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Entretien avec le ministre d’Etat sur le contenu du Programme d’Action du Gouvernement : Bio Tchané dévoile les solutions que le Pag apporte aux problèmes prioritaires des béninois


Le ministre d’Etat chargé du plan et du développement, Abdoulaye Bio Tchané a effectué, du 4 au 7 mai 2017, une tournée dans le septentrion afin d’expliquer le contenu du Programme d’action du gouvernement aux populations. A l’étape de Parakou, il a organisé, le vendredi 5 mai 2017, dans le bureau du maire de Parakou, un point de presse pour faire, avec la presse locale, un tour d’horizon des raisons de sa mission gouvernementale. Occasion pour le numéro 2 du régime du nouveau départ de répondre aux polémiques et critiques de toutes sortes au nombre desquelles la question du retard du gouvernement dans le cadre de la vulgarisation du PAG et les autres sujets brûlants qui ont nom énergie, construction d’aéroport, port sec, etc. En répondant clairement qu’il n’y a aucun retard, dans le cadre de la vulgarisation du PAG, Abdoulaye Bio Tchané a indiqué que le temps qui a séparé la présentation du PAG et sa présence sur le terrain a été consacré à la préparation des dossiers de mise en œuvre dudit programme. Le ministre d’Etat a également apporté des réponses qui ont dissipé les autres récriminations.     Lisez l’intégralité de sa réponse sur la question.

L’événement Précis : Monsieur le ministre d’Etat, pourquoi avoir attendu autant de polémiques autour du PAG avant d’entamer votre tournée de vulgarisation ?

Abdoulaye Bio Tchané : Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Je pense que nous ne sommes pas en retard. C’est vrai qu’il y a eu un moment, probablement au moins 6 mois, que le PAG a été rendu public, c’est à dire le 16 décembre 2016. Nous avons pris tout ce temps-là en fait pour préparer les dossiers de mis en œuvre. C’est important. D’abord, vous retenez que nous avons pris d’avril à octobre pour préparer le PAG lui-même. Nous avons ensuite pris d’octobre à décembre pour préparer sa présentation au peuple béninois et à la communauté internationale. Depuis décembre, nous sommes dans la mise en œuvre, c’est à dire dans la préparation des dossiers. Vous le savez, ce sont des ressources essentiellement du secteur privé (61%) qui doivent financer le PAG. Ensuite, il y a une contribution de nos partenaires traditionnels. Tout cela fait qu’il faut des dossiers, il faut des études aussi qui sont parfois très longues. Pour une route par exemple, il faut une étude qui peut prendre facilement 6 mois. Juste pour une route. Quand vous avez prévu un pont, c’est encore plus long. Pour l’électricité, c’est encore plus long. Donc, il fallait prendre le temps nécessaire pour mettre en place les dossiers et je peux vous dire, à base de ce que je sais aujourd’hui, que ce temps a été très utile parce qu’ aujourd’hui, nous pouvons parler à des partenaires qui savent qu’il y a des dossiers qu’ils peuvent regarder pour nous donner immédiatement une réponse

Comment les partenaires que vous rencontrez ont accueilli le PAG, n’est-il pas trop ambitieux ?
Je suis très heureux de pouvoir vous dire que dans la plupart des cas, nous avons reçu un accueil favorable de tous nos partenaires pour financer les projets. Je viens des États-Unis où nous avons fait la réunion du fonds monétaire international de la banque mondiale et je suis heureux de vous dire par exemple que pour le programme d’accès à l’eau potable, sur à peu près 900 millions de dollars qu’il faut pour ce projet, rien que la banque mondiale est prête à mettre immédiatement sur la table 300 millions de dollars. Les autres partenaires vont contribuer également et avec les ressources additionnelles que l’État béninois va mettre, c’est sûr que ce projet va être financé entièrement. Donc, il n’y a pas de problèmes dans la mise en œuvre de ce programme important pour nos compatriotes.
Maintenant, il faut communiquer. Mais pas seulement à Cotonou. Il faut utiliser tous les médias. Il faut se déplacer et parler à nos concitoyens. Et c’est ce que je fais. J’étais à Malanville et à Kandi. Je suis à Parakou ensuite à Djougou pour discuter avec les représentants des populations. Après, nous sommes partis dans d’autres villes, Natitingou, Tanguieta et un peu plus tard dans d’autres départements de notre pays. Donc c’est un exercice qui est important. Il faut que nos compatriotes adhèrent à ce PAG. Et ils ne peuvent y adhérer que s’ils comprennent tout l’intérêt qu’il y a dans sa mise en œuvre. Les 500 mille emplois que nous disons dont les jeunes ont besoin, l’eau potable dont tout le monde dans tout le pays a besoin, les routes, les infrastructures ou l’accès aux soins de santé primaire, à tout le monde, nous verrons qu’à l’horizon 2021, tous les Béninois quelques soient leurs conditions, en particulier les plus démunis, pourront avoir ces soins de santé lorsqu’ils sont malades.

Monsieur le ministre d’Etat, comment les populations que vous rencontrez accueillent le message que vous leur apportez sur le PAG?
J’ai été très heureux de ressentir que les populations sont très heureuses d’avoir reçu des informations et de nous dire, vous êtes la bienvenue. Maintenant, nous savons le contenu réel du PAG. Maintenant, nous ne nous en tenons plus à des rumeurs, à de la désinformation. C’est un accueil très favorable que nous avons reçu et je me félicite que nous ayons pris cette initiative de faire cette tournée. D’autres collègues Ministres sont en train de faire es tournées dans d’autres parties du Pays. Et le feedback que J’ai eu de ceux-là aussi, c’est que les populations étaient enthousiastes.

Qu’en est-il de l’aéroport de Glodjigbé, du deuxièmement aéroport, celui de Tourou et même du projet de port sec de Parakou pour leur réalisation concrète, monsieur le Ministre ?
D’abord, le nouvel aéroport, c’est à Glodjigbé. Donc, c’est l’aéroport international qui va remplacer l’aéroport de Cotonou. Les discussions sont en cours, les études et ensuite la réalisation. C’est un projet qui date de plus de dix ans aujourd’hui. Maintenant, nous sommes prêts à le réaliser. Je peux vous dire avec plaisir que ce projet avance.
Deuxièmement, l’aéroport de Tourou qui n’est pas en concurrence avec ce projet de Glodjigbé, est un aéroport international aussi. D’abord le premier problème, c’est qu’il fallait l’achever. Contrairement à ce que certains ont pu dire, l’aéroport physiquement n’était pas terminé. Il fallait achever un certain nombre de travaux. Seule la piste était terminée. Il y a d’autres choses à faire. Dans un aéroport, il y a les hangars, il y a des dispositions logistiques qui n’étaient pas prêtes. Donc, il faut le faire et c’est en cours en ce moment. Mais le plus important dans un aéroport international, ce sont les conditions pour le rendre effectivement praticable. Et cela n’était pas fait. Donc, encore une fois, ce ne sont pas les caractéristiques physiques seulement. Il y a un certain nombre de normes qu’il faut réunir. Et ces normes-là sont évaluées non pas par le gouvernement, mais par l’Asecna qui est l’autorité régionale que nous reconnaissons tous. Et dans le cas d’espèce de l’aéroport de Tourou, ces normes-là ne sont pas réunies. Donc le travail que nous faisons aujourd’hui au ministère des infrastructures et des transports est de réunir ces conditions pour que, lorsque le travail matériel autour de l’aéroport sera terminé, on puisse le rendre opérationnel.
Sur le port sec, c’est un projet privé et non de l’Etat béninois. Il faut savoir qu’il y a un certain nombre de paramètres à prendre en compte. Il s’agit des voies d’accès que le promoteur est en train de réaliser. Il y a une voie pavée qui va du port sec à la route principale. De la même manière, il faut des rails. C’est un port sec. Donc, il faut amener les marchandises de Cotonou à ce port sec. Et pour cela, c’est par les rails principalement que le promoteur a souhaité. Et il faut que ce promoteur négocie avec qui fera cette construction. Pour l’instant, ce n’est pas encore fait. Et troisièmement, il y a les dispositions administratives qu’il faut remplir. Et que le promoteur doit remplir et sur lesquelles il est en train de travailler. Je ne peux donc pas vous donner une réponse parce que ce n’est pas notre projet. Tout dépend essentiellement de la vitesse avec laquelle le promoteur veut remplir les conditions. Et en ce moment, dès que ce sera fait, nous pourrons effectivement rendre ce site opérationnel. Je sais combien c’est important de l’avoir. Je sais qu’il va produire de la main d’œuvre. Je sais aussi qu’il va produire des emplois comme l’aéroport de Tourou va en produire. Donc, ce que nous pouvons faire pour accompagner ce promoteur, nous le ferons en tant que gouvernement.

Le délestage, est-il réellement conjugué au passé ou que faites-vous pour résorber ce problème au plan national en général et à Parakou en particulier ?
Pour le Bénin, vous savez que nous avons pris des mesures urgentes sur la base desquelles nous avons dit, Cotonou en fin décembre 2016 ne va plus connaître de délestage. Avant cette échéance, c’était déjà fait. Parce que nous avons loué des équipements additionnels qui ont permis d’accroître la production pour suppléer à la défaillance de l’importation que nous faisons. Il faut savoir que l’énergie que nous consommons au Bénin, en avril 2016, était importée à plus de 90%. C’était les pays voisins qui nous fournissaient l’énergie. Et forcément, lorsqu’il y a des difficultés, et qu’ils réduisent leurs fournitures, nous, nous n’avons plus assez. Là, nous avons pris deux mesures. C’est accroître d’urgence la capacité pour que lorsque les pays voisins ne nous fournissent pas, nous puissions combler avec la production locale. Ça a été fait. Nous avons pris immédiatement aussi des mesures pour que la production locale permanente soit accrue, parce que la location c’est temporaire, la permanente, c’est la production locale. Donc ayant pris des mesures pour que cette production locale là puisse s’augmenter, ce sont d’abord des productions propres. Ensuite, nous avons sélectionné des entreprises qui vont, dans le cadre d’un accord en PPP, produire l’énergie et la vendre et enfin avec le programme des États-Unis et le MCA, nous produisons des capacités additionnelles pour compléter notamment dans le solaire ce dont nous avons besoin. Dans ce cadre d’ailleurs, Parakou va bénéficier de 20 mégawatt d’électricité produits en solaire. Djougou va en profiter en partie ainsi que Natitingou. Voilà ce que nous faisons sur le plan national. C’est pour vous dire que d’ici 2018, nous aurons accru suffisamment notre capacité et notre production locale sera suffisante pour notre besoin interne.
Pour Parakou qui était pratiquement dans la même situation, ce qu’il faut savoir est que l’énergie consommée à Parakou venait d’une part du Togo par des turbines installées entre le Togo et Parakou. Elle venait aussi des turbines installées à Parakou et qui étaient alimentées par du gasoil. D’une part, nous n’avons pas suffisamment d’électricité parce que la ligne est faible, et d’autre part, les turbines qui ont été installées ici à Parakou n’ont pas été entretenues et certaines sont tombées en panne. Ce que nous avons fait en urgence, c’est de faire intervenir des techniciens pour réparer ces turbines qui sont ici et c’est en cours. D’ici la fin de l’année, on devrait avoir ces machines-là. Nous sommes en train de construire une deuxième ligne qui va donner de l’électricité à Parakou à partir d’Onigbolo. Ces deux actions vont permettre d’accroître l’énergie qui sera disponible dans Parakou. Entre temps, nous avons installé des groupes qui permettent d’accroître la capacité et de suppléer à l’insuffisance temporaire. Donc ce que je peux dire est que sur la base des mesures qui ont été prises, d’ici fin 2017, nous aurons une amélioration substantielle de la production et la distribution d’énergie dans Parakou, et d’ici fin 2018, je peux assurer que nous serons sortis totalement des besoins et que l’énergie qui sera disponible, sera largement suffisante pour couvrir les besoins de Parakou.
Il y a aussi le problème d’eau potable. C’est un problème qui est adjacent parce que si vous n’avez pas d’énergie, c’est difficile de pomper l’eau dans la ville. Nous avons installé en urgence, à la demande du chef de l’État, un groupe de 2 mégas qui permet d’accroître l’alimentation en eau potable dans Parakou. C’est ce qui est fait et vous avez dû sentir une amélioration de la disponibilité de l’eau à Parakou pour ces derniers jours. Mais ce n’est pas suffisant parce que l’eau qui est disponible et qui vient de l’Okpara n’est plus suffisante pour alimenter l’ensemble de la ville de Parakou parce que les installations qui étaient là, avaient été faites pour un certain nombre d’habitants. La population de la ville de Parakou s’est accrue substantiellement depuis et il faut accroître substantiellement le volume d’eau disponible dans l’Okpara pour le faire. Les travaux sont actuellement en cours et là aussi, d’ici 2018, je pense que nous aurons une capacité d’eau suffisante pour projeter Parakou sur les dix prochaines années et rassurer la disponibilité de l’eau dans la ville pour l’ensemble des citoyens.

Propos recueillis par Gérard AGOGNON




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