déclaration « Sous l’Arbre à Palabres » de Christophe Mègbédji , Maire de Klouékanmey au siège de l’événement précis: « Une bonne Décentralisation dépasse la révolution »

Maire de Klouekanmè88ème invité de la rubrique « Sous l’arbre à palabre » du quotidien L’Evénement précis le lundi 26 janvier, le premier de l’année 2015, Christophe Megbédji, maire de la commune de Klouékanmey, n’a pas mâché ses mots pour exprimer ses pensées. Il s’est confié avec plaisir aux journalistes qui ont abordé avec lui plusieurs sujets de l’actualité, surtout ceux  liés à la décentralisation et à la gouvernance locale. Sur ce sujet, le maire dont la commune est lauréate de plusieurs prix pour sa bonne gouvernance estime que « Le Fadec a rendu la plupart des communes un peu paresseuses ». Lisez plutôt.

L’Evénement Précis : La décentralisation a-t-elle porté ses fruits de façon globale dans votre commune?
Il faut commencer par dire que la décentralisation est un processus, un système qui colle au développement à la base, c’est aussi la démocratie au niveau local. Etant un processus, nous sommes dans un trajet qui va nous conduire inévitablement vers le développement qui se renouvelle. Lorsque nous réglons un problème pour lequel la population nous sollicite, un autre nait. La satisfaction d’un besoin peut nécessairement durer. C’est pour cela que c’est un processus dans lequel on est comme dans un tourbillon de manière à permettre aux populations de s’inscrire dans une logique de demander. Car on est là pour leur offrir les services pour leur bien-être.

Est-ce que les élus locaux tels que vous les avez connus en 2003 ont vraiment été à la hauteur ?
Je dois dire que les élus locaux, dans l’ensemble, ont fait des efforts notables. C’est vrai qu’on n’a pas pu faire tout ce que les populations attendaient de nous. Comme vous le savez, c’est une expérience que nous avons démarrée en 2003. Cette expérience a aussi été enclenchée dans d’autres pays de la sous-région. En faisant le tour de ces pays, nous nous sommes rendus compte qu’on a quand même fait un effort, mais il faut améliorer notre façon de produire le système. Inévitablement, il faut l’améliorer et pour ça, nul ne sera de trop. La décentralisation est assise sur un trépied. Nous avons le gouvernement central d’un côté qui devait être dans les stratégies. Vous avez les communes qui sont opérationnelles, qui travaillent, qui innovent, les partenaires techniques et financiers, vous avez aussi les gens de la société civile qui accompagnent tout le mouvement qui doit profiter à tout le monde. Nous avons fait des efforts et beaucoup de choses sont à améliorer.

Quelle appréciation faites-vous du rapport sur la gestion du Fadec ?
Il fallait s’y attendre. Pour commencer, je voudrais dire que je suis souvent peiné de voir les gens s’accoler seulement au Fadec. Quand je reçois les gens, je dis que vous êtes là pour le Fadec mais on devrait parler des fonds publics. Quand un conseiller communal, un élu local ou un collecteur municipal va dans les marchés pour obtenir les ressources au niveau local, tout cela devrait préoccuper l’Etat central et non seulement le Fadec. Mais, quand on mène le débat par rapport au Fadec, je dis que le Fadec n’est que la face visible de l’iceberg. Il y a une grosse partie qu’on ne voit pas. On devrait s’intéresser aux fonds publics gérés par les communes. Sur le terrain, on demande combien on a mobilisé et on nous demande de montrer ce qu’on a fait avec l’argent. Le débat devrait être plus étendu, plus large. Mais malheureusement, on l’a limité seulement aux fonds Fadec. Je dois dire que le Gouvernement est dans son rôle. Vous envoyez des fonds à des entités décentralisées autonomes, vous devrez attendre que ces entités gèrent bien les fonds. Pour savoir s’ils gèrent bien ces fonds, vous devez aller sur le terrain et c’est ce qui se passe. Ce n’est pas surprenant que l’Etat central envoie sur le terrain des auditeurs pour savoir ce qui s’est passé. Supposons que vous êtes député et que vous devez aller sur le terrain, ce n’est pas pour le pouvoir mais c’est pour aussi éduquer.

Mais le rapport est très critique par rapport à la gestion des municipalités
Oui, mais nous prenons acte de ce qui est dit dans le rapport. Comme nous n’avons pas encore eu de façon détaillée le contenu du rapport, il n’y a pas de problème. Le rapport qui est critique, nous devons prendre ce qui est dit dedans, les observations qui sont faites et nous inscrire dans ce qui est dit de sorte que ce qui est reproché aujourd’hui comme étant une erreur, ne se répète pas demain. D’autres viendront nous remplacer et ce n’est pas normal que ceux-là viennent commettre les mêmes erreurs. Certains vont rester encore dans le système et continuer. Nous avons des amis aux Etats-Unis qui sont déjà en train de faire 40 ans, 38 ans de gestion locale. Ceux qui vont continuer comprendront qu’il faut se corriger nécessairement, pas pour leurs propres causes, mais pour leurs populations.

Lorsque nous prenons le rapport surtout en ce qui concerne le Mono-Couffo, parmi les points qui sont reprochés, en ce qui concerne par exemple la gestion du budget, il est écrit dans les observations que les budgets sont fantaisistes et ne tiennent pas compte des besoins réels. Est-ce que c’est le cas à Klouékanmè ?
Vous savez, quand on l’écrit comme ça, c’est sujet à critiques. Le budget est un acte de prévision. Vous n’êtes pas le Tout Puissant ni Jésus. Vous dites je vais collecter 100 francs cette année, vous vous battez pour avoir les 100 francs mais vous n’y arrivez pas. Si vous avez un contretemps, étant donné que les budgets sont souvent basés sur les ressources locales, les taxes sur les produits vivriers, qu’est-ce que vous pouvez y faire ? Si au cours d’une année, vous n’avez pas la chance d’avoir de grandes récoltes, ne vous attendez pas à avoir de l’argent. Dire que c’est fantaisiste ne serait pas très juste, c’est-à-dire, qu’on n’a pas pu atteindre les objectifs fixés. On peut le dire mais on ne peut pas dire que c’est fantaisiste. Celui qui dit qu’il veut collecter 100 millions ne peut s’attendre à ce qu’il y ait une crue et que le champ serait dévasté. Quand les gens arrivent sur le terrain, il y en a qui sont des théoriciens et des praticiens. Mais lorsqu’on est théoricien ou praticien, on doit aborder les questions avec un peu d’attention, en considérant que ce qui est dit dans un budget n’est pas forcement ce qui est réalisé.

Est ce qu’il y a chez vous les organes de passation de marchés publics?
C’est la moindre des choses. C’est pour cela que nous nous sommes inscrits cette année dans la bonne gouvernance. Cette année, on a eu la chance d’avoir le premier prix de la bonne gouvernance. C’est normal parce que le code d’agent public a prévu un certain nombre d’organes dont les commissions, les cellules, pour veiller au grain. C’est vrai que ça permet à tout le monde d’être au boulot.

Le Fadec a-t-il servi à payer les salaires des agents municipaux ?
C’est arrivé dans des communes. Nous le regrettons et ça ne devrait pas arriver comme ça. Moi je suis le premier à dire ici que le Fadec nous a rendus paresseux. C’est vrai, j’ai été suivi par le maire d’Aplahoué qui a dit exactement la même chose. Le Fadec a rendu la plupart des communes un peu paresseuses. Quand nous avons démarré en 2003, c’est parce que nous avons refusé un certain nombre de choses, d’être ce que les gens appelaient des marionnettes. Nous avons décidé de montrer que nous sommes des serviteurs et ça nous a poussés à créer l’opération MARBRE. L’opération MARBRE a fait le tour du monde, pas seulement de l’Afrique. C’est un système de collecte de ressources locales.

Expliquez-vous
On a cette pierre précieuse chez nous qui est le marbre. Nous avons donné le nom MARBRE à l’opération. Nous voulons collecter les taxes sans faute pour aller vers le développement pour apporter aux populations des services.

Et quelle en est la spécificité ?
C’est que le premier agent collecteur est le maire. Il est suivi par les conseillers communaux, les chefs de village, tout le monde est dans le marché. Il y a aussi les Ong, les associations de parents d’élèves (parce que les gens attendent qu’on vienne construire des salles de classe dans leurs écoles) qui viennent nous appuyer. C’est une façon de rassembler des gens autour des ressources endogènes et ça a marché. Ça a marché et on nous a invités dans d’autres pays pour parler de ça.

Quel est le seuil que vous avez atteint en termes de collecte ?
Il nous est arrivé d’aller jusqu’à 134% des recettes prévues. C’est intéressant mais ça peut baisser en fonction des recettes de la commune. Il nous est arrivé de ne pas pouvoir atteindre les 134% mais on va au-delà de ce qui est prévu par rapport aux taxes de marché. Si c’est comme ça, c’est bien. Nous avons fait l’opération marbre et nous avons constaté que Klouékanmè a été suivi par tout le Bénin. La plupart des ministères étaient contents et le législateur béninois a fait dans le nouveau code électoral des conseillers communaux, des chefs de village, des auxiliaires, des percepteurs. C’est grâce à l’opération MARBRE. Ils n’ont pas dit opération MARBRE dans la loi mais ils m’ont suivi et je suis content. Parce que nous avons dit qu’on ne va pas croiser les bras à attendre l’Etat central ou les partenaires, mais on est incité à aller vers eux. C’est pourquoi on a créé l’opération MARBRE.

Si le Fadec a rendu paresseux les mairies, qu’avez-vous fait pour ne pas paresser ?
Nous nous sommes battus. Cela ne veut pas dire que nous crachons sur le Fadec. C’est une façon pour nous d’aller contre les lois. Lorsque vous voyez une compétence qui est transférée aux communes, on dit, à cet effet, l’Etat transfère les ressources y afférentes. Ça veut dire que l’Etat a le devoir impérieux de transférer les ressources dans nos communes. Seulement, il se trouve que les communes qui font déjà des efforts depuis 2003, constatent que ces ressources n’arrivent plus à couvrir les besoins comme avant. Ces fonds devraient venir en complément des efforts que nous faisons déjà sur le terrain. C’est ce qui a manqué à la plupart des communes et je crois que nous veillons au grain pour que ce mal ne nous atteigne pas. Mais ça va être difficile.

En termes de développement local, quels sont les grands défis que la décentralisation n’a pas pu relever chez vous ?
La décentralisation nous a permis d’aller dans diverses directions. Mais en termes de défis qui ne sont pas pris en compte par la décentralisation, je crois par exemple qu’on n’a pas pu aller vers l’enseignement secondaire. Les lois ont cru devoir donner l’enseignement secondaire seulement aux communes à statut particulier. Ce qui est une grave erreur. Vous vous occupez des enfants au niveau primaire, ils vous quittent et sont dans un trou. Quand il est nécessaire pour une commune d’aller vers l’enseignement secondaire, je crois que ça devrait prendre des mesures conservatoires parce qu’on a dit de faire la promotion de l’éducation de la jeunesse et nos enfants qui sont dans le secondaire sont compris dans cette jeunesse. Nous n’avons pas de ressources pour ça et les communes se jettent à l’eau pour pouvoir quand même aider les enfants. Si les partenaires arrivent et veulent m’aider pour la construction de la communauté, des classes, je ne peux pas m’y opposer. Si je dis non, ça veut dire que j’ai démissionné et je n’ai pas pris de mesures conservatoires pour capter ces ressources qui ne sont pas des ressources publiques mais venues d’ailleurs. Voilà pourquoi je dis qu’on devrait quand même nous permettre de nous intéresser à l’enseignement secondaire. Il y a aussi les aspects liés à la santé surtout quand on ne peut pas construire des centres de santé au niveau de la commune ou de l’arrondissement. C’est une aberration. Quand vous dites que la commune ne va pas sur le plan de la santé, vous réservez ça pour l’Etat. Mais nous pensons qu’il nous faut transférer aux communes, ces compétences. Nous sommes avec les parents et nous voyons comment ils souffrent. Nous devons pouvoir nous battre pour que tout soit bien fait. Prenez, par exemple, la culture.

Ne voyez-vous pas que c’est ridicule de voir un conseil de gestion d’un centre de jeunes dirigé par un directeur départemental ?
Il est le président de la cellule de gestion et le maire est son vice-président. Du coup, vous allez voir un directeur départemental qui sera président dans douze, treize voire quatorze communes. C’est ridicule. Voilà des défis qu’il faut relever. Je crois qu’il revient à la commune d’avoir la charge de s’occuper de la promotion des affaires sociales et culturelles. Ce n’est pas nous qui le disons, mais c’est la loi qui le dit et dans le même temps, on prend un arrêté en 2005 pour faire des directeurs départementaux des présidents de comité de gestion des centres de jeunes et de la culture. Nous avons dit que c’est une aberration. C’est un arrêté qui le dit et c’est parce qu’on a mal interprété la loi qui dit qu’au niveau des infrastructures communales, la mairie n’intervient pas mais intervient au niveau des arrondissements et au niveau du village. Il y a un défi et nous nous y préparons pour le relever à travers cette loi.

Comment arriver à changer la physionomie de nos communes qui ressemblent toujours à de gros villages ?
En réalité, le développement se vit. Si vous créez une ville, elle restera là mais n’aura personne. Vous voyez quand vous allez à Yamoussoukro, vous verrez des lampadaires dans la brousse. Autrement dit, la ville se crée d’elle-même. On ne la crée pas. Si vous la créez, elle meurt, donc, c’est progressivement qu’elle se met en place. C’est pour cela que nous avons choisi de ne pas aller dans les lotissements. Vous allez voir que la plupart des communes se sont lancées dans les opérations de  lotissement. Mais depuis environs douze ans, Klouékanmè n’est pas lotie. C’est un centre urbain qui a des obligations. Vous ne pouvez pas aller au lotissement sans faire le SDUC (Schéma directeur d’urbanisation de la commune), faire le PDU (Plan directeur d’urbanisme). Parce que c’est là que vous définissez les grandes orientations. Vous dites, voilà tant, tant et tant. Nous avons cinq zones d’habitation. Pour acheter une parcelle pour y habiter, c’est là. Ceux qui ont les scieries, les moulins à maïs, les grandes machines, vous créez des zones industrielles pour eux. Voilà, les gens vont vendre les produits fabriqués, il faut leur créer leur marché. C’est ce que vous devez avoir à Cotonou. Vous verrez ici à Cotonou, un beau matin, quelqu’un se lève puis installe un moulin à maïs derrière votre chambre à coucher. Or, normalement, quand on vient vous voir pour dire, je veux acheter une parcelle, dans quelle zone je peux rester ? Il voit avec l’agent de la mairie, et explique ce qu’il veut faire avec la parcelle. Non, je veux construire et habiter avec mes enfants en famille. Vous devriez être en mesure de lui répondre : attention, là, c’est une zone industrielle, vos enfants seront embêtés, vous-même serez embêté, la pollution sonore serait au top niveau. Si vous voulez acheter et construire pour y habiter, allez à tel endroit. Vous voyez, normalement, c’est comme ça qu’on devrait gérer les villes. Les services urbains seront gérés de cette façon-là. Malheureusement, je m’amuse souvent pour dire que nous nous sommes transformés en vendeurs de parcelles. Nous sommes en train de finir le PDU, on lance le lotissement cette année et nous sommes en train de faire le dépouillement pour le SDAC. Maintenant, il faut des moyens. Le gouvernement avait voulu nous accompagner au temps du ministre Gnancadja surtout avec les nombreux prix que nous avons eus. Malheureusement, ça n’a pas pris. On est obligé de lancer ça nous-même. Je suis quand même heureux de vous apprendre que le contrat est sur le point d’être signé alors que nous sommes presque à la fin. Donc, on va les voir pour orienter ces fonds-là vers d’autres zones agglomérées. Parce qu’on s’est dit qu’on doit pouvoir élaborer le plan du développement d’urbanisme des zones agglomérées. Ça veut dire quoi ? Si c’est un chef-lieu d’arrondissement, il y a un village qui se développe vite, on s’arrange pour faire le PDU pour prévenir l’installation des populations.

Vous avez été plusieurs fois sacré meilleur maire du Bénin, dites-nous vos secrets.
Est-ce qu’il y a de secret, si non, mon secret est que j’applique les stratégies et orientations nationales, puis, je suis beaucoup les conseils. Pas les mauvais, non, mais les bons conseils, je les suis. Ce n’est pas comme chez les autres. Un paysan peut prendre son téléphone et m’appeler, me dire : Monsieur le maire, il y a telle ou telle chose. Si vous faites si ou ça, ça peut marcher. Au téléphone bien-sûr. Chez moi, il n’y a pas de rendez-vous, il n’y a pas d’heure de visite, je reçois tout le monde à tout moment, pourvu que je sois là. Si je suis là, je vous prends. Maintenant, ça a un prix, si votre dossier est à jour, il n’y a pas de problème. C’est difficile, mais on fait ça. Nous suivons les conseils et nous évoluons par rapport aux textes. On n’arrive pas toujours à tout faire comme cela se doit mais on fait l’effort de lire les documents et on suit les textes. Ça nous a permis d’avoir plusieurs prix, c’est la commune des meilleurs prix. Et quand le journal La Nation l’avait écrit, ce n’était pas une erreur. Non, c’est vrai. C’est maintenant que je veux choisir une journée pour célébrer les succès. Et si j’ai les moyens, vous serez là. Vous m’avez invité maintenant, donc, je vous inviterai aussi au moment opportun. Nous allons montrer les prix qu’on a gagnés. Je me demande si dans la sous-région, il y a une commune qui a gagné autant de prix que nous. Je ne pense pas, puisque je vais ailleurs et je vois comment ça se passe. C’est vous qui nous avez aidé, vous êtes dedans aussi. A travers vos observations, tout ce que vous nous dites, c’est ça la réalité. On s’écoute et on agit.

De tous les prix que vous avez gagnés, lequel est le plus récent ? Ça doit faire une douzaine de prix ?
C’est plus que douze parce qu’au cours d’une année, il m’arrive d’avoir jusqu’à trois, quatre voire cinq prix. Il m’est arrivé d’avoir jusqu’à trois prix de la même structure, la Fondation Osiwa. Il y a d’autres structures et je demande pardon aux structures qui m’ont invité pour me remettre de prix et pour lesquelles je n’ai pas pu me présenter. Je sais que je vais passer les prendre.

Vous voyez les maires de la mouvance organiser des marches de soutien au chef de l’Etat. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Vous savez, notre travail d’élu local est un travail délicat. L’Ortb avait organisé une émission qui était intitulée ‘’P comme partenaire’’ dans laquelle j’avais été reçu, je crois, c’était en 2004 ou en 2005. Et puis, je disais qu’après les élections, une fois élu, chaque élu local doit ranger dans les placards les propos électoraux. C’est tout. Vous avez eu la réponse je crois. Lorsque vous êtes élu, tous ceux qui ont voté pour vous ou pas sont de votre bord. Dans un Conseil communal, c’est une pluralité de façon de voir et de penser le développement. Vous avez des gens de tel parti ou des gens de tel autre parti. Alors, si la tête se lève pour aller faire ce qui se passe, est-ce que ce serait au nom du conseil communal ou en son nom propre puisqu’on l’appelle maire ? Je sais, le maire, c’est un dédoublement fonctionnel et ça peut bloquer le développement au niveau local. Vous allez appeler les gens pour venir balayer, ils ne vont pas venir. Il ne faut pas blesser les susceptibilités parce que dans la commune, il n’y a pas que des gens de votre bord. C’est pour ça qu’il faut faire beaucoup attention à ces choses-là. Pendant la campagne, vous êtes autorisé à sortir et à montrer vos couleurs. Ce n’est pas interdit.

Au cours de leur mandat, on a constaté que plusieurs maires ont tourné dos à leur parti d’origine. Qu’est-ce qui explique votre fidélité à votre parti, le PSD ?
Vous savez, j’ai beaucoup d’ambitions mais j’évite certaines. Je devrais tourner dos à mon parti depuis 1998. Mais oui. Vous auriez pu écrire ministre Mègbédji. Mais, je suis encore là, je suis patient et Dieu nous donnera ce qu’il peut. C’est Dieu qui pourvoit tout. Je suis maire mais c’est mon parti qui m’a demandé d’être maire. Ce serait pour moi de l’ingratitude si je lui tourne le dos parce que je me rappelle, qu’avant de devenir maire, on m’a dit, viens au village aider les parents. C’est le parti qui a dit ça. Je vais sur le terrain, je commence par travailler, et comme les choses marchent bien je vais lui tourner dos. Non, ça ne se passe pas comme ça. Si c’est qu’il arrive que je dois aller quelque part, que ce soit dans une entente parfaite avec le parti. Si je lui tourne dos, ce n’est pas bon.

N’avez-vous pas été approché par les FCBE ?
Vous savez, moi je fais la cour aux amis FCBE. Donc, je ne peux pas les empêcher de me faire la cour. C’est normal, c’est un jeu politique. Moi je dis que je vais débaucher des gens, je demande à des militants FCBE de me rejoindre. Je ne peux pas leur refuser de m’approcher aussi. C’est un jeu parfait. Ce que je fais, je ne peux pas leur demander de ne pas faire ça. C’est comme vous les journalistes. Vous ne pouvez pas dire aux gens la pression que vous subissez, que les gens vous disent, écris mois-ci, écris-mois ça. C’est vous-même qui acceptez de rester vous-mêmes.

Est-ce à dire que les idées qu’ils apportent ne vous convainquent pas ?
Non, écoutez ! C’est une affaire de conviction, c’est un débat d’idée. Quand la conviction, vous l’avez, c’est difficile. Vous voyez, si moi je demande à un militant PRD ou RB ou bien même FCBE et je dis, venez au sein de l’UN parce que je suis PSD. Et, quand je leur dis ça, je mets mes idées sur le marché, je les vends. Si j’arrive à les convaincre, ils me rejoignent. C’est comme ça. Eux aussi, ils vont apporter leurs idées qu’ils vont vendre. C’est un grand marché et c’est comme ça. Maintenant, si leurs idées ne me plaisent pas, comment voulez-vous que je les rejoigne ?

Le président Amoussou Bruno n’est plus à la tête du PSD. Est-ce à dire que le parti n’a plus un avenir certain ?
Pas du tout. Le président Amoussou, c’est un grand bulldozer. Il n’est pas parti, il est et demeure membre du parti. C’est le premier militant du parti. Vous savez, le président Amoussou, en démissionnant, a cédé sa place au premier vice-président, le président Golou qui est resté là jusqu’au congrès. Il est là en tant que président à part entière. Amoussou est là, toujours président de l’UN et le PSD est là toujours membre de l’UN. Il n’y a pas de raison de s’inquiéter. Personne ne voudra que le président Amoussou devenu président de l’UN disparaisse, personne ne voudra ça. Que le parti d’origine disparaisse, non. On travaille plutôt pour que les bases du parti se consolident davantage pour conforter l’UN.

Il y a une guerre de leadership qui s’est déclenchée au niveau du parti !
Vous attendiez autre chose ? C’est normal. Dans un parti, c’est normal qu’au sein du groupe, il y ait de ces disputes. C’est ça qui fait la vie du parti sinon, le parti ne peut pas grandir.

Ne craignez-vous pas une scission à la longue ?
Non, on n’ira pas jusque-là parce que ce ne sera pas profitable pour nous. Ça va être un émiettement des forces sur le terrain et, c’est nous tous qui allons en pâtir et à la longue, l’UN aussi.

De combien de maires dispose le PSD dans le Couffo ?
Ecoutez, vous savez que lors des élections de 2008, quand je prends le Couffo, nous avons perdu une commune sur six. On a perdu Dogbo comme vous voulez l’entendre. On est resté cinq jusque-là. Dans les autres départements, on a des conseillers communaux qui ne sont pas des maires et qui sont proches de nous parce que, appartenant au grand groupe que nous appelons l’UN. Je crois que les gens se battent sur le terrain. Si on compte, je crois qu’on n’a pas beaucoup de maires aujourd’hui, mais dans le cœur des Béninois, nous avons beaucoup de maires.

Entre le Général Fernand Amoussou et Emmanuel Golou, quel est votre camp ?
Est-ce que c’est une question de choix de camps ? Ce qu’il faut souhaiter, c’est qu’il y ait l’entente. Mais je crois qu’aujourd’hui, Golou est le président. Donc, tout naturellement, si on demande à un militant du parti de soutenir quelqu’un, il n’ira pas ailleurs. Si c’est vraiment un bon militant, il ne va choisir personne d’autre que Golou. Si c’est un bon militant PSD. Nous sommes au sein de l’UN et nous disons que Golou sera notre candidat et il revient donc à l’UN d’en décider. On ne peut pas être membre d’un parti et aller montrer du doigt une autre personne. Ce n’est pas que je tape sur quelqu’un. Et il ne faut pas ramener le débat seulement au niveau du Couffo. L’UN, c’est une grosse cylindrée même si on n’a pas pu avoir le pouvoir en 2011. L’UN est dans le Zou, dans le Plateau, dans le Nord profond, au Centre, dans l’Atlantique, à Cotonou. Quand on aborde le débat en opposant le président Golou au Général Amoussou Fernand, je vois que les gens s’inscrivent dans une logique de déstabilisation du PSD.Je n’aime pas que l’on fasse ce débat-là. Il faut voir le débat au niveau de l’UN et dire qui on pourra prendre de tous ces candidats potentiels ? Vous avez Force Clé, PSD, Madep et d’autres partis qui sont membres de l’UN. C’est là que se situe le vrai débat.

Vous êtes le maire de Klouékanmey. Est-ce qu’au nom des militants que vous avez pratiqués, le général Fernand Amoussou fait partie du PSD ?
Vous savez, il est difficile pour un parti de dire tel est mon militant et tel ne l’est pas. Je sais de quoi je parle.

Mais il y a des cartes de fidélité et de membre…
Non ! Un parti ne se limite pas à ça.

Mais vous l’avez dit. Si les militants devraient choisir entre Golou et le Général Amoussou, ils choisiront Golou…
Je vous l’avais déjà dit. Il ne faut pas ramener le débat à un affrontement entre Golou et le général Amoussou. Alors, cette question pour moi est sans objet. Ma réponse a été très claire. Mais si vous voulez, j’irai loin. Dans les règlements et statuts des partis, vous verrez qu’il est prévu des statuts de militants et de sympathisants. Parfois quand vous suivez bien, le sympathisant est plus fort que le militant lui-même. Ce sont les sympathisants qui déplacent souvent les montagnes. Ce ne sont pas les militants. Donc, ça peut arriver que, dans un parti, on ait des militants et des sympathisants. Je vous souffle qu’on peut être militant sans avoir sa carte de membre. Ce n’est pas formalisé. Cela peut dépendre du parti, lui-même, qui n’a pas su bien organiser les choses. Çà peut dépendre de l’individu aussi. Donc, on ne peut pas dire parce que vous n’avez pas votre carte de membre, vous n’êtes pas militant du parti. La preuve, moi qui suis ici, je ne sais même pas où j’ai déposé ma carte de membre du PSD. Alors que ça fait longtemps que je suis militant PSD et tout le monde le sait. Mais, si on me demande d’exhiber ma carte de militant PSD, je ne peux pas le faire. Donc, le débat n’est pas à ce niveau.

En tant que maire, dites-nous quels sont vos rapports avec le président de la république ?
Le président de la république est mon président. Vous savez très bien que c’est l’un de mes meilleurs amis, pas parce que je suis FCBE mais parce qu’il a eu à dire plusieurs fois, devant moi-même, qu’il est sidéré par notre façon de travailler. Quand on vous dit ça, forcément, cela doit vous rendre content. Et moi, je suis content d’entendre cela. Quand on me dit ça va, cela me donne des ailes aux pieds. Cela me permet de courir davantage. Quand les gens vous disent c’est bon, et que vous reculez, vous aurez honte après. Vous savez, c’est difficile d’être premier. Quand vous l’êtes, c’est que vous vous mettez d’os au coup.

Et si en 2016, Yayi vous demandait de marcher pour un 3ème mandat, vous le ferez ?
(Long silence…) On vous a dit que j’avais déjà marché une fois? (rire…). Non…. Ecoutez, le président, tel que je le connais, ne peut pas me demander cela. Il ne peut pas. Vous savez, des gens disent des choses en son nom aussi. C’est sa réaction pour dire que ce n’est pas lui qui fait ces commandes et qui amène les uns et les autres à faire ces genres de commentaires. Si non, il y a beaucoup de choses que les gens font. Mais moi, en tant que maire, je peux mettre des choses sur mon dos. Mais après, je peux réagir hein !

Comment vous voyez 2016 ? En fait qui peut être le prochain président du Bénin ?
A moins d’être Dieu.

Quel sera au moins son profil ?
Ahhhh ! Vous avez bien posé la question. Il faut que la personne soit vraiment inspirée par Dieu. Qu’elle aime le développement, au premier plan le développement local surtout. C’est-à-dire, tout part du niveau local. Les pays qui se sont développés ont compris cela. Et si on aménage bien le territoire, tout le reste viendra. Et personne ne va vouloir rester à Cotonou parce que vous savez que même là où vous êtes, il y a tout ce qu’il vous faut pour votre épanouissement, vous aurez la vie moins cher. A peu de frais, vous avez déjà tout ce qu’il vous faut. Que viendriez-vous chercher à Cotonou ? C’est parce qu’on n’a pas créé les conditions que nous sommes encore là. Et si on crée les conditions, vous allez voir que vous n’aurez pas les sièges de vos organes comme on les voit nombreux à Cotonou. Ils seront éparpillés dans le pays. Les gens iront s’installer dans toutes les régions du pays comme c’est le cas ailleurs. Et donc, ce futur président, doit aimer la décentralisation. Une bonne décentralisation peut même dépasser une révolution. C’est le meilleur système que nous n’avons pas pu produire jusqu’ici. Cela dépasse la révolution, le changement et même tout. C’est la décentralisation. Si vous donnez le pouvoir à la communauté, vous avez tout fait. Vous viendrez seulement pour coordonner, pour contrôler. Ce qui se passe maintenant là, doit nous amener à mettre beaucoup plus l’accent sur le transfert et même d’autres compétences. Que cela ne vous décourage pas. Augmentez les ressources à transférer aux communes. On ne peut que s’attendre à ce qui se passe parce que nous sommes en apprentissage. Il faut évoluer vers l’amélioration de notre façon de faire.

Et s’il vous était demandé de vous adresser aux populations dont les maires n’ont pas une gestion reluisante. Vous leur direz quoi ?
Je leur demanderais de ne pas se laisser gagner par la déception. Il faut qu’elles soient dans l’espoir d’un avenir vraiment radieux. Et je leur dirai que cet avenir est déjà proche. Ecoutez, ceux qui parlent là, est-ce qu’ils se sont amusés à savoir comment les fonds étaient gérés avec la centralisation (les préfectures et les sous-préfectures) ? Je crois que non. Ce n’est jamais publié. Mais ce qui se passe aujourd’hui est publié. Il y a reddition de compte dans les communes. Il y a les audits…

Et c’est ce que vous, vous avez fait avec succès. Comment vous y êtes parvenu ?
Vous savez, la reddition de compte est une bonne chose. Vous m’avez demandé les secrets. Ça en fait partie parce que quand vous parlez de ce que vous faites avec les fonds pour mobiliser les ressources après, c’est facile. L’opération marbre a marché surtout grâce à ça. Les gens ne savent même pas que c’est toi qui a construit les modules de classes. C’est peut-être seulement quelques sages et notables du village, le président de l’Association des parents d’élèves, qui le savent. Et à la fin, vous rendez compte de ça à la population. Vous leur dites : ceci, c’est le Gouvernement qui a fait, cela, c’est la commune, elle-même, et ce que vous voyez de l’autre côté, ce sont les partenaires financiers.

Que citerez-vous avoir réalisé avec fierté depuis que vous êtes à la tête de la mairie de Klouékanmey ?
Nous avons malgré nous fait l’effort d’apporter aux populations des services sociaux de base. C’est-à-dire, dans la mesure de nos possibilités. Et dans cet effort-là, nous avons été, disons, encouragé par des partenaires, l’Etat et l’ensemble de la société civile à travers beaucoup de prix. Pour moi, c’est le meilleur cadeau.

Est-ce que le dernier village de Klouékanmey dispose d’un centre de santé ?
Vous savez, la cartographie sanitaire du Bénin est modifiée. Il y avait les UVS qui constituaient une stratégie que le Bénin était en train d’abandonner pour s’arrêter au niveau de l’arrondissement. Même si avant que l’on ne change la stratégie, un certain nombre de communes comme Klouékanmey ont fait l’effort d’aller dans les communautés avec les UVS. Ce qui est remarquable, c’est que nous faisons l’effort d’aménager les pistes. Je voudrais remercier tous les partenaires qui nous ont accompagnés (DANIDA, Royaume des Pays Bas, l’Union européenne, le gouvernement central). Tous ces partenaires avec qui nous nous sommes mis pour apporter ces services-là aux populations pour que la femme enceinte puisse facilement quitter son village pour aller au centre de santé. Nous mettons tout en œuvre pour que les pistes soient bien praticables. Aussi, faisons-nous en sorte que les clients soient bien accueillis au niveau des centres de santé.

Quelle est votre plus grande déception ?
Ma plus grande déception est le fait qu’on oublie souvent la famille. Il m’arrive régulièrement de rester au bureau jusqu’à une heure avancée de la nuit.

Est-ce qu’il vous est arrivé une fois de vous sentir dans une commune de l’opposition ?
Je n’ai pas eu de bitume sur mes pistes. Nous sommes une commune enclavée. Vous savez, on fait beaucoup d’efforts qui ne sont pas encouragés à leur juste valeur. Et le fait de désenclaver notre commune est une façon de reconnaitre nos efforts.

Est-ce parce que vous ne marchez pas… ?
C’est une façon de ne pas comprendre le rôle de chaque acteur. Moi je vais dans les communautés, même celles qui n’ont pas voté pour moi. Quand je veux construire des latrines, une piste, je veux faire une école, c’est à base d’une fiche que nous avons qui est dressée par exemple sur le plan de l’école, par la CCS ensemble avec le service technique de la mairie. Et nous étudions les besoins de chaque école. Donc, c’est pour vous dire que le président devrait aller partout, quelles ques soient les zones. Parce que c’est cela son mandat. Une fois élu, il oublie les élections et pense à tout le pays. Si ce n’est pas comme cela, alors, on est passé à côté. Que le président ait reçu ou non des votes de Klouékanmey, il a le devoir de mener ses actions de développement là aussi.

Carte d’identité: Le premier des maires

Christophe Mègbédji est fait pour être premier. Déjà à l’école, on le connaissait pour son niveau nettement supérieur à celui de ses camarades. En 1974, il décroche son CEP à Adjahonmey, commune de Klouékanmey, et part pour Abomey toujours à cause de son travail. Habitué à entrainer les neveux d’un gendarme, il est sollicité par celui-ci affecté entretemps à Abomey, pour le rejoindre. Dans la cité historique, la réputation de Christophe n’a pas pris une ride. Seulement voilà, en 1982, alors qu’il était en terminale, série D, il échoue pour la première fois de sa vie. « J’étais tombé et cela a failli bouleverser ma vie. J’ai failli me suicider », se souvient-il encore. L’année suivante, il réussit brillamment. Il est aussi admis à l’entrée à l’Ecole normale, à l’ENA et à la Faculté des Sciences de la Santé (FSS). L’un de ses amis, Sossou Victor, l’incite vivement à faire l’ENA. « Tu ne feras jamais l’enseignement », lui a-t-il lancé, en le forçant presque. Nanti de son diplôme d’administrateur civil après le second cycle de la prestigieuse école, il fait pourtant partie de la première promotion des diplômés sans emploi au Bénin. Nous sommes en 1986. Commence alors la galère des petits boulots. Il donne des cours de droit dans les collèges privés, se fait ensuite employer chez un expert géomètre et finit par créer sa propre entreprise de Bâtiments et travaux publics, Lecogi-Sarl. Peu après, son parti, le PSD, lui demande de postuler au poste de maire de sa commune, Klouékanmey. « Pendant environ un an, huit mois au moins, on a discuté. On me demandait d’aller en campagne et je refusais. Ce sont les populations qui ont eu le dessus, parce qu’on m’avait entraîné au village », rappelle-t-il. Il finit donc par accepter et passe haut les mains le scrutin de 2002 qui le consacre maire de sa commune natale. Une douzaine d’années plus tard, il est toujours en poste. Considéré comme l’un des meilleurs maires du Bénin, Christophe Mègbédji ne cache pas que pour y arriver, il se sacrifie entièrement au service de la communauté. Les prix commencent alors à pleuvoir dès 2004. Il décroche le prix de la meilleure commune s’investissant pour un environnement sain. En 2013, il rafle trois prix d’affilée, dont celui de la bonne gouvernance dans les communes. Son secret, c’est non seulement le travail acharné, mais aussi une administration municipale dévouée et efficace. « Ceux qui sont à la mairie sont de Dassa, de Covè, de Dogbo, de Toviklin, d’un peu partout. C’est ma force », avoue-t-il. A l’en croire, pour éviter toute complaisance et en finir avec les problèmes familiaux dans le travail, le maire doit toujours recruter les meilleurs, de quelque origine qu’ils puissent être. Mais malgré tout son travail, des regrets subsistent. « Il y a encore des élèves sous les arbres. Il y en a partout dans nos communes. Il y a encore des enfants sous les paillottes », dit-il pour regretter l’immensité de la tâche qui reste. Père de huit enfants dont deux jumeaux et des triplés, il avoue manquer de temps pour s’occuper d’eux mais salue son épouse qui, selon lui, abat un travail formidable.

Intimité: Merci à madame

Marié et père de huit enfants, Christophe Mègbédji ne cache pas son infinie gratitude à son épouse qui a su éduquer leurs enfants. Il reconnaît, en effet, que la tâche est très difficile, surtout pour ce qui est de l’éducation des filles. Ancien volleyeur, le maire de Klouékanmè n’est plus aujourd’hui un grand sportif. Ses responsabilités ne le lui permettent plus. A table, il préfère largement les mets locaux, la pâte de maïs, notamment, accompagnée de sauce gombo bien assaisonnée.

 

La rédaction

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