Edito: Les défis à venir

logo journalQue vous souhaiter pour cette année 2017 ? Santé ? Prospérité ? Promotion ? Certainement tout cela réuni. Il le faut pour que chacun reprenne du souffle après l’année tumultueuse que nous avons connue en 2016.
Tumultueuse, 2016 l’aura été, et à bien des égards. Il y eut  d’abord l’élection et les bouleversements qu’elle a entrainés. L’élection de Patrice Talon aura été le couronnement de la déliquescence du régime Yayi qui aurait pu gagner facilement ce scrutin s’il  y avait un minimum de démocratie interne au sein des FCBE. L’omnipotence présidentielle incarnée par Boni Yayi a détruit la lucidité de l’ancien Chef de l’Etat et de ses thuriféraires zélés. Ils n’ont pas pu ni voulu comprendre les évolutions de la société béninoise. Boni Yayi a toujours raisonné comme naguère sous le timonier Gnasingbé Eyadéma du Togo, qui faisait passer sa volonté toute-puissante juste par un claquement de doigts. Le choix de Lionel Zinsou, je le crois encore, aura été le point d’orgue d’une succession d’erreurs stratégiques ayant préparé le succès inexorable de Patrice Talon. Je le dis aujourd’hui, comme naguère : si les FCBE avaient eu l’intelligence de choisir Arifari Bako, François Abiola ou surtout  Aké Natondé, les résultats eurent  radicalement basculé. Il faut un immense aveuglement pour perdre une élection présidentielle quand on a en main tous les leviers du pouvoir, dans un pays comme le Bénin où les populations sont d’une incroyable fidélité politique, surtout en zone rurale. Perdre une élection de cette envergure après avoir remporté les législatives et les communales un an plus tôt est vraiment le comble de la bêtise. Boni Yayi a été piégé par ses propres exubérances. Il a quitté le pouvoir par la petite porte.
Comme si tout cela ne devrait pas lui servir de leçon, le même déficit de lucidité se poursuit.
L’année 2016 aura été tumultueuse aussi en raison des réformes initiées par le nouveau régime. Ces réformes sont rendues impérieuses par l’ancienne gouvernance, mais aussi par la nécessité pour Talon de marquer la rupture. Le projet de société ayant permis au Chef de l’Etat de se faire élire, comporte un élément central porteur d’élan : le mandat unique. En choisissant de ne faire qu’un seul mandat, Patrice Talon s’est  lui-même   obligé à marquer la différence. Désormais, il n’a plus que quatre années pour mettre en place les grands chantiers annoncés par le Programme d’Action du Gouvernement (PAG). Doté d’une boussole claire avec des échéances claires, chaque membre de son gouvernement dispose d’une feuille de route qui est tout un agenda d’excellence. Réussir ou périr, tel est le maître-mot dans un environnement où le temps est l’ennemi numéro  1. Comme je l’ai déjà écrit par ici, si Talon et son équipe parviennent à réaliser même la moitié de ce PAG, le Bénin marquera un pas de géant.  Nous en sommes capables. Cependant, les sacrifices que ces réformes demandent, seront les principaux défis à relever. Il ne s’agit pas d’une pseudo résistance au changement, mais des évidents dommages, des intérêts inévitablement lésés que chaque procédure nouvelle, que chaque nouvelle action de progrès entrainera. Habitué à dicter sa loi aux politiques sur la base des objectifs électoraux de ceux-ci, les Béninois doivent  faire avec un gouvernement dont le Chef n’en a cure. Il ne veut pas d’un second mandat. Du coup, les moyens de pression politique sont limités. Il n’y aura rien tant que la population sentira que le pouvoir est réellement en quête de résultats vrais. Il n’y aura rien tant qu’elle ne verra pas que toutes ces réformes ne sont que manœuvres et ruses pour mieux profiter des pactoles du pouvoir. Il y aura le feu et le déchainement le jour où l’on sentira ici et là que les nouveaux princes ne sont là que pour faire gonfler leurs comptes en banque et faire de nouvelles affaires. Je ne souhaite à personne d’entendre le rugissement haineux des peuples en furie…
Last but not the least, l’année 2016 aura été chargée de tumulte du fait de la crise économique au Nigeria. Ce pays a atteint une véritable  récession du fait de la baisse tendancielle des prix du baril de brut et de la dévaluation du naira. Le renforcement de ses exportations couplé avec une politique commerciale protectionniste sont au cœur des questions que l’économie nigériane pose au Bénin. Le Bénin devra-t-il continuer à accepter les blocages récurrents de nos exportations vers le Nigeria  par des procédures délibérément décourageantes aux frontières ?  Je pense que non !

Par Olivier ALLOCHEME

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