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Edito: Souwi, l’art de se suicider


logo new1L’UPR a formellement soutenu Ahmed Tidjani Affo Obboh, alias Souwi, le député de l’Alliance ABT suspendu de sa formation politique pour trahison et indiscipline. C’est un geste presque inédit dans le paysage politique du Bénin où il est malséant de s’ingérer dans ce qui se passe dans un parti dont on n’est pas membre. Il s’agit clairement d’un geste belliqueux visant à nuire à ABT, à en donner une image de parti sans base qui doit un de ses députés à la mansuétude de l’UPR.  Ici, Issa Salifou, président de l’UPR se comporte comme s’il avait de vieux  comptes   à régler à Abdoulaye Bio Tchané, en utilisant un prétexte tout à fait fallacieux. La réaction du député suspendu qui a nié toute relation antérieure avec l’UPR, n’en ajoute qu’à l’impression d’une attaque sans fondement contre ABT. Que lui a-t-on donc fait pour qu’il s’ingénie à semer la discorde chez les autres ?
Il est vrai que tous les observateurs avertis ont déjà remarqué la présence du député ABT aux côtés du même Issa Salifou lorsqu’il lançait, fin janvier, sa violente diatribe contre le préfet du Littoral. Peu de gens avaient alors compris comment un député supposé être de la mouvance présidentielle pouvait participer à une manifestation violemment anti-gouvernementale aux côtés de gens qui étaient potentiellement prêts à manipuler l’opinion pour créer une insurrection contre le régime Talon. Deux mois plus tard, survient le vote du 04 avril ayant consacré l’échec du projet de révision cher à Patrice Talon. Et si vous avez bien regardé ce jour-là, vous auriez remarqué que ce même Souwi avait la procuration du même Issa Saley pour voter en  ses lieux et place.  Autrement dit, il a voté «non» à deux reprises.
Avec cette manœuvre, Souwi a tiré deux fois sur son leader. La première fois, c’est que le vote négatif signifie qu’il poussait Talon à renoncer à sa promesse de ne faire qu’un seul mandat. Il faut être perspicace pour savoir que le rejet du projet de révision donne vie à un rêve de Boni Yayi, le pire ennemi de Talon :   revenir en 2021. Car, en l’absence d’une stipulation claire de la constitution, l’ancien président croit toujours qu’il  a encore le droit de revenir et y travaille ardemment dans les villages, les palais royaux, les temples et les mosquées. C’est même pourquoi le projet de révision comportait une indication claire stipulant qu’un ancien président ne pourrait plus jamais être candidat. Et Talon ne peut laisser son ennemi revenir. La meilleure façon de travailler à l’avènement de ABT en 2021 était simplement de voter pour le projet de révision qui écartait d’office le Président de la République de la course. Souwi n’a probablement pas pensé qu’il tuait directement les ambitions de son leader.
La deuxième fois, c’est qu’en votant contre le projet, il laissait penser, soit qu’il avait reçu des instructions souterraines de son leader, soit que celui-ci ne maîtrise pas en fait, ses deux députés.  C’est d’autant plus malheureux qu’en comparaison, un PRD qui a neuf députés, a réussi à faire voter intégralement les neuf dans la même direction. Tandis qu’avec seulement deux…
Mais je trouve qu’il s’agit de sa part, d’un coup qui pourrait se retourner contre lui-même. En votant contre le projet gouvernemental, il se retrouve tranquillement dans le camp de ses adversaires qui luttent à Bassila et Copargo pour lui arracher son siège de député. Le premier s’appelle bien Nourénou Atchadé, député FCBE de la circonscription électorale contre lequel il s’est fermement battu depuis de nombreuses années. Une éventuelle coalition entre les deux pour la prochaine législative, est tout simplement impensable, ne serait-ce qu’au plan de l’arithmétique  électorale pure, puisqu’ils auraient en fin de compte à choisir une et une seule tête de liste en 2019. De l’autre côté, l’Alliance ABT qui lui a donné la tête de liste, parce que Souwi fut incontestablement un grand combattant, se verra obligée de l’écarter.
Oui, ce sont des considérations personnelles qui ont amené Souwi à voter contre le projet de révision. Mais ce vote pourrait sonner le glas de sa carrière politique s’il ne s’active pas à vite corriger l’énorme erreur qu’il a pu commettre en mettant sa formation politique en très mauvaise posture.

Par Olivier ALLOCHEME

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