Zone franche avec le Président de l’Alliance ABT: Bio Tchané donne l’exemple de l’unité nationale

 Le président de l’Alliance pour un Bénin Triomphant (ABT), Abdoulaye Bio Tchané entend faire de l’unité nationale son cheval de bataille. Il a réitéré son engagement pour ce combat hier dimanche 1er mars 2015, sur l’émission « Zone Franche » de Canal 3 dont il était l’invité, non sans occulter plusieurs autres questions, dont la participation de son alliance aux législatives de mars 2015, la révision de la constitution et l’importance des grandes réformes économiques pour le développement.
La concrétisation d’une réelle unité nationale au Bénin tient à cœur à Abdoulaye Bio Tchané. Invité hier dimanche 1er mars 2015, sur l’émission « Zone Franche » de Canal 3, il a réaffirmé son engagement à œuvrer de tous ses moyens pour que cela se réalise un jour au Bénin. « Je suis moi-même un fruit de l’unité nationale, je suis né dedans et j’y ai grandi. J’ai des parents un peu partout dans le pays, du nord au sud, de l’est à l’ouest » a déclaré hier l’homme. Pour lui tout doit pouvoir se faire et s’opérer dans la concordance des idées de tout le monde, dans un vrai consensus. La question de la révision de la constitution est l’un des exemples dont il s’est servi pour dire qu’elle ne peut se trancher que dans un contexte de consensus national. «Une constitution, je suis d’accord, n’est pas faite pour être inscrite dans du marbre, bien sûr qu’il y a des points à améliorer, mais il faut le faire de manière consensuelle. La révision d’une constitution est presqu’une réforme, et pour qu’elle puisse réussir, il ne faut pas qu’elle laisse un goût amer à quelqu’un. Il faut le faire dans un contexte consensuel. Il faut donc débattre surtout avec des gens qui n’ont pas les mêmes points de vue que vous ». Il ajoutera qu’il est allé presqu’un peu partout dans le pays, et que la préoccupation majeure de l’heure des populations n’est pas la révision de la constitution.
Avec la fièvre électorale dans laquelle baigne déjà le Bénin, Abdoulaye Bio Tchané dit ne pas voir d’ailleurs le calendrier politique qui va permettre de s’asseoir pour échanger sur la question et la régler de façon consensuelle. « Une majorité à l’Assemblée nationale n’est pas suffisante pour réviser la constitution. Si les partenaires, comme on l’avance, ne sont pas contents, ce n’est pas seulement parce que nous n’avons pas constitutionnalisé la Cour des comptes. Il ne faut pas passer trop de temps sur les institutions, mais plutôt sur les politiques que ces institutions sont chargées de mettre en œuvre », a aussi souligné l’homme.

La liste ABT aux législatives 2015
Si aux dernières législatives de 2011, la liste ABT n’a pas pu compétir, ce ne sera pas le cas aux élections législatives de mars 2015. Elle s’engage effectivement dans la course au Palais des gouverneurs à la satisfaction générale de son leader charismatique, Abdoulaye Bio Tchané. « Nous avons de bons espoirs, c’est pour cela que nous allions avec une liste sur notre propre bannière. Pour nous, c’est la meilleure solution et nous verrons, au lendemain du 26 avril 2015, si notre approche était la meilleure », a-t-il affirmé. Quand à la question de savoir pourquoi il n’est pas candidat aux législatives, il répondra ainsi : « On ne peut pas être tout seul candidat à tout. Il faut choisir. Nous avons partout où j’aurais pu être candidat, des personnes bien formées, je leur fais confiance ». Reste qu’il y a des personnalités très proches à lui dont les noms ne figurent pas sur la liste ABT. Bio Tchané indique à ce propos, qu’il y en a qu’une seule, Amissétou Affo Djobo. Et il s’en est expliqué: « Madame Affo Djobo est une personne pour laquelle j’ai une grande amitié, un profond respect et une infinie gratitude pour ce qu’elle a fait avec moi depuis 2010, 2011. Cela étant, dans le processus de mise en place de cette liste, presque partout les militants ont souhaité choisir leurs candidats, et j’ai adhéré à cette démarche là ». Dans la 14ème circonscription où Madame Affo Djobo souhaitait être candidate, les militants à la base ont décidé de procéder par des primaires, et à l’occasion, ils ont choisi leurs deux candidats, Bassila, un certain Affo et pour Copargo, Assan Séibou. « J’ai considéré que c’est un processus démocratique qu’il ne fallait pas déjuger, qu’il ne fallait pas déranger parce que c’est la meilleure voie pour nous de gagner ces élections et d’avoir des députés ». Bio Tchané précise toutefois avoir fait de propositions à Madame Affo Djobo, en la rassurant sur d’autres chantiers. « On ne peut pas dire que si je ne suis pas député, je ne peux rien faire d’autre. Ce sont de telles approches qui nous créent des problèmes un peu partout en Afrique. Je sais qu’elle est difficilement consolable. Mais elle garde pour moi cette même gratitude et ce profond respect, cette même amitié. Et j’espère qu’à la fin des élections législatives, on se retrouvera pour continuer parce qu’elle demeure membre de l’Alliance ABT». Il indiquera, par ailleurs, que son alliance s’engagera davantage dans le combat pour l’unité nationale.

L’importance des réformes économiques
«Si vous ne faites pas des réformes dans un environnement consensuel, après avoir écouté des gens, il y a de très grandes chances qu’elles échouent. La conférence économique pourrait lancer les grands chantiers, notamment, réfléchir sur la direction dans laquelle nous allons », a souligné hier Abdoulaye Bio Tchané dans cette émission. Il n’a pas manqué d’approuver les efforts qui sont faits dans ce sens par le régime actuel, mais pense qu’ils sont « insuffisants». Il a surtout avancé des chiffres qu’il trouve « cruels » parlant de la réduction de la pauvreté au Bénin. « La pauvreté s’accroit dans notre pays. Les derniers chiffres disent que 37 % des Béninois vivent en deçà de la pauvreté », rapporte-t-il, témoignant avec désolation qu’il a vu, pas loin de Cotonou, à Calavi, des gens manger de l’Akassa avec du cube, c’est-à-dire, qu’ils n’ont même pas les moyens de faire la sauce qui accompagne, l’Akassa, qu’à Togbin des gens qui souffrent d’accès à l’eau potable, ainsi de suite. « La situation se dégrade, mais cela ne veut pas dire que rien n’est fait, par ailleurs. Il y a sûrement des choses positives qui ont été faites dans différents domaines. Il faut rendre à César ce qui est à César, mais en termes d’évolution de la pauvreté, la situation ne s’est pas améliorée. La raison est que le secteur privé se dégrade davantage. Il y a des difficultés de plus en plus grandes que rencontrent non seulement les grandes entreprises, mais les petites aussi », a fait observer Abdoulaye Bio Tchané
Le nombre de chômeurs parmi les jeunes s’accroît aussi. Tous les ans, il y a au moins 100.000 jeunes diplômés qui viennent grossir les rangs des chômeurs. Le phénomène n’est pas que mondial, parce que ce n’est pas une fatalité. « Le chômage des jeunes aujourd’hui n’est pas qu’un phénomène économique ou social, il est devenu une question de sécurité nationale. Un danger pour notre pays, si nous n’en faisons pas la priorité des priorités. Si certains de nos pays voisins ont aujourd’hui de grands problèmes d’insécurité, tout est parti d’une jeunesse désespérée », a –t-il prévenu.
Les efforts du gouvernement contre le chômage sont nettement insuffisants, constate-t-il, par ailleurs, parce que ce n’est pas seulement à lui de trouver des solutions pour répondre aux besoins de l’emploi dans notre pays. Un exemple : dans toute la fonction publique béninoise, il y a moins de 100.000 personnes, alors que tous les ans, au moins 100.000 jeunes viennent sur le marché de l’emploi. Combien le gouvernement peut recruter dans le groupe de manière marginale ? Pas beaucoup. Il ne recrute qu’entre 2000 et 3000 et le reste doit être assuré par le secteur privé et l’auto-emploi. Les politiques à mettre en œuvre sont donc celles qui doivent permettre au secteur privé et à l’auto-emploi de créer les emplois, selon Bio Tchané.
« Il y a donc de réformes à faire dans tous les domaines. L’accent doit être surtout mis sur la formation professionnelle. On doit davantage former des ingénieurs qui vont dans des fermes et non dans les bureaux », a-t-il conseillé par ailleurs. Quant à la politique de microfinance, Bio Tchané estime qu’elle ne sortira pas les femmes de la précarité parce que ce sont des prêts. « Nous devons travailler à accroître les revenus des femmes. Il faut penser à mettre dans la main de chaque femme, notamment rurale, des revenus réguliers », a longuement défendu hier Abdoulaye Bio Tchané.

Christian TCHANOU

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