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Le triomphe de la vérité

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Echanges Sous l’Arbre à palabres avec la représentante de l’Etat français au Bénin au siège de l’événement précis : L’ambassadrice de France expose les priorités des relations franco-béninoises


Le ballet des personnalités diplomatiques se poursuit. Après leurs Excellences, les ambassadeurs  du Japon et de l’Union européenne près le Bénin, c’est le tour de la représentante de la France de rendre visite à votre journal. Et lorsque l’ambassadrice de France se déplace, il y a évidemment événement. Bien plus, lorsque Madame Aline Kuster-Ménager se déplaceaccompagnée de ses collaborateurs, au siège du journal L’Evénement Précis pour être l’invitée de la rubrique exclusive du Quotidien L’Evénement Précis « Sous l’arbre à palabre ». Sans autre forme de protocole, la représentante de l’Etat français au Bénin a accepté sans sourciller, faire face aux questions des journalistes de la rédaction et des autres organes de presse. Une occasion rare que n’a pas ratée l’équipe de votre journal pour discuter à bâtons rompus avec elle sur l’état actuel de la coopération entre la France et le Bénin, les acquis, les perspectives et surtout les résultats palpables. L’hôte N°78dans cette rubrique phare et très priséedu journal n’a fait économie ni de parole ni d’arguments pour apporter des éléments de réponses aux questions « Sous l’arbre à palabre » où elle a été soumise aux appétits voraces des curiosités des journalistes.Au cœur des échanges à bâtons rompus, les nouvelles priorités dans les relations entre le Bénin et la France, la fête du 14 juillet que célèbre la République française, la table ronde  des investisseurs que le Bénin a organisée à  Paris,  l’affaire Talon et bien d’autres dossiers non moins importants.Un comeback sur son parcours…Un détour dans sa vie privée…Sous l’arbre à Palabres est un véritable cocktail d’informations ! A lire et à archiver.

Et si on en parlait

Excellence Madame l’ambassadrice, depuis la présentation de vos lettres de créances au chef de l’Etat du Bénin, le mercredi 26 juin 2013, qu’est-ce qui vous a le plus marquée dans la vie sociale ?
Ce qui m’a marquée, c’est qu’en arrivant ici, je n’avais pas à l’esprit que le Bénin était si impliqué sur le plan régional et international. Quand je suis arrivée, c’était au moment où les soldats béninois partaient au Mali et ils ont été assignés à Kidal. Ça m’a beaucoup impressionnée et j’ai vu tout le travail de coopération qui est abattu. Entre les militaires français ici, les instances techniques et les militaires béninois, il y a une grande proximité. Je ne m’attendais pas forcément à ça. Vous êtes un pays relativement petit en termes de population mais, vous avez un rayonnement international important.

Quels sont les enjeux de la commémoration de la fête du 14 juillet ?
Le 14 juillet tombe en même temps que la commémoration du centenaire de la grande guerre 1914-1918 et du 70ème anniversaire de la libération. Il y a eu des cérémonies importantes pour célébrer l’anniversaire du débarquement et le président Boni Yayi sera invité à l’anniversaire du débarquement en août. Je pense que c’est un sujet qui me touche, qui touche le Bénin parce que tous ces anciens combattants africains ont participé aux deux conflits. Donc, ça va être un des sujets qu’on va essayer de mettre en valeur. Pour le défilé du 14 juillet, il y aura le drapeau béninois et également 4 jeunes civils béninois qui sont partis le lundi 07 juillet et qui vont participer à un spectacle vivant avec d’autres jeunes africains et d’autres jeunes en général. Que la jeunesse aussi s’approprie ces questions, les connaisse et que ce devoir de mémoire perdure, me semble très important. A la résidence, nous allons mettre à l’honneur nos anciens combattants. Il y en a deux qui sont encore très vaillants. Ce sera notre petite note pour participer à cet effort de mémoire collectif.

En dehors du 14 juillet, vous avez rencontré quelques anciens combattants ?
On les voit très souvent, on les associe aux cérémonies, on les associe au 11 novembre. En dehors de ça, ils sont en contact avec le service des pensions puisqu’ils reçoivent des pensions. L’attaché de défense  va même les voir chez eux, là où ils habitent.

Quelles appréciations faites-vous, Madame l’ambassadrice, des relations entre la France et le Bénin depuis le mercredi 26 juin 2013 que vous représentez votre pays ici ?
A l’occasion du 14 juillet, l’année dernière, nous avons mis l’accent sur la notion de partenariat. Ce qui m’avait frappée, tout de suite en arrivant, c’était la multitude de partenariats qui rapprochaient les Béninois et les Français, qu’il s’agisse de partenariat officiel ou du partenariat avec la société civile. Et donc tout au long de cette année, en tout cas, dès mon arrivée, j’ai voulu faire l’état des lieux de toutes ces relations pour mieux connaître les acteurs et comprendre leurs préoccupations, et voir comment mieux les accompagner en relation avec nos priorités politiques et nos priorités de développement. A partir de là, avec mon équipe élargie, on a fait un important travail d’analyse et de réflexion qui m’a permis de nourrir mon plan d’action. Il faut que vous sachiez que tout nouvel ambassadeur de France doit présenter son plan d’action au ministre des Affaires étrangères français et à ses directeurs dans les six mois de son arrivée. Donc, au bout de six mois, j’ai présenté des actions, des réflexions à partir du diagnostic qui a été fait. A partir de là, le ministre me confie ma lettre de mission. Ce travail est assez important au départ. Je voudrais donner quelques grandes illustrations de ce plan d’action et de ce qu’il contient.
D’abord, je crois qu’on peut dire que le dialogue politique avec le Bénin est très fécond, en particulier sur les questions de sécurité. Les présidents François Hollande et Boni Yayi se sont vus à plusieurs reprises, à Paris mais également à l’investiture du nouveau président au Mali. Chaque fois, ils ont eu des entretiens. Souvent, la sécurité est un des sujets qu’ils ont évoqués. Et, vous le savez aussi, le sommet de l’Elysée qui a réuni les pays d’Afrique et la France en décembre dernier avait pour thème central la sécurité du continent. A cette occasion, plusieurs sujets ont été évoqués, qui concernent notre coopération avec le Bénin. Je pense à la lutte contre la piraterie, à la lutte contre les trafics, la cybercriminalité, la traite des êtres humains qui sont des sujets qui montent en puissance. D’ailleurs sur ces deux derniers sujets, la cybercriminalité et la traite des êtres humains, on a lancé de nouvelles actions de coopération qui figurent dans mon plan d’action et dans ma lettre de mission confiée par le ministre. Voilà pour le premier champ… le champ politique.

De nouveaux engagements avec le Bénin
La réflexion a été aussi profondément renouvelée en matière de coopération au développement puisque, vous le savez, en novembre dernier, le ministre de développement de l’époque, M. Pascal Canfin, est venu signer le nouveau document-cadre de partenariat entre nos deux pays. Cent millions d’euros d’engagements nouveaux ont été approuvés. Cela a été l’objet d’un travail interactif avec la partie béninoise, conduit par le ministre des Affaires étrangères. Il y a eu un travail de discussion en amont avant la signature du document. Je pense que j’aurai l’occasion de revenir sur le sujet de coopération.
Le deuxième grand axe est la coopération avec les institutions béninoises. J’ai voulu impulser une coopération un peu plus dynamique, en particulier, avec l’Assemblée nationale. Il existe déjà des relations de groupes d’amitiés parlementaires puisque du côté français, après les élections législatives, un nouveau groupe s’est formé et le Bénin a composé récemment son groupe d’amitié. Mais l’Ambassade travaille aussi avec l’administration de l’Assemblée nationale sur un certain nombre de sujets pour accompagner les travaux en matière d’élaboration des lois. Nous avons une coopération en matière de législation. Nous apportons nos conseils et notre expertise sur différents textes : le Code Pénal, le Code de l’Enfant… On a travaillé sur la loi sur le partenariat Public-Privé pour apporter une expertise, un regard, des échanges sur la rédaction de la loi. Les lois sont importantes, parce qu’elles sont le socle de la démocratie.
Le troisième axe, c’est un sujet qui intéresse beaucoup de Béninois : celui des visas. On a fait un travail, je crois, qui porte ses fruits. Une stratégie en matière de visas a été élaborée sur la base de critères objectifs. D’abord, la réduction du délai de délivrance et une amélioration de l’accueil du public en général ; des travaux d’aménagement de la section visa sont en cours. Ensuite, un accès plus facile au visa de circulation pour les partenaires béninois de l’Ambassade, que ce soit dans l’administration, le secteur privé, la société civile, le milieu artistique, les médias. Le nombre de visas de circulation a beaucoup augmenté. Ce qui ne nous empêche pas, par ailleurs de faire un contrôle assez strict des autres visas, bien entendu. Enfin, le dernier objectif de cette stratégie a été de repenser un tout petit peu l’accueil et la prise en charge des étudiants dans leurs démarches pour aller en France. Le visa, c’est ce qu’on voit à la fin. Mais, il y a l’accompagnement pour informer sur les études en France et pour accompagner les choix et le processus d’inscription. C’est une institution qui s’appelle « Campus France », hébergée à l’Institut Français qui travaille sur ce sujet -là. Je peux vous dire qu’elle a reçu 11 000 [onze mille] dossiers en 2013, en augmentation de 7% par rapport à l’année précédente et qu’elle a organisé des sessions d’informations thématiques qui ont été fréquentées par 1200 étudiants à Cotonou mais aussi à Parakou. Je pense que, cette année, ça devrait porter ses fruits. Vous savez qu’il y a 2000 étudiants béninois en France. C’est une population importante pour la France, mais aussi pour le Bénin parce que ce sont les futurs cadres de l’administration et les acteurs de l’économie. Voilà pour le troisième axe de cette stratégie. C’est un travail qui n’est pas complètement achevé d’ailleurs mais qui nous a beaucoup occupés.
Je me suis aussi beaucoup investie dans le travail de coordination entre les autres partenaires techniques et financiers. Je me suis personnellement investie, par exemple, dans l’animation du groupe sectoriel « Justice ». Cette année, pour la première fois, avant les réunions techniques, on a eu un entretien avec les autres chefs de mission et le ministre de la Justice. Je me suis aussi investie aux côtés de mes collègues de l’Union européenne sur la programmation du 11ème FED (Fonds européen pour le développement), sur le choix des différentes priorités. Je me suis investie dans le cadre de la réunion conjointe annuelle des partenaires techniques et financiers. C’est quand même un temps fort du dialogue avec le gouvernement béninois.

Accueil et gestion de l’ambassade
Le dernier point, c’est que je me suis beaucoup investie dans la rénovation de la gestion de l’ambassade. J’ai mis en place un plan d’ambassade verte pour essayer de travailler sur la gestion des déchets organiques, notamment, sur la consommation d’énergie et puis aussi la rénovation du patrimoine parce que le parc de l’ambassade est un patrimoine non seulement pour la France, mais aussi pour tous les Béninois. Or, des éléments de décorations, de mosaïques sont vieillissants et doivent être préservés. Il faut vous dire que le ministre et le Ministère des Affaires étrangères français demandent à ses ambassadeurs de s’investir dans la gestion des ambassades, la gestion du budget… Les ambassadeurs sont évalués par Paris par les différents services. Mais ils sont aussi évalués par leurs collaborateurs de l’ambassade qui mettent des notes sur un certain nombre de sujets et font des suggestions lors d’une notation dite « à 360° ».

Quel rôle avez-vous joué, Madame l’ambassadrice, dans l’affaire Talon ?
La demande d’extradition de Talon est un dossier entre la justice et les avocats. Concernant la relation politique bien entendu, j’étais dans un dialogue constant avec les autorités béninoises, avec le président Boni Yayi que je rencontre très souvent, pour essayer d’expliquer comment fonctionne la Justice en France, comment tout cela peut évoluer.

Quelles sont les nouvelles priorités dans le cadre de la coopération entre la France et le Bénin ?
D’abord, je voudrais vous dire que la coopération se porte très bien. Elle est très vivante. Elle évolue pour s’adapter aux besoins des Béninois. Je pense en particulier aux demandes qui nous ont été faites sur le secteur énergétique et sur la formation professionnelle, par exemple. Elle s’inscrit vraiment dans une approche coordonnée avec les autres partenaires techniques et financiers. Pour vous donner une illustration, nous allons vers un exercice de programmation conjointe avec les partenaires européens. C’est vraiment un travail de groupe et nous passons des messages en groupe au gouvernement. Nous réfléchissons à notre coopération ensemble. Notre coopération intègre aussi de manière un peu plus déterminée certaines dimensions transversales : la redevabilité, la transparence, le développement durable qui est un sujet important ; vous savez, la France accueille la prochaine conférence sur le climat en 2015. Un autre sujet qui me tient beaucoup à cœur, c’est l’équilibre homme-femme. Pour vous donner un exemple, on a essayé d’être attentif à ce qu’un certain équilibre soit trouvé dans l’octroi des bourses en France.
Sur les axes de la coopération, le premier est pour aider le Bénin à atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) dans la santé et dans l’éducation. Dans la santé, la France s’est fortement engagée en matière de santé maternelle et infantile. Vous savez qu’il y a plus de 1300 femmes qui meurent chaque année au Bénin du fait des complications liées à l’accouchement et c’est tout à fait évitable. De la même manière, la moitié des décès de petits enfants peut être aussi évitée. Donc, la France a décidé d’apporter son soutien au Bénin sur ce sujet-là. Dans ce cadre, elle mobilise 20 millions d’euros sur cinq ans pour le Bénin sur la période 2012-2016 pour accompagner dans l’amélioration des conditions sanitaires des populations. Cela prend la forme d’actions de promotion de la planification familiale, d’amélioration de l’offre de soins obstétricaux et néonatals, de la formation d’agents de santé communautaire et de la prise en charge des pathologies responsables des mortalités infantiles. Le deuxième axe dans la santé qui est aussi très important, c’est la lutte contre les grandes pandémies que sont le paludisme, le VIH SIDA et la tuberculose. La France est le 2ème contributeur au Fonds mondial contre le SIDA, le paludisme et la tuberculose et le Bénin est un bénéficiaire très important du Fonds. Actuellement, il y a un nouveau cycle qui s’amorce et auquel le Bénin est éligible. Il pourra bénéficier de 163 millions de dollar pour lutter contre ces trois pandémies et renforcer son système de santé. La France contribue environ à 12% au Fonds mondial. Donc, on peut dire qu’il y a près de 20 millions de dollars de financements français qui, à travers le Fonds mondial, vont profiter au Bénin. Cela reste un axe très fort de notre coopération. Mais, on ne se contente pas de mettre l’argent dans le Fonds mondial. Nous accompagnons le Bénin avec l’expertise pour qu’il tire le meilleur parti de ses moyens, notamment, dans le cadre des partenariats hospitaliers sur l’accès aux médicaments. Un exemple de réussite de cette coopération : le Lazaret, le centre hospitalier de pneumo-phtisiologie du Bénin qui est vraiment un exemple en Afrique. Il a reçu d’ailleurs la visite du ministre du Développement français en novembre dernier. Il reçoit l’appui du Fonds mondial et grâce à cet appui, 90% des cas de pathologies peuvent être traités. Ce qui est un excellent résultat qui permet d’ailleurs de faire en sorte que le Bénin soit l’un des rares pays d’Afrique subsaharienne à atteindre la cible correspondante dans les Objectifs du millénaire pour le développement. Enfin, le dernier axe en matière de santé qui est vraiment un secteur important de notre coopération, c’est la recherche. La recherche au Bénin est vraiment exemplaire. Vous savez peut-être que des chercheurs béninois et français développent ensemble le vaccin contre le paludisme chez la femme enceinte dans le cadre de deux laboratoires qui sont financés avec l’appui de la France, le Centre de lutte intégrée contre le paludisme (CLIP) et le Centre de recherche sur le paludisme associé à la grossesse et à l’enfance (CERPAGE). Tout cela se fait dans le cadre d’un travail avec l’Institut de recherche pour le développement (IRD) qui est une des grandes institutions de la recherche en France. Et bien entendu, sur la santé, il y a aussi beaucoup d’actions qui passent par les appuis à la société civile, quels que soit les acteurs.
Après la santé, il y a aussi le secteur de l’éducation. Sur l’éducation, l’AFD (Agence française pour le développement) est très active, puisqu’elle a consacré 9 millions d’euros à la construction des salles de classes, des collèges et à la formation des enseignants. Il y a un nouveau projet à venir de dix millions d’euros pour appuyer les collèges. Ce projet sera complété par un appui à la formation professionnelle dans la région d’Agonlin pour lequel j’ai signé, il n’y a pas très longtemps, un projet de 4 millions d’euros. Tout cela soutient le Bénin dans l’atteinte des OMD.

Le soutien à la croissance économique  
Enfin, nous appuyons le secteur productif, principalement le secteur de l’énergie. A la demande des autorités béninoises, cette priorité a été mise en avant lors de la table ronde de Paris. Il y a eu, dans ce cadre, plusieurs actions. Je voudrais citer, par exemple,  l’électrification rurale. L’AFD a contribué à l’électrification de 105 communes rurales aux côtés de l’Union européenne dans le cadre d’un grand projet de 20 millions d’Euros. Elle est en train de finaliser un prêt souverain de 53 millions d’Euros et un autre financement de 20 millions d’euros avec d’autres partenaires pour redresser la SBEE, moderniser le réseau à Abomey Calavi et dans tous le département de l’Atlantique.
Le soutien à la croissance est un sujet important. C’est toujours l’AFD qui opère avec un projet de 10 millions d’Euros en accompagnement de l’agriculture familiale et en conseil aux exploitants. Il y a également un autre projet de prêt de 11 millions d’euros qui est en train d’être finalisé pour permettre de renforcer les capacités des acteurs dans la région du Zou et des Collines. Il y a également un autre programme que l’AFD porte pour le compte de l’Union européenne qui concerne le secteur privé, l’accès au crédit des  petites et moyennes entreprises et le soutien au dialogue public-privé qui est très important pour le Bénin.
Enfin, je voudrais dire un mot spécifiquement sur ce que l’on fait à l’ambassade au service de coopération en matière de développement. Là, en particulier, nous apportons un appui à la bonne gouvernance, à la réforme de l’administration et à la relève des cadres dans l’administration béninoise. Je le dis parce que l’appui en matière de développement humain et l’appui à l’économie sont vains si on n’a pas une administration solide. Vous savez que l’un des problèmes du Bénin, c’est la relève des cadres de l’administration. La plupart sont déjà partis à la retraite ou bien vont partir dans les années qui viennent et il faut préparer les jeunes à assurer cette relève et assumer cette responsabilité. Cela passe par des programmes de formation continue, mais également des formations en France et sur place. A partir de la rentrée, un expert français viendra au niveau du Ministère de la Fonction publique et de la réforme administrative pour apporter son expertise aux autorités béninoises. C’est un programme qui vise toutes les administrations. Nous travaillons avec l’ENAM et l’ENA en France. Enfin, ce qui est vrai pour les administrations est aussi vrai pour les universités. Vous avez des enseignants de très grande qualité au Bénin, mais eux aussi ils vont partir à la retraite. Nous avons donc décidé de concentrer nos efforts sur des bourses d’études pour des enseignants-chercheurs. Cette année, il y a 20 bourses de doctorat qui ont été attribuées en concertation avec le Ministère de l’Enseignement supérieur afin que les enseignants puissent être bien employés et assurer la relève, en particulier, dans les nouveaux centres universitaires. Les grandes universités s’étendent dans les différents départements, dans tout le pays, sur des thématiques spécifiques. Il faut donc, à mon sens, accompagner cette démarche vertueuse qui va aider à une meilleure adéquation entre les étudiants qui sortent et le marché du travail. Ce qui est l’une de vos priorités. Nous avons déjà un expert en matière d’université pour mettre au pas le système. J’ai déjà rencontré le ministre d’Etat sur le sujet pour répondre aux besoinx afin de réussir ce programme.
Enfin, je ne peux pas terminer mon exposé sans parler de la coopération décentralisée avec le Bénin. Savez-vous qu’il y a 66 projets de coopération décentralisée au Bénin entre collectivités territoriales françaises et béninoises ? L’Ambassade met un expert dédié à cette coopération à disposition de l’Association nationale des communes du Bénin (ANCB) pour accompagner ces partenariats. Ce sont des coopérations qui deviennent de plus en plus professionnelles, et certaines sont plus anciennes. Je peux en citer deux. Il y a, par exemple, l’une des plus anciennes, celle de la région de Picardie et du Groupement intercommunal des Collines qui porte sur la formation professionnelle et le développement économique. Depuis 1995, il y a plus de 9 millions d’Euros qui y ont été injectés. Ce n’est pas négligeable. Il y a aussi des partenaires qui débutent au Bénin et qui considèrent que le Bénin est un bon pays pour monter des partenariats. Ainsi, la commune de Prades-le-Lez travaille avec la commune d’Akpro-Missérété dans les domaines de l’eau et de l’assainissement et dans les technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement. Une convention de 70.000 euros a été signée fin 2012.

Avec la montée en puissance de la Chine, la France ne perd-t-elle pas du terrain, surtout dans les domaines économique, social et politique ?
Pour répondre à cette question, je dirai simplement qu’on ne voit pas la Chine comme une menace. C’est un Etat de fait qui va de pair avec le développement magistral de ce pays depuis quelques années. La France demeure le deuxième partenaire économique du Bénin, devant la Chine. Maintenant, nous voyons l’émergence des pays partenaires comme la Chine, l’Inde et la Turquie qui ont été très présents à votre table ronde. Ils ne doivent pas être vus comme des menaces mais plutôt comme des atouts pour le Bénin et son développement. Sur le volet politique, je voudrais dire une chose : c’est que la Chine, pour la première fois, a participé cette année aux opérations de maintien de la paix en Afrique et a envoyé 400 soldats au Mali. On ne peut que s’en féliciter. Il faudrait qu’elle prenne sa part dans le volet politique du développement du continent. Donc, on travaille avec la Chine.

Les actions de la France sont plus orientées vers la justice. Pourquoi cet intérêt au secteur de la justice au Bénin ?
Vous voulez faire allusion au fait que la France est le chef de file des partenaires techniques et financiers dans le domaine de la justice. Je l’ai mentionné. On a également une coopération en matière de justice mais le plus gros partenaire de la coopération sur la justice est l’Union européenne. Il y a un projet très important qui avait fait un état des lieux du secteur et qui a permis de contribuer à l’élaboration du plan national en matière de justice. L’Union européenne, c’est en partie de l’argent français qui contribue pour 20% au Fonds européen de développement (FED). On est très actif dans ce secteur parce qu’une justice de qualité, crédible, efficace et accessible aux citoyens est une dimension incontournable du développement. C’est d’abord dans la confiance que les citoyens mettent dans leur justice qui pourra les protéger, faire valoir leurs droits, que s’ancre la confiance en la démocratie. C’est très important. L’impunité, d’une manière générale, est de l’injustice et elle ne fait qu’encourager les comportements déviants. Donc, la justice est un acteur clé de la démocratie. Aussi, dans un pays comme le Bénin qui veut attirer les partenaires privés, il est indispensable d’avoir une justice qui fonctionne parce que la sécurité juridique est l’un des éléments que regardent les investisseurs avant de venir dans un pays. C’est la garantie que l’argent qu’ils y mettent et les projets qu’ils développeront seront respectés. Evidemment, une justice qui fonctionne est aussi un atout clé pour le développement économique.

Madame l’ambassadrice, la justice est un élément fort de la démocratie, et c’est l’un des vastes chantiers sur lesquels vous intervenez au Bénin. Malheureusement, ce secteur est ébranlé depuis des mois par des mouvements de grèves perlées qui risquent de se durcir avec la proposition de loi introduite par certains députés pour supprimer le droit de grève aux magistrats. Quelle est votre appréciation sur cette question-là ?
Je dois d’abord dire que la France n’est pas l’exemple absolu pour le Bénin en matière de justice. Je peux vous dire comment cela se passe en France. Le droit de grève est garanti pour tous les fonctionnaires de l’Etat, dont les magistrats bien sûr. Mais ce faisant, il y a un service minimum qui est garanti pour le cas des magistrats de manière à faire en sorte qu’une grève ne puisse paralyser complètement le travail des juridictions, parce que la justice doit pouvoir être opérationnelle à tout moment pour régler certaines affaires. Le droit de grève est en tout cas un droit garanti à tous les travailleurs, quels qu’ils soient, en France.

Mais en tant qu’observatrice de la vie sociale béninoise, il vous est arrivé de constater que les grèves ont été souvent trop longues, comme dans le cas du secteur de la justice, où vous investissez beaucoup. Comment vous appréciez une telle situation ?
Non, je n’ai pas d’avis à porter sur la durée d’une grève. Même en France aussi, il y a des grèves qui sont assez longues. Je pense que chaque pays a sa dynamique. Ce qui est important est que cela ne paralyse pas le système. Il faut toujours chercher des solutions et des voies possibles pour régler au mieux ce genre de crises.

L’implication de la France dans la promotion des droits des femmes et des enfants au Bénin
En tant que femme, bien sûr, je me sens particulièrement concernée par la promotion des droits des femmes. En France comme au Bénin, il y a des progrès à faire. Au Bénin, on a toujours soutenu la promotion des droits des femmes. Le programme sur la santé des femmes que nous supportons est déjà une manière pour promouvoir le droit des femmes, surtout au sujet de la lutte contre les violences faites aux femmes, où le Bénin a adopté une position progressiste. L’Ambassade soutient également les associations de femmes. On a supporté cette année l’ONG Femmes, Action et Développement et l’Association des femmes juristes du Bénin qui font de la pédagogie et de la sensibilisation pour essayer d’expliquer aux femmes quels sont leurs droits et devoirs. Et ce que je trouve très remarquable et très positif, c’est que ce sont les femmes, elles-mêmes, qui aiment parler de ces sujets-là. Elles les portent avec leur énergie et leurs propres mots.
La protection des droits des enfants doit également être une priorité. Pour cela, nous soutenons l’ONG des Frères franciscains au Bénin. L’infanticide rituel des enfants dits « sorciers » reste effectivement un sujet de préoccupation. Je crois que ce qui est important au-delà de ce travail c’est que les représentants de l’Etat dans les zones où ont lieu ces pratiques s’en saisissent eux-mêmes souvent, diligentent des enquêtes, signalent les cas, de manière à ce qu’on aboutisse à des poursuites judiciaires parce que ce sont des pratiques criminelles, et je pense que là, il y a encore des progrès à faire. Bien entendu sur des sujets aussi compliqués, il faut que des actions d’éducation accompagnent la mise en œuvre de la loi.

Quels sentiments avez-vous eu lorsque le président François Hollande a formé un gouvernement paritaire ?
Ce n’est pas la première fois qu’on a ce genre de gouvernement en France. En France, la notion de parité est désormais inscrite dans les textes de loi, et les administrations sont sanctionnées quand elles n’en tiennent pas compte. Elles ont un calendrier pour atteindre la parité au niveau des hauts fonctionnaires, comme dans le monde des ambassadeurs où l’accent est de plus en plus mis sur la parité. Il y a beaucoup d’efforts qui sont faits dans ce sens. Quand j’étais nommée, il y a 24 ans, ambassadrice en Ouganda, il y avait seulement 14% de femmes françaises qui étaient ambassadrices. On représente aujourd’hui plus du quart, et moi, je ne peux que féliciter la société française pour avoir compris la nécessité de faire la promotion des femmes.

Quelles sont vos impressions sur la prestation de la France au mondial 2014 ?
Il faut dire que je ne suis pas une très grande amatrice de football mais j’ai suivi les matchs de la France mon pays puisqu’il y a un enjeu. Je dirais que je suis triste que la France n’ait pas dépassé les quarts de finale. Il y a quelques mois de cela, on n’était même pas sûr de participer à la coupe du monde. Je crois d’ailleurs qu’il n’y avait que les Béninois qui y croyaient. Je peux dire que la performance de cette équipe est bonne. Et surtout pour ce que j’ai vu, il y a eu un très bon esprit d’équipe. Quand on arrive à un tel niveau de compétition, il y a souvent des facteurs de hasard qui jouent. Et le pire, c’est quand on passe à l’étape des tirs au but !

La France, chef de guerre en Afrique au moment où le continent africain l’attend sur d’autres chantiers de développement. Qu’en dites-vous ?
D’abord pour qu’il y ait développement, il faut qu’il y ait de la sécurité. Un pays en guerre ne peut pas se développer.  Vous avez un grand voisin qui le vit au quotidien. Donc, insécurité et développement ne sont pas compatibles. Il faut alors agir. Le deuxième point est que la France vient en soutien à une opération de maintien de la paix. Ceci pas toute seule, mais à la demande des autorités du pays. Ce qui a été le cas du Mali dans le cadre d’un effort concerté de la communauté internationale qui a négocié à New York au Conseil de sécurité de l’ONU avec toutes les parties prenantes. Sur ce volet de maintien de la paix, comme cela se passe, il y a des discussions, des négociations, ensuite on agit en fonction du mandat qui est donné dans le cadre qui a été fixé. Par conséquent, il faut dire qu’on essaie de répondre à des problématiques qui concernent les Africains et nous concernent aussi.

Quel est votre sentiment à la suite de la récente déclaration de Cotonou relative à l’abolition de la peine de mort ?
La peine de mort est un des sujets chers à l’Union européenne. Car, pour rentrer dans l’Union européenne, l’une des conditions est d’abord d’abolir la peine de mort. Ce qu’ont fait tous les pays au sein de l’Europe. C’est donc un sujet de droit de l’Homme fortement porté par les pays de l’UE et par la France. On est évidemment très heureux que les Africains se soient saisis de ce sujet. En Afrique, à peu près la moitié des pays africains se sont engagés à l’instar du Bénin au niveau international en signant le deuxième protocole qui parle de droit civil et politique, et ils observent un moratoire de droit ou de fait. C’est un très bon résultat par rapport à d’autres continents, si je peux me le permettre. Et l’idée de l’Union africaine à Addis-Abeba, c’est d’essayer de mettre au point un protocole sur la peine de mort pour que les pays puissent s’engager plus. C’est une démarche africaine portée par les Africains et on ne peut que la soutenir. Mais, je crois que les Africains ont de meilleurs porte-paroles sur ce sujet. Il faut dire que la déclaration de Cotonou était très positive à ce niveau. J’ai participé à la session ministérielle où il y a eu des interventions ministérielles représentant plusieurs pays africains. Il y a le Bénin qui a aboli la peine de mort, Madagascar qui n’a pas aboli mais qui n’a plus fait d’exécution depuis 1958 à côté de l’Algérie qui a aussi fait une déclaration pour s’engager au plan national et international à porter ce protocole. Aux Nations Unies, il y a eu des résolutions sur le moratoire à voter en faveur de cette résolution. Ce que je retiens de la déclaration de Cotonou, c’est que les Africains vont de l’avant, donc c’est positif.

Quel bilan faites-vous sur le soutien de la France à la lutte contre la piraterie maritime en Afrique ?
C’est un bilan très positif. C’est positif parce que c’est le Bénin qui a fait le premier pas. Il a mobilisé la région et les Nations unies pour alerter la communauté internationale sur ce problème. Le Bénin s’est équipé en bateaux pour lutter contre la piraterie et la France a participé à l’effort de formation des différents acteurs qui luttent contre la piraterie. Il ne s’agit pas seulement de marins, mais aussi des douaniers, des policiers, des magistrats. Et je dirai que cet effort de formation qui s’est traduit dans la mise en œuvre du projet ASECMA concernant l’ensemble des pays riverains du Golfe de Guinée et qui est géré depuis le Bénin, a porté ses fruits. Au Bénin, en particulier, il y a eu l’arraisonnement d’un bateau pirate qui a été mené de manière exemplaire. Les pirates ont été identifiés, arrêtés, les enquêtes ont été bien effectuées et les coupables ont été conduits devant la justice. Le plus important est qu’on ait mis en place toute cette chaine d’acteurs pour mener à bien cette démarche. En matière de piraterie, si vous voulez lutter contre celle-ci, l’impunité est le fléau à combattre. Tant qu’il y aura impunité, il y aura des pirates  qui vont profiter de leurs opérations. A ce niveau, je me félicite que le Bénin agisse. Au mois de décembre 2013, le Bénin a adopté sa stratégie interministérielle en matière d’actions en mer. Et là aussi, tous les acteurs ont été impliqués dans la discussion, ce qui a rallongé le délai, mais le résultat est positif. Je crois que cette stratégie va permettre d’aller de l’avant et de poser les jalons de cette action. Un autre point, c’est que le Bénin s’est manifesté comme volontaire pour accueillir le Centre de coordination de la zone Est qui va permettre aux différents pays de coopérer. Il est très important d’avoir une action collective dans cette lutte car dès que les pirates voient un maillon faible, ils agissent en conséquence. Enfin, il y a des bâtiments français en mer qui sont en permanence et de manière récurrente dans le Golfe de Guinée dans le cadre d’une opération qu’on appelle Coramb. Ils viennent très souvent en escale au Bénin. Depuis que je suis au Bénin, il y a eu cinq escales de bâtiments français et à chaque fois, il y a des opérations d’entrainement conjoint entre les marins français et les marins béninois. Ce sont des actions très concrètes de mise en situation. Ils sont très souvent rejoints par leurs confrères togolais voire nigérians de manière à avoir cette dynamique régionale et cet entrainement permanent. Cela a vraiment porté ses fruits. Et il est possible de dire que les actes de piraterie ont baissé au large des côtes béninoises parce que le Bénin a vraiment su se mobiliser.

L’AFD a encore réduit récemment l’aide de la France vis-à-vis des pays Africains. Et on se demande, est-ce qu’on tend de plus en plus vers la réduction de l’aide française au Bénin ?
Non, il ne s’agit pas d’une réduction d’aide de la part de l’Agence Française de développement aux pays africains. Au départ, il y effectivement une loi de finance rectificative. On doit faire des économies. Alors, il y a eu un certain nombre d’impacts budgétaires. Mais l’aide au développement est complexe et n’est pas seulement budgétaire. Vous savez que, dans l’aide au développement, par exemple, on prend en compte le coût de la scolarité des étudiants étrangers. Tous les aspects de l’aide au développement ne sont pas budgétisés. La France avec près de 10% de l’aide internationale distribuée, reste un grand acteur de l’aide au développement. C’est le quatrième bailleur mondial. La priorité pour l’Afrique a été réaffirmée lors du comité interministériel pour le développement qui s’est tenu l’année dernière. Et la priorité à 16 pays africains dont le Bénin a été réaffirmée. Je suis donc très confiante que l’aide au Bénin va se poursuivre et que son volume va être maintenu.
Je voudrais vous dire aussi que les Français continuent à considérer qu’il faut soutenir l’aide au développement malgré la crise. L’année dernière, il y a eu un sondage d’opinion et 68% des Français étaient en faveur de maintenir le volume de l’aide au développement. Et puis il y a aussi le soutien qui s’exprime à travers le volontariat. Au Bénin, vous avez par exemple mille volontaires qui viennent chaque année pour des périodes plus ou moins longues. Vous avez des volontaires de tous âges. Vous avez des jeunes, vous avez des retraités ou des professionnels. Cela fait partie des apports de l’aide au développement. C’en est une dimension très importante.
Le dernier point porte sur les financements innovants. La France a été à la pointe pour faire émerger d’autres sources de financement à côté de l’aide publique au développement. Par exemple, la taxe sur les billets d’avion, vous en avez certainement entendu parler, qui est une taxe qui alimente un organisme qu’on appelle Unitaid, qui finance des médicaments contre le paludisme et la tuberculose. C’était à l’époque le ministre Douste-Blazy qui avait lancé cette idée qui, depuis, a fait son chemin. Et le Bénin profite de ces flux financiers. Depuis la création d’Unitaid, il a reçu 1,4 million de dollars pour la lutte contre le Sida et la tuberculose. Donc, il n’y a pas que l’aide au développement classique. Il existe aussi d’autres sources.

Quel a été l’apport de la France dans l’organisation de la table ronde du Bénin à Paris?
La France n’a rien fait dans l’organisation. C’est la Banque mondiale qui a accompagné le Bénin dans l’organisation de la table ronde. La France a participé aux trois journées de la table ronde. A la première journée, vous savez, c’étaient les bailleurs institutionnels. On a repris des engagements qui avaient été validés dans le document-cadre de partenariat et on a essayé surtout de regarder les priorités du Bénin. Je vous ai parlé du secteur énergétique où il y a une très forte demande. Très clairement, nous allons essayer de faire un effort particulier dans le secteur. Sur le volume du fonds, il avait été déjà arrêté auparavant, il n’y a pas eu d’annonce nouvelle. Le deuxième jour, c’était le secteur privé. Là, les sociétés françaises étaient très présentes. Elles sont autonomes dans leur communication. Mais j’ai vu qu’elles étaient très actives. La troisième journée était sur la diaspora. Une grande partie de la diaspora est en France. Beaucoup d’ailleurs sont derrière les partenariats décentralisés. Donc, les trois journées de cette table ronde me paraissent des moments  importants. J’ai pu apprécier que le Bénin possède quelques atouts. Le sujet, ce n’est pas de trouver de l’argent. C’est mettre en œuvre les reformes de gouvernance.

La France dans le domaine des médias était une contributrice. Mais on remarque aujourd’hui que le financement des médias est fait désormais par l’Allemagne et le Danemark. Est-ce qu’aujourd’hui les médias sont devenus orphelins de la France ?
On ne peut pas dire ça. Voyez-vous, on a beaucoup de sujets et les médias font complètement partie des axes de coopération en matière de gouvernance. J’ai dit tout à l’heure que la justice est un des piliers de la démocratie, mais une presse libre qui a un bon savoir-faire est évidemment aussi un des grands piliers de la démocratie. Donc, on continue de faire des actions de formation sur place, notamment, sur certaines thématiques. La semaine dernière, on a eu le conseiller général de l’audiovisuel basé à Abuja qui travaille sur toute la zone. Il est venu faire un diagnostic sur les besoins de la presse audiovisuelle et je crois qu’on a déjà pas mal avancé par rapport à ce qu’on voulait faire. Il y a tout un axe de travail, à mon sens, sur la presse en ligne qui est de plus en plus un vecteur de communication très important. Donc, on va essayer d’aller sur ce terrain-là et puis aider aussi dans une coopération plus technique. Moi, je ne sais pas ce que font les autres partenaires, mais la France n’a pas abandonné le secteur. Soyez rassurés.

Alors, Madame l’ambassadrice, comment entrevoyez-vous l’avenir des relations franco-béninoises?

Bien ! Les relations franco-béninoises sont très bonnes. Et elles ont la particularité d’être vraiment ancrées dans l’histoire. Ce n’est pas que les relations entre gouvernements, c’est aussi une relation entre des hommes et des femmes qui travaillent ensemble en France et au Bénin. Elles ont un bel avenir et elles vont continuer à se développer. Je dirais qu’au plan international, le Bénin est un acteur très présent. Ce qui est un atout.

La Rédaction

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