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Le triomphe de la vérité

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Après avoir payé une caution: Désiré Vodonou libéré dans la liesse populaire après 40 mois de détention


Bazin chic, blanc. Pimpant et souriant. « Je remercie vivement Dieu », lâche Vodonou Désiré quand il franchit le seuil de la grande porte de la prison civile de Cotonou. Cette fois-ci dans le sens de la sortie. Il sonnait environ 22 heures 30 min. La foule d’amis, de parents et de curieux qui l’attendaient depuis une heure déjà, devint ivre de joie, criant à tout rompre : « Vodonou, libéré ! Vodonou libéré !». Les gendarmes gardiens de prison, présents hier à l’entrée ne pouvaient empêcher l’effervescence. Le célèbre comédien, Prince Yadjo, membre de « l’Amicale Vodonou Désiré pour un nouveau départ » cachait difficilement sa joie, comme la vingtaine d’autres membres tous vêtus de tee-shirt blanc à l’effigie de l’ancien député. « C’est une immense joie que j’éprouve en ce moment, car tout le monde sait que ce monsieur apporte beaucoup au niveau de la culture béninoise. Il a déjà aidé pas mal d’artistes dans ce pays », avoue Prince Yadjo, rejoint entre temps par les frères Totin qui sautaient dans tous les sens. Les artistes ont donc savouré la libération de Désiré Vodonou en lui offrant un bel accueil hier à sa sortie de prison. Constantin Amoussou, écrivain et citrique littéraire était également de la partie. Sentiment de joie mais également d’amertume chez lui : « En dépit de ce que la justice avait ordonné sa mise en liberté sans caution et sans condition en juillet 2013, il y a été maintenu jusqu’à ce jour. Et il a fallu qu’un recours soit porté devant la Cour suprême qui a confirmé la mise en liberté provisoire mais a conditionné cela au payement d’une caution de trois cent millions. Ce sont ces formalités qui ont été réglées pour permettre sa mise en liberté aujourd’hui ». Il a retrouvé ses mouvements et aussi ses classes. Un véhicule haut de gamme, couleur bleue ciel, de marque Lexus décapotable l’attendait à l’entrée de la prison. Avec au volant, un ami journaliste, Aboubacar Takou. D’autres véhicules étaient également mobilisés pour la circonstance en plus des nombreuses motos apprêtées pour un parcours ambiancé à travers les rues de Cotonou.

Folle ambiance chez lui

Ils étaient hier des centaines de conducteurs de taxi-motos. Ces femmes et hommes qui se sont rués dehors pour le saluer au passage ? Nombreux et vraiment très nombreux. Ça klaxonnait et ça sifflait partout à la gloire de l’homme qui vient de passer plus de trois ans derrière les barreaux. « Oh mon Dieu, il est enfin libre. Quelle injustice faite à ce bienfaiteur !», lance vers la foule, une vendeuse quand le cortège est passé à côté de son étalage, à la place de l’Etoile rouge. Ce zémidjan aussi est bien comblé : « Fo Désiré est revenu parmi nous. Nos souffrances vont s’amoindrir », se réjouit-il en donnant un coup d’accélérateur pour rester très près de la voiture et mieux contempler Désiré Vodonou. Au carrefour Vèdoko, comme au passage du cortège à Kouhounou, le député libéré a dû se mettre debout dans le véhicule, faisant le V de la victoire. La foule s’est encore agrandie quand le cortège s’est approché de son domicile de Fifadji, où les cris de joie et les klaxons de véhicules emballaient tout le monde au passage. « C’est vraiment triste, ce qu’on lui a fait. C’est méchant !», râle une dame qui est sortie de la maison voisine de celle de Désiré Vodonou. Ici, difficile de contenir les gens. Il a fallu, à un moment donné, que les jeunes en charge de sa sécurité redoublent d’ardeur pour réussir à le faire rentrer dans sa luxueuse résidence du coin. Tous voulaient le toucher et le saluer. La fête s’est poursuivie toute la nuit avec des boissons en grande quantité et des bouteilles de champagne à n’en plus finir.
Désiré Vodonou sort ainsi triomphalement d’une prison dans laquelle il a été jeté, il y 40 mois, accusé d’une affaire «d’escroquerie internationale » dont il serait complice. On évoque notamment un dossier de vente de 980 kg d’or à un groupe d’hommes d’affaires composé d’Américains et de Sud-Africains.

La première déclaration de Vodonou:« Un jour, chacun de nous saura la vérité sur cette affaire »

« Je remercie tous ceux qui étaient de cœur avec moi au cours de ces longs mois de détention. Je remercie également  mes  charmantes épouses et aussi mes enfants qui, malgré tout ce qu’on disait sur moi ont pu tenir. Je leur dis un grand merci. Je dis également merci au Seigneur. Un jour, chacun de nous saura la vérité sur cette affaire. Et on saura  séparer le bon grain de l’ivraie et savoir si j’ai été un détenu de droit commun ou un détenu politique. Celui qui croit en Dieu, en tout cas, doit pouvoir pardonner et tout accepter. Pour moi, le pardon est important. Car, c’est avec ce pardon qu’on peut construire ce pays. Je me  mettrai avec tout le monde pour qu’on puisse construire cette belle nation. Cela a été une surprise. Personne ne savait que  je devrais sortir aujourd’hui. Je l’ai voulu comme cela. »

Christian TCHANOU

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