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Le triomphe de la vérité

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Edito: Les FCBE à la périphérie de la rivière


logo journal« A cet effet, le Groupe exprime sa disponibilité à accompagner le gouvernement dans l’exécution de son programme dès lors que les actions participent au renforcement de la sécurité humaine, du progrès social,  politique et économique. » les parlementaires FCBE et alliés réunis en conclave, mercredi à Grand-Popo, ne pouvaient être plus clairs. Il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils fassent de l’opposition viscérale aux actions du Chef de l’Etat. Même la précaution qu’ils ont prise d’adoucir leur allégeance n’aura été que du cosmétique.  « De la même manière, l’inter Groupe est résolument déterminé à se démarquer et  à dénoncer  toute action attentatoire à l’unité nationale et à l’intérêt général». Voilà la rhétorique du cireur de pompe qui se camoufle pour mieux faire son travail.

Quelle mouche a donc piqué les députés FCBE pour qu’ils se démarquent si frontalement de la volonté de leur « leader charismatique » ?

Il se passe que les anciens « soutiens indéfectibles » de Boni Yayi ont fait les petits calculs dont ils sont   les maîtres du temps où le docteur était encore aux affaires. D’abord, quel intérêt ont-ils à s’opposer à Patrice Talon ? A l’heure où la distribution du gâteau se fait au nez et à la barbe de ceux qui étaient habitués à rester auprès de la marmite, ils se rendent bien compte qu’ils ne comptent plus pour grand-chose. Mis à l’index, stigmatisés à la limite, ils sont désormais des parias pour la plupart. Parias pour avoir soutenu le mauvais camp au mauvais moment, mais surtout parias pour avoir perdu là où eux-mêmes, en faisaient voir de toutes les couleurs à l’opposition, ils voient bien que leur tour est venu de subir. C’est l’histoire de l’arroseur arrosé. Les calculs d’aujourd’hui disent clairement que la direction du vent a changé. Faut-il changer avec elle ? Voilà la question.

Si nos informations sont justes, Boni Yayi ne doit vraiment pas être content de cette attitude de sa troupe. Lui qui cherche à créer un groupe résolument anti-Talon, se rend compte que ses députés se dirigent tout droit vers la nouvelle mouvance encore en construction. Il y a à peine trois mois, ils étaient pourtant prêts à tout pour lui montrer leur allégeance. Tam-tam, marches, prières, menaces contre l’opposition, tous les coups étaient permis, y compris l’achat de personnalités entières contre leur revirement spectaculaire. Toute la panoplie de la politique-bassesse, de la politique-nausée. Mais à peine la peine finie, ils n’ont même pas tenté de faire la vaisselle. Les voilà qui accourent vers leurs adversaires, la gamelle en main. Qui a entendu Pascal Essou , ce dimanche matin, sur Zone Franche ? «  J’aime autant le style de Talon que  celui de Boni Yayi. Ce qui compte, ce n’est pas un style mais le résultat d’un style», disait l’honorable député, tombé subitement amoureux de son ancien ennemi. Et puisque cela ne suffit pas encore, il ajoute, pour être plus clair : « Talon doit faire en sorte  que la rupture s’opère dans tous les pans de la vie nationale ». Qui a compris ? Voilà un zélateur de la « continuité » qui chante aujourd’hui tout son amour pour la « Rupture » au point de la réclamer « dans tous les   pans de la vie nationale ».

Comme pour lui emboîter le pas, le député Nouhoum Bida réclame désormais une « alliance stratégique » entre les FCBE  et la mouvance. Il y a à peine trois mois, c’eût été une hérésie diabolique punissable d’une violente séance de prière à la mosquée centrale de Djougou suivie de déclarations tarifées  pour vilipender l’énergumène. Aujourd’hui, sa proposition qui est une espèce de drague vers Talon, paraît presque normale.   C’est d’autant plus préoccupant que ces déclarations proviennent d’un parlementaire dont la voix compte, comme compte chaque voix à l’Assemblée nationale.

  Mais pour autant, les partisans du revirement au parlement ne doivent pas crier victoire trop tôt. Dans quelques semaines, la coordination nationale des FCBE, qui respire le yayisme à plein nez, pourrait situer tout le monde. Et là, nous verrons les premières cassures définitives.

Olivier ALLOCHEME

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