devait commencer. La saison n’attend ni le PTA, ni le décaissement de l’État. Donc, nous avons pris des dispositions en utilisant nos agents qui sont sur le terrain pour aider les producteurs à commencer leur campagne en attendant que nous démarrions avec toutes les réformes que nous avons initiées.

L’un des exploits du gouvernement du nouveau départ qu’on vante, c’est la production cotonnière qui a atteint un record jamais égalé…

Moi, je n’ai jamais parlé publiquement de la production cotonnière.  Même si je n’ai jusque-là pas encore évoqué le sujet, c’est vous qui le dites et on ne peut qu’en être fier

Le chef de l’État l’a dit…

Oui, il l’a dit. Çà, ce sont les résultats que nous avons eus. Mais, moi, en tant que ministre de l’agriculture, je n’ai pas fait trop de bruit autour. Le travail qui a été fait est un travail de sous-bassement que nous avons commencé dès notre prise de fonction. Et tout était mis au point pour que la campagne puisse démarrer. Ce qui fait que nous avons travaillé deux mois pour pouvoir remettre le coton, surtout la famille qui s’occupe du coton (je veux parler de l’association interprofessionnelle du coton, AIC) sur les rails. Cette association était mise sous boisseau depuis près de 4ans.

Ce travail, on l’a fait en sensibilisant les gens au niveau des producteurs. Mais l’effort a été fait par l’État qui a payé les producteurs en son temps pour qu’ils puissent être prêts à tenir leurs engagements. Parce que, s’ils ont des dettes, ils ne vont pas s’adonner. Donc, la campagne était pratiquement hypothéquée à notre arrivée. Mais, vous savez que le chef de l’État, le président Patrice Talon, était dans la production du coton et savait ce qu’on devait faire. Et il nous a amenés à le faire. Et la production du coton aujourd’hui s’élève à 451 000 tonnes au moins, un véritable record, suivant les informations que j’ai reçues, il y a quelques jours. Cela n’a jamais été atteint au Bénin. Ça, nous avons crevé le plafond. Pour dire qu’il y a le savoir-faire de l’association interprofessionnelle du Coton (AIC). Mais il y a aussi la détermination du gouvernement à relever le défi. Parce que le coton représente une part importante dans le PIB.

Donc, c’est le savoir et la détermination qui sont les secrets de cette performance ?

Le savoir-faire des hommes est très déterminant. Mais, il faut remercier le chef de l’Etat pour les diligences qu’il a engagées en vue de sauver la campagne. Et ne pas surtout oublier les producteurs qui ont compris l’enjeu, et ont cru en ce qui se fait

Il y a les ressources de l’Etat, Mr le ministre …

Par rapport à l’intervention de l’Etat, laissez-moi vous dire que ce qu’il a eu à débourser a été utilisé pour payer les dettes de la campagne antérieure. Pour la campagne qui vient de s’écouler et qui a donné ce résultat, il n’y a pas eu de subvention. Çà, l’AIC s’en est occupée à l’interne. Elle a fait les avances aux producteurs. Donc l’État n’est pas intervenu pour mettre de l’argent dans le système, cette année. Le Président de la République a eu à le dire. L’assainissement de la filière coton, en mettant l’AIC en place, nous a fait économiser 180 milliards qui, d’habitude, sont injectés sans objectif précis,alors que les acteurs eux-mêmes pouvaient s’occuper de cette affaire.

Il faut dire que pendant que nous faisions la tournée de sensibilisation, il y avait un engouement au niveau des producteurs. Cet engouement est lié d’abord à la personne du président de la République et aussi du fait que les arriérés qu’ils avaient sur la campagne 2015-2016 ont été épongés. Voilà les secrets.

En plus de cela, il faut reconnaître qu’il y a eu une bonne pluviométrie. En effet, notre agriculture dépend de la pluie. Si on n’avait pas une pluie suffisamment bien étalée, on n’aurait pas pu avoir ce résultat. Il faut dire aussi que nous n’avons pas eu une flambée des attaques des insectes et autres prédateurs du coton.

En atteignant ce résultat, vous escomptez quelle amplitude pour le produit intérieur brut du Bénin (PIB) ?

Oui, il faut dire que ça va augmenter. Aussi, voudrais-je vous dire que ce n’est pas seulement le coton qui contribue. Si les autres secteurs n’ont pas évolué dans le même sens ou alors ne sont pas restés stagnants, si dans le même temps, il y a des chutes ailleurs, disons que la production de cette année ne peut pas faire augmenter le PIB. Donc, c’est tout un ensemble qui y concourt. Mais le coton occupe la majeure partie de l’augmentation de ce PIB. Nous espérons et croyons en l’augmentation du PIB pour cet exercice puisque tout est mis en œuvre pour ça.

Quels sont les autres produits sur lesquels le ministère travaille pour avoir les mêmes résultats ?

Si vous voulez parler des autres produits, on en parlera. Mais on ne peut pas dire qu’il y aura les mêmes résultats. Ce ne sont pas les mêmes types de culture et on n’en fait pas les mêmes usages. Disons que cela se quantifie différemment. Si vous prenez par exemple l’anacarde, c’est un arbre qui fait des fruits dont la noix est recherchée. Aujourd’hui, la pomme aussi est valorisée. Et toute la valorisation n’est pas encore prise en compte. On a le jus de pomme. Mais lorsqu’on fait ce jus, il y a les débris qui peuvent être réutilisés au lieu d’être jetés, utilisés pour améliorer une autre production. Pour l’anacarde, on est en train de voir comment amener un arbre à produire autour de 700kg par an. Si on peut y arriver, ce serait une percée parce que l’anacarde est le deuxième produit d’exportation. Donc le PAG a pris l’anacarde comme l’une des filières appartenant aux projets phares. Nous avons trois produits qui sont des filières à haute valeur ajoutée. C’est-à-dire qu’en prenant chacun de ces produits, on peut avoir une marge de bénéfice substantielle. Il s’agit de l’anacarde, de l’ananas et des cultures maraîchères.

Vous avez dit que le Bénin a fait un record jamais égalé. Quelle est la position qu’occupe aujourd’hui le Bénin dans le classement des pays producteurs du coton de la sous région?

Nous n’avons pas encore avec exactitude la documentation qui renseigne sur la quantité produite par les autres pays. Mais, je dirai qu’avec nos recherches, nous avons du coton de meilleure qualité. Les fibres sont longues parce que la qualité dépend de la longueur de ces fibres. Je voudrais aussi vous dire que cela est lié à la façon dont on récolte. Chez nous, on récolte à la main ce qui permet d’enlever toute la fibre. Donc, ce n’est pas mécanisé. Si c’était mécanisé, cela pourrait donner un résultat moins bon que ce que nous avons actuellement.

Au niveau de la recherche, nous avons eu un progrès sur des variétés que nous mettons aujourd’hui sur le marché et que les producteurs utilisent. Et cette recherche s’acharne à toujours faire des projections pour avoir un meilleur produit par rapport aux autres pays.

Parlant de la campagne cotonnière qui vient de s’écouler, combien de tonnes envisagiez-vous avoir ?

Le Président de la République, dans ses déclarations, avait dit que si on pouvait avoir 350 mille tonnes, ce serait déjà suffisant pour lancer la chose. Lui, il a fixé ses objectifs. Moi, en tant que ministre de l’agriculture, en allant faire la campagne, je suis parti demander aux gens d’avoir comme objectif de produire 400 mille tonnes pour que, bon an mal an, on puisse atteindre les 350 mille tonnes fixées par le PR. Voilà comment la sensibilisation a été faite. Vous avez vu les résultats. Non seulement on a atteint les 400 mille tonnes, mais on a dépassé 450 mille tonnes. Je crois que c’est à féliciter et vous devez féliciter les producteurs qui se sont mis au travail. Je sais que nous sommes tous concernés puisque c’est le Bénin.

Je vais vous donner un exemple. Nous avons eu les attaques des chenilles. C’était en mai dernier. Notre équipe sur le terrain a pu identifier la chenille et identifier les produits qu’on peut utiliser pour les combattre. Ce qu’il y a de particulier dans cette attaque, est qu’on traite pied de maïs par pied de maïs.  On ne peut pas mettre dans un appareil et puis vaporiser comme on fait pour le coton. C’est pénible pour les producteurs, même pour les techniciens que nous sommes. Mais si vous ne faites pas ça, vous ne pouvez pas. Parce que le papillon fait les œufs sur les feuilles et lorsque les larves sortent, ils descendent vers le cœur du maïs et bouffent les feuilles. Ce qui fait que la production est hypothéquée. D’où, il faut nécessairement traiter le maïs pied par pied lorsqu’il est à bas âge. C’est de cette manière qu’on a pu s’en sortir. Certains producteurs ont acheté les produits pour traiter leur champ et ils ont eu le résultat. D’autres ont dit comme beaucoup de Béninois le disent, que tout doit venir de l’État. Or si vous attendez l’État, ce n’est pas évident que votre production donne. Et c’est ce à quoi nous voulons sensibiliser nos producteurs. Parce que le maïs qu’ils produisent n’est pas pour nous.

On a eu le même cas à l’inter saison en décembre dans la vallée de l’Ouémé.  C’était si important que le président est intervenu pour mettre des produits à disposition et on a attaqué. Et là, j’ai été visiter un champ qu’on a essayé de publier dans la presse et là, ceux qui ont accepté traiter ont eu à récolter de beaux épis. Mais il y en a qui n’ont pas voulu parce qu’ils se disent, qu’il faut que leurs agents soient ceux qui vont traiter pour eux. Combien d’agents avons-nous pour combien de champs des paysans? A ce niveau, je crois qu’il y a une sensibilisation qu’il faudra faire.

Quand on atteint 451 mille tonnes, on se bombe certainement la poitrine d’atteindre les 500 mille tonnes prochainement, n’est-ce pas monsieur le ministre ?

Oui, on projette ça puisqu’il faut progresser. L’homme ne reste pas statique. La vision, c’est d’abord d’atteindre ce que nous avons déjà obtenu cette année et aussi d’avoir un progrès. Donc, on peut se fixer comme objectif 500 mille tonnes. Et avec la participation des producteurs que nous allons accompagner, puisque ce n’est pas moi qui vais faire la production ni cultiver, pour qu’ils améliorent leur façon de faire, et que les espérances deviennent une réalité. Si on calcule la moyenne, à peine cela fait 2 tonnes à l’hectare. Or, on peut produire le coton jusqu’à 3 tonnes à l’hectare. Donc, si on peut améliorer la technique de production, sans augmenter la superficie emblavée, on peut augmenter la quantité.

La Sonapra est en cours de liquidation. Dites-nous pourquoi et que  deviendront les travailleurs licenciés ?

La Sonapra avait des usines et aujourd’hui, elle n’a plus d’élément industriel. Elle s’occupait surtout d’appuyer les paysans et de faire  la distribution des intrants agricoles. La réforme qui a été mise en jeu a voulu séparer le rôle régalien de l’Etat et l’accompagnement des paysans qui est une forme de travail que le ministère gérait. Faisant la part des choses, on a créé, pour s’occuper du rôle régalien de l‘Etat, des directions départementales de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. Il y a un certain nombre de choses que l’Etat fait et qu’on a séparées de l’accompagnement des paysans, de la fourniture des intrants, et ainsi de suite. Ça revient dans le giron des agences territoriales de développement agricole. La vision du Président de la République est de laisser au privé, ce qui revient au privé. L’Etat ne doit pas se mettre à acheter et vendre. Cela permet à nos compatriotes de se lancer dans les affaires pour pouvoir s’autogérer. Il y a un certain nombre d’activités qu’on a dévolues aux agences territoriales de développement agricole, et qui font doublon avec celles de la Sonapra qui a plus de 300 agents. Et ce n’est pas des agents qui vont encadrer les producteurs. Compte tenu de ce fait, on a décidé de la liquidation, parce que c’est vidé de son sens. Avant que nous n’arrivions au pouvoir, il y avait la CAIA qui s’occupait de la distribution et de la vente des intrants agricoles. Ayant analysé cette situation, la réforme a été engagée, ce qui fait que la Sonapra est en liquidation. Qu’allons-nous faire des agents ? Je crois qu’aujourd’hui la situation évolue. Les lignes bougent. Au niveau du ministère, nous avons récupéré les agents permanents de l’Etat. Il y a des agents conventionnés. Actuellement,avec le processus de liquidation, on est en train de leur payer leurs droits. Il y a des ouvertures pour récupération. Nous avons lancé les appels à candidatures pour les agences territoriales de développement agricole. Nous nous sommes dit qu’il faut recruter les dirigeants de ces agences par appel à candidatures. On voit les dossiers, on sélectionne, on fait les entretiens et on prend les meilleurs. Surtout au niveau du ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, il y a cinq ou six agences qui étaient créées tous azimuts. Je suis allé rendre visite à l’agence pour la promotion de l’aménagement hydroagricole. C’est un assistant social qui est le DG Adjoint. Il y a des règles pour recruter dans ces agences mais on a mis les règles de côté et recruté des gens qui n’étaient pas destinés à ces postes. Ça nous créait des problèmes avec les partenaires techniques et financiers. Ils étaient devenus observateurs et quand nous sommes venus, ils se demandaient ce que nous allions faire. On a pris les dossiers et on s’est dit qu’on est obligé de reprendre. Si on postait des agents qui avaient le niveau ou le profil, ça se comprendrait. Ces agences-là, il fallait les fermer pour reprendre les recrutements et liquider celles qui devaient être liquidées.

 

Que répondez-vous à ceux qui disent que les agents sont abusivement licenciés et de plusieurs mois de travail sans salaire ?

Le Béninois n’aime jamais prendre de risque. Travailler dans le privé n’est pas le fort du Béninois. Et pour les travailleurs, c’est être à la charge de l’Etat, d’avoir le petit salaire et être en train de faire autre chose. Ça ne date pas d’aujourd’hui. Par rapport à ça, le fonctionnaire de l’Etat est rebelle à tout ce qui va le menacer un peu. Les informations que je viens de vous donner sont des rapports qui me sont parvenus. Quand on leur a donné leur lettre de licenciement, ils ont refusé de prendre. Ils ont écrit une lettre, ils nous ont pratiquement traduits devant les juridictions. Mais dès qu’on a commencé à payer, j’ai appris qu’ils ont commencé à percevoir. Vu l’ambiance, je me dis qu’ils prennent l’argent peut-être pour avoir plus de force pour s’organiser.

 

 Peut-on en savoir plus sur l’affaire des fonds non recouvrés de la Sonapra ?

En réalité, cette affaire est une procédure normale. Rien n’est caché… Au fait, on a exporté sous Sonapra qui a envoyé du coton-fibres convoyé par bateau. Il  y a des normes de fonctionnement. En livrant les balles, c’est qu’il doit prendre un document qui permet de se faire payer à la banque. On a constaté que les balles ont été livrées sans que  le document n’ait été pris. Le liquidateur qui est actuellement là, a pris les dispositions, l’armateur est arrivé à Cotonou et il en a profité pour mettre la main sur le bateau. Le contenu et la valeur du bateau dépassent largement ce qu’il nous doit. Ça veut dire que ça leur permet de prendre les dispositions pour pouvoir libérer leur bateau, et nous, nous récupèrerons l’argent.

 

Le ministère de l’agriculture est en pleine réformes structurelles, avec des suspensions, des limogeages, etc. Quelles sont les grandes lignes de ces réformes ?

Il n’y a pas eu de limogeage, c’est la structure qui n’existe plus. On n’a pas renvoyé des gens de leur service et le service a continué à fonctionner. Ce sont des structures qui ont été liquidées. Les structures étant liquidées, les gens ne peuvent pas continuer à travailler. Le Président de la République met en œuvre des réformes courageuses que nous avons toujours reportées, rendre réelle la décentralisation en mettant en place les douze départements. Ensuite, on a travaillé pour essayer de cadrer le Bénin en zones de production homogènes pour assurer le développement. On parle de coton. Le coton couvre une zone mais il y a certaines zones qui n’ont pas de coton mais il faut qu’elles se développent. Nous avons le devoir de travailler à les développer. Il ya des produits qui se développent dans ces régions. Notre politique est de faire  développer les zones selon leurs spéculations. Et on a assigné des spéculations à des zones données. Par exemple Karimama-Malanville, c’est le riz et les cultures maraichères qui sont prédominants, mais là-bas aussi, vous allez trouver les gros et petits ruminants, même la volaille. Lorsqu’on vient dans la zone Donga-Borgou Sud-Collines et un peu le Zou, c’est la zone de prédilection de l’anacarde mais en même temps, toute cette zone produit le coton, aussi, le soja s’y développe. Il y a une spécialisation des zones avec des cultures-type que nous pouvons développer pour que ceux qui sont de ces zones-là aussi puissent avoir des revenus substantiels. Le PAG ambitionne de promouvoir d’autres filières : poisson, viande, lait. Et la vallée de l’Ouémé qui n’est pas pour une spéculation donnée. Mais je sais que le maïs, le riz, les cultures maraichères, le manioc dans la vallée sont des potentialités que nous espérons mettre en jeu pour le bonheur de notre pays.

 

Quelle est la politique agricole du gouvernement pour assurer la sécurité alimentaire ?

Elle est largement développée dans le Programme d’Action du Gouvernement. On l’a manifestée et ça continue. Il y a une vulgarisation du PAG  et pour ma part, lorsque je veux parler du PAG, je parle du volet Agriculture du PAG. Notre pays a comme potentiel pour booster son économie, l’agriculture. La politique que nous avons élaborée et que nous avons commencé par mettre en place, c’est le développement local, par zone avec des filières spécifiées. Et par rapport à ça, il est question d’améliorer la productivité ; ensuite, d’augmenter la superficie, parce que nous voulons produire non seulement pour l’autosuffisance alimentaire et nutritionnelle, mais pour pouvoir placer nos produits sur le marché. On ne veut pas placer que des produits bruts. Nous voulons transformer pour avoir la plus-value par rapport à ces spéculations. La politique qui suit, c’est la mécanisation pour permettre un travail plus aisé à l’agriculture familiale. C’est vrai qu’on peut utiliser les outils qui sont adaptés mais lorsqu’on veut aller loin, il faudra développer une agriculture qui met en commun les terres qu’on peut travailler avec de bons engins et que les gens puissent travailler autour, au lieu du chacun pour soi.

 

Et le projet de développement agricole des communes ?

Vous parlez du FADEC Agriculture ! C’est un projet qui existait avant notre arrivée. C’est une politique qui existait pour le développement local, communal, où l’Etat met des fonds pour les investissements au niveau communal et ça transite par le ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche qui assure un peu le guidage technique de ces programmes. Généralement,les autorités communales font des programmes que nous étudions avec elles, on corrige pour que ce soit quelque chose de potable à mettre en œuvre.

Une alerte à la famine a été lancée par le maire de Natitingou en mai dernier lors de la tournée du ministre d’Etat en charge du développement. Qu’en est-il au juste ?

Il faut prendre ces types d’informations avec beaucoup de précautions et de nuances. Je vous ai dit qu’il y a eu des attaques, l’année dernière et que les résultats de la production ont montré que l’essentiel des superficies attaquées était autour de 4%. 4% à l’échelle nationale n’a pas de signification sur la production. A l’échelle individuelle, celui qui a perdu son champ a un problème ; donc c’est solvable. Nous n’avons pas déclaré la famine avec ça, puisqu’il n’y avait pas péril en la demeure. Ce qui s’est passé à Natitingou, c’est que ce sont des cultures pratiquement de bas-fonds ou de contre-saison qui ont été attaquées. La totalité à Natitingou fait 0,75 hectare. Ça ne fait même pas un hectare. Est-ce qu’à partir de 0,75 hectare, on va dire qu’on a la famine ? Je crois qu’il faut prendre les informations avec beaucoup de sang froid et d’esprit d’analyse.

 

Comment inciter les jeunes à l’entreprenariat agricole?

Ça, c’est un programme qui tient à cœur au gouvernement. J’ai parlé dans nos échanges de la vallée de l’Ouémé qui est un milieu très productif. Selon nos projections contenues dans le PAG, nous allons y installer 5000 jeunes. Un jeune ne peut pas travailler avec les moyens que nous utilisons aujourd’hui pour la production. C’est ça qui fait que les gens délaissent les villages. Donc, il faut créer un environnement où ils n’auront pas besoin de venir dans les villes, et où ils auront les facilités de la ville, et des facilités pour la production. D’où la mécanisation, la maîtrise de l’eau. Par rapport aux changements climatiques, nous avons besoin de maîtriser l’eau puisqu’il peut pleuvoir trois semaines de suite sans que  les trois semaines suivantes,l’on enregistre de pluie. Ça déprime la plante. J’ai parlé aussi de l’agriculture familiale. Le vrai développement passe par la mise en commun de différentes ressources. Un développement de type coopératif où ils peuvent avoir accès à la mécanisation, mais aussi, nous avons mis en place une stratégie. C’est de constituer des jeunes dotés d’outils mécaniques qui pourront faire des prestations aux familles. Nos paysans devront comprendre que ça ne doit pas être gratuit pour que les uns et les autres tirent profit de cela.

Dans la vallée de l’Ouémé par exemple, les eaux courantes apportent des éléments nutritifs, et, en se retirant, elles laissent ces éléments. C’est là ce qui soutient la richesse de cette vallée mais il faut l’aménager. Il faut que ça diminue du lieu où l’eau apporte des éléments nutritifs. C’est ce qui fait que les gens ne fument pas tellement leur culture dans la vallée. On a prévu installer des jeunes et l’un des facteurs favorables est que la richesse de cet environnement fait qu’on a besoin de moins d’investissements, surtout en matière d’intrants. Mais ilfaut aussi dire que c’est un environnement où il faut avoir des moyens spécifiques pour travailler. Sur ce point, il y a des projets qui font un travail pilote, comme le PAIA-VO qui travaille depuis un certain nombre d’années et dont les résultats des travaux seront vulgarisésdans le milieu, afin de pouvoir permettre aux jeunes qui vont s’installer, d’avoir les facilités d’exploiter cette vallée. C’est une mine d’or que nous avons laissée et dont on ne tire pas profit

Vous venez de dire que l’agriculture dépend de l’eau. N’est-il pas temps de mettre en place une politique pour permettre aux paysans de cultiver à plein temps ?

Il n’y a pas de miracle. Il faut travailler. Depuis 1960, nous avons eu des aides de ceux qui nous ont colonisés mais on n’a jamais envisagé adopter une politique de la maîtrise d’eau alors que la quantité d’eau déversée sur le sol, en période de pluie, est énorme et crée des problèmes Le phénomène qui est arrivé existait depuis 1960, seulement que ce n’était pas criard. Il faut trouver la meilleure stratégie pour maîtriser l’eau, surtout l’eau de pluie. Si nous allons chercher l’eau en profondeur, c’est une réserve qui risque de tarir parce qu’il y a des risques dessus et les gens tirent déjà la sonnette d’alarme sur la réduction de cette eau. La politique actuelle est de maîtriser l’eau de pluie par la mise en place des barrages. Ce que nous envisageons faire en nous inspirant de l’exemple du Burkina-Faso, c’est que des barrages soient faits lors de la construction des routes. Ce qui permettra d’aménager les retenues d’eau dans ces zones pour que les cultures puissent se développer autour de cela en saison sèche. La difficulté se sent  lorsqu’il y a inondation. C’est plus difficile de maîtriser l’inondation que la sécheresse. Pendant la sécheresse, vous pouvez continuer par stocker de l’eau et vous pouvez faire votre agriculture. C’est dans ce schéma que nous nous trouvons aujourd’hui. Ce changement climatique nous crée beaucoup de dégâts et nous croyons que la population va nous accompagner dans cette politique que nous comptons mettre en place.

Le Bénin était concerné par le moratoire en ce qui concerne la culture par les OGM. Le moratoire est fini et où en sommes-nous ?

Il n’y avait pas de moratoire avant mon arrivée au ministère de l’agriculture. C’est des informations qui circulaient avant notre arrivée. Je fais partie des acteurs qui ont conduit au premier moratoire. Le tout premier était de cinq ans. Dans ce moratoire, on avait interdit toute importation et manipulation des OGM. Dans le même temps, on se disait qu’il faut prendre les dispositions pour contrôler mais on ne pouvait pas le faire. C’est contradictoire. La recherche devait s’apprêter à ce que des méthodes soient adoptées pour faire le contrôle et former ceux qui doivent faire le contrôle. Il n’était pas permis de faire un travail sur le matériel. Lorsque le premier moratoire est fini, on s’est entendu avec la société civile. Les acteurs de la société civile arrivés en force à notre atelier de validation pour voir comment il faut ouvrir la vanne. Il a fallu faire des négociations avec eux et on a pu les convaincre pour que les portes soient ouvertes pour la recherche. Malheureusement, le Bénin est ce qu’il est. Pendant que nous étions à l’atelier, ceux qui y participaient ont passé une communication en conseil des ministres pour proroger le moratoire sans que l’ouverture pour la recherche ne soit enclenchée. Moi, je n’ai plus travaillé dans ce sens puisqu’il y avait un ministère qui était le point focal de l’affaire et qui avait le rôle de réglementer tout ce qui est OGM au niveau national. Le premier moratoire a pris fin en 2007 et en 2008, on a organisé cet atelier pour avoir une ouverture.

Quelle est la situation actuelle ?

Aucune règle n’a été mise en jeu. Il y a que partiellement, des gens ont étéformés. Nous avons certains laboratoires qui ont la capacité de faire certains contrôles. Aujourd’hui, il n’y a pas un contrôle des OGM aux frontières. Ce que nos agents peuvent faire, c’est de voir si les marchandises sont étiquetées. Mais, si vous aviez participé au contrôle de l’étiquetage, vous sauriez que toutes les étiquettes ne sont pas des mêmes sources !

Quel est le danger qu’on court quand les OGM atterrissent dans nos plats ?

Je suis généticien. Je ne dirai pas que la manipulation génétique ne constitue pas un danger mais c’est très minime. C’est des présomptions. Pour le cas précis, c’est la production qui n’a pas donné les résultats escomptés et la population a rejeté.

Le Bénin veut renouer avec son coton. A quand la venue du coton biologique et sa transformation au Bénin ?

On a produit le coton cette année et le résultat ne donne plus de doute. Le coton biologique se fait à petite échelle. Les gens n’atteignent pas les résultats qu’on atteint par méthode classique. C’est contraignant et il y a très peu qui le font. Pour que ce soit qualifié de biologique, il faut un suivi par des experts pour le qualifier comme coton biologique. L’Etat reconnait le coton biologique parce qu’il s’achète à un prix meilleur que l’autre coton. Il y avait une différenciation dans le paiement de la campagne 2015-2016, entre le prix du coton biologique et le prix du coton ordinaire. Certaines personnes s’y connaissent. Ils sont encadrés par des Ong qui essaient de trouver le débouché du coton biologique à ceux qui s’y adonnent. Quant à la transformation sur place, j’ai eu des discussions avec l’Ambassadeur de la Chine près le Bénin qui faisait un plaidoyer pour les usines. Ils sont en train de rénover l’usine de Parakou et il y a celle de Lokossa qui, selon l’Ambassadeur, est fonctionnelle aujourd’hui. Donc, nous allons écrit une lettre à l’AIC qui gère la filière coton, pour qu’elle dégage ceux dont les usines ont la capacité de traiter au Bénin. La négociation était de pouvoir le mettre au même prix que le coton exporté. Si on devait le faire à moindre prix, ils peuvent choisir d’exporter leur produit.

Dans la ceinture cotonnière notamment à Banikoara, il y a de sérieux problèmes liés à la conception des femmes. Les risques se multiplient, le couvert végétal disparait à petit coup. Quel est aujourd’hui l’état des lieux et que fait votre ministère pour que cette situation soit résolue ?

Je n’ai pas d’informations concernant l’état sanitaire des femmes. L’état de dégradation des sols n’est pas circonscrit à Banikouara. C’est depuis le sud jusqu’au nord. Déjà dans les années 1980 et 90, les terres de barre dans les zones du Mono, de l’ouémé, il y a des zones où vous verrez des herbes bien vertes, parfois jaunes, mais quand on y met du maïs, ça ne donne rien. Cela veut dire que ce n’est pas seulement le coton. Au sud, l’agriculture n’utilise pas beaucoup d’intrants. Mais au nord, ils utilisent beaucoup d’engrais à cause du coton. Et par le biais du coton, il y a un apport  au sol et cela fait que leur production en matière de maïs et autres dépasse de loin le rendement qu’on a au sud. Concernant la politique du gouvernement, nous sommes en discussion avec un programme au Maroc où les experts viendront nous apprendre comment booster le sol par des apports de phosphate. On va faire une caravane avec les laboratoires du pays qui s’occupent du sol. Ils vont nous apprendre  comment rehausser la fertilité des sols.

Le coton est souvent utilisé dans l’alimentation. Qu’est- ce qui se fait dans votre ministère pour lutter contre les intoxications qui en découlent ?

Nous faisons chaque fois des séances de sensibilisation. On n’en parlera plus quand les Hommes auront choisi de faire ce que nous disons. Ils utilisent ces produits comme des ustensiles et on a des cas d’intoxication. Lorsque des gens font des cossettes d’igname en période  d’attaques d’insectes, ils emploient des produits prohibés qu’ils utilisent pour leur alimentation. Ce sont des produits douteux alors qu’il faut des produits contrôlés

C’est des faux produits ?

On a ramassé des médicaments, la fois dernière et ce n’est pas moi qui les déclare faux. Il y a quelque chose qui se passe et qui ne date pas d’aujourd’hui. Il y a des produits, « mikpogokpo », qui viennent du Nigéria et qui sont utilisés dans l’agriculture parce que les gens utilisent pour nourrir les animaux.

Quels sont les risques que nous courons dans ce cas ?

Lorsqu’il y a accumulation dans la chaire, en consommant, vous accumulez aussi. Le risque est que les gènes deviennent résistants aux antibiotiques qu’on va utiliser pour vous traiter. Et on n’aurait pas le résultat. Mais, il y a un contrôle que font aussi les vétérinaires.  Il y a des analyses qui se font aujourd’hui pour voir s’il y a des résidus médicamenteux dans la viande. Ce n’est pas encore populaire mais on sait le faire.

Conjointement avec le ministre du commerce, vous avez pris un arrêté interdisant l’importation des produits de la volaille. De quoi retourne cette décision ?

Il s’est malheureusement avéré que les agents vétérinaires contrôlant ont constaté qu’il y a du faux qui se passait au niveau du Brésil. Or, nous importons de la viande de là-bas. Ayant eu cette information, la meilleure manière pour nous était de stopper les importations pour la période. C’est une décision de suspension temporaire. La situation est en train de s’arranger puisque nous avons reçu une requête du Brésil nous demandant de lever notre suspension. On était aussi en préparation de le faire parce que nos services d’élevage sont en contact avec le monde entier par l’organisation internationale de la santé animale, qui gère la santé animale mondiale. Dans ce cadre, toutes les informations dans le monde circulent et les décisions sont prises. Le directeur de l’élevage vient de rentrer de mission de l’OIE. Nous suivons la situation.

On dirait que cette décision a été prise contre un opérateur économique, en occurrence Sébastien Ajavon

Ne m’amenez pas sur ce terrain. Ce que je viens d’expliquer est tout de même assez clair pour ne plus verser dans des interprétations tendancieuses.

En tant que ministre du gouvernement Talon, vous vous définissez comme un ministre technocrate, bureaucrate ou politique ?

D’abord, je suis un technocrate. Je suis un technicien pur. Je suis dans un monde politique. Je suis obligé de faire la politique de développement que nous sommes en train de gérer, ce qui ne fait de mal à personne.

 

A quand votre parti politique ?

Non, je n’en créerai pas.

Votre mentor Sébastien Ajavon a clamé partout que vous êtes l’un de ses ministres et qu’il vous a demandé de quitter le gouvernement mais vous résistez. Pourquoi ?

Vous-même, en votre âme et conscience, est-ce que je suis ministre d’Ajavon ?

Mais il a dit qu’il vous a proposé !

Je suis d’accord que Mr Ajavon m’a proposé. Maintenant,  après cette phase, convenez avec moi que je deviens ministre de la République et je sers le pays.

Donc, vous préférez servir le pays que de suivre les instructions de celui qui vous a proposé ?

Il y a actuellement un seul gouvernement de la République formé par le Président TALON. Je fais partie de ce gouvernement pour servir  mon pays.

Quelles sont vos relations aujourd’hui  avec Sébastien Ajavon ?

Nos relations sont très bonnes. Nous n’avons pas de contradiction,  mis à part ce que vous avez évoqué.

Vous avez l’air serein quand on parle de votre mentor. Pourquoi ?

Non, je dis ce qui est. Nous ambitionnons au gouvernement de faire la politique de développement et je suis sûr que Monsieur Ajavon le comprend bien. Regardons beaucoup plus l’essentiel. Donc, allons sur d’autres sujets.

Au terme du quinquennat, dites-nous les actions phares que le chef de l’Etat aurait souhaité réaliser par exemple ?

Dans le secteur de l’agriculture, le PAG a bien délimité les projets phares et les projets prioritaires. Ces projets prioritaires sont ceux que nous avions avant de venir dans le PAG et qui doivent se poursuivre. Les projets phares, c’est les projets que nous allons exécuter et qui vont pouvoir nous permettre de réduire nos importations en produits alimentaires ou de placer nos produits agricoles sur le marché international. Voilà les deux grands objectifs quantitatifs. Mais là, il faut la qualité surtout si on veut aller sur le marché international et je me dis aussi qu’il ne faut pas tenir compte seulement du marché international pour produire la qualité mais il faut également la qualité pour notre consommation intérieure. Donc, on ne doit pas faire les choses de moindre qualité pour nos populations et envoyer les meilleures qualités à l’extérieur. Le plus grand objectif, c’est de pouvoir mettre plus de produits à l’exportation et à cet effet, nous  avons, l’ananas, l’anacarde et les produits maraichers et là aussi, il faut plus voir la tomate qu’autres choses. Maintenant, lorsqu’il s’agit de l’aquaculture continentale,   donc production de poisson, c’est surtout pour baisser l’importation que nous faisons aujourd’hui du poisson parce que nous sommes déficitaires. C’est la même chose au niveau de la viande, du lait et des œufs.

Votre conclusion Mr le ministre

Ma conclusion, c’est de dire que l’agriculture qui constitue la base de l’économie béninoise va rester encore dans les dix prochaines années comme la vase. Ça ne changera pas et ne pourrait être détrônéesi nous faisions émerger des ressources minières. Mais aujourd’hui, les chances ne nous sont pas encore données. Le jour qu’on aura du pétrole en grande quantité, qu’on va pouvoir vendre, peut-être que l’agriculture connaîtrait une décadence. Et, si vous prenez nos frères d’à côté, le Nigéria, qui a tout le temps compté sur le pétrole, aujourd’hui, ils sont en train de recentrer leur agriculture. Depuis l’année dernière, il y a des délégations nigérianes qui viennent apprendre de nous, comment faire l’agriculture, comment faire la production, simplement parce qu’ils ont laissé de côté la production agricole. Notre agriculture n’a pas encore livré tous ses secrets et a de beaux jours devant elle !

 

Carte d’identité

Avide de connaissances

Né à Toffo cinq années avant l’accession du Dahomey à l’indépendance, Delphin Koudandéy suit ses études primaires de 1962 à 1968. Pour avoir totalisé huit fautes en dictée, une matière éliminatoire, il est recalé au Certificat d’études primaires. Il totalise tout de même assez de points pour passer en classe de 6ème. Admis au collège St Thomas d’Aquin,  il y reste jusqu’en 5ème, classe après laquelle il fait un transfert de bourse au Lycée Technique Coulibaly de Cotonou et y achève son cycle. En 1975, alors que le Dahomey devenait le Bénin, Delphin Koudandé décroche son baccalauréat, série  D.  A l’Université nationale du Bénin, il effectue deux ans de tronc commun en Chimie-Biologie-Géologie et Agronomie.En 1978, il n’échappe pas aux deux années de mission d’enseignement imposée par le régime militaro-marxiste en place. C’est au cours de cette mission que son destin prend une autre tournure. Il tombe en effet sur un avis d’offre de bourse pour l’école vétérinaire de Dakar. Il postule, réussit et s’envole pour la capitale sénégalaise pour cinq années d’études au bout desquelles il accède au grade de docteur en médecine vétérinaire. Rentré au bercail, il se met au service de son pays de 1983 à 1995 avant d’avoir l’opportunité d’un Master. Il rejoint alors les Pays Bas. Parti pour 17 mois, il n’a pas terminé le 8ème lorsque l’opportunité d’un enseignement génétique se présente à lui. « Avide de connaissances », le quadragénaire Delphin Koudandé fait fi de son « âge suffisamment avancé » et saisit l’occasion. Une fois de plus, la chance lui sourira : « je discutais beaucoup avec mon professeur…c’est là qu’il a jugé utile de me confier un programme de doctorat qu’il avait et c’est ainsi qu’on m’a offert sur  un plateau de faire mon PHD en génétique animale. » Ce qu’il concrétise en décembre 2000 avant de rentrer au Bénin. A l’Institut national des recherches agricoles du Bénin, Delphin Koudandé retrouve son poste de chercheur. Il ne fait pas que s’en contenter, puisqu’il allie avec succès, recherche et enseignement. «  Au niveau de la recherche, nous avons évolué au niveau du CAMES et en 2003 j’ai été promu chargé de recherche au CAMES. En 2009, j’ai eu le grade de Maître de recherche qui correspond à maître de conférences dans les universités ».  Il en était là jusqu’en avril 2016, quand le président Patrice Talon lui fit appel pour occuper le poste de ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche.

 

Intimité

Fringant sexagénaire, Delphin Koudandé est conscient du temps qui passe. Aussi, s’entretient-il en contrôlant son alimentation. Inconditionnel de sauce légume accompagnée de pâte de maïs, le ministre est aussi amateur de fruits.L’eau reste sa boisson de prédilection, même s’il aime à se faire plaisir en dégustant de temps à autres, un ou deux verres de vin.Adepte du sport, il s’est procuré du nécessaire pour se maintenir en forme à domicile. Père d’une fille et d’un garçon âgés de plus de 30 ans, il reste fidèle à sa femme à qui il voue amour et respect.

La Rédaction

N'hésitez pas à partager ...Share on Facebook0Share on Google+0Tweet about this on Twitter0Share on LinkedIn0

Reviews

  • Total Score 0%



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *